Identification des dangers et évaluation des risques

IDENTIFICATION DES DANGERS ET éVALUATION DES RISQUES

Identification des dangers et évaluation des risques pour la province de l’Ontario

Remerciements

Un grand nombre de personnes, de ministères et d’organismes ont contribué au présent document d’identification des dangers et d’évaluation des risques (IDER) de la province de l’Ontario. La liste des dangers, leur description et la méthodologie utilisée pour l’IDER provinciale ont fait l’objet d’un processus d’examen rigoureux auquel ont notamment participé des organismes de gestion des situations d’urgence de l’Ontario, des coordonnateurs ministériels de la gestion des situations d’urgence, des professionnels de l’évaluation des risques et d’autres spécialistes. Gestion des situations d’urgence Ontario tient à remercier les personnes, ministères et organismes suivants pour leur contribution :

Vérification du contenu scientifique

  • John Adams (Commission géologique du Canada, Ressources naturelles Canada)
  • Jan Ayslworth (Commission géologique du Canada, Ressources naturelles Canada)
  • Daniel N. Baker (Université du Colorado)
  • Réjean Couture (Commission géologique du Canada, Ressources naturelles Canada)
  • Chris Fogarty (Centre canadien de prévision des ouragans)
  • Stephan Halchuk (Commission géologique du Canada, Ressources naturelles Canada)
  • C. Emdad Haque (Université du Manitoba)
  • Nicholas L. Johnson (National Aeronautics and Space Administration [NASA])
  • Joan Klaassen (Environnement Canada)
  • Reid Kreutzwiser (Université de Guelph)
  • David Martell (Université de Toronto)
  • Dan Shrubsole (Université Western Ontario)
  • David Sills (Environnement Canada)
  • Seth Stein (Université Northwestern)
  • Kristy Tiampo (Université de Waterloo)
  • Terry Whiting (Agriculture, Alimentation et Initiatives rurales Manitoba, Bureau du vétérinaire en chef)

Ministères de l’Ontario

  • Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales, ministère de l’Énergie, ministère de l’Environnement, ministère de l’Infrastructure, ministère de la Santé et des Soins de longue durée, ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, ministère des Affaires autochtones, ministère des Affaires municipales et du Logement, ministère des Finances, ministère des Richesses naturelles, ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse, ministère des Services gouvernementaux, ministère des Services sociaux et communautaires, ministère des Transports, ministère du Développement du Nord, des Mines et des Forêts, ministère du Procureur général, ministère du Tourisme et de la Culture et ministère du Travail.

Vérification externe de la méthodologie

  • Association canadienne de normalisation
  • Bureau de gestion des urgences de la Nouvelle-Écosse
  • Emergency Management British Columbia
  • Institut de prévention des sinistres catastrophiques
  • Laurie Pearce (Université Royal Roads)
  • Organisation des mesures d’urgence de l’Île-du-Prince-Édouard
  • Organisation des mesures d’urgence du Yukon
  • Recherche et développement pour la défense Canada, Centre des sciences pour la sécurité
  • Réseau canadien d’étude des risques et dangers
  • Ressources naturelles Canada
  • Sécurité publique Canada

Le 25 janvier 2012

Mesdames, Messieurs,

Vous trouverez ci-joint la version révisée du rapport d’identification des dangers et d’évaluation des risques (IDER) pour la province de l’Ontario, datée de septembre 2011. Ce dernier est basé sur une étude approfondie des dangers auxquels la province a déjà été confrontée, de ceux qui pèsent actuellement, et de ceux qui risquent de se présenter.

Gestion des situations d’urgence Ontario a préparé le présent rapport de concert avec un grand nombre d’intervenants et d’experts scientifiques. L’IDER pour la province de l’Ontario fournit une évaluation des risques liés aux dangers d’origine naturelle, technologique ou humaine, conformément à la définition d’une situation d’urgence de la Loi sur la protection civile et la gestion des situations d’urgence. Ce rapport constitue un document de référence de portée provinciale; les processus qu’il décrit peuvent néanmoins être appliqués à tous les paliers, que ce soit par un ministère, une municipalité, une collectivité ou le secteur privé.

Au total, le présent document porte sur 39 dangers, faisant chacun l’objet de quatre sections : « Définition », « Description », « Énoncé des risques provinciaux » et « Étude de cas ». Une analyse des risques pour chaque danger énoncé est également fournie dans la section « Analyse des risques ».

Les dangers sont interconnectés, dynamiques et sujets à changer et à entraîner des conséquences sans précédent, au-delà des frontières provinciales ou nationales. Dans cette optique, il convient de mettre à jour le rapport d’IDER de façon régulière pour y intégrer toute nouvelle information pertinente au sujet des dangers qui pourraient toucher l’Ontario (c’est-à-dire les causes, la fréquence et les répercussions potentielles). Les mises à jour seront diffusées dans l’ensemble de l’Ontario afin d’aider les gestionnaires des mesures d’urgence à revoir leur documentation sur l’IDER.

Si vous avez des questions au sujet du contenu du rapport d’IDER, veuillez communiquer avec Patricia Martel, agente d’identification des dangers et d’évaluation des risques, au 416 314-8623 ou à Patricia.Martel@ontario.ca.

Veuillez agréer mes salutations distinguées.

Allison J. Stuart

Sous-ministre adjointe et chef

Déclaration d’autorisation

Le présent rapport d’identification des dangers et d’évaluation des risques a été élaboré, adopté et publié avec l’autorisation de la sous-ministre adjointe et chef de Gestion des situations d’urgence Ontario (GSUO). Ce document entre officiellement en vigueur le 25 janvier 2012.

_________________________ ___________________

Allison J. Stuart Date

Sous-ministre adjointe et chef, GSUO

Définitions

Aménagement du territoire : Processus entrepris par les autorités publiques afin d’identifier, d’évaluer et de déterminer les différentes options possibles pour l’utilisation des terres dans le but d’atténuer les effets des sinistres et de réduire les risques en décourageant l’installation et la construction de structures vitales dans les zones à risque (Lexique, 2011).

Analyse des risques : Processus visant à classer les dangers en ordre de priorité dans le cadre des programmes de gestion des situations d’urgence en fonction de leur fréquence et de leurs conséquences potentielles à un moment précis.

Atténuation : Mesures prises afin de réduire les effets d’une situation d’urgence ou d’un sinistre (Lexique, 2011).

Changements climatiques : Variation de l’état du climat qui peut être décelée (par exemple au moyen de tests statistiques) par les changements de la moyenne ou de la variabilité de ses propriétés persistant pendant de longues périodes, généralement pendant des décennies ou plus longtemps. Les changements climatiques peuvent être dus à des processus internes naturels ou à des forçages externes, ou à des changements anthropiques persistants de la composition de l’atmosphère ou de l’affectation des terres (GIEC, 2007).

Code du bâtiment (synonyme : code de la construction) : Ensemble d’ordonnances ou de règlements et de normes connexes destinés à régir certains aspects de la conception, de la construction, des matériaux, de la transformation et de l’usage des structures, y compris la résistance à l’effondrement et aux dégâts, afin d’assurer la sécurité et le bien-être des êtres humains (Lexique, 2011).

Collectivité : Terme générique désignant à la fois les municipalités et les Premières nations (Lexique, 2011).

Conséquence : Résultat d’une situation ou d’un événement, exprimé qualitativement ou quantitativement, qu’il s’agisse d’une perte, d’une lésion ou d’un inconvénient (Lexique, 2011).

Danger (synonyme : aléa) : Phénomène, substance, activité humaine ou condition pouvant causer des pertes de vies humaines, des blessures ou d’autres effets sur la santé, des dommages matériels, des pertes de moyens de subsistance et de services, des perturbations socio-économiques ou des dommages à l’environnement. Ces dangers peuvent être d’origine naturelle, technologique ou humaine, ou une combinaison de ces facteurs (Lexique, 2011).

Danger d’origine humaine : Danger résultant directement d’une action ou inaction de l’homme, que ce soit intentionnel ou non, notamment les dangers causés par des problèmes au sein de la structure organisationnelle d’une entreprise, d’un gouvernement, etc.

Danger naturel : Risque résultant de fléaux naturels (parfois désignés par « cas fortuit »). L’activité humaine peut déclencher ou aggraver le danger (par exemple, la déforestation peut augmenter les risques de glissements de terrain), mais le danger reste jugé comme un fléau naturel.

Danger technologique : Danger découlant de la fabrication, du transport ou de l’utilisation d’éléments tels que de la matière radioactive, des produits chimiques, des explosifs, des substances inflammables, des outils technologiques modernes et des infrastructures essentielles (IDER, 2005).

Déclaration de situation d’urgence : Déclaration écrite et signée par le président du conseil ou le premier ministre de l’Ontario, conformément à la Loi sur la protection civile et la gestion des situations d’urgence. Cette déclaration est généralement basée sur une situation ou une situation imminente qui menace la sécurité publique, la santé publique, l’environnement, les infrastructures essentielles, les biens-fonds ou la stabilité économique et qui dépasse l’étendue de l’intervention habituelle de la collectivité en cas d’urgence (Lexique, 2011).

Dégâts causés à l’environnement : Conséquences négatives d’un danger sur l’environnement, notamment en ce qui a trait au sol, à l’eau, à l’air, aux plantes ou aux animaux.

Dommages matériels : Conséquences négatives directement liées à un danger qui touchent un bâtiment, une structure ou toute autre forme de bien.

Évaluation de l’information : Détermination et interprétation des renseignements disponibles en vue d’orienter la prise de décisions (Lexique, 2011).

Évaluation des dégâts : Évaluation ou détermination des effets d’un sinistre sur les ressources humaines, matérielles, économiques et naturelles (Lexique, 2011).

Évaluation des risques : Méthodologie visant à déterminer la nature et l’étendue des risques au moyen de l’analyse des risques potentiels et de l’évaluation des vulnérabilités et des conséquences (Lexique, 2011).

Fréquence : Récurrence d’un danger d’une intensité susceptible d’entraîner une situation d’urgence, un sinistre ou la perturbation d’un service.

Gestion complète des situations d’urgence : Approche complète de gestion des situations d’urgence qui s’appuie sur l’analyse des risques et inclut des mesures de prévention, d’atténuation, de préparation, d’intervention et de rétablissement (Lexique, 2011).

Gestion des situations d’urgence : Activités organisées de prévention, d’atténuation, de préparation, d’intervention et de rétablissement, en cas de situation d’urgence réelle ou possible (Lexique, 2011).

Gravité : Étendue des perturbations et/ou des dommages causés par un danger (Lexique, 2011).

Identification des dangers : Méthode utilisée pour cerner les dangers présents dans une zone donnée et en déterminer les causes et caractéristiques (Lexique, 2011).

Impact psychosocial : Réaction négative d’une collectivité ou d’un sous-ensemble d’une collectivité face à un danger, causée par sa perception du risque. Exemples : autoévacuation, hystérie collective, accumulation compulsive ou autres réactions potentielles indésirables.

Impact social : Conséquence négative directe d’un danger subi par une personne, notamment un décès, une blessure ou une évacuation.

Impact : Répercussion négative d’un incident dangereux sur les personnes, les biens, l’environnement, l’économie ou les services (Lexique, 2011).

Incident : Événement qui exige une intervention d’urgence afin de protéger les personnes, les biens, l’environnement, l’économie ou les services (Lexique, 2011).

Infrastructure essentielle : Réseaux interdépendants, interactifs et interconnectés d’institutions, de services, de systèmes et de processus qui répondent aux besoins vitaux des êtres humains, soutiennent l’économie, protègent la sécurité publique, assurent la continuité des services gouvernementaux et maintiennent la confiance du public envers le gouvernement (Lexique, 2011).

Intervention : Prestation de services d’urgence, d’assistance au public ou d’intervention pendant un incident ou immédiatement après afin de protéger les gens, les biens, l’environnement, l’économie et/ou les services (Lexique, 2011).

Lieu de l’incident (forme abrégée : lieu) : Zone géographique où l’incident est survenu (Lexique, 2011).

Menace : Personne, chose ou événement considérés comme une cause probable de préjudice ou de dommages (Lexique, 2011).

Municipalité : Zone géographique dont les habitants sont constitués en personne morale (terme défini dans la Loi sur les municipalités) (Lexique, 2011).

Période de retour : Intervalle de temps moyen entre les réalisations d’un événement particulier (AMS, 2000).

Plan de mesures d’urgence (synonyme : plan d’urgence) : Plan mis au point et tenu à jour pour guider l’intervention d’une organisation à l’interne et/ou à l’externe en situation d’urgence (Lexique, 2011).

Préparation : Mesures prises avant une situation d’urgence ou un sinistre pour assurer une intervention efficace. Exemples : formulation d’un plan d’intervention en cas d’urgence et d’un plan de continuité des activités/opérations, formation, exercices, sensibilisation du public et éducation (Lexique, 2011).

Prévention : Mesures prises afin d’empêcher la survenance d’une situation d’urgence ou d’un sinistre ainsi que les impacts liés à un danger (Lexique, 2011).

Programme de gestion des situations d’urgence : Programme fondé sur l’analyse des risques et comprenant des éléments prescrits pouvant inclure des mesures de prévention, d’atténuation, de préparation, d’intervention et de rétablissement (Lexique, 2011).

Répercussion financière/commerciale : Conséquence économique négative découlant d’un danger.

Répercussions sur les infrastructures essentielles : Conséquences négatives découlant d’un danger que subissent les réseaux interdépendants, interactifs et interconnectés d’institutions, de services, de systèmes et de processus qui répondent aux besoins vitaux des êtres humains, soutiennent l’économie, protègent la sécurité publique, assurent la continuité des services gouvernementaux et maintiennent la confiance du public envers le gouvernement.

Ressources : Personnel, équipement important, fournitures et installations qui sont disponibles, ou susceptibles de l’être, pour les opérations liées à un incident et dont on fait le suivi. Les ressources sont décrites selon leur nature et leur type et peuvent être utilisées pour les fonctions opérationnelles ou de soutien (Lexique, 2011).

Rétablissement : Processus visant à ramener une collectivité sinistrée aux conditions normales d’avant la situation d’urgence (Lexique, 2011).

Risque acceptable : Niveau de pertes potentielles jugées acceptables par une société ou une collectivité compte tenu de ses conditions sociales, économiques, politiques, culturelles, techniques et environnementales (Lexique, 2011).

Risque actuel : Niveau de risque actuel associé à un danger.

Risque antérieur : Niveau de risque associé à un danger par le passé. Le niveau de risque peut avoir été modifié en raison de changements des conséquences, de la fréquence ou des pratiques de prévention, de préparation, d’atténuation, d’intervention ou de rétablissement.

Risque : Produit de la probabilité qu’un danger se produise et de ses conséquences (Lexique, 2011).

Situation d’urgence : Situation ou situation imminente dangereuse à un point tel qu’elle risquerait de causer un grave préjudice à des personnes ou d’importants dommages à des biens et qui est due à un fléau de la nature, à une maladie ou autre risque pour la santé, à un accident ou à un acte intentionnel ou autre (terme défini dans la Loi sur la protection civile et la gestion des situations d’urgence) (Lexique, 2011).

Surveillance et révision : Étape à laquelle le processus d’IDER est révisé, et les changements relatifs à la probabilité et aux conséquences d’un danger sont mis à jour.

Variation du risque : Variable de la méthodologie d’IDER qui permet de tenir compte de renseignements relatifs à la variation de la probabilité qu’un danger se produise et de la vulnérabilité à ce danger.

Vulnérabilité : Susceptibilité d’une collectivité, d’un système ou d’un bien à subir les effets dommageables d’un danger (Lexique, 2011).

Zone de crise : Zone géographique où une situation d’urgence existe ou est imminente, et qui a été désignée pour recevoir des services d’intervention en cas d’urgence (Lexique, 2011).

1.0 Introduction

La principale tâche des gestionnaires de situations d’urgence est de mener les opérations de prévention, de préparation, d’atténuation, d’intervention et de rétablissement relatives à une multitude de dangers. Pour ce faire, ils doivent se poser les questions suivantes :

• À quels dangers la province est-elle confrontée?

• À quelle fréquence se produisent-ils?

• Dans quelle mesure leur gravité peut-elle affecter la collectivité, les infrastructures, les biens et l’environnement?

• Quels dangers constituent la plus grande menace pour les résidents de l’Ontario?

Le présent document d’identification des dangers et d’évaluation des risques (IDER) vise à aider les gestionnaires de situations d’urgence à répondre à ces questions, tout en fournissant un outil qui permette d’évaluer les conséquences et la fréquence d’un danger en vue de favoriser la sécurité publique et de protéger les biens et les infrastructures contre les dommages potentiels. L’objectif principal est de pouvoir déterminer quels dangers, à un moment donné, doivent faire l’objet de programmes de gestion des situations d’urgence. L’IDER est un processus continu. Lorsque le niveau de risque associé à un danger est jugé élevé, les programmes de gestion des situations d’urgence doivent permettre de réduire ce risque par des mesures de prévention, de préparation, d’atténuation, d’intervention et de rétablissement. Si ces mesures fonctionnent, le risque lié au danger diminuera. Cette diminution, favorisée par le maintien constant du processus d’IDER, se traduit par une cote plus faible dans le rapport d’IDER suivant, ce qui permet de diriger les efforts vers d’autres dangers plus urgents, et éventuellement de traiter tous les dangers indiqués.

L’IDER décrit en détail les dangers d’une zone donnée et les risques qui y sont associés. Dans le cadre du présent document, la zone désignée est la province de l’Ontario. Cet outil n’est pas destiné à être utilisé pour prévoir quel danger sera à l’origine de la prochaine situation d’urgence; il ne vise qu’à expliquer les conséquences et la fréquence potentielles des dangers énoncés. Il s’agit plutôt d’un outil d’évaluation des risques qui permet de déterminer quels dangers posent le plus de risques en fonction de leur probabilité et de l’importance de leurs répercussions sur la sécurité publique.

Trois raisons principales expliquent l’utilité d’un tel document pour un professionnel de la gestion des situations d’urgence :

• Il aide les professionnels de la gestion des situations d’urgence à se préparer aux risques les plus graves ou les plus susceptibles de se produire.

• Il permet de créer des exercices, des programmes de formation et des plans en fonction de la probabilité d’une situation.

• Il permet de gagner du temps en isolant les dangers peu susceptibles de se produire dans la zone visée.

L’IDER est essentielle pour la gestion des situations d’urgence à l’échelle de la province, puisque les résidents de l’Ontario s’attendent à ce que le gouvernement provincial mène activement les opérations de surveillance et d’atténuation des risques liées à une urgence potentielle. Étant donné que le gouvernement provincial joue un rôle de premier plan dans la gestion des situations d’urgence, beaucoup de dépenses sont engagées pour les activités de prévention, d’atténuation, d’intervention et de rétablissement. L’IDER permet de cerner les risques les plus graves ou les plus susceptibles de survenir et aide à mettre sur pied des exercices de formation, ce qui réduit les coûts financiers, et les fonds peuvent être redirigés vers d’autres projets de gestion des situations d’urgence.

L’Ontario a adopté des mesures de protection de la population et de ses biens, notamment grâce aux efforts de GSUO et à l’engagement et au travail acharné des gestionnaires de situations d’urgence des ministères, des municipalités, des Premières nations et du secteur public. À l’entrée en vigueur de la Loi sur la gestion des situations d’urgence, l’Ontario a adopté une nouvelle approche axée sur les risques dans le cadre de ses programmes obligatoires de gestion des situations d’urgence. La Loi exige d’identifier d’abord les dangers et d’évaluer les risques qui en découlent afin de déterminer lesquels sont les plus susceptibles d’entraîner une situation d’urgence. Pour obtenir des résultats concluants, il est possible de mener une évaluation des risques (notamment l’IDER) de manière systématique afin que les mesures d’intervention des programmes de gestion des situations d’urgence ne soient pas seulement réactives, mais proactives. Renforcer les mesures de prévention, de préparation, d’atténuation, d’intervention et de rétablissement à l’aide d’une approche plus proactive contribuera à faire de l’Ontario une province plus résiliente face aux sinistres.

1.1 Objectif

Conformément à la Loi sur la protection civile et la gestion des situations d’urgence, les programmes de gestion des situations d’urgence de l’Ontario doivent être axés sur les risques. Le paragraphe 2.1 (3) de la Loi prévoit que « [l]orsqu’elle élabore son programme de gestion des situations d’urgence, chaque municipalité détermine et évalue les divers dangers et risques pour la sécurité publique qui pourraient donner lieu à des situations d’urgence et détermine les installations et autres éléments de l’infrastructure qui sont susceptibles d’être touchés par elles. 2002, chap. 14, art. 4 ». Au paragraphe 5.1 (2), la Loi prévoit également que « [l]orsqu’il élabore un programme de gestion des situations d’urgence, chaque ministre de la Couronne et chaque organisme, conseil, commission et autre direction désignée du gouvernement détermine et évalue les divers dangers et risques pour la sécurité publique qui pourraient donner lieu à des situations d’urgence et détermine les installations et autres éléments de l’infrastructure relevant de sa compétence qui sont susceptibles d’être touchés par elles. 2002, chap. 14, art. 7 ». L’IDER constitue une partie essentielle de tout programme de gestion des situations d’urgence de l’Ontario.

Le document d’IDER pour la province de l’Ontario vise à fournir une orientation quant à la manière de mener l’IDER, un processus continu et en constante évolution. L’objectif de ce processus est d’arriver à anticiper les situations d’urgence potentielles et à déterminer quels dangers doivent être traités en priorité à un moment donné, en prévision de l’exécution de programmes de gestion des situations d’urgence. Il ne faut pas oublier que de nouveaux dangers peuvent survenir et que les dangers peuvent évoluer avec le temps, ce qui peut exiger un changement de priorité lors de la révision des outils et processus de gestion des situations d’urgence.

1.2 Portée

Le présent document vise à guider l’évaluation des risques liés aux dangers d’origine naturelle, technologique ou humaine conformément à la définition de « situation d’urgence » énoncée dans la Loi sur la protection civile et la gestion des situations d’urgence. Le document a d’abord été préparé à des fins d’usage provincial; toutefois, le processus qui y est décrit peut également servir à l’échelle d’un ministère, d’une municipalité ou d’une organisation du secteur privé. L’IDER peut guider toutes les instances dans leurs propres évaluations des risques, favorisant ainsi l’uniformité des évaluations et l’amélioration des renseignements sur les risques.

L’objectif du présent document est d’identifier les dangers survenus ou susceptibles de survenir en Ontario. Il s’agit d’un guide étape par étape d’utilisation de la méthode provinciale en vue de la planification et de l’élaboration de l’IDER.

1.3 Évaluation des dangers à l’aide des politiques, des programmes et des cinq composantes de la gestion des situations d’urgence

L’adoption d’une approche de gestion des risques dans la Loi sur la protection civile et la gestion des situations d’urgence permet de mettre l’accent sur les causes des risques plutôt que sur les situations d’urgence qui peuvent en découler. Cette méthode permet d’allouer les ressources plus efficacement en vue de prévenir ou de minimiser les pertes. La province met sur pied divers programmes complets de gestion des situations d’urgence (fondés sur les cinq composantes que sont la prévention, l’atténuation, la préparation, l’intervention et le rétablissement) à l’aide de normes générales progressives sur les programmes. Il s’agit d’un changement important pour l’Ontario, puisque la Loi sur les mesures d’urgence n’abordait que les étapes de planification (préparation) et d’intervention. La nouvelle Loi sur la protection civile et la gestion des situations d’urgence jette les bases d’une stratégie d’atténuation applicable à l’ensemble de la province.

L’Ontario a vécu des centaines de situations d’urgence et de sinistres non négligeables, parmi lesquels certains se répètent chaque année. Entre 1995 et 2009, une moyenne de 21 situations d’urgence ont été déclarées chaque année en Ontario. Il semble également que la vulnérabilité de la province augmente d’année en année, notamment en raison de variables telles que la densité de population, l’urbanisation, la dépendance à la technologie ainsi que les menaces liées au sabotage et au terrorisme. Il est important de souligner qu’en mars 2003, le premier ministre de l’Ontario a déclaré la première urgence provinciale en vertu de la Loi sur les mesures d’urgence, soit l’urgence sanitaire liée au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Cette situation a clairement illustré la nécessité de se doter de programmes solides et généraux mettant l’accent sur les risques. Cette approche en matière de gestion des situations d’urgence permet de diminuer les répercussions potentielles liées à des événements futurs et d’accélérer le processus de rétablissement.

1.4 Structure

Le document sur l’IDER pour l’Ontario est conçu de façon à fournir des renseignements sur les dangers détectés à l’échelle de la province et sur les risques qui y sont liés, tout en orientant l’évaluation des risques à l’aide de la méthodologie provinciale. Le processus d’élaboration et de mise à jour de l’IDER se divise en quatre étapes fondamentales, présentées dans le diagramme ci-dessous.

 Étapes fondamentales de l’élaboration et de la mise à jour de l’IDER

Identification des dangers

Cette étape du processus vise à cerner les dangers susceptibles de toucher la zone visée par l’évaluation des risques. Pour y arriver, il faut étudier systématiquement tous les dangers et leurs causes afin de déterminer s’ils constituent une menace pour la région concernée. Les dangers peuvent survenir de différentes manières et entraîner des dommages en tout genre, d’où l’importance de connaître toutes les causes et vulnérabilités potentiellement responsables d’un danger et, ultimement, d’une situation d’urgence. Cette étape peut nécessiter la consultation d’experts scientifiques, de compagnies d’assurance, d’archives et d’organismes gouvernementaux.

Évaluation des risques

Cette étape consiste en l’évaluation du niveau de risque propre à chaque danger. Pour ce faire, il peut être nécessaire d’étudier les occurrences précédentes ou potentielles du danger et de déterminer le niveau de vulnérabilité de la société et de la zone concernée. Il importe également d’étudier la probabilité qu’un danger se produise à une intensité causant des dommages, ainsi que les répercussions potentielles sur les personnes, les biens, l’environnement, les affaires, les finances et les infrastructures essentielles. Il est primordial de mener un examen aussi approfondi que possible puisque les renseignements recueillis à cette étape joueront un rôle de premier plan aux yeux des décideurs qui devront déterminer quels risques ne seront pas tolérés.

Pour évaluer les conséquences réelles qu’a subi la province de l’Ontario à la suite d’un danger, il est important d’avoir recours à des sources fiables, comme :

1) la Base de données canadienne sur les désastres;

2) Environnement Canada;

3) Ontario Hazards;

4) les rapports du Centre provincial des opérations d’urgence;

5) le commissaire des incendies de l’Ontario;

6) les rapports et renseignements du Ministère.

Analyse des risques

Les renseignements recueillis à l’étape de l’évaluation des risques seront examinés dans le cadre de la méthodologie d’IDER. L’objectif ultime est de réussir à déterminer, au moment de l’analyse des risques, quels dangers devront être traités en priorité par les programmes de gestion des situations d’urgence, en fonction de leur fréquence et de leurs conséquences potentielles.

Surveillance et révision

Il est important de rappeler que l’IDER est un processus continu, c’est-à-dire que les dangers ainsi que les risques qui en découlent doivent être surveillés et révisés. L’IDER fournit les renseignements qui permettent de déterminer quels dangers devront être traités en priorité par les programmes de gestion des situations d’urgence à un moment donné. Tout changement de fréquence d’un danger, toute mesure d’atténuation ou toute autre variable sont susceptibles d’entraîner une révision à la baisse du risque associé à un danger, ce qui permet alors de concentrer les efforts sur un autre danger. Avec le temps, grâce aux révisions suivantes, d’autres dangers seront placés en tête de la liste de priorités pour les programmes de gestion des situations d’urgence, et des mesures seront alors prises pour réduire et minimiser les risques qui y sont liés. Ainsi, tous les dangers seront éventuellement abordés et examinés.

Identification des dangers

2.0 Identification des dangers

Les dangers énumérés ci-dessous sont ceux qui ont été identifiés pour l’Ontario au terme d’un examen approfondi de la documentation historique et scientifique. Il s’agit de dangers qui se sont produits ou sont susceptibles de se produire dans la province, ainsi que de la probabilité qu’ils entraînent des dommages pour les personnes, les biens, les infrastructures essentielles, l’environnement ou les affaires. Remarque : Les listes de dangers doivent être utilisées avec précaution. Un danger peut constituer un effet secondaire d’un danger précédent ou actuel. Les dangers et les risques ne sont pas immuables : de nouveaux peuvent apparaître, et des dangers inconnus qui se seraient produits à une époque où il n’existe aucune documentation peuvent également resurgir. Lorsqu’un nouveau danger est identifié, il doit automatiquement être ajouté à une révision subséquente de l’IDER.

2.1 Dangers naturels

Les dangers naturels sont des risques résultant de fléaux naturels (parfois désignés par « cas fortuit »). L’activité humaine peut déclencher ou aggraver le danger (par exemple, la déforestation peut augmenter les risques de glissements de terrain), mais le danger reste jugé comme un fléau naturel.

• Crise alimentaire ou agricole

- Crise alimentaire

- Maladie des animaux d’élevage

- Maladie des plantes et infestation de ravageurs

• Situation d’urgence liée à l’eau potable

• Sécheresse ou basses eaux

• Séisme

• Érosion

• Températures extrêmes

- Vague de chaleur

- Vague de froid

• Inondation

- Crues des eaux de rivière

- Inondation en milieu urbain

- Seiche

- Onde de tempête

• Brouillard

• Feu de forêt ou de végétation

• Pluie verglaçante

• Tempête géomagnétique*

• Grêle

• Urgence sanitaire

- Épidémie

- Pandémie

• Ouragan

• Affaissement du sol

• Glissement de terrain

• Foudre

• Écrasement d’un objet spatial naturel*

• Tempête de neige / blizzard

• Tornade

• Tempête de vent

2.2 Dangers technologiques

Les dangers technologiques découlent de la fabrication, du transport ou de l’utilisation d’éléments tels que de la matière radioactive, des produits chimiques, des explosifs, des substances inflammables, des outils technologiques modernes et des infrastructures essentielles (IDER, 2005).

• Effondrement de bâtiments ou de structures

• Défaillance d’une infrastructure essentielle

• Rupture de barrage

• Situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique

• Explosion ou incendie

• Incident lié à des matières dangereuses

- Incident dans des installations fixes

- Incident de transport

• Écrasement d’un objet spatial fabriqué par l’homme

• Situation d’urgence dans une mine

• Situation d’urgence liée à une installation nucléaire

• Situation d’urgence mettant en cause du pétrole ou du gaz naturel

• Situation d’urgence radiologique

• Situation d’urgence liée aux transports

- Transport aérien

- Transport maritime

- Transport ferroviaire

- Transport routier

2.3 Dangers d’origine humaine

Les dangers d’origine humaine sont des dangers résultant directement d’une action ou inaction de l’homme, que ce soit intentionnel ou non, notamment les dangers causés par des problèmes au sein de la structure organisationnelle d’une entreprise, d’un gouvernement, etc.

  • Désordre civil
  • Cyberattaque*
  • Sabotage
  • Événement spécial
  • Terrorisme et incidents CBRNE
  • Guerre ou crise internationale

* Danger ajouté à la liste depuis la publication de l’IDER de 2005.

Rapport narratif sur les dangers

Dangers naturels

Les dangers naturels sont des risques résultant de fléaux naturels (parfois désignés par « cas fortuit »). L’activité humaine peut déclencher ou aggraver le danger (par exemple, la déforestation peut augmenter les risques de glissements de terrain), mais le danger reste jugé comme un fléau naturel.

Crise alimentaire ou agricole

Définitions

Crise alimentaire ou agricole : Urgence résultant d’événements qui affectent le secteur alimentaire ou agricole ou les deux. Dans le secteur alimentaire, il peut s’agir d’une altération de la sécurité alimentaire ou de la qualité ou de la salubrité des aliments, menaçant ainsi le bien-être nutritionnel d’une proportion importante de la population. Dans le secteur agricole, il s’agit d’événements qui menacent la production agricole et la subsistance d’une manière qui peut être considérée comme une situation d’urgence. La plupart du temps, les événements agricoles mènent à une situation d’urgence parce qu’ils sont susceptibles d’entraîner une crise alimentaire en raison de leur effet sur la sécurité alimentaire (ONU, 1998).

Maladie des animaux d’élevage : Toute déviation de l’état normal ou sain du corps de l’animal d’élevage. L’infection peut se transmettre d’un animal à l’autre, ou de l’animal à l’homme (zoonose) (GSUO, 2005).

Contamination des aliments : Toute situation où un aliment est susceptible de poser un risque élevé pour l’homme (GSUO, 2005). La contamination ou l’adultération d’aliments par un agent physique, chimique ou biologique est toujours à l’origine de ce type de situation.

Maladie des plantes agricoles : Toute série de processus physiologiques causés par l’irritation d’une plante par un agent envahisseur. Ces agents envahisseurs sont généralement des agents pathogènes et sont les virus, les bactéries, les champignons et les algues.

Infestation de ravageurs : Présence d’une ou de plusieurs espèces parasites dans un secteur où leur nombre et leur impact ont atteint des niveaux perçus comme intolérables. Les infestations sont classées en fonction des habitudes alimentaires des ravageurs, c’est-à-dire s’ils se nourrissent de feuillages ou de racines. Elles causent habituellement des dommages importants et étendus sur les plantes agricoles.

Description

Ce type de situation d’urgence peut être divisé en trois catégories : contamination des aliments, maladie des animaux d’élevage et maladie des plantes agricoles et infestation de ravageurs. Les situations d’urgence peuvent également être classifiées en fonction du danger qu’elles entraînent, notamment si elles affectent la santé humaine, altèrent la sécurité alimentaire, limitent la production ou causent une catastrophe économique.

Maladie des animaux d’élevage

Les situations d’urgence liées aux maladies des animaux d’élevage peuvent survenir lorsqu’une épidémie se déclenche ou qu’un danger lié à la santé animale se présente. L’une des principales répercussions négatives des maladies animales exotiques concerne les restrictions imposées aux déplacements des animaux et la perturbation des marchés. Une maladie animale peut être introduite par des animaux vivants, des produits ou sous-produits d’origine animale, des êtres humains ou d’autres espèces (dont les insectes) et des objets contaminés (MAAARO, 2009). Parmi les maladies animales, notons la fièvre aphteuse, la grippe porcine ou peste porcine classique et la grippe aviaire.

Le degré d’importance et la nature des répercussions d’une maladie animale dépendent du type de maladie et du fait qu’elle affecte les animaux et les humains (zoonoses), ou les animaux seulement (MAAARO, 2009). Dans le cas de certaines maladies, notamment la grippe aviaire, le niveau de risque peut changer selon le sous-type de maladie. Par exemple, il existe 16 sous-types de grippe aviaire, dont la plupart n’affectent que les oiseaux; toutefois, les sous-types H5N1 et H7N1 ont été reconnus comme transmissibles aux humains puisque ces virus parviennent à acquérir des gènes des virus qui infectent d’autres espèces. Les sous-types H5N1 et H7N1 de la grippe aviaire peuvent entraîner des maladies graves, voire mortelles chez les humains.

Au moment où une maladie très contagieuse est détectée, sa période d’incubation est probablement déjà entamée au sein de nombreuses populations animales (en fonction de l’espèce et de sa répartition). Par ailleurs, si la maladie est zoonotique et peut être transmise aux humains, elle risque alors d’entraîner de graves problèmes de santé, voire des décès. Les maladies animales sont susceptibles de causer des dommages socio-économiques dans les secteurs fortement dépendants de l’élevage ou de l’industrie des produits issus de l’élevage. Certaines maladies animales peuvent également avoir d’importantes conséquences environnementales si elles se transmettent des animaux d’élevage aux animaux sauvages.

Les situations d’urgence liées aux maladies animales peuvent entraîner :

• une perte de confiance de la population envers la salubrité de l’industrie alimentaire et des produits issus des animaux d’élevage;

• d’importantes pertes de production en ce qui a trait aux produits d’animaux d’élevage (viande, lait, laine, etc.), ce qui peut réduire la disponibilité des produits destinés à la consommation;

• la perte du caractère génétique favorable du bétail, ou une diminution de la variation génétique générale;

• la nécessité de prendre des mesures de prévention et de contrôle coûteuses pour éviter ou stopper la propagation de la maladie;

• une perte importante de revenus causée par l’interruption des exportations;

• des conséquences dangereuses pour les personnes en contact étroit avec un animal infecté;

• une urgence sanitaire dans les cas où la maladie est transmissible à l’homme;

• des dommages aux populations d’animaux sauvages susceptibles de contracter la maladie;

des problèmes de santé animale.

Contamination des aliments

Une crise alimentaire peut résulter de la contamination d’aliments par un agent microbien, chimique ou physique et avoir des conséquences néfastes pour les humains. Elle est généralement entraînée par un processus naturel, une erreur humaine (p. ex., pratiques non sécuritaires lors de la manipulation des aliments), un sabotage ou des actes de terrorisme (« agroterrorisme ») lorsque la contamination est détectée une fois que les aliments sont sur le marché. L’agroterrorisme est défini par l’introduction volontaire d’un agent causal microbien ou chimique chez les animaux d’élevage, dans les plantes agricoles ou dans la chaîne alimentaire, dans le but de nuire à la stabilité ou de créer un sentiment de peur (Florida Department of Agriculture and Consumer Services, 2004). Cet aspect sera expliqué plus en détail dans la section consacrée au terrorisme.

Les origines des crises alimentaires sont nombreuses :

• contamination d’aliments, notamment si la consommation du produit peut entraîner une maladie ou la mort;

• déclaration de graves cas d’allergies alimentaires;

• éclosion de maladies d’origine alimentaire;

• sabotage (ou menace de sabotage) pouvant causer des problèmes de santé;

• dangers d’origine naturelle, humaine ou technologique pouvant menacer la salubrité des aliments.

Une crise alimentaire peut être entraînée par un agent microbien, comme :

• une bactérie ou une toxine bactérienne (p. ex., E. coli et botulisme);

• un virus (p. ex., agent de Norwalk et hépatite A);

• un parasite (p. ex., cryptosporidose et parasite lamblia);

• un prion (p. ex., encéphalopathie spongiforme bovine / maladie de la vache folle).

Une crise alimentaire peut être entraînée par un agent chimique, comme :

• des résidus d’antibiotiques;

• des résidus de pesticides;

• des produits chimiques ou des métaux.

Une crise alimentaire peut également être causée par un agent physique (p. ex., un fragment de verre, une aiguille, des débris métalliques provenant de l’équipement de transformation d’aliments). De façon générale, les événements liés à la contamination physique d’un aliment ont une portée plus limitée, mais peuvent entraîner de graves risques pour la santé, et amener les consommateurs à perdre confiance en l’industrie alimentaire ou à en avoir peur. La contamination physique d’aliments peut être causée par une erreur dans le processus de transformation ou un acte de sabotage ou de terrorisme, et ces risques doivent recevoir la même attention que la contamination par un agent microbiologique ou chimique.

Maladie des plantes agricoles et infestation de ravageurs

Les maladies des plantes et les infestations de ravageurs sont des événements communs qui peuvent généralement être contrôlés de manière efficace. Tout comme les maladies animales, les maladies des plantes peuvent limiter l’accès à certains marchés précis. Toutefois, il arrive qu’une maladie ou infestation prenne de l’ampleur et occasionne d’importantes répercussions économiques ou de graves problèmes de santé des plantes agricoles. Les espèces envahissantes sont de plus en plus problématiques puisque de nombreuses espèces indigènes sont à risques et n’ont pas développé les mécanismes de protection nécessaires. Certains régimes climatiques saisonniers peuvent augmenter ou réduire les risques de maladie des plantes ou d’infestation de ravageurs. Par exemple, les températures extrêmes, la sécheresse ou d’importantes précipitations peuvent influencer le nombre et la répartition des maladies et des ravageurs. Il importe de noter que les maladies des plantes et les infestations de ravageurs peuvent affecter autant les plantes agricoles (maïs, pommiers, etc.) que sauvages (frênes, pins, etc.).

Les maladies des plantes agricoles se divisent en deux catégories :

• les maladies bactériennes (p.ex., la pourriture noire);

• les maladies fongiques (p.ex., le mildiou).

Les ravageurs potentiels sont par exemple :

• l’agrile du frêne;

• le longicorne asiatique.

Énoncé des risques provinciaux

Maladie des animaux d’élevage

Près du quart des fermes du Canada se trouvent en Ontario. Selon le Recensement de l’agriculture de 2006, on compte environ 57 211 fermes en Ontario. En 2001, 34 659 fermes se spécialisaient dans l’exploitation d’élevage. Le terme « élevage » désigne autant les espèces traditionnelles telles que les bovins, le porc et la volaille, que les espèces comme le bison, l’émeu, etc. L’industrie agricole de l’Ontario représente des milliards de dollars : en 2005, les recettes monétaires totales atteignaient plus de 10,3 milliards de dollars, alors que les dépenses d’exploitation s’élevaient à 8,8 milliards (Recensement de l’agriculture, 2006).

L’impact social lié aux maladies des animaux d’élevage dépend du caractère zoonotique des maladies, c’est-à-dire si elles peuvent être transmises aux êtres humains. Dans cette éventualité, les conséquences peuvent aller de la maladie au décès chez certaines personnes. Les personnes les plus à risque de contracter ces maladies sont celles qui travaillent avec les espèces contaminées ou avec leurs produits ou sous-produits. Puisque ces personnes représentent une faible proportion de la population, le nombre de décès est habituellement très limité, à moins que la maladie ne soit facilement transmissible d’une personne à l’autre. Dans ce cas, la maladie ne serait plus classée comme maladie animale et provoquerait une urgence sanitaire. Des problèmes de santé mentale peuvent également survenir chez certaines personnes, notamment celles dont la subsistance dépend de l’exploitation d’élevage.

Les maladies des animaux sont peu susceptibles d’entraîner des dommages matériels. Cependant, selon la maladie en question, certaines installations ou structures touchées doivent parfois être décontaminées avant d’être réutilisées.

Par ailleurs, il est important de noter que certaines maladies peuvent trouver leur origine chez les animaux sauvages, ou leur être transmises (p. ex., la maladie débilitante chronique, la tuberculose, etc.). Un important pourcentage des populations d’espèces sauvages peut être affecté ou tué par ces maladies. De plus, les mesures d’intervention sont parfois plus difficiles à appliquer dans le cas des animaux sauvages.

En Ontario, une épidémie chez les animaux d’élevage peut affecter le commerce international du bétail ou des produits qui en sont dérivés, et potentiellement entraîner des conséquences économiques à l’échelle de la province, mais aussi de l’ensemble du Canada. L’industrie agricole joue un rôle de premier plan dans l’économie canadienne (GSUO, 2005). En cas d’éclosion d’une maladie, les demandes d’exportation des produits agricoles canadiens issus d’une population affectée diminueraient. La Coalition canadienne pour la santé des animaux, dans son étude sur les impacts économiques d’une épidémie potentielle de la fièvre aphteuse au Canada (2002), a avancé que l’économie canadienne pourrait subir une perte économique nette se situant entre 13,7 et 45,9 milliards de dollars, selon l’étendue de l’épidémie et la capacité à la contenir et à la contrôler. Selon ce rapport, même un seul cas de maladie rapporté au Canada aurait le potentiel de freiner les exportations pendant plus de trois mois (MAAARO, 2009). De plus, il peut en résulter une perte de confiance des consommateurs, qui éviteraient alors d’acheter des produits qu’ils jugent à risque. Cette situation n’est pas sans rappeler la pandémie de grippe H1N1 de 2009, pendant laquelle les ventes de porc ont chuté dans un grand nombre de pays, malgré les confirmations de l’Organisation mondiale de la Santé et des gouvernements, selon lesquelles la consommation du porc était sans danger.

Contamination des aliments

Dans le cas d’une crise alimentaire causée par la contamination d’aliments, l’impact social varie selon le type d’agent (microbien, chimique ou physique). La contamination d’aliments peut entraîner la maladie (y compris des réactions allergiques), voire la mort. Les symptômes les plus communs associés à la contamination des aliments sont entre autres les maux de ventre, la diarrhée et les vomissements. Les symptômes peuvent varier selon le type d’agent. Au Canada, les pénuries alimentaires sont peu probables puisque la situation financière du pays permet d’importer des aliments. Toutefois, la pénurie d’un aliment de base important peut provoquer l’augmentation des prix et de la demande des denrées de remplacement.

Il est peu probable qu’une situation d’urgence liée à la contamination d’aliments cause des dommages matériels ou environnementaux. Néanmoins, il existe un faible risque en fonction de l’étape de production où la contamination a eu lieu et des effets négatifs pouvant toucher les animaux sauvages.

En plus des répercussions potentielles sur la santé humaine, l’un des impacts potentiels majeurs d’une urgence liée à la contamination est la perturbation des activités commerciales et financières. Par exemple, si un produit contaminé est distribué dans une grande région et entre dans la fabrication d’autres produits, les rappels peuvent toucher un secteur étendu et une multitude de produits. Les compagnies concernées subissent alors d’importantes pertes de revenus. De plus, les consommateurs risqueraient de perdre confiance et d’éviter les produits ou marques associés à la contamination, même si ces derniers ne sont pas touchés. Le public pourrait également perdre confiance envers le gouvernement et dans sa capacité à intervenir en de telles circonstances.

Les perceptions du grand public et la peur peuvent également jouer un rôle dans les urgences liées à la contamination d’aliments : la population s’attend à ce que des mesures d’intervention en cas d’urgence soient prises de façon rapide et coordonnée. La sensibilisation et l’éducation de la population au sujet des risques associés aux maladies d’origine alimentaire doivent être prioritaires, puisque ce type de maladie est habituellement évitable.

Maladie des plantes agricoles et infestation de ravageurs

La province de l’Ontario représente 24 % de l’industrie agricole canadienne. Les cultures les plus communes de la province sont les céréales, les plantes oléagineuses et l’horticulture. Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario surveille les éclosions des maladies des plantes agricoles et des infestations de ravageurs et a publié des lignes directrices sur la gestion de ces situations. Bien qu’une grande diversité d’espèces végétales réduise les risques qu’une maladie ou infestation entraîne de graves répercussions sur l’économie et la santé, cette diversité, au sein des plantes agricoles, peut également poser problème en ce qui a trait à la détection et au contrôle des nouvelles éclosions de maladie. L’introduction de nouvelles espèces, les nouvelles lignées et l’augmentation des échanges et des voyages internationaux peuvent causer l’apparition de nouvelles maladies ou infestations (que l’on appelle « espèces exotiques » ou « espèces envahissantes ») ou une recrudescence de celles qui sont déjà présentes. Différents éléments peuvent entraîner l’apparition d’espèces envahissantes en Ontario : migration naturelle, emballages, transport (conteneur, bagages, etc.). Par ailleurs, la rapidité des déplacements permet maintenant aux insectes et autres ravageurs de traverser de plus grandes distances qu’avant.

Les maladies des plantes et les infestations de ravageurs sont peu susceptibles de provoquer des dommages matériels. Toutefois, selon le type de maladies ou de ravageurs, des dommages indirects, comme des feux de forêt, pourront être causés. Par exemple, une infestation de longicornes asiatiques peut entraîner la mort de centaines d’arbres dans un seul secteur, qui se transforment alors en combustible lorsqu’un feu de forêt se déclare.

Il est important de noter que les cultures domestiques ne sont pas les seules à être susceptibles de souffrir d’une maladie ou d’une infestation. En effet, les espèces sauvages sont elles aussi à risque. Une éclosion à grande échelle peut endommager ou tuer un grand nombre de plantes sur une grande surface. Cette situation peut nuire à l’habitat des herbivores ou affecter la quantité et la qualité de leur nourriture. Par ailleurs, l’augmentation de la matière végétale morte et sèche (notamment les arbres) peut accroître les risques d’incendie.

Une grave épidémie d’une maladie des plantes ou une importante infestation de ravageurs peuvent avoir de graves conséquences économiques. Des cultures entières peuvent être anéanties et des gens peuvent perdre leur gagne-pain. Une épidémie peut forcer la fermeture du marché ontarien d’exportation vers d’autres provinces ou pays et, selon le type ou l’étendue de la maladie ou du ravageur, le tourisme et d’autres industries peuvent également subir leurs contrecoups.

Éclosion de listériose, 2008 – Contamination des aliments

En juillet 2008, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée (MSSLD) a constaté, lors de sa vérification courante des données de santé publique de l’Ontario, une augmentation des cas de listériose dans l’ensemble de la province. En août 2008, l’analyse de ces cas a permis de déterminer que l’éclosion était issue d’une source commune. En effet, les échantillons d’aliments provenant de Maple Leaf Consumer Foods Inc. ont obtenu des résultats positifs. Alors que l’épidémie continuait de se propager, d’autres cas de listériose ont été rapportés dans d’autres provinces où les aliments contaminés avaient été distribués.

La majorité de ces cas survenait dans les centres de soins de longue durée et les hôpitaux. Seuls quatre patients n’avaient pas été hospitalisés ou n’avaient pas résidé dans un établissement avant la déclaration de la maladie, et un petit nombre de cas demeurent non confirmés à ce jour. La moyenne d’âge des personnes touchées était de 78 ans (la tranche d’âge allait de 42 à 98 ans), et 68 % étaient des femmes.

Au total, 43 cas étaient associés à l’épidémie en Ontario : 41 cas confirmés, 1 cas possible et 1 cas suspect (aucun échantillon n’était disponible pour analyse pour les cas suspect et possible). Le dernier cas confirmé en Ontario s’est déclaré le 24 septembre 2008.

Au total, on a enregistré 22 décès parmi les cas confirmés. Pour 15 cas, la listériose a été établie comme cause initiale ou concourante du décès, alors que 7 décès ont été attribués à des causes indéterminées.

(MSSLD, 2008)

Situation d’urgence liée à l’eau potable

Définition

Incident généralisé ou grave lié à la contamination de l’eau potable ou à une perturbation de l’approvisionnement, qui représente un danger pour la santé générale et le bien-être de la population ou qui est susceptible d’avoir des répercussions négatives.

Description

La qualité de l’eau et la quantité de cette ressource, essentielle au maintien de la santé publique, peuvent subir des conséquences négatives, notamment causées par :

• un événement naturel (inondation, apparition d’agents pathogènes, virus de la grippe affectant les opérateurs, tremblement de terre, températures extrêmes, etc.);

• un événement technologique (déversement de produits chimiques, contamination d’un sous-produit agricole, panne informatique, problème de traitement des eaux d’égout ou de fosse septique, etc.);

• un événement d’origine humaine (sabotage, erreur humaine, etc.).

Il peut également s’agir d’une combinaison de plusieurs éléments mentionnés ci-dessus (p. ex., la présence de fumier de la ferme dans le système d’aqueduc favorise la prolifération de bactéries). Les éléments fondamentaux d’un approvisionnement en eau potable sécuritaire sont la source, les installations de traitement, l’entreposage de l’eau traitée (réservoir surélevé ou réserve souterraine), le système de distribution, le contrôle et la surveillance électroniques, les opérateurs et la surveillance de la qualité assurée par l’échantillonnage et les analyses.

Les maladies hydriques et la contamination de l’eau peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé, voire entraîner la mort. Les infections qui en résultent peuvent également être transmises à d’autres personnes. De plus, un grand nombre de résidents de la zone touchée seront enclins à consulter des professionnels de la santé, qu’ils présentent ou non des symptômes, ce qui peut imposer une certaine pression sur le système de santé publique. Par ailleurs, lorsque les symptômes prennent du temps à se manifester, l’exposition à la maladie se prolonge et retarde la détection de l’épidémie. Selon la source de la contamination, le rétablissement de la qualité de l’eau à un niveau sécuritaire à la consommation peut prendre beaucoup de temps, parfois des mois.

L’eau non traitée peut contenir plusieurs types de bactéries différents, dont la plupart sont inoffensives. Toutefois, certaines bactéries peuvent être pathogènes, notamment la souche O157:H7 du colibacille (E. coli), qui peut entraîner des maladies chroniques et même la mort. Certains sous-produits agricoles (comme le fumier) et produits chimiques peuvent favoriser la prolifération de bactéries, d’algues ou d’autres espèces pouvant altérer la qualité de l’eau. Les activités industrielles qui impliquent l’utilisation de produits chimiques ou encore un déversement de produits chimiques près d’une réserve d’eau peuvent également entraîner ces conséquences. Les mesures d’intervention nécessaires varient selon le type et la quantité de produits chimiques en question. Par ailleurs, le renforcement du zonage et des pratiques en matière d’aménagement a permis de réduire les risques de contamination. L’eau provenant du sous-sol et des lacs est traitée avant sa consommation afin qu’elle ne contienne aucun contaminant ni aucune bactérie.

Le type de roche et de sol peut également influencer la qualité de l’eau, en accroissant notamment les risques de contamination par un produit chimique ou une bactérie. Par exemple, les sols et roches de nature très poreuse (p. ex., la topographie du karst) laissent passer plus d’eau vers le sol et l’eau souterraine, et ce, plus rapidement que d’autres types de sols. Les situations d’urgence liées à la qualité de l’eau se limitent généralement au secteur desservi par les installations alimentées par l’eau contaminée. Certains événements naturels ou défaut de construction peuvent causer la rupture d’un tuyau de distribution et ainsi contaminer l’eau potable. D’importants incendies ou des pertes en eau significatives peuvent amener la demande en eau à dépasser la capacité des réservoirs et systèmes de traitement, obligeant ainsi à distribuer de l’eau non traitée.

Énoncé des risques provinciaux

Les ressources en eau de l’Ontario sont abondantes : la province est bordée par quatre des Grands Lacs et compte plus d’un quart de million de lacs et de rivières. Les ressources en eau souterraine y sont également très riches.

En Ontario, la Loi de 2002 sur la salubrité de l’eau potable et la Loi de 2006 sur l’eau saine établissent des normes en matière de vérification de la qualité de l’eau et prévoient l’application de règlements sur les systèmes d’eau potable et la protection de l’eau de source. Le respect de ces lois est obligatoire. La qualité de l’eau potable est vérifiée régulièrement, et les opérateurs du réseau de distribution d’eau potable doivent être formés et certifiés.

La population de l’Ontario, comme toute autre population humaine, est vulnérable aux situations d’urgence liées à l’eau potable. Les maladies hydriques et la contamination de l’eau peuvent entraîner des problèmes de santé, voire des décès. Les symptômes les plus communs sont les douleurs et les infections gastrointestinales ainsi que la diarrhée. De plus, un grand nombre de résidents de la zone touchée seront enclins à consulter des professionnels de la santé, qu’ils présentent ou non des symptômes, ce qui peut imposer une certaine pression sur le système de santé publique. Les secteurs à grande densité de population où l’approvisionnement est assuré par une seule source ou quelques-unes sont particulièrement à risque. Par ailleurs, les collectivités éloignées sont aussi vulnérables en raison du délai et des coûts associés à l’approvisionnement par l’entremise de sources de remplacement.

Les installations et infrastructures de la province sont peu susceptibles d’être touchées par des situations d’urgence liées à l’eau potable, à l’exception des situations relatives à l’approvisionnement en eau, qui restent probables. Les usines de traitement de l’eau et les systèmes de distribution peuvent devoir être assainies avant d’être remises service.

Dans une certaine mesure, les situations d’urgence liées à l’eau potable peuvent également être néfastes pour l’environnement. La gravité des dommages dépend de l’endroit touché par la baisse de qualité. Si le problème se trouve dans le milieu naturel de l’eau (lac ou rivière), les organismes et espèces aquatiques qui en dépendent pourront subir de graves conséquences.

Une diminution de la qualité ou de la quantité d’eau potable, notamment si elle est assez importante pour poser un danger pour l’être humain, peut entraîner d’importantes pertes économiques pour les collectivités touchées, notamment en raison des pertes d’exploitation, de la diminution du tourisme et des investissements, de la perte de valeur des biens immobiliers et des paiements d’indemnité aux victimes et à leur famille (GSUO, 2005). Les situations d’urgence liées à l’eau potable peuvent également amener la population à perdre confiance envers les normes, règlements, représentants et programmes du gouvernement.

Étude de cas - Walkerton, 2000

En mai 2000, l’eau potable de Walkerton a été contaminée par une souche mortelle des bactéries E. coli O157:H7 et Campylobacter jejuni. Ces bactéries avaient été introduites dans la source d’approvisionnement en eau par un puits situé près d’une ferme. La ferme avait adopté des pratiques conformes, contrairement aux opérateurs des installations d’eau potable de Walkerton. Des études subséquentes ont démontré que l’éclosion de la maladie aurait pu être évitée si les opérateurs avaient suivi les pratiques habituelles en matière de qualité de l’eau. À la suite de l’apparition de ces bactéries, 7 personnes sont décédées, et 2 300 autres sont tombées malades. Parmi elles, nombreuses sont celles qui ont souffert de problèmes persistants.

(O’Connor, 2002)

Sécheresse ou basses eaux

Définition

Il n’y a pas de définition universelle de « sécheresse »; toutefois, le ministère des Richesses naturelles (MRN, 2009) a défini la notion de sécheresse ou de basses eaux comme une période prolongée où se produit l’une des situations suivantes :

précipitations plus faibles que la normale pendant une période de trois mois ou plus, parfois combinées à des taux d’évaporation élevés;

conditions où le débit de l’eau des cours d’eau est au minimum nécessaire pour entretenir la vie aquatique. L’eau doit alors être utilisée dans les cas prioritaires seulement étant donné que plusieurs puits s’assèchent;

répercussions socio-économiques qui affectent une région beaucoup plus vaste que la zone où se trouvent les propriétés individuelles où la sécheresse ou les basses eaux ont été constatées.

Description

Depuis des millions d’années, les sécheresses et basses eaux surviennent partout sur la planète. Il s’agit de phénomènes naturels, mais qui peuvent également être provoqués ou accentués par les activités humaines, comme l’altération des écosystèmes. Ces conditions sont attribuables à une diminution de la quantité habituelle de précipitations dans un secteur donné. L’augmentation de la température de l’air fait grimper le taux d’évaporation, ce qui peut accroître la gravité de la sécheresse. La quantité et le type de végétation de la région favorisent aussi cette situation en raison des pertes dues à l’évapotranspiration.

Les premiers signes d’une sécheresse sont la diminution des niveaux d’eau de surface et d’eau souterraine, ainsi que de l’humidité de sol. Les végétaux croissent plus lentement ou meurent, ce qui peut également entraîner une pénurie de nourriture pour les animaux herbivores.

Effet d’une sécheresse sur une rivière (NOAA, 2010).

De nombreux dangers secondaires peuvent être associés aux à la sécheresse ou aux basses eaux. Les maladies des plantes et les infestations de ravageurs deviennent également très courantes. L’érosion qui en résulte entraîne une perte des nutriments nécessaires à la survie des plantes, qui meurent et s’assèchent, favorisant ainsi des conditions propices à l’apparition et à la propagation des feux de forêt (Billing, 2003). Les sécheresses et basses eaux sont des situations d’urgence de grande échelle qui peuvent parfois toucher plus d’une province à la fois.

Énoncé des risques provinciaux

L’Ontario a subi des sécheresses et basses eaux par le passé, et est très susceptible d’en subir encore à l’avenir. Des sécheresses de courte durée surviennent chaque année dans la province, alors que des sécheresses de longue durée (soit de plus de quatre semaines) se produisent environ une fois tous les trois ans (Brown et Wyllie, 1984).

Du milieu de l’année 1997 jusqu’en 1999, les municipalités, offices de protection de la nature et représentants du gouvernement étaient si inquiets des conditions liées à la sécheresse et aux basses eaux du Sud de l’Ontario qu’ils ont mis sur pied le Programme d’intervention en matière de ressources en eau de l’Ontario afin d’assurer que la province soit prête à intervenir dans le cas où ces conditions réapparaîtraient. Créé en 1999, mis en œuvre en 2000 et révisé en 2003, ce programme visait à appuyer les activités de préparation, de coordination et d’intervention locale en cas de sécheresse (MRN, 2009). Les régions du Sud-Ouest et de l’Est de l’Ontario ont récemment vécu une période prolongée combinant de faibles précipitations à des températures élevées, en 2001.

Les récentes conditions de sécheresse et de basses eaux de la province ont fait resurgir ces préoccupations, notamment en raison des changements climatiques, qui risquent de faire augmenter la gravité et la fréquence de ces événements.

Une étude de Kreutzwiser et coll. sur la sensibilité à la sécheresse des systèmes d’alimentation en eau a permis de cibler les caractéristiques principales qui accentuent la vulnérabilité du réseau de la province de l’Ontario :

• le type de sources (eau souterraine et fluviale);

• une croissance rapide de la population;

• le vieillissement des composantes du système d’alimentation en eau;

• un mauvais entretien des composantes du système d’alimentation en eau;

• une capacité de stockage limitée par rapport à la demande;

• des lacunes en ce qui concerne les mesures de régulation de la demande;

• la croissance industrielle.

(Kreutzwiser et coll., 2002)

La population de l’Ontario n’est pas particulièrement à risque en ce qui concerne les urgences liées à la sécheresse ou aux basses eaux. Il est très rare que des habitants des pays industrialisés souffrent ou meurent dans ce genre de situation. En effet, pour l’ensemble des sécheresses enregistrées en Ontario, on ne compte aucun décès. Il est toutefois possible que les habitants des régions isolées ou qui sont alimentées par un puits aient besoin d’assistance.

Par ailleurs, les conditions liées à la sécheresse ou aux basses eaux sont peu susceptibles d’affecter les biens immobiliers; une diminution drastique du niveau d’eau souterraine peut toutefois favoriser l’affaissement du sol (avens) dans certains secteurs. De plus, la production hydroélectrique dépend du débit de l’eau et risque donc de diminuer en temps de sécheresse ou de basses eaux.

L’agriculture et l’environnement sont vulnérables à la sécheresse et aux basses eaux. Une pénurie d’eau, surtout si elle est combinée à des températures de l’air élevées, peut nuire à la croissance des plantes, ou en causer la mort. Quant à eux, les animaux sauvages peuvent se déplacer facilement pour trouver d’autres sources d’approvisionnement en eau et sont donc moins susceptibles d’être touchés aussi grièvement que la flore. Toutefois, si une sécheresse dure très longtemps ou est plus importante, la faune sauvage n’est pas complètement à l’abri. Les pratiques en matière d’irrigation permettent de réduire les répercussions négatives sur l’agriculture et le bétail, mais, tout comme c’est le cas pour les animaux sauvages, ces secteurs ne sont pas à l’abri en cas d’une sécheresse particulièrement longue ou importante. La diminution de l’humidité du sol et des plantes peut entraîner l’érosion du sol, causant ainsi plus de dommages.

Les industries dont la production nécessite d’importants volumes d’eau, en particulier l’industrie manufacturière, peuvent également ressentir les effets négatifs d’une sécheresse ou de basses eaux. Il peut arriver qu’elles soient forcées de réduire leur production ou de trouver d’autres méthodes moins dépendantes de l’eau. Pour ces entreprises, les répercussions économiques peuvent être considérables.

Étude de cas - Sécheresse dans le Sud-Ouest et l’Est de l’Ontario, 2001

En plein cœur de la période de végétation, une partie du Sud-Ouest et de l’Est de l’Ontario a vécu les huit semaines les plus sèches jamais enregistrées. Les récoltes ont été sévèrement touchées, et certains secteurs ont reçu moins de 15 % des précipitations habituelles au cours de ces 54 jours. Sur une période totale de 82 jours, de nombreuses collectivités du Sud de l’Ontario n’ont reçu aucune précipitation notable, et certaines ont enregistré 21 jours où les températures ont dépassé les 30 °C. Au cours de l’été, les pluies ont été très dispersées. Le 14 août, la rivière des Outaouais était à 11 cm de son niveau le plus bas des 50 dernières années.

(Environnement Canada, 2010)

Séisme

Définition

Résultat d’un mouvement brusque de deux blocs de roc le long d’une cassure (faille) de l’écorce terrestre. Au cours d’un séisme, de l’énergie est libérée sous plusieurs formes : mouvement, chaleur et ondes sismiques, qui se dégagent dans toutes les directions et causent un tremblement, parfois à des centaines de kilomètres de la « source » (Ressources naturelles Canada, 2009).

Description

Les séismes peuvent se produire n’importe où, mais sont plus fréquents dans le secteur entourant une ligne de faille active aux limites des plaques tectoniques (Ressources naturelles Canada, 2009). Les séismes sont causés par le mouvement et la déformation des plaques tectoniques, entraînés par les changements de température que subit la roche sous-jacente. Parfois, la roche de la croûte terrestre accumule les tensions jusqu’à ce qu’elles se libèrent brusquement en un mouvement rapide, causant ainsi un séisme.

Certains séismes sont enregistrés par les instruments sismiques (et parfois ressentis par les personnes) dans des régions très éloignées des limites de plaques tectoniques. On parle alors de « tremblement de terre intraplaque ». Il existe une multitude de théories au sujet des causes de ces séismes, selon lesquelles, par exemple, ils se produisent le long d’anciennes lignes de faille ou en raison d’un relèvement post-glaciaire. On ne comprend pas encore tout à fait ce phénomène. Le mouvement des plaques tectoniques dans les zones limites est un processus très lent : on estime qu’elles se déplacent de 2 à 12 cm par année (Ressources naturelles Canada, 2009). Dans le cas des zones de tremblements de terre intraplaques, il s’agit de quelques millimètres par année seulement (Stein et Mazzotti, 2007), ce qui explique la fréquence plus faible des séismes et les rend difficiles à prévoir, tout comme leurs conséquences. Les tremblements de terre intraplaques sont beaucoup plus rares que les tremblements de terre interplaques, et le fait qu’ils se produisent sur le bouclier continental peut avoir des conséquences plus importantes à des distances plus éloignées de l’épicentre (foyer d’un séisme). Cela s’explique notamment par le fait que la roche cristalline qui compose ces régions boucliers peut transmettre les secousses à une forte intensité et sur une grande distance. En raison de la force du mouvement et de la déformation, les séismes qui se produisent dans les régions intraplaques, comme la zone sismique de New Madrid, aux États-Unis, sont de 30 à 100 fois moins fréquents que les séismes qui se produisent en Californie.

La plupart des séismes sont d’origine naturelle; toutefois, il est arrivé que des tremblements de terre soient provoqués par des activités humaines, comme les activités liées aux mines (p. ex., l’effondrement d’une cavité ou un coup de toit), à la collecte du pétrole et à la mise en eau des réservoirs derrière les grands barrages. De plus, on a souvent enregistré de petits séismes à proximité des sites d’explosions nucléaires souterraines (Ressources naturelles Canada, 2009).

On mesure un tremblement de terre en fonction de sa magnitude, c’est-à-dire « une mesure de la quantité d’énergie libérée pendant un séisme » (Ressources naturelles Canada, 2009). L’échelle de Richter a été la première à être utilisée pour mesurer la magnitude des séismes; aujourd’hui, de nombreuses échelles régionales sont utilisées, dont la plus répandue est l’échelle de moment sismique, qui se fonde sur une évaluation de la quantité d’énergie libérée au cours d’un séisme. Il s’agit d’une échelle logarithmique, ce qui signifie qu’un séisme de magnitude 6 libère environ 30 fois plus d’énergie qu’un séisme de magnitude 5, et environ 900 fois plus qu’un séisme de magnitude 4. Selon Ressources naturelles Canada (2009), la magnitude 5 est le seuil à partir duquel un tremblement de terre entraîne habituellement des dommages.

Le tremblement causé par un séisme à un endroit donné est mesuré en fonction de son intensité, soit ses effets sur les objets naturels, les installations industrielles et les êtres humains (Ressources naturelles Canada, 2009). L’échelle de Mercalli modifiée comporte 12 catégories, où I correspond à un séisme non ressenti, mais enregistré par les instruments sismiques, et XII représente une destruction totale des constructions.

L’ampleur des dommages et leur nature dépendent de la magnitude du séisme, de la distance de l’épicentre (foyer du séisme), de la profondeur du séisme, de la fréquence des mouvements du sol, de la nature de la faille, ainsi que du sol et de la roche de la région touchée (Ressources naturelles Canada, 2009).

Tableau 1. Échelle de Richter et dommages matériels. Inspiré de Ressources naturelles Canada (2009) et de l’USGS (2009).

Échelle de Richter

Effet du séisme

Moins de 2,0

Non ressenti.

2,0 à 2,9

Non ressenti, mais détecté par les sismographes.

3,0 à 3,9

Souvent ressenti, mais causant rarement des dommages.

4,0 à 4,9

Secousses notables d’objets à l’intérieur des maisons (vitres, objets suspendus, etc.), bruits de chocs.

5,0 à 5,9

Dommages majeurs possibles aux édifices mal conçus. Au pire, légers dommages aux édifices bien construits. La vaisselle peut tomber et se briser. Fissure des murs en plâtre et chute de briques.

6,0 à 6,9

Dommages jusqu’à 160 km de l’épicentre dans les zones peuplées. Chute de cheminées, déplacement des maisons sur leurs fondations.

7,0 à 7,9

Dommages sévères dans des zones plus éloignées. Destruction de bâtiments, torsion des ponts.

8,0 à 8,9

Dommages sévères à des centaines de kilomètres de l’épicentre. Des objets sont projetés dans les airs.

9,0 à 9,9 ou plus

Dommages sévères à plusieurs milliers de kilomètres de l’épicentre.

Tableau 1. Échelle de Richter et dommages matériels. Inspiré de Ressources naturelles Canada (2009) et de l’USGS (2009).

Tableau 2. Échelle de Mercalli modifiée (Ressources naturelles Canada, 2010).

Échelle

Tremblement et dommages

Description

I

Tremblement non ressenti, aucun dommage

Non ressenti ou seulement par quelques personnes dans des circonstances très favorables.

II

Faible tremblement, aucun dommage

Ressenti par quelques personnes immobiles, surtout aux étages supérieurs des immeubles.

III

Tremblement ressenti, aucun dommage

Ressenti par plusieurs à l’intérieur, surtout aux étages supérieurs des immeubles. Plusieurs personnes ne se rendent pas compte qu’il s’agit d’un séisme. Les voitures stationnées peuvent osciller légèrement. Vibrations analogues à celles causées par le passage d’un camion. Durée appréciable.

IV

Léger tremblement, aucun dommage

Séisme ressenti à l’intérieur des constructions par de nombreuses personnes, à l’extérieur par quelques-unes. Dormeurs légers réveillés la nuit. Vibration des fenêtres, des portes et de la vaisselle. Craquement des murs. Vibration semblable à celle d’un camion heurtant l’immeuble. Les voitures stationnées oscillent.

V

Tremblement modéré, très peu de dommages

Ressenti par presque tous. De nombreux dormeurs réveillés. Vaisselle et quelques fenêtres brisées. Quelques petits objets instables sont renversés. Les pendules peuvent s’arrêter.

VI

Fort tremblement, dommages légers

Ressenti par tous; plusieurs sont effrayés. Certains articles de mobilier lourd sont déplacés et quelques morceaux de plâtre peuvent tomber. Dommages légers.

VII

Tremblement très fort, dommages modérés

Dommages négligeables dans les édifices bien construits, légers à modérés dans les structures ordinaires d’assez bonne construction, considérables dans les structures mal construites ou mal conçues. Quelques cheminées brisées.

VIII

Tremblement important, dommages de modérés à importants

Dommages légers dans les structures spécialement conçues; considérables dans les gros immeubles ordinaires, avec effondrement partiel; très considérables dans les structures mal construites. Chutes de cheminées, colonnes, monuments, murs. Mobilier lourd renversé.

IX

Tremblement violent, dommages importants

Dommages considérables dans les structures spécialement conçues; structures bien conçues mises hors d’aplomb; dégâts très considérables dans les gros immeubles, effondrement partiel. Immeubles détachés de leurs fondations.

X

Tremblement extrême, dommages très importants

Destruction de quelques bâtiments à charpente bien construite; destruction de la plupart des structures à maçonnerie et à charpente et de leurs fondations. Chemins de fer pliés.

XI

Tremblement extrême, destruction quasi totale

Il ne reste pratiquement aucune structure de maçonnerie. Ponts détruits. Chemins de fer tordus.

XII

Destruction totale

Ondes visibles sur le sol. Des objets sont projetés dans les airs.

Tableau 2. Échelle de Mercalli modifiée (Ressources naturelles Canada, 2010).

Énoncé des risques provinciaux

Bien qu’elle soit située loin des frontières des plaques tectoniques, où le niveau d’activité est très élevé, la province de l’Ontario a subi plusieurs séismes par le passé et continuera à en subir dans l’avenir. La province est située dans une zone connue pour ses tremblements de terre intraplaques, où d’importants séismes ont été ressentis. Parmi les plus forts séismes enregistrés en Ontario, trois étaient situés à moins de 350 km d’Ottawa : magnitude de 5,8 à Montréal (1732), de 6,2 au Témiscamingue (1935) et de 5,8 dans la région de Cornwall-Massena (1944). Selon des études menées sur les séismes survenus avant l’utilisation d’appareils de mesure, d’autres tremblements de terre d’une plus forte magnitude se seraient également produits dans la région. Il semble que deux séismes importants d’une magnitude approximative de 7 seraient survenus il y a environ 4 550 et 7 060 ans, et auraient provoqué de graves glissements de terrain dans la vallée de l’Outatouais (Ploeger et coll., 2009). Depuis 1944, aucun tremblement de terre n’a causé de dommages importants, mais certaines études scientifiques montrent que de graves séismes (magnitude supérieure à 7) sont susceptibles de se produire à l’avenir (Ploeger et coll., 2009). Toutefois, d’autres études indiquent que le temps de récurrence entre les graves séismes pourrait varier de quelques centaines à quelques milliers d’années.

La majorité de l’activité sismique de la province se situe dans l’Est de l’Ontario. Halchuk et Adams (2004) ont examiné les risques de tremblement de terre pour quelques villes ciblées dans l’ensemble du pays, dont Ottawa, Toronto, Niagara Falls et Windsor. Selon cette étude, Ottawa serait à risque tant pour les séismes rapprochés que pour ceux qui se produisent à une grande distance, et les événements à proximité seraient majoritairement des séismes d’intensité modérée à élevée. Quant à la ville de Toronto, elle est susceptible de subir les conséquences de séismes qui se produisent à proximité ainsi qu’à une grande distance et de forte intensité. Pour Niagara Falls, les risques concernent principalement des séismes rapprochés, mais la ville reste susceptible de ressentir les effets de tremblements de terre éloignés. Finalement, les risques pour Windsor sont surtout liés à des séismes modérés à faible distance, se produisant dans la zone sismique des Grands Lacs du Sud de l’Ontario (Halchuk et Adams, 2004).

Aléa sismique relatif au Canada

« Les dommages causés par un tremblement de terre dépendent de la façon dont le sol bouge et dont les bâtiments sont construits dans la région touchée. Les mouvements prévus du sol, qui correspondent à l’aléa sismique, sont calculés en fonction de la probabilité. La couche cartographique de l’aléa sismique correspond à l’aléa sismique relatif pour l’ensemble du Canada. La présente carte représente une simplification de la carte de l’aléa sismique du Code national du bâtiment du Canada pour une accélération spectrale d’une période de 0,2 seconde (5 cycles par seconde) et indique les mouvements du sol qui pourraient endommager des bâtiments de un ou deux étages. La probabilité qu’une secousse suffisamment importante pour endommager considérablement de tels bâtiments survienne est plus de 30 fois supérieure dans les régions où l’aléa est le plus élevé (probabilité d’au moins 30 pourcent que des dommages importants soient causés à tous les 50 ans) que dans celles où il est le plus faible (probabilité de moins de 1 pourcent que des dommages importants soient causés à tous les 50 ans). Dans les régions où l’aléa est modéré, la probabilité que des dommages importants soient causés à tous les 50 ans varie entre 5 et 15 pourcent. » (Onur, Seemann, Halchuk et Adams, 2005)

Les risques liés aux tremblements de terre ne sont pas uniformes pour l’ensemble du pays, ni même pour l’ensemble de la province. Selon Stephen Halchuk et John Adams (Ressources naturelles Canada, 2010), la carte simplifiée de l’aléa sismique pour l’Ontario démontre que le risque de fort tremblement est plutôt faible (moins de 1 % de probabilité au cours des 50 prochaines années) pour le Nord et l’Ouest de la province. Pour le Sud de l’Ontario, ce risque est un peu plus élevé, mais la région la plus vulnérable demeure l’Est de la province, où le risque de dommages importants est d’environ 5 à 15 % pour les bâtiments de un ou deux étages pour une période de 50 ans (Halchuck et Adams, 2010). Comme l’indiquent les auteurs, les estimations présentées ci-dessus sont plutôt sommaires, notamment en raison de la nature et de la fréquence de ce phénomène, et ne portent que sur les dommages que pourrait subir une seule ville.

Carte simplifée de l’aléa sismique pour l’Ontario

De façon générale, les tremblements de terre sont plutôt faibles dans l’Est du Canada (y compris en Ontario). On y dénombre environ 300 séismes par année, mais dans une année normale, seuls quatre dépasseront une magnitude de 4. Si l’on se fie aux données enregistrées, une décennie comptera environ trois séismes d’une magnitude supérieure à 5 (GSUO, 2005). Au cours des 250 dernières années, les tremblements de terre survenus en Ontario avaient une intensité de VII (1935) à VIII (1944). Ces séismes ont endommagé les murs de pierre et les cheminées. Les séismes les plus fréquents, dont la magnitude se situe entre 3 et 4, se produisent environ une ou deux fois par année en Ontario et entraînent un tremblement d’une intensité inférieure à III. À cette intensité, les tremblements de terre peuvent faire balancer les objets accrochés au mur et être ressentis à l’intérieur des bâtiments. Le mouvement peut être accentué pour les personnes qui se trouvent aux étages supérieurs (GSUO, 2005).

Les séismes représentent un danger à grande échelle. Un tremblement de terre important peut être ressenti par les provinces et pays voisins, ce qui explique pourquoi il serait possible qu’un séisme qui se produit dans la zone sismique de la vallée du Saint-Laurent soit ressenti jusqu’en Ontario. L’activité intraplaque peut produire des séismes presque aussi forts que ceux qui surviennent aux frontières des plaques, mais de façon moins fréquente (Stein et Mazzotti, 2007). Par exemple, les tremblements de terre de New Madrid, aux États-Unis, survenus en 1811 et 1812, ont été causés par l’activité sismique intraplaque. Les magnitudes des cinq tremblements de terre de cette série ont été évaluées à 7 et 8 sur l’échelle de Richter (USGS, 2009). Le tremblement causé par ces séismes a été ressenti dans une région de deux à trois fois plus vaste que dans le cas du séisme survenu en Alaska en 1964, soit le plus important séisme enregistré en Amérique du Nord. Tout indique que ces tremblements de terre auraient occasionné encore plus de décès et de blessures si la région avait été plus peuplée à cette époque (USGS, 2009). Il est impossible de déterminer si un tremblement de terre de cette magnitude pourrait survenir en Ontario. Toutefois, si c’est le cas, la période de récurrence entre deux événements de ce genre serait de milliers, voire de dizaines de milliers d’années.

Dans la province de l’Ontario, on compte trois zones sismiques où les sismographes ont capté des groupes de tremblements de terre (GSUO, 2005) : les zones sismiques de l’Ouest du Québec, du Sud des Grands Lacs et du Nord-Est de l’Ontario.

Zone sismique de l’Ouest du Québec

La zone sismique de l’Ouest du Québec couvre la vallée de l’Outaouais, de Montréal jusqu’au Témiscamingue. Ce vaste territoire comprend également les Laurentides et l’Est de l’Ontario. Les grands centres urbains de cette zone sont Montréal, Ottawa-Hull et Cornwall. Deux séismes importants d’une magnitude supérieure à 5 ont eu lieu dans cette zone en 1935 et en 1944 (IDER, 2005).

Zone sismique des Grands Lacs du Sud de l’Ontario

L’activité sismique dans cette région est faible à modérée en comparaison des zones sismiques plus actives à l’est, notamment le long de la rivière des Outaouais et dans l’Ouest du Québec. En moyenne, 2 ou 3 séismes dépassent la magnitude de 2,5 chaque année dans cette région. Seulement trois événements modérés (de magnitude 5) se sont produits dans les 250 dernières années : en 1929, en 1986 et en 1998. L’épicentre de ces trois séismes se trouvait en dehors de l’Ontario, mais les effets ont tout de même été fortement ressentis dans la province (Ressources naturelles Canada, 2009).

Zone sismique du Nord-Est de l’Ontario

Le Nord de l’Ontario a un très faible niveau d’activité sismique. On y compte annuellement seulement un ou deux séismes d’une magnitude de plus de 2,5. On y a recensé deux tremblements de terre d’une magnitude de 5, soit un en 1905 et un autre en 1928. De nombreuses études ont indiqué que la région d’Ottawa était la plus à risque de la province en ce qui concerne les séismes, mais ces risques restent beaucoup moins élevés que ceux d’autres régions du Canada. Comme il s’agit d’une région très développée, un séisme important à proximité risquerait de provoquer des dommages considérables.

Selon de nombreuses études scientifiques, notamment celle de Ploeger et coll. (2007), à magnitude égale, les effets des tremblements de terre intraplaques se ressentent à une plus grande distance que ceux des tremblements de terre interplaques. Ce phénomène peut être expliqué en partie par le fait que la croûte continentale intérieure est généralement stable et non fracturée et par la présence de sédiments meubles et profonds dans certaines zones. Ces derniers peuvent amplifier les ondes sismiques, ce qui a d’ailleurs occasionné des pertes plus importantes dans l’Est du Canada.

Impact potentiel

Les forts séismes sont très rares en Ontario, et, selon l’histoire de la province, tout porte à croire qu’aucun tremblement de terre important n’a eu lieu par le passé; les habitants, biens immobiliers et infrastructures de l’Ontario seraient donc très vulnérables dans l’éventualité où cela se produirait. Un puissant séisme pourrait provoquer la destruction de bâtiments ou de structures comme des ponts, piégeant des personnes sous les débris. De plus, la chute de débris comme le verre, les cheminées, les étagères et les tuiles de plafond, par exemple, peut causer des blessures et des décès. Les répliques sismiques peuvent également causer des blessures et des décès si des personnes retournent à l’intérieur des bâtiments endommagés par le séisme. Enfin, d’autres risques potentiels peuvent être causés par la rupture de conduits de gaz naturels, par exemple, qui peut provoquer des incendies.

Les bâtiments de mauvaise construction et les bâtiments de grande taille dont le toit est mal supporté sont le plus à risque d’être endommagés en cas de séisme. Les matériaux sans ancrage ou le contenu des bâtiments constituent par ailleurs un risque de dommages supplémentaires. Le type de sol et de roche qui soutient le bâtiment peut également influencer la quantité de dommages engendrée. Par exemple, les bâtiments situés sur du sable meuble en profondeur, de l’argile silteuse, des sols granuleux saturés, du sable et du gravier sont plus à risque que ceux sis sur un sous-sol rocheux et ferme, c’est-à-dire des formations rocheuses intactes en profondeur (Ressources naturelles Canada, 2009). Le mouvement engendré par un séisme peut modifier les propriétés du sol, le faisant passer de l’état solide à l’état liquide, ce qui peut l’empêcher de supporter les fondations d’un bâtiment. Ce dernier sera alors susceptible de se fissurer ou de s’effondrer (Ressources naturelles Canada, 2009).

Le Code national du bâtiment du Canada (CNB) a été révisé en vue de tenir compte d’un intervalle de récurrence de 2 475 ans (c’est-à-dire une probabilité de dépassement de 2 % en 50 ans) (Atkinson, 2007). Ces normes s’appliquent à la construction de nouveaux bâtiments et à l’évaluation des bâtiments existants. En raison de la faible fréquence des phénomènes sismiques et du fait que la durée de vie d’un bâtiment tourne autour de 50 ans, un examen scientifique de la version révisée du CNB a déterminé que cet ajustement pouvait être redondant d’un point de vue économique et ingéniorial, mais définitivement suffisant sur le plan de la sécurité publique (Searer et coll., 2007). Ainsi, même un fort séisme en Ontario ne serait pas susceptible d’entraîner des conséquences aussi sévères que ce qui s’est produit à Haïti en 2010.

Parmi les autres dommages potentiels, notons la destruction partielle ou complète des rails de chemin de fer, des autoroutes et des ponts. La chute de débris peut bloquer les routes, et les structures de télécommunications sont également susceptibles de subir des dommages. Les lignes électriques, les gazoducs et les conduits d’eau peuvent aussi être sectionnés, provoquant des interruptions de service. L’expérience nous montre que les dommages causés à l’environnement se produisent généralement après de très forts séismes : glissements de terrain, altération de cours d’eau (changement de direction ou du volume, débris), affaissements du sol, ruptures de barrage, fissures, etc.

Lorsqu’un séisme est assez fort pour qu’une situation d’urgence soit déclarée, il est très probable que les activités commerciales et financières en ressentent les contrecoups. Les magasins et bureaux seraient sens dessus dessous et certains nécessiteraient même des réparations. Il est fréquent que, pour des raisons de sécurité, on doive inspecter les bâtiments avant d’en rouvrir l’accès aux clients et aux travailleurs. Les dangers secondaires qui résultent des séismes (panne de courant, bris de conduits d’eau, interruption de l’approvisionnement en gaz, etc.) auraient eux aussi des répercussions négatives sur les activités commerciales.

Après un tremblement de terre important, la peur et la panique peuvent s’emparer des personnes touchées, notamment parce que les séismes sont souvent suivis de répliques et qu’ils sont très peu fréquents dans la province.

Étude de cas international - Tremblements de terre intraplaques de New Madrid

Les séismes de 1811-1812 à New Madrid sont une série de trois importants tremblements de terre qui se sont produits dans la région de New Madrid aux États-Unis. L’étendue de la région touchée (600 000 km2), l’ampleur de la région où les séismes ont été perçus (5 000 000 km2) et les changements physiographiques qui ont eu lieu font en sorte que ces séismes sont parmi les plus importants de l’histoire des États-Unis depuis l’arrivée des Européens. Ils sont, et de loin, les séismes les plus forts qui se sont produits à l’est des Rocheuses aux États-Unis et au Canada. Étant donné qu’il n’y avait alors aucun sismographe en Amérique du Nord et que seules quelques personnes vivaient dans la région de New Madrid à cette époque, les estimations de la magnitude de ces séismes sont très variables.

Le premier tremblement de terre, d’une magnitude d’environ 7,7, est survenu le 16 décembre 1811 vers 2 h 15 au Nord-Est de l’Arkansas. Le second, d’une magnitude estimée à 7,5, s’est produit au Missouri le 23 janvier 1812, et le troisième, d’une magnitude approximative de 7,7, a été ressenti au Missouri et au Tennessee le 7 février 1812. Le tremblement ne s’est toutefois pas limité à ces trois occurrences; en effet, les données montrent que de nombreuses répliques assez fortes ont aussi eu lieu par la suite.

Les séismes ont forcé le sol à se surélever et à retomber, les arbres à se plier jusqu’à ce que leurs branches s’entremêlent, et le sol à s’ouvrir en de grandes crevasses. Des glissements de terrain ont eu lieu aux abords des falaises et collines escarpées, de grandes portions de terre se sont soulevées de façon permanente, et des terrains ont été submergés sous l’eau. Les vagues du Mississippi ont englouti des bateaux et en ont projeté d’autres sur les rives. Des portions de rive se sont affaissées et effondrées dans le fleuve, des barres de sable et la pointe de certaines îles ont cédé, et des îles entières sont disparues. Une seule personne est décédée en raison de la destruction d’un immeuble, mais, aussi loin que Cincinnati (Ohio), St. Louis (Missouri) et de nombreux endroits au Kentucky, au Missouri et au Tennessee, des cheminées ont basculé et des cabanes en rondins se sont effondrées. Le peu de dommages causés aux structures construites par l’homme est surtout attribuable à la faible densité de population de la région à cette époque (USGS, 2010).

Érosion

Définition

Usure et dégradation des particules du sol causées par les eaux courantes, les vagues, les courants, le mouvement, la glace ou le vent (Maine, The Hazards We Face, 2001, p. 17).

Description

L’érosion est un processus naturel qui ne constitue un danger que s’il menace les personnes, les biens immobiliers ou l’environnement (MRN, 2010). L’érosion peut être causée ou aggravée par des activités naturelles ou humaines. Les endroits où il pousse peu de végétation sont plus vulnérables à l’érosion par le vent, par l’eau ou par d’autres processus. L’érosion peut entraîner l’instabilité des structures construites sur un sol fragile, la perte du sol et de ses nutriments, la diminution de la production agricole, des dommages aux écosystèmes aquatiques et des tempêtes de poussière.

Causes naturelles d’érosion :

  • fortes précipitations ou d’une durée prolongée;
  • effet de la gravité dans une forte pente;
  • vent;
  • inondations, effets des vagues ou des courants;
  • mouvement des glaciers;
  • sécheresse, période sèche ou températures élevées.

Causes d’érosion d’origine humaine :

  • surpâturage du bétail ongulé;
  • enlèvement de la végétation;
  • construction;
  • mauvaises pratiques agricoles.

Les rivages subissent un processus d’érosion naturel et continu, peu importe le niveau d’eau. Cela semble toutefois plus apparent dans les périodes de hautes eaux, où l’énergie d’une vague touche directement les falaises et les dunes, ce qui rend l’érosion de la rive beaucoup plus visible. En revanche, dans les périodes de basses eaux, l’énergie touche le lit du cours d’eau, ce qui entraîne l’approfondissement des berges, nommé « érosion linéaire » (Baird & Associates, 2005).

Les caractéristiques physiques de chaque type de sol influencent grandement la vitesse d’érosion. Les sols qui ont une vitesse d’infiltration d’eau rapide, une bonne structure et une grande quantité de matière organique (sable, sol limoneux et sol argileux) s’érodent plus lentement que les autres types de sols (MAAARO, 2003). Dans la plupart des cas, l’érosion représente un faible danger. Elle se produit de manière naturelle sur tous les terrains, et devient un réel danger dans quelques cas isolés seulement.

Énoncé des risques provinciaux

L’érosion est un phénomène naturel qui modifie les rivages des Grands Lacs depuis leur formation, il y a 12 000 ans. L’érosion du sol est particulièrement problématique pour les propriétés agricoles ou situées sur une plage, mais se produit rarement à une échelle ou une période où des mesures d’urgence seront nécessaires. À ce sujet, la Déclaration de principes provinciale, prévue par la Loi sur l’aménagement du territoire, exige des décideurs qu’ils restreignent le développement immobilier dans les secteurs qui présentent des risques d’érosion (MRN, 2010). Malgré tout, les propriétaires fonciers dépensent chaque année des millions de dollars pour prévenir l’érosion et atténuer les risques qui menacent leur propriété (MRN, 2010). Les propriétés situées sur les rivages des Grands Lacs sont pour la plupart privées.

En Ontario, les secteurs les plus à risque en ce qui a trait à l’érosion sont les suivants :

Rivières et versants de vallée – Risque élevé en raison des processus fluviatiles (rivières, cours d’eau, précipitations, etc.).

Rivages – Propriétés riveraines et entités topographiques naturelles (p. ex., dunes) à risque en raison des vagues, des courants et des fluctuations du niveau de l’eau.

Limite des risques liés au dynamisme des plages – Limite des risques d’inondation, plus une marge pour la zone dynamique (30 m pour les Grands Lacs et le réseau hydrographique du fleuve Saint-Laurent, et 15 m pour les grands plans d’eau intérieurs).

Régions déboisées ou vulnérables aux feux de forêt – Augmentation de la zone de ruissellement de surface en raison de la perte de végétation. La végétation permet de ralentir l’érosion en absorbant l’eau, mais aussi en stabilisant le sol.

Terres agricoles – Érosion du sol directement liée à l’exposition de la couche arable, au creusement de fossés, au pâturage du bétail, au labourage et aux pratiques d’aménagement du territoire.

La vulnérabilité des résidents de l’Ontario face à l’érosion est plutôt minime. Il s’agit généralement d’un processus lent, peu susceptible d’entraîner des blessures ou des décès. Les digues et les côtes peuvent toutefois être affaiblies par l’érosion, ce qui peut représenter un danger pour toute personne qui s’y trouve dans l’éventualité où elles s’affaisseraient.

À l’occasion, l’érosion peut causer des dommages aux propriétés et aux infrastructures. La Déclaration de principes provinciale réduit la fréquence des dommages attribuables à l’érosion, mais cette dernière constitue tout de même une menace isolée pour les propriétés et infrastructures situées dans les zones à risque comme les rivages et les régions déboisées. Dans cette éventualité, la zone est habituellement très localisée et peut toucher une seule propriété. Il est vrai qu’une érosion sévère peut entraîner l’effondrement d’un bâtiment, mais la plupart des propriétaires mettent en place des mesures d’atténuation afin de protéger leur terrain (Baird & Associates, 2005).

La perte de sol des terres agricoles se traduit par la réduction du potentiel de production agricole, la diminution de la qualité de l’eau de surface et la détérioration du réseau hydrographique. Puisque la perte de sol et de nutriments peut avoir des conséquences négatives pour les plantes et les animaux, l’érosion a des répercussions sur les paysages naturels et les écosystèmes. L’augmentation des sédiments dans les rivières, les ruisseaux ou les lacs peut également nuire aux écosystèmes aquatiques en altérant les niveaux d’oxygène et de nutriments, ainsi que la visibilité.

Étude de cas internationale - Dust Bowl, 1930-1936

« Dust Bowl » réfère à la période de 1930-1936, où de violentes tempêtes de poussière ont entraîné des dommages agricoles et économiques sévères. Ces tempêtes avaient été causées par des conditions de sécheresse accrue et d’érosion, rendant la terre très volatile et facilement projetée par le vent. Ces conditions ont touché une superficie d’environ 400 000 km2, couvrant principalement les États du Texas et de l’Oklahoma, mais aussi certaines parties du Nouveau-Mexique, du Colorado et du Kansas.

La perte de sol a dévasté l’industrie agricole, et des centaines de milliers de personnes se sont vues forcées de quitter leur maison et de chercher du travail autre part (Environnement Canada, 2010).

Températures extrêmes

Définitions

Vague de chaleur : « Selon Environnement Canada (1996) […] le terme “vague de chaleur” désigne une période de plus de trois jours consécutifs où la température maximale atteint au moins 32 °C. Toutefois, on a pu constater que certaines personnes subissent des effets négatifs même lorsque les températures sont moins extrêmes ou que la durée est moins longue. » (Smoyer-Tomic, Kuhn et Hudson, 2003)

Vague de froid : Environnement Canada émet des avertissements de vague de froid pour l’Ontario en fonction de seuils de température qui varient d’un endroit à l’autre. Ils sont émis si l’on prévoit que, sur une période de 24 heures, les températures vont chuter d’un régime proche de la normale ou au-dessus jusqu’à des températures très basses. Dans le Centre-Sud et le Sud-Ouest de l’Ontario, les températures minimales doivent être égales ou inférieures à -20 °C, et les températures maximales ne doivent pas dépasser -10°C. Pour le reste de l’Ontario, on émet un avertissement lorsqu’on attend des températures de -30 °C ou moins et qu’on prévoit que les températures maximales n’atteindront pas plus de -20 °C (Environnement Canada, 2005).

Description

Les vagues de chaleur et de froid sont causées par les écarts entre les variables météorologiques de surface, notamment la température de l’air, et les conditions de températures extrêmes sont principalement influencées par la circulation atmosphérique. Les répercussions des vagues de chaleur et de froid dépendent du niveau d’adaptation des collectivités aux températures extrêmes. Parmi les autres facteurs à même d’accentuer les effets des vagues de chaleur ou de froid, notons leur fréquence, leur importance et leur durée.

Dans le cas des vagues de chaleur, l’humidité et les températures minimales nocturnes peuvent également jouer sur la gravité des répercussions. Les vagues de chaleur sont souvent accompagnées de taux d’humidité élevés, qui peuvent intensifier l’impression de chaleur ressentie étant donné que l’humidité réduit la capacité du corps à se refroidir. Ces conditions peuvent amplifier les problèmes de santé chez certaines personnes. Les températures minimales nocturnes ont également une influence sur les vagues de chaleur. Les températures plus froides la nuit soulagent des températures extrêmes de la journée; toutefois, si la température reste élevée la nuit, les répercussions seront plus importantes.

Danger secondaire

Piètre qualité de l’air

L’air contient une multitude de polluants dont la concentration varie d’un endroit à l’autre. Certains types de pollution, notamment le « smog » (ozone troposphérique), apparaissent lorsque survient une série complexe de réactions photochimiques en présence de la lumière du soleil. Parmi les conditions qui favorisent le smog, notons : la circulation routière, le soleil, des vents doux et des températures élevées. La température influence la durée de formation du smog. Ainsi, des températures élevées accélèreront sa vitesse de formation. Un grand volume de circulation routière libère les agents chimiques nécessaires à la formation du smog, et les vents doux l’empêchent de se disperser.

Pendant une vague de chaleur, la qualité de l’air peut être amoindrie étant donné qu’il s’agit d’une période marquée par des températures élevées souvent associées à un ciel ensoleillé et à des vents doux. Un air de mauvaise qualité accentue les problèmes de santé des personnes et des animaux, est nocif pour l’environnement et réduit la visibilité.

Les répercussions d’une vague de froid peuvent être amplifiées par un indice de refroidissement éolien élevé. Le refroidissement éolien augmente l’impact d’une vague de froid en favorisant la perte de chaleur; Environnement Canada le définit comme « l’effet combiné du vent et de la température tel qu’il est ressenti par une personne marchant à une vitesse normale (4,8 km/h) ». Les vagues de froid peuvent durer plus longtemps que les vagues de chaleur.

Énoncé des risques provinciaux

Des vagues de chaleur et de froid se produisent chaque année en Ontario, et la majorité des vagues de chaleur touche le Sud de la province. À certains points donnés de cette région, le nombre de jours de chaleur varie de 5 à 15 par année. La ville où sont enregistrés le plus grand nombre d’événements liés à la chaleur est Toronto, où on compte en moyenne 4 jours de chaleur extrême par année (Smoyer-Tomic, Kuhn et Hudson, 2003). En revanche, on constate que les jours froids se produisent principalement dans le Nord de l’Ontario. La région du Sud est très peu touchée par les températures froides : on y dénombre en moyenne moins de 10 jours de froid par année, alors que les régions centrales en compteront plus d’une vingtaine. À l’extrême nord de la province, région pratiquement inhabitée, on recense plus d’une centaine de jours de froid chaque année. Il est également pertinent de souligner qu’en raison de la taille de l’Ontario, les moyennes de température quotidiennes peuvent présenter un écart allant jusqu’à 20 °C (Environnement Canada, 2009).

Nombre de jours annuel moyen où les températures maximales sont supérieures à 30 °C en Ontario

Figure 3a (gauche). Nombre de jours annuel moyen où les températures maximales sont supérieures à 30 °C en Ontario (Environnement Canada, 2005a).

Nombre de jours annuel moyen où les températures minimales sont inférieures à 20 °C en Ontario.

Figure 3b (droite). Nombre de jours annuel moyen où les températures minimales sont inférieures à -20 °C en Ontario (Environnement Canada, 2005b).

Bien que certains secteurs de l’Ontario soient plus susceptibles que d’autres de subir des températures extrêmes, ces dernières sont causées par des régimes climatiques à grande échelle qui peuvent toucher l’ensemble de la province.

Comme le montre la figure 3a, le secteur qui présente le plus grand nombre de jours annuel moyen de températures extrêmes supérieures à 30 °C est le Sud de l’Ontario, qui représente également la plus forte densité de la province, avec 12 100 000 des 13 069 200 habitants. De plus, cette région couvre de grands centres urbains, dont Ottawa et Toronto. Il appert que la température est plus élevée dans les centres urbains en raison de l’effet d’îlot thermique, où le béton et les édifices accumulent la chaleur et la libèrent plus lentement que les secteurs avoisinants.

Des études scientifiques ont permis de constater une augmentation du nombre de décès causés par les vagues de chaleur, notamment dans le Sud de l’Ontario et au Québec (Smoyer et coll., 2000). Le Système d’alerte chaleur-santé de Toronto considère qu’une situation d’urgence liée à la chaleur se produit lorsqu’il y a plus de 90 % des risques que le taux de mortalité augmente. Une étude réalisée par Kalkstein et Smoyer (1993) a démontré une augmentation significative du nombre de décès chez les résidents de Toronto lorsque la température dépasse 33 °C. Par ailleurs, les vagues de chaleur en début d’été sont plus meurtrières que celles de la fin de l’été, où la population a eu le temps de s’habituer à la chaleur. Les personnes âgées ou handicapées sont particulièrement à risque lors de températures extrêmes puisqu’elles sont potentiellement moins en mesure d’autoréguler la température de leur corps ou de prendre des mesures pour réduire leur exposition à la chaleur. Selon Statistique Canada (2006), 13,8 % de la population de l’Ontario est âgée de plus de 65 ans. On estime que ce pourcentage pourrait doubler au cours des quatre prochaines décennies.

Comme le montre la figure 3b, la région où l’on recense le plus grand nombre de jours annuel moyen où les températures sont inférieures à -20 °C est le Nord de l’Ontario, qui est nettement moins peuplé que le Sud de l’Ontario. Malgré leur isolement, les collectivités qui y vivent sont souvent plus autonomes. Lorsqu’elles sont touchées par une vague de froid, les populations qui ne sont pas habituées à des froids extrêmes et à vivre de façon autonome risquent d’être plus gravement affectées.

Il est très rare qu’une vague de chaleur cause des dommages aux biens comme peuvent le faire d’autres dangers identifiés. Certains dommages peuvent être causés par la dilatation thermique des matériaux, mais il s’agit d’une situation plutôt rare en Ontario. Les dommages sont plus fréquents dans les zones urbaines, où le nombre d’infrastructures essentielles (routes et ponts, notamment) et la demande à l’égard des services publics sont très élevés. En revanche, les petites collectivités disposant de peu de ressources pour assurer les services publics sont aussi plus susceptibles d’être touchées par des pannes.

Le béton des bâtiments et autres structures peut perdre son humidité lors de vagues de chaleur importantes, surtout si elles sont accompagnées d’une faible humidité relative, ce qui peut causer la fissuration de certaines structures. La chaleur extrême peut également affecter l’état de la surface des routes en favorisant l’orniérage des routes pavées et le ressuage de l’asphalte, ce qui peut contribuer à provoquer des accidents de la route. Les lignes de chemin de fer peuvent également être endommagées par une température de l’air élevée : la chaleur entraîne la dilatation ou le flambage des voies, ce qui peut ralentir le passage des trains, voire entraîner des déraillements dans certains cas extrêmes.

Les services publics, notamment l’électricité et l’eau courante, sont à risque dans les cas de températures extrêmes. Dans les périodes de température élevée, la demande en électricité et en eau augmente, parfois jusqu’à excéder l’offre. Des coupures de courant tournantes et des restrictions sur la consommation d’eau doivent parfois être mises en œuvre. Les infrastructures électriques peuvent également être touchées. Lorsque la température de l’air est élevée, l’efficacité des lignes de transport d’énergie diminue, et les lignes électriques se dilatent, ce qui les rend encore plus à risque d’être endommagées.

De façon générale, les vagues de froid n’entraînent pas autant de dommages matériels que les autres dangers recensés dans le présent rapport d’IDER. Les dommages peuvent être causés par la contraction thermique, un phénomène plutôt rare en Ontario. Les zones urbaines sont plus à risque de subir des dommages en raison de la concentration d’infrastructures essentielles, comme les routes et les ponts, et de la demande accrue en matière de services publics qui peut émaner d’une grande population. Par ailleurs, les petites collectivités disposant de peu de ressources pour assurer les services publics sont plus susceptibles d’être touchées par des pannes.

Comme c’est le cas au cours d’une vague de chaleur, il est fréquent que la demande en électricité augmente au cours d’une vague de froid. La consommation d’électricité à des fins de chauffage et d’éclairage peut alors dépasser la capacité, ce qui risque d’entraîner une panne. Si la tuyauterie et la canalisation ne sont pas isolées adéquatement, l’eau peut alors y geler et se dilater, risquant de causer la rupture des tuyaux. Lorsque la glace fond, il y a un risque d’inondation dans les maisons. Certains métaux ou matériaux deviennent plus cassants et plus fragiles lorsqu’ils sont exposés à des températures très froides. Parmi les dangers secondaires possibles, notons les incendies causés par des méthodes de chauffage non sécuritaires. Plus l’air est froid et dense, plus sa teneur en oxygène augmente, ce qui peut accroître l’intensité des incendies. De plus, le gel ou la rupture des conduits d’eau peut nuire aux mesures d’intervention.

L’environnement de l’Ontario n’est pas particulièrement vulnérable aux températures extrêmes. La majorité des plantes et des animaux indigènes se sont adaptés aux vagues de chaleur occasionnelles, et les dommages causés par ces dernières sont généralement minimes. Toutefois, des températures anormalement élevées sur une période prolongée, combinées à un haut degré d’humidité, peuvent entraîner un stress thermique chez les animaux et les plantes, particulièrement celles qui ont été introduites dans la province, comme c’est le cas de nombre de plantes agricoles. Les températures élevées peuvent également nuire aux activités, à l’alimentation, à la reproduction et à la survie des animaux. Les végétaux, y compris les plantes agricoles, peuvent subir des dommages : une diminution de l’humidité du sol peut endommager les racines, ce qui nuit à l’absorption des nutriments essentiels à la croissance et à la survie. Les vagues de chaleur en pleine saison de croissance peuvent nuire au rendement de certains types de cultures et à la qualité de leurs grains.

Les écosystèmes aquatiques sont moins susceptibles de subir des répercussions négatives des vagues de chaleur, mais sur une période prolongée, ces dernières peuvent tout de même être néfastes. Lorsque la température de l’eau augmente, sa teneur en oxygène diminue, ce qui peut nuire à la survie des poissons et d’autres organismes aquatiques. Une faible teneur en oxygène et la température élevée de l’eau peuvent également provoquer la pollution des nutriments, favorisant la prolifération d’algues.

De façon générale, les effets négatifs d’une vague de froid sur les animaux sont semblables à ceux d’une vague de chaleur : ils touchent les activités, l’alimentation, la reproduction et la survie des animaux. De plus grandes quantités de nourriture sont parfois nécessaires étant donné que les animaux dépensent plus de calories en réaction au froid, notamment par des tremblements (frissons). Une vague de froid qui survient avant les récoltes peut endommager les fruits et d’autres plantes. Une vague de grand froid prolongée peut également geler complètement les rivières et les lacs, ce qui peut tuer des organismes aquatiques.

Les activités commerciales et financières de la province sont quelque peu vulnérables aux interruptions causées par des températures extrêmes. Les interruptions sont généralement minimes ou liées à des dangers secondaires plutôt que directement aux vagues de chaleur ou de froid. L’agriculture et le tourisme sont les industries les plus vulnérables face à une vague de chaleur; les répercussions sur l’agriculture dépendent fortement de la disponibilité de l’eau. Par ailleurs, une vague de froid intense et prolongée peut entraîner le gel complet des rivières et des lacs, perturbant ainsi le transport de marchandises. Dans le cas de l’industrie agricole, les effets négatifs varieront selon la période de l’année à laquelle la vague de froid survient.

Étude de cas Vague de chaleur, 1988

Du 5 au 11 juillet 1988, une vague de chaleur a frappé tout le Centre et le Sud de l’Ontario, ainsi que les Prairies. Les températures enregistrées pour six des après-midi de cette période avaient dépassé 35 °C. À Toronto, le mercure avait atteint 37,2 °C, soit la température la plus chaude depuis 1953. À ces températures extrêmes se sont ajoutées une réduction de la qualité de l’air, ainsi qu’une augmentation effarante de la consommation d’eau et d’électricité. Quatorze personnes âgées ont perdu la vie en Ontario en raison de facteurs liés à la chaleur extrême. Des répercussions négatives sur l’environnement ont aussi pu être observées. Le niveau d’eau des Grands Lacs était à son plus bas depuis plus d’une décennie.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Vague de froid, 1989-1990

De la Colombie-Britannique à l’Ontario, une vague de froid s’est installée entre décembre 1989 et janvier 1990. Dans de nombreux secteurs, le froid a été accompagné de neige, de glace et de vents violents, entraînant une panne de courant dans environ 60 000 domiciles du Sud-Ouest de la Colombie-Britannique. Au Manitoba, cinq décès ont été attribués à l’exposition au froid, et deux personnes sont décédées en Alberta à la suite d’accidents. En Ontario, la tuyauterie gelée de nombreux bâtiments a explosé.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Inondation

Définition

« [D]ébordement d’une rivière ou d’un autre plan d’eau qui provoque ou menace de provoquer des pertes de vie et de biens, et de causer des dégâts à l’environnement. » (MRN, 2010)

Description

Les rivières, lacs et autres plans d’eau sont très utiles aux collectivités situées à proximité. Ils constituent une importante ressource pour les activités humaines, agricoles et industrielles des communautés, servent de routes de navigation pour le transport de marchandises et permettent la pratique d’activités nautiques. Les plaines inondables, qui sont créées par la fluctuation naturelle du niveau des plans d’eau, fournissent une terre relativement nivelée qui semble idéale pour la construction, et un sol fertile favorisant l’agriculture. Ces caractéristiques, combinées à l’attrait esthétique, ont fait en sorte que de grands centres de population se sont développés près des plans d’eau, et ce, sur l’ensemble de la planète (OMM/GWP, 2008). Parmi ces centres, nombreux sont ceux qui ont déjà subi une inondation.

Deux personnes sont forcées de quitter leur domicile par bateau lors de l’inondation

Malgré tous leurs avantages, les plans d’eau restent une source de risques. Les inondations sont une étape naturelle du cycle de l’eau; elles sont généralement causées par des conditions météorologiques et hydrologiques extrêmes, mais peuvent également être déclenchées par les activités humaines, notamment lorsque les tracés du réseau hydrographique sont modifiés, accentuant ainsi le débit de point de crue (OMM/GWP, 2008). En 2010, le gouvernement du Canada a désigné les inondations comme le danger d’origine naturelle le plus fréquent au pays.

Les causes d’inondation sont nombreuses :

• précipitations extrêmement abondantes : augmentation soudaine et importante du volume d’eau;

• fonte des neiges : augmentation soudaine et importante du volume d’eau, notamment dans les périodes où la température monte;

• débâcle : augmentation importante de la quantité d’eau et de glace;

• vents violents : possibilité d’ondes de tempête;

• humidité du sol : écoulement de surface plus important si le sol est déjà saturé;

• embâcle : amoncellement de glace dans un cours d’eau, pouvant agir comme un barrage où s’accumulent de grandes quantités d’eau et de glace jusqu’à la débâcle;

• refroidissement éolien : création de frasil;

• barrage naturel : barrage de castor ou berme de terre qui cède;

• effondrement.

(MRN, 2010)

Les conditions menant à une inondation débutent par une augmentation de la quantité d’eau d’une rivière ou de tout plan d’eau. Lorsque le volume d’eau augmente, la profondeur, la largeur et la vitesse du cours d’eau augmentent aussi. Si une quantité d’eau suffisante est ajoutée, le canal qui retient habituellement l’eau est surchargé : l’eau dépasse alors le niveau des rives et s’étend dans les zones de faible altitude situées à proximité (OMM/GWP, 2008). Ces secteurs, qui ne sont submergés que lors d’inondations, sont appelés « plaines inondables » (MRN, 2010). Si l’eau dépasse les plaines inondables, sa vitesse diminue, ce qui entraîne le dépôt des sédiments qu’elle transporte. Avec le temps, les sédiments créent une digue naturelle dont le niveau augmente à chaque inondation (Nelson, 2009). Les plaines inondables sont souvent perçues comme un endroit idéal pour habiter en raison du sol relativement nivelé et fertile; néanmoins, ces caractéristiques laissent supposer un risque d’inondation assez élevé.

Le ministère des Richesses naturelles a établi trois niveaux d’avis pour les inondations :

• bulletin sur la sécurité en matière d’inondation et bulletin sur l’état des bassins versants : dans le cas de conditions non sécuritaires relatives à un lac, à une rivière ou à un canal;

• avis de risque d’inondation : potentiel d’inondation pour un cours d’eau précis ou une municipalité;

• avertissement d’inondation : crue d’un cours d’eau ou inondation imminente ou en cours dans une municipalité.

(MRN, 2010)

Il existe différents types d’inondations :

• crue des eaux : inondation causée par la crue des eaux au-delà de la capacité d’absorption des plaines inondables naturelles ou semi-naturelles;

• inondation en milieu urbain : inondation qui touche une grande partie d’un secteur urbain. Ces inondations surviennent lorsque l’eau dépasse la capacité d’un bassin hydrographique urbain. Elles sont différentes de celles qui sont causées par la crue des eaux, puisque les répercussions sociales, matérielles, commerciales et financières potentielles sont beaucoup plus grandes;

• onde de tempête : augmentation anormale du niveau d’eau de la mer (ou d’un lac) provoquée par une tempête (Goring, 1999);

seiche : période d’oscillation d’un plan d’eau intérieur qui peut causer de fortes vagues.

La gravité des dommages causés par une inondation dépend du niveau d’eau, de la quantité de biens immobiliers et d’infrastructures touchés, de la vitesse du courant, de la durée, des risques de contamination, de la charge en sédiments et de la vulnérabilité de la population. Dans leur rapport de 2008, l’Organisation météorologique mondiale et le Partenariat mondial de l’eau (GWP) ont cerné trois catégories concrètes de dommages matériels :

• primaires : dommages que subissent les biens immobiliers, les infrastructures, l’industrie agricole et les biens personnels;

• secondaires : dommages causés par les incendies ou les pannes d’électricité provoqués par une inondation;

• tertiaires : accroissement de la détérioration des biens immobiliers sur une période donnée.

Grâce aux améliorations des systèmes et procédures de prévention, d’atténuation, d’avertissement et d’intervention en matière d’inondation, les risques de décès entraînés par ce type de dangers ont grandement diminué dans les pays industrialisés (Nelson, 2009). Les inondations restent néanmoins une cause potentielle de dommages considérables sur les plans matériel et économique et forcent parfois à l’évacuation. Lorsque l’eau se retire à la suite d’une inondation, le contact avec des objets contaminés par les substances transportées par l’eau (p. ex., eaux d’égout, produits chimiques) et par la moisissure peut causer des complications en matière de santé (Gouvernement du Canada, 2010).

De plus, les inondations peuvent nuire au bon fonctionnement des services publics et des infrastructures essentielles (MRN, 2010). Par exemple, lors d’une inondation, le traitement des eaux usées et les services d’électricité et de gaz peuvent être perturbés. Par ailleurs, il arrive que les véhicules d’urgence soient incapables d’intervenir lorsque les routes ou les ponts sont submergés, détruits ou couverts de débris.

Inondation en milieu urbain : examen approfondi

Il semble que la fréquence des inondations augmente, notamment en milieu urbain. Ces dernières se produisent lorsque le volume d’eau surpasse la capacité de drainage d’un secteur, par exemple en raison de précipitations très abondantes ou de la crue des eaux d’une rivière située à proximité (Parliamentary Office of Science and Technology, 2007). Parmi les éléments favorisant les inondations en milieu urbain, notons les précipitations, le vieillissement des infrastructures de drainage et de refoulement et l’augmentation de la superficie urbanique ou aménagée.

Ce type d’inondations représente un risque élevé de dommages en raison du nombre important de personnes et de bâtiments qui se concentrent en milieu urbain. Les changements imposés aux tracés naturels du réseau hydrographique font en sorte que l’écoulement crée de nouvelles voies à des endroits qui n’avaient jamais été considérés comme présentant un risque d’inondation. Des études ont démontré que les dommages économiques des inondations en milieu urbain sont de plus en plus importants (OMM/GWP, 2008). Par ailleurs, les collectivités fortes d’une grande diversité économique sont moins susceptibles de subir des pertes aussi graves que celles des collectivités moins diversifiées (OMM/GWP, 2008).

De plus, les inondations en milieu urbain présentent un risque accru de contamination par des substances dangereuses en raison de la présence de stations d’épuration des eaux usées, de décharges et de produits chimiques ménagers et industriels. Même après que l’eau s’est retirée après une inondation, ces substances peuvent présenter une menace si elles contaminent le sol, les terrains ou les eaux de surface (OMM/GWP, 2008).

Énoncé des risques provinciaux

La province de l’Ontario prend nombre de mesures de planification et de gestion des inondations (Conservation Ontario, 2009). Le ministère des Richesses naturelles, les offices de protection de la nature et les municipalités travaillent tous de concert à la gestion des inondations et aux interventions en cas de besoin (Conservation Ontario, 2009). Le Programme de réduction des dommages causés par les inondations du Canada, auquel adhère l’Ontario, a été créé en 1975. Dans le cadre du Programme, de nombreuses recommandations ont été émises en ce qui a trait aux mesures structurelles (p. ex., barrages) et non structurelles (aménagement du territoire) pour prévenir et atténuer les dommages dus aux inondations. À ce chapitre, la province de l’Ontario compte plus de 900 barrages, chaussées, canaux et structures visant à limiter l’érosion. Conservation Ontario (2009) estime que ces structures préviennent annuellement des dommages qui pourraient toucher plus de 46 000 foyers et s’élever à plus de 100 millions de dollars. Une étude réalisée en 1986 a démontré l’efficacité des mesures de réduction des inondations entreprises par le ministère des Richesses naturelles, les offices de protection de la nature et les municipalités. Dans le cadre de cette étude, on a comparé les niveaux d’eau et les dommages liés aux inondations de l’Ontario et du Michigan. On a conclu que les niveaux d’eau en Ontario sont plus élevés que ceux du Michigan lors des inondations, mais que les coûts liés aux dommages y sont beaucoup plus bas (Conservation Ontario, 2009).

La plupart des inondations qui surviennent en Ontario sont causées par des précipitations extrêmement abondantes, notamment à l’été et au printemps, pendant la période de fonte des neiges et de débâcle. Comme le présente la figure 4, le Sud de l’Ontario est la région où se produisent le plus d’événements de pluie abondante. Les secteurs du Centre et du Nord de la province reçoivent moins de fortes pluies, mais sont situés plus près des côtes ou des affluents, ce qui les rend donc plus susceptibles de subir des inondations causées par la fonte et la débâcle printanières. Les collectivités du Nord, notamment celles qui sont situées le long de la Baie James, sont particulièrement à risque en raison de la débâcle annuelle et de leur éloignement, qui peut rendre les évacuations plus difficiles et coûteuses.

Nombre total d’événements de pluie abondante

Les Grands Lacs peuvent également faire augmenter les risques d’inondation qui menacent les collectivités situées le long des littoraux, notamment en raison des ondes de tempête et, parfois, des seiches. La plus importante inondation de l’histoire de la province s’est produite en 1954, à la suite de l’ouragan Hazel. Les pluies torrentielles causées par la tempête, l’incapacité du sol d’absorber l’eau en raison de pluies précédentes et la modification des cours d’eau et des canaux par les humains ont contribué à cette inondation meurtrière, qui a fait 81 victimes. Depuis lors, de nombreuses mesures de lutte contre les inondations ont été prises, et les taux de blessures et de mortalité liés aux inondations ont grandement diminué.

Les décès liés aux inondations sont généralement attribuables à la noyade ou à l’écrasement sous des débris ou morceaux de glace transportés par l’eau. Par ailleurs, les personnes qui se trouvent à bord d’un véhicule sont aussi à risque puisqu’un ou deux pieds d’eau (30 à 60 cm) sont suffisants pour soulever et emporter une voiture (Raven Rescue, 2009). Certains problèmes de santé peuvent survenir à la suite d’une inondation, principalement en raison de la contamination des eaux stagnantes, du refoulement des égouts et de la prolifération de la moisissure dans les bâtiments touchés. Si l’on se fie à l’histoire de la province, les inondations représentent le danger le plus susceptible de nécessiter l’évacuation d’une partie ou de l’ensemble d’une collectivité.

Lors d’une inondation, il arrive que des bâtiments et des routes sont emportés, et des ponts ou des tours de télécommunications complètement détruits. Lorsque des routes sont inondées ou emportées, il peut être impossible pour les véhicules d’urgence de se rendre dans les secteurs touchés, laissant ainsi des personnes isolées et coincées. Les débris transportés par l’eau peuvent également contribuer aux dommages. De plus, les produits chimiques et déchets apportés par l’eau risquent de nuire à la restauration des bâtiments, même lorsque ceux-ci ne semblent pas avoir été gravement endommagés. Les dégâts causés par l’eau et la moisissure entrent également en ligne de compte. Des dangers secondaires peuvent aussi entraîner des dommages, notamment des urgences sanitaires liées à la qualité de l’eau ou à la santé humaine. Lorsqu’une inondation survient dans un milieu urbain, il est fréquent que les systèmes d’égout refoulent ou soient endommagés par les quantités d’eau excessives, entraînant même les eaux d’égout brutes dans les domiciles. Parfois, on interromp volontairement l’approvisionnement en électricité afin de réduire les risques d’électrocution. Les bactéries, les eaux d’égout et les produits chimiques qui risquent de se retrouver dans l’eau peuvent altérer la qualité de l’eau lorsqu’ils se retrouvent dans le système d’approvisionnement.

Dans certains cas, les inondations qui font partie du cycle naturel peuvent être bénéfiques pour l’environnement et fournir des nutriments au sol. Ce type d’inondations n’entraîne que peu de dommages environnementaux. Toutefois, les changements environnementaux d’origine humaine ont modifié les tracés d’écoulement dans certaines zones, entraînant ainsi un changement dans la fréquence et l’importance des inondations. Ce type d’inondations est potentiellement plus néfaste pour l’environnement puisqu’il peut survenir dans des secteurs qui n’ont jamais été inondés et provoquer une érosion plus prononcée que celle qui se produit naturellement. De plus, certains dommages environnementaux sont causés par la contamination de l’eau par des eaux d’égout brutes, des produits chimiques ou tout autre contaminant.

Lorsqu’une collectivité est inondée, il est fréquent qu’elle subisse d’importantes pertes commerciales ou financières, souvent proportionnelles à la superficie touchée. De plus, le transport des personnes et des marchandises peut être ralenti, voire interrompu si des routes sont inondées. Il arrive que l’approvisionnement en électricité et en gaz doive être interrompu, et, selon la gravité de l’inondation, que les résidents doivent être évacués. Les dommages causés par l’eau et la moisissure peuvent également nuire à la reprise des activités de diverses entreprises.

Les inondations sont la cause principale des déclarations de situation d’urgence en Ontario (GSUO, 2009). Selon un examen de l’histoire de la province et des réclamations d’assurance, la fréquence des inondations, principalement en milieu urbain, semble augmenter, tout comme les coûts liés aux dommages, ce qui peut être attribuable aux éléments démographiques, aux changements climatiques, au vieillissement des infrastructures urbaines et à l’augmentation des valeurs mobilières. Conservation Ontario (2009) estime que ces facteurs représentent entre 20 et 60 % des coûts occasionnés par les inondations.

Étude de cas - Inondation de Peterborough, 2004

En 2004, la ville de Peterborough a subi une inondation en milieu urbain. Plus de 4 000 maisons ont été touchées par les eaux, et une centaine de personnes coincées dans leur voiture ont dû être secourues. Les systèmes d’égout ont débordé, contaminant ainsi les eaux de crue. En raison des conditions dangereuses qu’avait causées l’inondation, l’approvisionnement en gaz et en électricité avait dû être interrompu, laissant de nombreux habitants dans la noirceur (Base de données canadienne sur les désastres, 2005).

Brouillard

Définition

« Nuage situé au niveau du sol et constitué de fines gouttelettes d’eau ou, par temps très froid, de cristaux de glace. Le brouillard se rencontre généralement lorsque les vents sont faibles ou nuls, et il réduit la visibilité à moins d’un kilomètre. » (Environnement Canada, 2009)

Description

Le brouillard constitue une situation de danger de durée et de portée très limitées que l’on rencontre souvent dans le secteur des Grands Lacs. Il existe de nombreux types de brouillard, mais parmi ceux qui sont susceptibles de représenter un danger pour la province, les plus communs sont le brouillard d’advection et le brouillard de rayonnement. Le brouillard d’advection se forme lorsqu’une masse d’air humide se déplace au-dessus d’une surface plus froide. Ce type de brouillard peut toucher un grand secteur. Quant au brouillard de rayonnement, il est plutôt localisé et se forme lorsqu’une surface se refroidit dans des conditions atmosphériques calmes. On le retrouve souvent près des champs ou des cours d’eau présentant une légère pente. Le brouillard se forme souvent au cours de la nuit et peut résister jusqu’au lever du jour, réduisant ainsi la visibilité à l’heure de pointe. Par ailleurs, la fumée peut aussi favoriser la formation de brouillard puisqu’elle est constituée de particules de condensation auxquelles adhèrent les gouttelettes d’eau, se transformant ainsi en brouillard.

Brouillard au-dessus d’un lac (NOAA, 2010).

Les répercussions sociales liées au brouillard les plus communes sont en partie attribuables à des dangers secondaires, soit les accidents de la route. Le brouillard réduit la visibilité, entraînant ainsi des conditions dangereuses pour les automobilistes. Selon une étude sur le sujet, lorsque la visibilité est réduite à moins de 150 m, les conducteurs sont plus susceptibles de sous-estimer leur vitesse et de mal évaluer la distance entre les véhicules (Moore et Cooper, 1971). Le brouillard de rayonnement constitue une menace encore plus grande que le brouillard d’advection pour les conducteurs. Étant donné que le brouillard d’advection est généralement dense et s’étend sur une grande surface, les conducteurs sont plus enclins à adapter leur vitesse aux conditions routières, qui sont constantes. Toutefois, le brouillard de rayonnement n’est pas aussi uniforme, et la visibilité peut donc changer de façon soudaine. Des études montrent que les conducteurs réagissent bien différemment face à des changements soudains dans la visibilité : certains seront portés à continuer de rouler « à l’aveugle », alors que d’autres mettront immédiatement les freins, deux comportements susceptibles de provoquer des accidents (Lavdas et Achtemeir, 1995). La visibilité est d’autant plus réduite dans des conditions liées au brouillard de rayonnement que celui-ci est constitué de particules plus petites et présentes en de plus fortes concentrations (Musk, 1991).

Énoncé des risques provinciaux

Le brouillard est un phénomène naturel qui touche pratiquement toute la province de l’Ontario. Comme on peut le voir sur la figure 5, un brouillard épais est plus fréquent dans le Sud de l’Ontario, où les régimes climatiques, la géographie et la présence des Grands Lacs font augmenter le nombre de jours de brouillard. Le brouillard est plus susceptible d’entraîner une situation d’urgence s’il se forme dans un secteur où le débit de la circulation routière est très élevé. C’est dans le Sud de l’Ontario que le débit est le plus élevé de la province. Cette région présente également la plus forte densité de population, ce qui contribue donc à l’ampleur du danger. Le brouillard est un danger plutôt localisé et affecte souvent une partie d’une municipalité seulement. Même lorsqu’il s’étend sur une grande surface, le brouillard ne touche habituellement que quelques municipalités à la fois.

Nombre d’heures annuel moyen où la visibilité est réduite à zéro kilomètre en raison du brouillard

La population, les biens et les infrastructures, l’environnement et les activités commerciales et financières de l’Ontario ne sont pas particulièrement vulnérables au brouillard. D’ailleurs, il est très rare que ce danger occasionne des répercussions sur le plan social. Toutefois, on sait que la perte de visibilité liée au brouillard est parfois la cause d’accidents de la route pouvant entraîner de graves blessures, voire des décès. Le risque augmente si le brouillard est présent le matin ou le soir aux heures de pointe, dans des secteurs où la circulation automobile est plutôt dense. Les biens et infrastructures sont peu susceptibles de subir des dommages liés au brouillard.

Étude de cas - Windsor, 1999

Alors qu’un brouillard épais s’était installé, une quarantaine de véhicules circulant à grande vitesse (des camions de transport, des fourgonnettes et des voitures) sont entrés en collision sur l’autoroute 401 près de Windsor. Parmi les conducteurs et passagers des véhicules impliqués, 7 personnes sont décédées, et 33 autres ont été blessées. De plus, un incendie causé par la collision a fait fondre l’asphalte, détruisant par le fait même de nombreux véhicules.

(Environnement Canada, 2010)

Feu de forêt ou de végétation

Définition

« Incendie non prévu, non maîtrisé qui consomme des combustibles de végétation comme la forêt, l’herbe et les broussailles. » (MRN, 2009)

Description

Les incendies sont un élément essentiel du cycle naturel d’entretien des forêts. Toutefois, si les flammes ou la fumée produites par un incendie s’approchent d’un établissement humain ou d’une collectivité, l’incendie devient alors un danger pour la vie humaine, animale et végétale, les biens matériels et les activités économiques (Blanchi et coll., 2002). Il existe deux types de causes de feux de forêt ou de végétation : les causes d’origine naturelle et les causes d’origine humaine. Les feux causés par l’activité humaine sont les plus fréquents en Ontario; ils représentent environ les deux tiers de tous les feux de forêt qui touchent la province. La foudre est l’unique cause d’origine naturelle. Les incendies qu’elle provoque peuvent survenir partout où se produit un orage électrique. Par conséquent, certains incendies surviennent dans des régions très éloignées difficilement accessibles par l’homme. Les incendies causés par les activités humaines sont généralement déclenchés dans le secteur d’une forêt ou d’un terrain non cultivé. Ils sont parfois intentionnels (p. ex., lors de brûlages dirigés) et parfois non intentionnels (p. ex., causés par un feu de camp). Les incendies d’origine humaine surviennent souvent plus près des établissements humains, en raison de la facilité d’accès aux forêts de ces secteurs. Au Canada, le ratio d’incendies d’origine naturelle et d’origine humaine varie d’une région à l’autre, mais, en moyenne, les deux tiers des incendies et feux de forêt ou de végétation sont causés par des humains (RNCAN, 2007).

Feu de forêt dans le Nord de l’Ontario (GSUO, 2003).

Pour se développer et s’étendre, un incendie doit être alimenté par de la matière organique sèche, comme la litière de surface ou les épines de conifères. La teneur en eau du combustible joue un rôle important quant à la durée et à l’étendue d’un incendie. La matière organique sèche prend feu plus facilement et rapidement que la matière organique humide. La température qu’atteint le feu dépend elle aussi du type de combustible et de sa teneur en eau (RNCAN, 2007). Par ailleurs, les conditions atmosphériques sont l’un des facteurs clés dans les cas de feux de forêt et de végétation. Par exemple, les conditions de sécheresse prolongée peuvent faire augmenter la quantité de matière organique sur le sol, qui se transforme alors en combustible. « Dans des conditions de sécheresse extrême, la teneur en eau des broussailles et de la cime des arbres diminue, permettant ainsi aux flammes de grimper plus rapidement, détruisant la végétation ligneuse. » (Keetch et Byram, 1968) De plus, la sécheresse peut assécher certaines zones qui auraient autrement servi de coupe-feu naturel (Keetch et Byram, 1968). Des conditions humides réduisent la qualité du combustible et peuvent éteindre un feu. Le vent fournit un autre élément essentiel à l’allumage et à la propagation du feu : l’oxygène. Lorsque le vent atteint une vitesse élevée, il peut favoriser la propagation des flammes et créer un environnement des plus dangereux pour l’extinction des incendies. Les maladies des plantes et infestations de ravageurs peuvent également accentuer les risques, l’intensité et la taille des feux de forêt ou de végétation, puisqu’elles entraînent parfois la mort des arbres et des plantes, augmentant ainsi la quantité de matière organique qui se transforme en combustible.

Il existe trois types de feux de forêt et de végétation, qui sont classés selon l’endroit où ils se produisent :

• « Les incendies sous la surface brûlent dans la matière organique se trouvant sous la litière au sol et ils sont approvisionnés par une combustion couvante. » (MRN, 2010). Ces incendies peuvent brûler bien en-dessous de la surface, particulièrement dans des matières comme la tourbe. Il est rare que ce type d’incendie se répande sur une grande surface, mais ils peuvent tout de même rester actifs pendant des mois, voire des années. L’incendie est souvent actif bien longtemps après qu’on le croit éteint (RNCAN, 2007).

• Les incendies de surface sont ceux qui causent le moins de dommages environnementaux et sont souvent plus faciles à éteindre puisqu’ils brûlent la matière organique qui se trouve sur le sol.

• Les incendies de cimes brûlent les arbres sur toute leur longueur. Étant donné que ces flammes atteignent la cime des arbres, elles sont plus exposées au vent que lorsqu’un incendie se produit au sol, protégé par les arbres. Le vent et les débris qui tombent des arbres en feu augmentent la vitesse à laquelle ce type d’incendie peut se répandre. Selon le MRN (2010), ce type de feu est le plus difficile à maîtriser.

La Méthode canadienne de l’indice forêt-météo (IFM), un sous-système de la Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt (MCEDIF), est utilisée en Ontario pour prévoir le comportement des feux de forêt potentiels :

Faible : Feu couvant ou autoextinguible. Hauteur des flammes : moins de 10 cm.

Moyen : Feu de surface rampant ou modéré. L’attaque manuelle directe par les pompiers, à l’aide d’outils manuels et d’eau, est possible. Les pare-feux construits à la main devraient tenir. Hauteur des flammes : jusqu’à 1 m.

Élevé : Feu de surface modérément vigoureux. Un pare-feu construit à la main ne tiendrait probablement pas. On réussit habituellement à maîtriser le feu à l’aide d’équipement lourd (bouteur, engin-pompe, aéronef). Hauteur des flammes : jusqu’à 2 m.

Très élevé : Feu de surface intense. De fréquentes flambées en chandelle sont possibles. Les efforts de lutte à la tête du feu peuvent échouer. Hauteur des flammes : jusqu’à 3 m.

Extrême : Feu de cimes. La maîtrise est très difficile. Les mesures d’extinction se limitent aux flancs du feu. L’attaque indirecte par allumage aérien (contre-feu) peut être efficace. Hauteur des flammes : de 3 à 25 m ou plus.

(L’Atlas du Canada, 2009)

Énoncé des risques provinciaux

La prévention organisée des feux de forêts existe en Ontario depuis 1885. La Loi sur la prévention des incendies de forêt (L.R.O.) désigne le ministère des Richesses naturelles (MRN) comme le principal responsable de la préparation aux incendies de forêt dans les régions d’incendie, sur les terres de la Couronne, sur certaines terres gérées par le MRN et conformément aux multiples ententes conclues avec les municipalités (GSUO, 2005). La Stratégie de gestion des incendies de forêt pour l’Ontario (2004) fournit une orientation globale pour le programme de gestion des incendies, et est appliquée conjointement aux objectifs de gestion du territoire. Cette stratégie tient compte de critères environnementaux, sociaux et économiques.

En moyenne, on compte chaque année en Ontario entre 800 et 3 000 feux de forêt, principalement au printemps (avant le renouvellement du couvert forestier et alors que le sol est jonché de végétation sèche) et à l’été (où la foudre est plus fréquente). Ces deux saisons sont également accompagnées de périodes de chaleur, de sécheresse et de vent, ce qui peut favoriser la propagation des feux. En Ontario, 60 % de tous les incendies de forêt ou de végétation sont causés par des activités humaines, généralement des feux de camp (MRN, 2009). Toutefois, les incendies provoqués par la foudre touchent habituellement un plus grand secteur que les feux d’origine humaine (Podur et Martell, 2009), bien que ces zones soient plus rarement habitées. De nouvelles espèces de ravageurs accentuent également les dangers liés aux incendies. Par exemple, le dendroctone du pin endommage et tue les arbres, ce qui fait augmenter la quantité de matière organique sèche, qui agit alors comme combustible.

Les incendies qui se déclarent au sein ou tout près d’un milieu périurbain sont les plus préoccupants. Un milieu périurbain est tout secteur où les édifices et les structures (résidentielles, industrielles, récréatives ou agricoles) sont situés à proximité d’une forêt ou d’autres types de combustibles végétaux (GSUO, 2005). Parmi les milieux périurbains en Ontario, notons les villes, les bâtiments, les structures (notamment les lots, les chalets, les installations de loisirs, etc.) qui sont situés le long, à l’intérieur ou à proximité d’une grande étendue de forêt ou de broussailles. L’accroissement de la population et du nombre de personnes qui s’installent dans les milieux périurbains a accentué l’impact potentiel des feux de forêt, notamment en ce qui a trait aux dommages matériels et aux évacuations à grande échelle.

Lorsque les feux de forêt s’approchent des secteurs à forte densité de population, ils peuvent mettre des vies en danger. Cependant, grâce aux améliorations de la prévision et de la gestion des incendies de forêt, ce type de danger cause rarement des décès en Ontario. Par ailleurs, les feux de forêt sont peu susceptibles d’entraîner des blessures, mais sont souvent liés à des problèmes de santé causés par la fumée et la mauvaise qualité de l’air. Les évacuations constituent l’impact social le plus fréquent des feux de forêt ou de végétation. Elles peuvent être provoquées par la fumée, même lorsqu’une collectivité n’est pas directement menacée par les flammes. L’ampleur d’une évacuation en milieu périurbain est directement liée à la densité de population.

Les biens immobiliers et les infrastructures de l’Ontario sont vulnérables aux feux de forêt, qui peuvent causer des dommages considérables. Les bâtiments et structures qui se trouvent sur la trajectoire d’un incendie peuvent être entièrement détruits. Même lorsque la structure d’un immeuble reste intacte, son contenu peut être gravement endommagé par la fumée. Les routes sont aussi susceptibles de subir des dommages, et les lignes électriques peuvent être détruites, entraînant des pannes de courant.

Les feux de forêt sont un élément naturel de l’écosystème forestier. Bien entendu, ils peuvent avoir des conséquences négatives, mais ils peuvent également être bénéfiques pour la santé et l’entretien à long terme de l’écosystème. De nombreuses espèces sont bien adaptées au feu : certains arbres (dont le pin gris) se servent du feu pour libérer les graines de leurs cônes. Le feu a des avantages incontestables pour la végétation : il crée de la cendre qui enrichit le sol, il détruit une partie du couvert, laissant ainsi passer plus de lumière et de précipitations, et il réduit la concurrence entre certaines espèces. Dans certains secteurs où le feu fait partie intégrante du processus de maintien de l’écosystème, il peut aider à assurer un contrôle sur certaines espèces envahissantes (insectes, plantes et maladies) qui n’y sont pas encore établies.

En général, les animaux sont capables de fuir un incendie de forêt, ce qui rend les effets néfastes à long terme sur la faune plutôt minimes (MRN, 2010). Toutefois, les feux de forêt peuvent avoir des conséquences très néfastes pour les écosystèmes marins. L’érosion et le changement de la température de l’eau causés par la perte de végétation peuvent affecter la qualité de l’eau, altérant ainsi l’habitat des poissons d’eaux froides (MRN, 2010).

Les feux de forêt et de végétation peuvent avoir des conséquences négatives sur le plan commercial et financier s’ils se produisent à proximité d’une collectivité et entraînent l’évacuation d’un grand nombre de personnes. Les ressources nécessaires pour maîtriser un incendie peuvent être très coûteuses. Par ailleurs, l’industrie forestière est la plus susceptible de subir les conséquences négatives des incendies de forêt, et l’industrie du tourisme peut elle aussi être grandement affectée.

Étude de cas - Feux de forêt, 2002

En 2002, des feux de forêt et leur fumée ont menacé la santé et la sécurité d’un grand nombre de collectivités du Nord de l’Ontario. Les incendies se sont produits près des collectivités de Terrace Bay et de Schreiber, du village de Rossport et des Premières nations Keewaywin, Pays Plat et Deer Lake. La proximité des incendies et l’importance de la fumée ont forcé l’évacuation de plus de 1 000 personnes, qui ont été amenées à Thunder Bay, à Geraldton et à Sioux Lookout. Au total, six collectivités avaient dû déclarer l’état d’urgence.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Pluie verglaçante

Définition

« Pluie ou bruine qui tombe sous forme liquide et gèle au contact du sol ou d’un objet froid et forme ainsi une couche de glace. » (Environnement Canada, 2010)

Description

Les conditions hivernales entraînent une variété de précipitations, allant de la neige à la pluie, en passant par la pluie verglaçante. Le type de précipitations dépend d’abord de la distribution verticale de la température dans la basse atmosphère et à la surface de la Terre. Pour que la pluie verglaçante se forme, une couche d’air dont la température est supérieure au point de congélation doit être superposée à une couche d’air près de la surface où la température est inférieure au point de congélation. Lorsque la couche d’air située au-dessus de la couche la plus chaude se trouve sous le point de congélation, les cristaux de neige se transforment en flocons. La pluie verglaçante se formera alors si la neige passe dans une couche plus chaude que le point de congélation et d’une épaisseur suffisante pour faire fondre la neige, puis passe dans une couche sous zéro située près de la surface de la Terre. L’épaisseur de la couche inférieure au point de congélation détermine si les gouttelettes se transformeront en pluie verglaçante ou en grésil. Si la couche sous zéro est trop épaisse (entre 500 et 1 000 mètres), les gouttelettes pourront recongeler et atteindre le sol sous forme de grésil. Si l’épaisseur de cette couche est de moins que 500 à 1 000 mètres, les gouttelettes se refroidiront à une température de quelques dixièmes de degrés sous le point de congélation. Elles deviennent alors très froides, mais restent sous forme liquide, puis gèlent en entrant en contact avec le sol ou des objets froids près du sol (routes, arbres, fils électriques ou téléphoniques, etc.). Parfois, la pluie verglaçante se forme selon un autre mécanisme, où les gouttelettes sont d’abord sous forme liquide plutôt que solide (neige ou glace) et ne traversent aucune couche au-dessus du point de congélation (Klaassen et coll., 2003).

Une personne blessée est amenée par des intervenants des services d’urgence

Lorsque la pluie verglaçante dure pendant une longue période, on parle alors de « tempête de verglas ». Les tempêtes de verglas peuvent déposer sur le sol et les objets une couche de glace assez épaisse pour causer des dommages. L’accumulation de glace dépend alors de la durée et de l’intensité des précipitations. Lors d’une tempête de verglas, la pluie ne tombe pas nécessairement de façon continue, mais peut tomber par vagues successives.

Énoncé des risques provinciaux

La pluie verglaçante est un phénomène fréquent en Ontario. Le Nord et le Centre de la province sont les secteurs présentant le plus grand nombre de jours de pluie verglaçante (figure 6), soit une moyenne de 17  par année, alors que dans le Sud de l’Ontario, on en compte tout juste 11 par année. Les plus importantes tempêtes de verglas ou précipitations de pluie verglaçante se produisent généralement entre novembre et mars, et près de la moitié des occurrences se produisent dans les deux dernières semaines de décembre et les deux premières de janvier. Selon les statistiques, ces tempêtes de verglas durent habituellement entre 12 heures et 1 ou 2 jours (Environnement Canada, 2009). La pluie verglaçante peut constituer un danger à petite ou à grande échelle, selon la taille du système de tempête.

 Nombre d’heures annuel moyen de pluie verglaçante

La population de l’Ontario n’est pas particulièrement vulnérable à la pluie verglaçante. Il est rare que surviennent des décès ou blessures qui y sont directement liés, mais ils restent possibles. La tempête de verglas de 1998 a entraîné 28 décès et 945 blessures au Canada, dont la majorité était due à des dangers secondaires comme des accidents de la route causés par les mauvaises conditions routières.

On considère que la vulnérabilité des biens et des infrastructures face à la pluie verglaçante est de modérée à élevée. Les infrastructures liées au transport et au réseau électrique sont particulièrement à risque. La couche de glace qui se crée et les branches, et parfois les arbres, qui se brisent peuvent rendre les routes et les ponts impraticables. Lorsqu’une branche chute sur les lignes électriques ou qu’une couche de glace s’accumule sur ces dernières, elles peuvent se briser, entraînant ainsi une interruption de service. Si l’accumulation de glace est assez importante, certaines structures comme les tours de transmission peuvent se déformer, ce qui provoque des pannes. L’accumulation de glace peut aussi endommager les bâtiments et causer des infiltrations d’eau. Les personnes sont parfois confinées dans leur maison, privées des services essentiels comme l’électricité ou le chauffage. Finalement, les installations de soins de santé peuvent subir d’importantes conséquences et devoir jongler avec une affluence dépassant leur capacité.

Les plantes, notamment les feuillus, sont particulièrement sensibles aux effets de la pluie verglaçante. Après la tempête de verglas de janvier 1998, on a pu constater que certaines branches d’arbre ployaient sous près de cinquante fois leurs poids en glace (Québec, 1999). Lorsque le poids de la glace atteint une certaine limite, les branches d’arbre se brisent, ce qui peut causer dans dommages substantiels au couvert forestier. L’agriculture peut subir d’importants dommages, qui affectent principalement la production de sirop d’érable et les vergers. Les jardins et les plantes décoratives sont aussi vulnérables. De façon générale, les animaux semblent bien survivre aux différents effets de la pluie verglaçante, mais de fortes précipitations et une accumulation importante de glace peuvent tout de même leur nuire dans la recherche de nourriture. Par ailleurs, les oiseaux semblent s’en sortir moins bien que les autres animaux.

La pluie verglaçante, notamment lorsqu’une tempête de verglas s’étend sur une longue période et entraîne une importante accumulation de glace, peut perturber les activités commerciales et avoir des répercussions financières diverses. Elle peut également provoquer des pannes d’électricité et nuire gravement au transport routier et ferroviaire, entraînant ainsi des pertes financières, notamment si la situation s’étend sur plusieurs jours.

Étude de cas - Tempête de verglas, 1998

Du 6 au 10 janvier 1998, les provinces de l’Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick avaient reçu entre 50 et plus de 100 mm de pluie verglaçante. Celle-ci avait d’abord touché un corridor couvrant Kingston, Ottawa, Montréal et la Montérégie, puis le Sud et l’Est de Montréal, ainsi que le Nouveau-Brunswick. Au total, 57 collectivités de l’Ontario étaient en situation d’urgence, et environ 250 000 abonnés (soit près de 1 500 000 personnes) n’avaient plus d’électricité. L’accumulation de glace avait tordu les tours de communication et brisé nombre de branches d’arbre. Ces dernières, combinées à la couche de glace qui s’était déposée sur les routes, avaient grandement nui aux conditions routières.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Tempête géomagnétique

Définition

Grave perturbation temporaire de la haute atmosphère et de l’espace circumterrestre causée par l’activité magnétique du soleil (National Research Council, 2008).

Description

Des aurores comme celle-ci peuvent être observéeslors d’importantes tempêtes géomagnétiques

Les tempêtes géomagnétiques sont provoquées par des éruptions solaires à la surface du soleil. Les régions solaires actives dégagent des éjections de matière coronale (CME), de gros nuages de gaz ionisé transportant des particules surchauffées à une vitesse d’environ 3,2 millions de km/h (BPIEPC, 2002). Si elles se dirigent vers la Terre et heurtent la magnétosphère, une tempête géomagnétique sera déclenchée et causera des aurores boréales et australes. Cependant, les effets d’une violente tempête géomagnétique ne se limitent pas seulement aux aurores; ce type de tempête peut également endommager les systèmes électroniques et de communication. Les pays situés à une latitude élevée risquent davantage de subir les contrecoups des tempêtes géomagnétiques, mais les répercussions des tempêtes les plus extrêmes se font sentir à plus grande échelle. En effet, les tempêtes les plus violentes produisent des effets semblables à ceux d’une impulsion électromagnétique (IEM), c’est-à-dire le rayonnement d’énergie créé par l’explosion d’une arme nucléaire.

La société est tributaire d’un système complexe de dépendances et d’interdépendances entre les infrastructures essentielles. Si une infrastructure a subi des dommages ou est hors service, elle risque d’endommager ou de perturber d’autres infrastructures qui, à leur tour, pourraient entraîner des perturbations et des répercussions à court et à long terme (National Research Council, 2008). Aux États-Unis, le National Research Council a organisé un atelier en 2008 dans le but d’évaluer l’impact social et économique d’une forte tempête géomagnétique. Le rapport qui en est issu indique qu’il est rare que les tempêtes géomagnétiques provoquent une panne d’électricité, mais qu’elles peuvent entraîner d’importantes conséquences négatives allant d’une panne des pompes nécessaires à la distribution d’eau potable jusqu’à l’interruption des communications. Ainsi, une forte tempête entraînerait l’interruption de ces services durant une longue période et, selon le National Research Council : « Cette panne de services […] même si elle ne touche qu’une seule région, pourrait avoir des répercussions à l’échelle nationale, voire internationale. » (National Research Council, 2008). Comme les tempêtes géomagnétiques ont le potentiel de causer des pannes d’électricité de longue durée, les génératrices pourraient manquer de carburant avant que l’électricité ne soit rétablie.

Les répercussions potentielles d’une tempête géomagnétiques sont notamment les suivantes :

• Les personnes dont la survie dépend de la technologie (qui ont besoin d’appareils médicaux, par exemple) pourraient ne pas survivre.

• Les denrées et les médicaments périssables se gâteront en l’absence de réfrigération.

• Des pénuries de nourriture peuvent se produire en raison d’une interruption de la production et de la distribution des denrées.

• De nombreuses stations-service seraient dans l’impossibilité d’offrir de l’essence puisque les pompes fonctionnent habituellement à l’électricité.

• Il serait impossible de consulter son dossier financier, de retirer de l’argent et d’utiliser des cartes de crédit et de débit.

• Les ascenseurs des immeubles à plusieurs étages ne fonctionneraient pas, limitant ainsi l’accès au domicile et au lieu de travail.

• Il n’y aurait pas d’eau potable puisque les pompes nécessaires à sa distribution fonctionnent à l’électricité.

• Les systèmes de communication seraient en panne, causant probablement l’hystérie collective puisque les gens ne seraient pas capables de se renseigner sur ce qui se passe. Le 911 serait probablement hors service.

• Les déplacements en voiture, en train ou en avion ne seraient probablement pas possibles. Les lampadaires et les feux de circulation ne fonctionneraient pas.

• Les systèmes d’alarme ne fonctionneraient pas.

• Les renseignements stockés sur ordinateur ou sur d’autres appareils électroniques seraient potentiellement perdus.

Dans le passé, certaines tempêtes géomagnétiques ont causé des dommages (p. ex., la panne d’électricité de 1989 au Québec), mais les prochaines tempêtes pourraient être bien plus violentes. Selon les documents historiques, la plus violente tempête géomagnétique de l’histoire contemporaine a frappé Carrington en 1859, avant que l’utilisation de l’électricité ne soit répandue. Cette tempête a causé des perturbations du système télégraphique, et des aurores très vives étaient visibles de très loin. Si une tempête de la même intensité frappait aujourd’hui, elle causerait des dommages beaucoup plus graves et étendus en raison de la dépendance de la société à la technologie (National Research Council, 2008).

Énoncé des risques provinciaux

L’Ontario est situé à une latitude assez élevée. Pour cette raison, la province court plus de risques d’être touchée par une tempête géomagnétique que les régions situées plus au Sud. En outre, l’Ontario dépend de la technologie et de l’électricité pour les fonctions et systèmes essentiels tels que l’approvisionnement en nourriture, la distribution d’eau, les services bancaires, le transport et les communications.

Les tempêtes géomagnétiques ne risquent pas de toucher directement les citoyens, à l’exception des personnes dont la survie dépend d’appareils électriques et technologiques ou de médicaments périssables. Toutefois, la population est beaucoup plus vulnérable aux défaillances des infrastructures essentielles qui pourraient découler d’une tempête géomagnétique. Par exemple, à Toronto seulement, on dénombre plus de 2 000 immeubles qui s’élèvent à plus de 90 mètres de hauteur, et ils sont pour la plupart résidentiels. En Amérique du Nord, seule la ville de New York compte un plus grand nombre d’immeubles à grande hauteur que Toronto. Les groupes vulnérables, comme les personnes âgées, qui représentent environ 13 % de la population de l’Ontario (Association canadienne pour la santé mentale, 2010), et les personnes ayant un handicap physique vivant dans un immeuble à grande hauteur pourraient ne pas être en mesure de quitter leur domicile ou d’y retourner sans aide. La distribution de l’eau potable serait interrompue puisque les pompes fonctionnent à l’électricité. Moins d’une journée après une tempête géomagnétique, les résidents d’immeubles à grande hauteur n’auraient plus accès à de l’eau potable, tandis que les habitants d’autres types d’immeubles et de petites collectivités y auraient accès pendant encore quelques jours, mais sans plus. Si une tempête géomagnétique se produit durant l’hiver, les systèmes de chauffage cesseront de fonctionner, causant ainsi des décès par hypothermie et des dommages matériels. Une importante partie du processus de production et de distribution alimentaire de l’Ontario nécessite de l’électricité.

Les biens ne sont pas particulièrement vulnérables aux tempêtes géomagnétiques, contrairement à l’infrastructure (comme il a été mentionné précédemment). En effet, toute infrastructure qui dépend de l’électricité et de la technologie est extrêmement vulnérable, puisque les tempêtes géomagnétiques peuvent causer des pannes électriques généralisées. Le métro de Toronto, de même que ses tramways et ceux d’Ottawa cesseraient immédiatement de fonctionner, empêchant les voyageurs d’en sortir. Une puissante tempête géomagnétique pourrait nuire au fonctionnement de la technologie incorporée dans de nombreux véhicules. En outre, les soins de santé pourraient être grandement perturbés si les génératrices des hôpitaux venaient à manquer de carburant avant que l’électricité soit rétablie, ou encore si les fournitures médicales et les médicaments ne pouvaient être réfrigérés ou transportés jusqu’aux hôpitaux et aux cliniques. Les satellites cesseraient probablement de fonctionner, interrompant par le fait même les communications. Les tempêtes géomagnétiques peuvent également corroder les pipelines, ce qui nuirait à la distribution du pétrole et du gaz naturel.

L’environnement ne semble pas particulièrement vulnérable aux tempêtes géomagnétiques. Certaines espèces, comme les oiseaux migrateurs, subissent parfois les conséquences négatives de ces tempêtes, mais à ce que l’on sache, elles ne souffrent d’aucune blessure physique imputable à ce phénomène.

De toutes les provinces et de tous les territoires du Canada, c’est l’Ontario qui a la plus importante économie. Ottawa est la capitale du Canada, et le titre de capitale économique du pays revient à Toronto. Si une tempête géomagnétique frappait ces deux villes, le gouvernement et les finances du pays en seraient grandement affectés. La Bourse de Toronto est le huitième marché boursier en importance pour ce qui est de la valeur de marché. Une forte tempête géomagnétique pourrait interrompre les activités boursières, économiques et commerciales, ce qui entraînerait des répercussions ressenties à l’étranger également.

Ce type de danger est beaucoup plus grave qu’il n’y paraît, car on ne peut prévoir combien de temps sera nécessaire pour rétablir l’électricité, les transports, l’approvisionnement en eau et de tout ce qui fonctionne à l’aide de la technologie. D’ailleurs, pour la majorité des technologies, il ne s’agit pas simplement de remettre le tout en marche une fois l’électricité rétablie; il est possible que des composantes essentielles soient irréparables. Sans compter qu’on ne dispose pas d’une réserve suffisante de la majorité de ces composantes pour parer à l’éventualité d’un événement de la sorte, ce qui signifie qu’il faudrait les commander et les fabriquer. Comme les installations de fabrication et les infrastructures essentielles dont celles-ci dépendent risquent de subir elles aussi les répercussions négatives de la tempête si elles se trouvent dans la même région, elles ne seront probablement pas en mesure de répondre à la demande à moins de recevoir une aide fédérale ou internationale. Selon la force de la tempête géomagnétique et l’étendue de la région touchée, le rétablissement pourrait prendre des mois, voire des années. Certains experts croient même qu’un rétablissement complet ne serait pas possible dans la province, le pays ou les divers pays touchés.

Les tempêtes géomagnétiques sont un phénomène plutôt inconnu du public. Pour cette raison, si une tempête grave se produit et perturbe les réseaux de communication, elle risquera de causer la panique générale. L’impossibilité de prévoir le temps nécessaire au rétablissement de l’électricité et des communications est un autre facteur pouvant alimenter la panique.

Étude de cas - Tempête géomagnétique, 1989

L’une des pires tempêtes géomagnétiques du XXe siècle a causé de graves perturbations dans le secteur de l’énergie au Canada en 1989. Les courants induits géomagnétiquement (CIG) découlant de cette tempête ont surchargé les transformateurs d’Hydro-Québec, entraînant la défaillance (ou la désactivation) des compensateurs réactifs aux sous-stations électriques qui, à leur tour, ont provoqué une baisse de la tension et le mauvais fonctionnement des lignes électriques. Le réseau électrique s’est donc écroulé. Il a fallu près de neuf heures pour remettre le système en marche. Selon les estimations, la tempête a causé la perte de 19 400 mégawatts d’électricité et de millions de dollars en revenu.

(Bureau de la protection des infrastructures essentielles et de la protection civile, 2002)

Grêle

Définition

Précipitation constituée de particules de glace de diverses formes généralement observée durant un orage. Environnement Canada définit un grêlon comme un grain de glace de 5 mm de diamètre ou plus (Environnement Canada, 1996).

Description

Au Canada, il grêle généralement entre les mois de mai et de septembre, car il s’agit d’un phénomène qui se produit lors de la saison chaude. En fait, la grêle se forme dans les mêmes conditions qu’un orage : instabilité atmosphérique, fort cisaillement du vent, humidité à basse altitude et un mécanisme qui peut engendrer l’instabilité (Etkin et Brun, 1999). Les forts courants ascendants de l’orage engendrés par ces conditions transportent les gouttes de pluie vers le haut des nuages où la température de l’air est inférieure au point de congélation. Les gouttelettes gelées montent et descendent dans l’atmosphère, portées par les courants ascendants et descendants, leur taille augmentant chaque fois par l’addition d’une couche de glace. Lorsque le grêlon devient trop lourd pour être porté par le courant ascendant, il tombe vers le sol à une vitesse de 100 km/h ou plus. Généralement, la grêle tombe sous forme d’averses isolées pendant une courte période. Comme la grêle se forme pendant des orages importants, elle peut s’accompagner de forts vents, de foudre et de précipitations extrêmes. Les tornades sont souvent précédées d’une averse de grêle.

Grêlons de la grosseur d’une balle de golf

Environnement Canada n’émet pas de veilles et d’avertissements météorologiques pour la grêle. Cependant, la taille des grêlons (diamètre) est l’un des trois critères sur lesquels se base Environnement Canada pour émettre un avertissement d’orage (Environnement Canada, 2010). Par exemple, un avertissement d’orage violent est émis lorsqu’on prévoit que les grêlons atteindront la taille de 2 cm. Cependant, même des grêlons légèrement plus petits peuvent causer des dommages. S’il est vrai que l’on associe habituellement les gros grêlons capables de causer d’importants dommages aux orages violents, ce ne sont pas tous les grêlons qui sont formés lors d’un orage qualifié de « violent » en fonction des critères d’Environnement Canada (2010), ni tous les orages qui sont automatiquement accompagnés de grêle. D’autres conditions météorologiques (p. ex., fortes précipitations) s’accompagnent également de petits grêlons.

Énoncé des risques provinciaux

Les régions du Sud-Ouest de l’Ontario, du centre et de l’Est des Prairies, ainsi que du Centre-Sud de la Colombie-Britannique sont touchées par des averses de grêle beaucoup plus fréquemment que le reste du Canada (Etkin et Brun, 1999). Entre 1977 et 1993, on a recensé 1 842 jours de grêle en Ontario, ce qui n’est pas un nombre particulièrement élevé. Cependant, ce ne sont pas toutes les régions de l’Ontario qui sont touchées de la même façon. La grêle s’abat plus fréquemment sur certains secteurs du Sud de l’Ontario, un phénomène potentiellement attribuable à l’effet de lac et à la topographie. Les régions les plus touchées sont situées au Nord, à l’Est et à l’Ouest de Toronto, et à proximité de London et de Halliburton (Etkin et Brun, 1999). En Ontario, les grêlons sont généralement assez petits (environ de la taille d’un pois). Par conséquent, les pertes causées par la grêle sont généralement modérées lorsqu’on les compare à celles d’autres provinces, comme la Colombie-Britannique et l’Alberta.

 Nombre total d’averses de grêle potentiellement dommageables

Comme le montre la figure 7, la vaste majorité des averses de grêle potentiellement dommageables (c’est-à-dire lorsque les grêlons sont assez gros pour causer des dommages) touchent le Sud de l’Ontario.

Les régions où les averses de grêle se produisent le plus souvent sont également les secteurs les plus densément peuplés de l’Ontario. En outre, la majorité des terres agricoles les plus productives de la province, tant pour ce qui est des cultures que de l’élevage du bétail, sont situées dans ces régions. Il est important de noter que la carte ci-dessus ne recense pas de façon exhaustive les averses de grêle dommageables, puisqu’il peut arriver que certaines averses s’étant abattues sur des régions inhabitées n’aient pas été signalées.

La grêle cause rarement des décès et des blessures puisque les grêlons sont généralement assez petits et que les averses se produisent dans des conditions qui enlèvent toute envie de sortir. Néanmoins, la grêle a fait des victimes en Ontario dans le passé. En 1985, cinq personnes incapables de trouver refuge à temps sont décédées dans une tempête de grêle.

Des fenêtres volées en éclat, des automobiles cabossées et des récoltes détruites sont quelques exemples des dommages les plus communs de la grêle. Cependant, les averses de grêle peuvent être beaucoup plus destructrices si les grêlons sont plus gros, et ainsi détruire des toits entiers de maisons et d’immeubles, de même que des carrosseries d’automobiles, au point où ils seront irréparables. En outre, la pluie et les grêlons qui s’infiltrent par les fenêtres et les puits de lumière brisés peuvent causer des inondations.

Les cultures extensives du Sud de l’Ontario sont vulnérables aux dommages, particulièrement au début de la période de végétation et juste avant la récolte. Comme la grêle est un phénomène qui se produit par temps chaud, généralement entre avril et septembre, elle peut tomber à tout moment du cycle agricole, et ce, dans la majorité des régions. Les fruits fragiles, les jeunes pousses et les plantes à longue tige sont particulièrement vulnérables. Les gros grêlons peuvent également blesser les animaux d’élevage, et même les tuer dans certains rares cas. Les serres sont également très à risque de subir d’importants dommages durant une tempête de grêle violente, puisque les grêlons peuvent facilement briser le verre. Il en va de même pour les entreprises d’aménagement paysager qui laissent un grand nombre de végétaux et de matériel à l’extérieur sans protection; la grêle risque de grandement les endommager.

Étude de cas - Tempête de grêle dans le Sud de l’Ontario, 2008

Plusieurs averses de grêle se sont abattues sur le Sud de l’Ontario au cours de l’été 2008. Le 9 juin, des grêlons de la taille d’une balle de golf sont tombés sur la région de Chatham-Kent, écrasant les cultures, cabossant des centaines de véhicules et endommageant des parements et des toits d’aluminium. Deux semaines plus tard, les mêmes localités ont été touchées par une autre averse de gros grêlons.

Une autre tempête de grêle a ruiné 80 % de la récolte d’un verger. À Grimsby, il a fallu une chargeuse frontale pour déblayer l’amoncellement de grêlons de la taille d’une boule de gomme à mâcher. Douze heures après la tempête de grêle, certaines cours arrière étaient encore ensevelies sous 8 cm de grêlons de la taille d’une pièce de cinq cents. Des agriculteurs ont perdu des champs complets de haricots et de concombres.

(Environnement Canada, 2010)

Urgence sanitaire

Définitions

Urgence sanitaire : Épidémie généralisée ou grave, incident de contamination ou toute autre situation qui présente un danger pour la santé et le bien-être de la population humaine ou qui a une incidence négative sur ceux-ci (GSUO, 2005).

Épidémie : Problèmes majeurs de maladie humaine causés par la transmission d’une maladie donnée. Apparition (ou éclosion) de cas d’une maladie au sein d’une collectivité ou d’une région dont le nombre est manifestement supérieur à la normale (GSUO, 2005).

Pandémie : Épidémie mondiale ou qui touche une vaste région comprenant plusieurs pays et qui frappe généralement un grand nombre de personnes (OMS, 2007).

Description

Les urgences sanitaires peuvent avoir différentes origines, notamment les suivantes :

• virus;

• bactéries;

• parasites;

• champignons;

• prions;

• protozoaires.

Les virus, les bactéries, les parasites, les champignons et les protozoaires sont des composantes vitales de l’écosystème. Ils sont pour la plupart inoffensifs, voire bénéfiques pour la santé humaine. Cependant, une petite minorité d’entre eux sont dangereux pour les humains. En effet, lorsqu’ils sont transmis à un être humain, ces micro-organismes peuvent causer la maladie et même la mort. La gravité des symptômes dépend de facteurs tels que la source de la maladie ainsi que la santé et l’âge de la personne touchée.

Les urgences sanitaires peuvent avoir différentes causes et se répandre de diverses manières au sein d’une collectivité. 

Par contact direct : Infection par un contact physique étroit (p. ex., un baiser, le toucher) avec une personne déjà infectée.

Par contact indirect : Infection causée par le contact avec une surface contaminée.

Contact avec des gouttelettes : Infection causée par une exposition à des gouttelettes ayant été en contact avec la surface des yeux, de la bouche ou du nez d’une personne infectée. Les éternuements et la toux sont deux modes de transmission par gouttelettes. Il s’agit d’un phénomène à ne pas confondre avec la transmission aéroportée puisque les gouttelettes sont trop grosses pour demeurer dans l’air durant de longues périodes.

Transmission aéroportée : Infection découlant de l’exposition à des microparticules et à des particules de poussière contaminées qui demeurent en suspens dans l’air. Peu de maladies survivent à la transmission aéroportée (p. ex., la grippe et la pneumonie).

Transmission vectorielle : Infection par un contact avec un animal ou un insecte infecté. Le moustique est le vecteur de maladie le plus répandu chez l’humain.

(Hôpital Mount Sinai, 2007)

Une urgence sanitaire peut être causée par un agent pathogène connu ou inconnu. Certaines maladies sont récurrentes, c’est-à-dire qu’elles réapparaissent chez l’humain après une certaine période durant laquelle elle n’affectait que les animaux. En outre, l’apparition d’une nouvelle maladie peut être causée par un agent auparavant inconnu ou résulter de l’évolution d’un agent connu. De nombreux facteurs peuvent être à l’origine d’une urgence sanitaire, notamment l’évolution des micro-organismes (y compris des souches résistantes aux antibiotiques), la modification des habitats naturels ainsi que l’accroissement de la fréquence et la diminution de la durée des voyages à l’étranger. Selon sa cause, l’urgence peut être isolée, localisée ou encore mondiale (comme c’est le cas des pandémies).

Énoncé des risques provinciaux

Une urgence sanitaire pourrait se produire n’importe où en Ontario. Selon l’agent à l’origine de la maladie causant l’urgence sanitaire, les personnes âgées sont plus à risque d’être infectées ou d’en mourir. Elles souffrent souvent de complications de santé qui les rendent plus vulnérables. Depuis 2006, les personnes âgées représentent 13,6 % de la population ontarienne et on s’attend à ce que cette proportion s’accroisse dans l’avenir.

Cependant, ce ne sont pas tous les types d’urgences sanitaires qui touchent les aînés en plus grand nombre. En effet, la grippe de 1918 a touché de jeunes adultes en bonne santé. Selon les hypothèses, c’est le déclenchement d’une tempête de cytokine, une réaction du système immunitaire, qui aurait causé la mort des personnes infectées. La grippe H1N1, responsable de la pandémie de 2009, est une autre souche du virus de la grippe qui a fait de nombreuses victimes de moins de 20 ans.

Les voyages internationaux peuvent contribuer à l’apparition de maladies réémergentes et nouvelles au sein de la population. Plusieurs aéroports en Ontario offrent des vols internationaux, y compris l’aéroport Pearson de Toronto.

Les gens qui habitent dans des localités éloignées, particulièrement dans celles où les logements sont rares, risquent davantage de souffrir des conséquences négatives d’une urgence sanitaire. Il est possible que le nombre de victimes et de décès causés par la maladie soit plus élevé dans les petites municipalités et collectivités des Premières nations, particulièrement dans le Nord de l’Ontario, en raison de la promiscuité (qui favorise la propagation de la maladie) et de l’accès restreint aux soins médicaux.

La population de l’Ontario est très vulnérable à une urgence sanitaire, même si l’amélioration des habitudes d’hygiène publique (p. ex., le lavage des mains) contribue à réduire légèrement les risques en comparaison de certains autres pays. Selon la cause de l’urgence sanitaire et le mode de transmission et la virulence de la maladie, un fort pourcentage de la population pourrait tomber malade et même succomber à la maladie. Le virus de la grippe fait partie des maladies respiratoires aigües qui pourraient être la cause de la prochaine pandémie. Bien qu’il soit peu probable qu’une nouvelle souche de grippe ou que la réémergence d’un virus de grippe soit aussi dévastatrices que la grippe de 1918, en raison de l’amélioration des habitudes d’hygiène publique et des soins médicaux depuis cette époque, le bilan des décès pourrait tout de même être considérable si la majorité de la population n’est pas immunisée.

Certes, les urgences sanitaires sanitaires ne risquent pas de causer des dommages matériels, mais les infrastructures essentielles sont, pour leur part, très vulnérables à ce genre de danger. Par exemple, si un important nombre de travailleurs tombent malades ou restent à la maison pour prendre soin de leurs proches malades, les services offerts par les infrastructures essentielles en souffriront. Les secteurs des affaires et des finances de l’Ontario sont également très vulnérables à ce danger. La perturbation des activités commerciales et financières dépend du mode de transmission et de la virulence de la maladie. Selon certains scénarios de pandémie, en cas de pandémie grave, environ 35 % de la population active pourrait tomber malade et s’absenter du travail, ce qui entraînerait une importante perturbation des activités commerciales et financières.

En outre, les urgences sanitaires peuvent causer un impact psychosocial. Certaines personnes pourraient ne pas tenir compte du risque et ne prendre aucune mesure de prévention ou de protection, alors que d’autres risquent de s’affoler et de commencer à stocker des réserves de matériel, comme des masques, et de s’isoler.

Étude de cas - Pandémie de grippe H1N1

Entre 2009 et 2010, l’Ontario et plusieurs autres régions du monde ont été touchés par une pandémie pour la première fois depuis 40 ans. Les premiers cas ont été signalés en avril 2009 au Mexique et aux États-Unis. La propagation rapide du virus et son apparition dans d’autres pays ont poussé l’Organisation mondiale de la Santé à déclarer l’état de pandémie mondiale le 11 juin 2009. Le virus à l’origine de cette pandémie est le virus grippal de type A et de sous-type H1N1, communément appelé « grippe porcine » ou tout simplement « grippe H1N1 ».

Les peuples des Premières nations, les femmes enceintes, les personnes obèses et les personnes ayant un système immunitaire affaibli courraient le plus de risques d’être gravement malades. Au départ, les personnes âgées avaient également été désignées comme un groupe particulièrement vulnérable; cependant, les chercheurs ont découvert plus tard que les personnes nées avant 1957 avaient développé une certaine immunité à ce virus en raison de leur exposition à une souche semblable.

Il y a eu au moins 8 633 cas confirmés de grippe H1N1 en Ontario, mais beaucoup d’autres n’ont jamais été confirmés et plusieurs personnes s’en sont remises sans soins médicaux. En Ontario, 128 personnes sont décédées des suites du virus ou des complications y étant associées.

(Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, 2010)

Ouragan

Définition

Cyclone tropical caractérisé par des vents de surface soutenus d’au moins 118 km/h. Les ouragans portent le nom de « typhons » dans l’ouest du Pacifique et prennent la forme de très fortes tempêtes cycloniques dans le nord de l’océan Indien et de puissants cyclones tropicaux en Australie. L’échelle de Saffir-Simpson comporte cinq catégories d’intensité des ouragans (Environnement Canada, 2010).

Description

En Amérique du Nord, la saison des ouragans commence en juin pour se terminer à la fin novembre et culmine entre les mois d’août et d’octobre. Les ouragans ne sont pas des phénomènes localisés puisqu’ils peuvent durer plus de deux semaines s’ils se trouvent au-dessus d’une étendue d’eau tempérée et peuvent se déplacer tout le long du littoral est (GSUO, 2005). Plusieurs conditions sont nécessaires à la formation d’un ouragan : le cyclone se forme au-dessus de l’eau océanique à au moins 500 km de l’équateur à une température d’au moins 26,5 °C; l’instabilité atmosphérique doit être suffisante et la vitesse et la direction des vents soufflant entre le niveau de la mer et une altitude d’environ 9 km doivent être relativement stables.

Image satellite de l’ouragan Isabel au Sud-Est de l’Ontario (NOAA, 2009).

Les ouragans sont généralement caractérisés par des vents violents, des précipitations extrêmes, des ondes de tempête, des orages et des tornades. Puisque les ouragans sont des tempêtes à large spectre, leurs effets peuvent être ressentis jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres à l’intérieur des terres. C’est souvent l’onde de tempête qui cause le plus de dégâts.

  • Une tempête tropicale est une tempête identifiée par un prénom, ayant des caractéristiques tropicales et s’accompagnant de vents soutenus allant de 63 à 117 km/h (GSUO, 2005).
  • Une tempête post-tropicale est une tempête identifiée par un prénom qui perd ses caractéristiques tropicales (GSUO, 2005).

Outre les vents violents, les tempêtes tropicales et post-tropicales s’accompagnent de pluie torrentielle et parfois d’orages. Les ouragans ne s’accompagnent pas de grêle et pas nécessairement de foudre, mais il arrive parfois que des orages se déclenchent sur les fronts que l’ouragan touche durant sa transformation en tempête post-tropicale. Comme l’intensité de l’ouragan a diminué à ce stade, il est très rare qu’il engendre des tornades, mais la possibilité n’est pas pour autant écartée.

Énoncé des risques provinciaux

En raison de sa position géographique, le Sud de l’Ontario est la région de la province la plus à risque d’être touchée par un ouragan ou des tempêtes post-tropicales. Un ouragan est un important système de tempête qui pourrait frapper l’ensemble du Sud de l’Ontario et même s’étendre jusqu’à la partie inférieure du Nord ontarien selon la trajectoire de tempête, ce qui correspond à la région la plus densément peuplée et dotée du plus grand nombre d’infrastructures de la province.

Néanmoins, lorsque les ouragans atteignent l’Ontario, leur intensité s’est presque invariablement amoindrie et ils ont plutôt la force d’une tempête tropicale ou d’une tempête de moindre envergure. Généralement, lorsque les ouragans se déplacent au-dessus des terres, la force de leurs vents diminue environ de moitié toutes les 12 heures. Ainsi, même si ces tempêtes identifiées par un prénom atteignent l’Ontario, elles sont généralement affaiblies et ont rétrogradé en « tempête tropicale » ou en « tempête post-tropicale ». Cependant, la rétrogradation d’un ouragan en tempête post-tropicale ne signifie pas pour autant que la menace qu’elle représente est moins grande. En effet, elle risque de déverser des pluies torrentielles, même assez loin à l’intérieur des terres. Dans l’Est du Canada, ces types de tempêtes peuvent en fait s’intensifier durant leur transition en tempête post-tropicale (par exemple, l’ouragan Igor en 2010 à Terre-Neuve-et-Labrador – Centre canadien de prévision des ouragans). C’est seulement dans le cas d’une réintensification de ce type qu’il est possible de voir des vents de la force d’un ouragan en Ontario découlant d’une tempête tropicale ou d’un ouragan; autrement, l’affaiblissement normal du vent qui se produit lorsque l’ouragan passe au-dessus des terres ne permettrait pas à la tempête de conserver son statut d’ouragan dans une région aussi éloignée de l’océan Atlantique que l’Ontario.

À l’occasion, il arrive qu’un ouragan affaibli heurte un autre système de tempête ou un front météorologique et déclenche une tempête encore plus forte. C’est ce qui s’est produit en 1954 avec l’ouragan Hazel, la seule tempête tropicale connue ayant provoqué des vents soutenus de la force d’un ouragan en Ontario. Même une tempête affaiblie peut entraîner des précipitations extrêmes, des ondes de tempête, des inondations et de forts vents.

La vulnérabilité sociale aux ouragans et aux tempêtes extratropicales a beaucoup diminué en raison des révisions apportées au Code du bâtiment et de l’amélioration des pratiques de gestion des plaines inondables depuis l’ouragan Hazel en 1954. Ce sont davantage l’onde de tempête ou les inondations qui risquent de causer des décès et des blessures au sein des collectivités. Les tornades engendrées par l’ouragan peuvent aussi causer des décès.

Les biens et l’infrastructure de l’Ontario sont modérément vulnérables aux ouragans et aux tempêtes post-tropicales. Les ouragans peuvent causer d’importants dommages matériels, notamment en raison des inondations et des forts vents. Les immeubles inondés, les lignes électriques sectionnées, le reflux du système d’égout, les arbres déracinés, les toits endommagés et toute autre forme de destruction causée par le vent font partie des dommages matériels les plus communs. Sans compter que les routes et les voies ferrées risquent d’être impraticables en raison des débris.

L’environnement et les activités commerciales et financières de l’Ontario ne sont pas particulièrement vulnérables aux ouragans et aux tempêtes post-tropicales. Les dégâts causés à l’environnement par une onde de tempête d’eau salée sont généralement plus importants que ceux qu’engendre une onde de tempête d’eau douce provenant des Grands Lacs. Les eaux de crue souillées peuvent contaminer l’environnement. La majorité des ouragans qui ont touché l’Ontario dans le passé, à l’exception de l’ouragan Hazel, ont causé une très courte interruption des activités commerciales et financières, voire aucune. Cependant, les fermetures de routes et les pannes d’électricité peuvent entraver les activités financières.

Étude de cas Ouragan Hazel

En 1954, un ouragan affaibli est entré en collision avec un système de tempête, engendrant ainsi une tempête renforcée connue sous le nom d’« ouragan Hazel ». Hazel est la seule tempête tropicale enregistrée ayant provoqué des vents soutenus de la force d’un ouragan en Ontario. Elle a causé des inondations dans le Sud de l’Ontario, les plus importantes en 200 ans dans la région du grand Toronto. Un grand nombre de maisons et de ponts ont été détruits. La tempête et l’inondation qu’elle a provoquées ont fait 81 victimes, et environ 7 472 personnes ont été évacuées.

À la suite de l’ouragan Hazel en 1954, diverses mesures de préparation et d’atténuation ont été mises en oeuvre afin d’amoindrir l’impact d’ouragans éventuels, notamment des systèmes de surveillance et d’avertissement et des règlements sur l’aménagement des plaines inondables.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Affaissement du sol

Définition

Effondrement soudain ou enfoncement graduel du sol caractérisé par un mouvement horizontal faible ou inexistant causé par une perte d’appui sous la surface (Ville de New York, 2009).

Description

L’affaissement du sol peut être causé par des activités naturelles ou humaines telles que le retrait des eaux souterraines, l’exploitation minière souterraine et le pompage du pétrole (État de New York, 2008). Le retrait de matériaux sous la surface creuse une dépression dans le sol qui se transforme en aven. Les avens sont parfois à peine détectables à la surface ou, au contraire, ont un diamètre de plusieurs dizaines de mètres.

En 2010, un glissement de terrain survenu à Jane St., Toronto

Le niveau de risque d’affaissement du sol dépend de plusieurs facteurs :

le type de sol ou de roche – les régions de karst carbonaté sont plus susceptibles de s’effondrer;

les fluctuations du niveau de l’eau souterraine découlant de causes naturelles ou humaines;

l’exploitation minière souterraine et la transformation naturelle de la roche.

L’affaissement du sol est plus probable dans les régions dont le sous-sol est composé d’eaux souterraines modérément acides et d’un substrat rocheux de calcaire, de dolomie, de marbre ou de gypse (karst). En effet, l’acidité des eaux souterraines dissout le karst soluble, ce qui crée des avens, des sources, des grottes et des ruisseaux qui s’enfoncent. Un affaissement se produit souvent après de fortes précipitations ou durant une fonte des neiges rapide (étude géologique réalisée par l’État de New York). Le retrait du sous-sol rocheux qui soutenait la surface peut déclencher un renforcement synergique qui créera d’autres faiblesses sous la surface et provoquera d’autres affaissements. L’affaissement du sol est considéré comme un danger de faible ampleur.

Énoncé des risques provinciaux

Le substrat rocheux de la région du Sud de l’Ontario jusqu’aux limites du Bouclier canadien est majoritairement composé de karst. Même si l’exploitation minière n’est pas particulièrement répandue dans cette région, ce sont les activités humaines qui, dans le passé, ont causé des affaissements du sol, notamment l’effondrement de l’avenue Finch à Toronto. Ce gouffre avait une largeur de 5 mètres et une profondeur de 14 mètres. Un collecteur d’eaux pluviales souterrain défectueux et de fortes précipitations seraient à l’origine de cet affaissement. (The Ottawa Citizen, 2009)

La population et l’environnement de l’Ontario ne sont pas particulièrement vulnérables aux affaissements du sol puisqu’il s’agit d’un danger de faible ampleur qui cause rarement des décès ou des blessures. Quelques décès ont été signalés dans le monde, mais il s’agissait généralement de personnes qui ont marché sur un sol montrant très peu de signes d’enfoncement en surface. Cependant, compte tenu du fait que les zones touchées sont relativement petites et que le trou s’agrandit graduellement et de façon visible, les décès attribuables aux affaissements sont plus rares.

Les biens matériels et l’infrastructure sont beaucoup plus vulnérables. Les dommages matériels et à l’infrastructure sont des conséquences bien connues de l’affaissement du sol. Par exemple, la formation d’un aven peut endommager les conduites et les fils souterrains, causant ainsi des fuites, l’interruption du service Internet et d’autres répercussions qui touchent les immeubles environnants. Certains affaissements plus importants ont causé des dommages en surface, c’est-à-dire aux immeubles et aux routes. Un aven de grand diamètre risque de fragiliser les fondations d’un immeuble au point où celui-ci s’effondrera. Un affaissement du sol ne perturbe généralement pas les activités commerciales ou financières, mais il arrive parfois qu’il soit assez important pour endommager l’infrastructure souterraine comme les conduites d’eau, ce qui a des répercussions sur les entreprises locales.

Étude de cas Effondrement à Toronto, 2005

Le 19 août 2005, les fortes précipitations qui ont balayé Toronto ont provoqué la crue du ruisseau Black. Le collecteur d’eaux pluviales désuet n’a pas été en mesure d’évacuer le surplus d’eau, causant l’effondrement d’une section de l’avenue Finch Ouest située à l’est de la rue Dufferin. L’aven avait une profondeur d’environ sept mètres. Même si d’importants avens avaient été enregistrés auparavant, l’emplacement de celui-ci (sur une artère très fréquentée) et la profondeur de la conduite rompue sont deux facteurs qui ont compliqué l’intervention. Deux des quatre voies de l’avenue ont été rouvertes en 2005; quant aux deux autres, il a fallu attendre jusqu’en avril 2006.

(The Toronto Star, 2005)

Glissement de terrain

Définition

Mouvement d’une masse de terre (terre ou débris) ou d’une masse rocheuse qui se déplace en aval d’une pente (Cruden, 1991).

Description

Les glissements de terrain sont causés par le mouvement de masse de matériaux géologiques (roche, sol ou débris) qui descendent une pente sous l’effet de la gravité. Cependant, si les matériaux géologiques sont particulièrement friables, sensibles ou saturés d’eau, la gravité revêt moins d’importance. Les causes précises, la vitesse et le type de mouvement d’un glissement de terrain dépendent de la géologie et de la topographie de la région.

En 2010, un glissement de terrain survenu à Saint-Jude, au Québec

Il existe plusieurs types de déplacements, comme la chute libre, le basculement, le glissement de masses relativement intactes et la coulée de matériaux complètement désintégrés. De nombreux glissements combinent plus d’un mode de déplacement, passant d’un type de déplacement vers un autre en fonction de l’état de désintégration et de saturation de la masse en mouvement. Certains glissements de terrain ne se déplacent que sur une courte distance, s’arrêtant près de la base de la pente, tandis que d’autres peuvent franchir plusieurs kilomètres depuis le point d’origine. Certains glissements de terrain peuvent en provoquer d’autres. Bien que la majorité des glissements de terrain qui ont des conséquences sur les populations humaines se produisent sur la terre ferme, d’autres se déclenchent sous l’eau. Le terme « glissement de terrain » englobe plusieurs types de mouvements de terrain descendants rapides ou lents :

Chute de pierres : Pierres se détachant d’un versant abrupt et glissant sur une surface sur laquelle il y a peu ou pas de déplacements en cisaillement; habituellement, les matériaux chutent, rebondissent ou roulent.

Coulée de débris : Type de glissement de terrain caractérisé par un mouvement rapide de débris non consolidés et saturés; il existe des coulées de débris non confinées sur pente dégagée, qui glissent librement sur un versant, et des coulées de débris confinées, qui suivent un canal préexistant.

Coulée de terre : Glissement de terrain caractérisé par un mouvement lent ou rapide de terre saturée prenant une forme liquide.

Effondrement et glissement : Déplacement le long d’une pente d’une masse rocheuse ou de sol se produisant généralement sur une surface de rupture ou dans les zones relativement étroites où il y a d’intenses déformations en cisaillement. La surface de rupture peut être plane ou circulaire.

Étalement de terre : Agrandissement d’une masse cohésive rocheuse ou de sol combiné à un affaissement général de la masse de matériaux fracturée dans une sous-couche de matériaux plus meuble; la surface de rupture n’est pas caractérisée par une intense déformation de cisaillement; les étalements peuvent être causés par la liquéfaction ou la coulée (et l’extrusion) des matériaux plus meubles. Ce type de glissement se produit dans des régions où gisent des dépôts d’argile marine sensibles datant de l’époque post-glaciaire, comme dans les environs d’Ottawa, également connue sous le nom d’argile à Leda.

La cause et l’élément déclencheur d’un glissement de terrain sont deux éléments différents. La « cause » réunit en quelque sorte les conditions qui mèneront au glissement, tandis que l’ « élément déclencheur » provoque le mouvement lui-même. Les glissements de terrain sont souvent causés par des phénomènes comme l’érosion des berges, les inondations et les séismes, ou par des activités humaines (exploitation minière, construction, etc.). Plus du tiers des glissements de terrain sont déclenchés par de fortes précipitations ou la fonte des neiges. Ils surviennent aussi fréquemment dans les régions où la végétation a été détruite par un feu de forêt ou une activité humaine, puisque plus rien ne tient le sol en place.

Énoncé des risques provinciaux

Les glissements de terrain importants sont relativement peu fréquents en Ontario comparativement aux provinces qui ont une topographie plus escarpée comme la Colombie-Britannique. Cependant, ils ne sont pas inexistants pour autant; au moins sept glissements de terrain auraient fait des victimes ou causé d’importants dommages matériels en Ontario. Deux de ces glissements se sont produits en 1930 dans les municipalités de Capreol et de Crerar, situées dans le Nord de l’Ontario, et ont causé des accidents de train qui ont fait des victimes.

Les glissements de terrain sont plus fréquents dans les régions de l’Ontario où le sol est moins stable et le terrain plus escarpé, et qui gisent sur des dépôts d’argile marine ou qui ont une topographie du karst (GSUO, 2005). Les régions dans lesquelles des infrastructures ont été construites rapidement et de façon étendue sont plus à risque puisque la construction modifie les caractéristiques d’un versant.

Les seuls glissements de terrain enregistrés en Ontario ayant causé des décès sont ceux de Capreol (4 victimes) et de Crerar (8 victimes) en 1930. Ces décès ne découlent pas directement du glissement de terrain, mais plutôt des déraillements de train qui s’en sont ensuivis. Toutefois, des glissements de terrain ont fait des victimes directes et causé des blessures dans d’autres provinces, et c’est pourquoi cette éventualité ne peut être écartée pour l’Ontario.

Selon la gravité et le type de glissement de terrain, les dommages matériels peuvent être importants; il arrive que des immeubles soient complètement séparés de leurs fondations ou écrasés. Néanmoins, les dommages sont généralement assez localisés. Les glissements de terrain peuvent également détruire les voies ferrées et les routes, causant par le fait même des déraillements de train et des accidents de la route et empêchant les véhicules d’urgence d’atteindre rapidement le lieu de l’incident. Les services essentiels hors-sol et souterrains peuvent être touchés, notamment l’électricité, le gaz, les égouts et l’aqueduc. (Bureau de gestion des urgences de Boulder, 2009)

Les glissements de terrain altèrent le paysage des régions touchées, et ce, autant en aval qu’en amont des pentes. En outre, les débris d’un glissement de terrain qui traversent une rivière peuvent former une digue et modifier son cours ou former un lac ou un étang, sans compter que l’effondrement potentiel de la digue de débris présente un autre danger. Les glissements de terrain sous-marins peuvent engendrer d’immenses vagues qui provoquent des dégâts en se fracassant sur le rivage. Par exemple, la végétation qui s’y trouve peut être déracinée ou écrasée.

Comme les glissements de terrain semblent être des phénomènes localisés lorsqu’ils se produisent en Ontario, on ne s’attend pas à ce qu’ils perturbent les activités commerciales et financières dans la plupart des cas. Néanmoins, un glissement de terrain qui se produirait dans une région habitée pourrait endommager des commerces. Les dangers secondaires, tels que les pannes électriques, risquent davantage de perturber les activités des entreprises locales. En outre, si le glissement de terrain endommage une voie ferrée ou une artère importante, les effets se feront sentir à plus grande échelle.

Étude de cas - Glissement de terrain de Lemieux, 1993

Des études géologiques réalisées en 1991 ont permis de démontrer que la ville de Lemieux se trouvait dans une région où les risques de glissement de terrain étaient élevés. Pour éviter le pire, la ville a donc été déménagée de façon préventive. Deux ans plus tard, un glissement de terrain a emporté 17 hectares d’une terre agricole jouxtant l’emplacement de l’ancienne ville et a obstrué une rivière voisine durant plusieurs jours. Les coûts directs et indirects liés à l’événement ont été estimés à 12 500 000 $.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Foudre

Définition

Importante décharge statique qui se forme généralement dans un orage où la convection et l’attraction gravitationnelle, combinées à une importante quantité de particules, génèrent des charges électrostatiques différentielles (Clodman et Chisholm, 1994).

Description

La foudre est généralement produite lors d’un orage. Les conditions nécessaires à la formation d’un orage, soit l’instabilité atmosphérique, l’humidité et un mouvement ascensionnel, peuvent également générer des éclairs. La foudre découle d’une accumulation de particules ayant différentes charges électrostatiques. L’attraction entre les charges positives de la surface d’un objet et les charges négatives de la base du nuage forme une accumulation et une décharge d’énergie électrique, comme la foudre, pouvant libérer jusqu’à 100 millions de volts d’électricité (GSUO, 2005).

Éclair nuage-sol (NOAA, 2010)

La foudre peut prendre la forme d’un éclair nuage-sol ou d’un éclair nuage-nuage. La foudre a tendance à s’abattre sur des zones en altitude et des structures élevées puisqu’elle emprunte le plus court chemin vers le sol. En outre, elle tombe généralement sur des objets faits de matériaux qui conduisent bien l’électricité, comme les métaux. Les tempêtes qui produisent de la foudre peuvent également s’accompagner de précipitations extrêmes, de forts vents, de grêle et de tornades.

Énoncé des risques provinciaux

Le Sud de l’Ontario, le Sud de la Saskatchewan et le piémont de l’Alberta sont les régions où la foudre frappe le plus fréquemment au Canada. Le nombre de jours de foudre varie grandement dans la province; la région où la fréquence est la plus élevée (34 jours par année) est le Sud-Ouest de l’Ontario, alors que Nord de l’Ontario est frappé par la foudre de15 à 20 jours par année (Phillips, 1991). La foudre est un danger localisé de faible ampleur.

Densité annuelle moyenne (nombre d’éclairs/km2/année) de l’éclair nuage-sol

Figure 8. Densité annuelle moyenne (nombre d’éclairs/km2/année) de l’éclair nuage-sol (Environnement Canada, 2010c, source : Burrows et coll., 2002; Burrows et Kochtubajda, 2010; Environnement Canada, 2010; Kochtubajda et Burrows, 2010).

En général, les régions où la foudre frappe le plus fréquemment sont également les régions les plus densément peuplées. Elles englobent également plusieurs aires de loisirs extérieures comme les terrains de golf et les plages, qui attirent un grand nombre de personnes durant l’été. Les personnes qui se trouvent à l’extérieur courent plus de risques d’être frappées par la foudre. C’est pourquoi les rassemblements extérieurs qui ont généralement lieu dans de vastes aires ouvertes, comme les concerts et les matchs de football, présentent des risques. La charge contenue dans un éclair peut être transportée par le sol mouillé et les flaques, causant ainsi de multiples blessures ou des décès. En Ontario, la foudre tombe généralement entre mai et octobre. Juillet est le mois durant lequel on recense le plus grand nombre de jours de foudre. Durant ce mois, un orage éclate environ tous les quatre jours dans le Sud-Ouest de l’Ontario (Phillips, 1991).

Selon les statistiques, la moyenne sur deux ans des visites aux urgences pour les blessures associées à la foudre est 2,5 fois plus importante en Ontario que dans les autres régions du Canada. Plus de 60 % des décès et 65 % des blessures signalées au Canada se produisent en Ontario (Mills et coll., 2008).

Puisqu’il s’agit d’un danger de faible ampleur, la population de l’Ontario n’est pas très vulnérable à la foudre. Un éclair est un phénomène localisé, et pour cette raison, il entraîne généralement un seul décès. Cependant, il est possible qu’un éclair fasse plusieurs victimes si certaines conditions sont réunies, par exemple lors d’un grand rassemblement à l’extérieur sur un sol mouillé sans abri adéquat à proximité, comme il s’est déjà produit notamment aux États-Unis. Plus de cinquante pour cent des décès attribuables à la foudre surviennent après le passage de l’orage au-dessus de la région. Bien qu’il soit rare qu’un éclair frappe après le dernier coup de tonnerre, le risque persiste jusqu’à 30 minutes après l’orage (NOAA, 2009). Au cours du dernier siècle, les décès causés par la foudre ont diminué en raison de l’amélioration des technologies de prévision météorologique et de l’évolution des comportements sociaux; aujourd’hui, moins de gens travaillent à l’extérieur dans des aires exposées. Cependant, la foudre fait en moyenne quinze victimes par année au Canada (Phillips, Géographe canadien, juillet 1991) et cause de 60 à 70 blessures graves (Environnement Canada, 2009). Des études ont par ailleurs démontré que ce nombre est sous-estimé. Mills et coll. (2008) ont conclu que 36 % des décès causés par la foudre n’étaient pas signalés dans les médias.

Il existe divers types de foudroiement :

1) La foudre s’abat directement sur la personne.

2) Le courant électrique de l’éclair traverse un objet en contact avec une personne et entre dans le corps de celle-ci. C’est ce qu’on appelle la tension de contact.

3) La projection ou le contournement se produit lorsque l’éclair frappe un objet et amorce un arc vers une personne se trouvant à proximité.

4) Le foudroiement par tension de pas survient lorsque l’éclair frappe la surface du sol et s’y répartit, dans toutes les directions (Mills et coll., 2008).

La foudre peut causer la mort ou des blessures des manières suivantes :

1) un arrêt cardiaque ou des troubles du rythme cardiaque;

2) un arrêt respiratoire découlant d’une paralysie des muscles de la poitrine ou de dommages au tronc cérébral;

3) une infection découlant de brûlures cutanées sévères;

4) un traumatisme contondant infligé lorsque la personne est projetée au sol en raison de la force de l’onde de choc de l’éclair.

Les blessures ou les décès peuvent être causés indirectement par :

1) les projectiles lancés lors de l’explosion de branches ou de l’écorce des arbres en raison de la vaporisation soudaine de l’eau contenue dans la végétation, qui peuvent causer un traumatisme;

2) les incendies déclenchés par la foudre.

Les personnes qui survivent à un foudroiement conservent parfois des séquelles telles que des dommages neurologiques, la perte de l’ouïe et des problèmes psychologiques, comme des troubles de la mémoire, des douleurs chroniques et des cataractes.

Les biens, l’infrastructure, l’environnement et les activités commerciales et financières de l’Ontario ne sont pas particulièrement vulnérables à la foudre. De nombreux immeubles, particulièrement ceux qui risquent d’être frappés par la foudre, sont dotés d’un dispositif de mise à la terre. Les dommages matériels et aux infrastructures attribuables à la foudre sont généralement localisés. Il peut s’agir : de dommage aux toits ainsi qu’aux systèmes et appareils électriques, de traces de brûlures, de dégâts causés à la végétation et de dommages attribuables aux incendies allumés par la foudre. Les dégâts causés à l’environnement sont également localisés; il peut s’agir, par exemple, d’arbres fendus ou dont l’écorce a été endommagée. Il arrive que les activités commerciales et financières soient perturbées dans un secteur précis ou par un danger secondaire comme les pannes d’électricité.

Étude de cas La foudre s’abat sur Brampton, 2009

Le 12 août, en milieu d’après-midi, un petit orage de faible intensité s’est formé rapidement au nord-ouest de Toronto. L’un des éclairs de cet orage a causé la mort d’un jeune garçon de cinq ans et blessé sa mère et un autre enfant. Puisqu’il s’agissait d’un orage de faible intensité, aucun avertissement météorologique n’avait été émis. La foudre a également creusé un trou d’une profondeur d’un mètre juste devant le poteau du but d’un terrain de soccer et a projeté au sol six personnes.

(Environnement Canada, 2010)

Écrasement d’un objet spatial naturel

Définitions

Comète : Masse de glace, de roches et de composés organiques dont le diamètre peut atteindre plusieurs kilomètres (NASA, 2010).

Météorite : Fragment rocheux ou métallifère (composé principalement de nickel et de fer) provenant d’un astéroïde ou d’un météorite qui « survit à son passage dans l’atmosphère de la Terre et atterrit sur la surface de la Terre » (NASA, 2010).

Description

Les comètes et les astéroïdes (que l’on appelle météorites si elles entrent en contact avec la surface de la Terre) ont différentes tailles. La vaste majorité d’entre elles sont assez petites pour se désintégrer dans l’atmosphère et n’atteignent jamais la surface de la Terre. Selon la NASA (2010), plus de 100 tonnes de poussière et de particules de la taille d’un grain de sable provenant de comètes et d’astéroïdes pénètrent dans l’atmosphère terrestre chaque jour. Cependant, certains objets ont un diamètre d’une centaine de kilomètres. Ils représentent une menace seulement s’ils ont le statut d’objet proche de la Terre (NEO).

Une comète strie le ciel (NASA, 2007).

Une comète ou un astéroïde sont considérés comme des NEO seulement si leur orbite leur permet de passer près de la Terre. Selon le nouveau programme de la NASA sur les objets proches de la Terre, depuis le 10 janvier 2010, 6 671 NEO ont été recensés, dont 1 085 avait un diamètre d’un kilomètre ou plus. La NASA a classé 146 de ces objets dans la catégorie des « astéroïdes potentiellement dangereux », c’est-à-dire qu’ils ont le potentiel de « s’approcher dangereusement près de la Terre » (NASA, 2010). Cela ne signifie pas que l’astéroïde entrera nécessairement en collision avec la Terre, mais qu’il y a un risque que cela se produise.

Des objets ont percuté la Terre dans le passé et cela se reproduira invariablement. Cependant, il s’agit rarement d’objets de forte taille. On estime qu’un objet de plus de 50 m de diamètre entre en collision avec la surface de la Terre environ tous les cent ans. À l’échelle locale, l’impact d’un tel objet serait désastreux. Quant aux collisions pouvant causer une catastrophe mondiale, c’est-à-dire la chute d’un objet ayant un diamètre supérieur à 1,5 km, on estime qu’elles se produisent à des intervalles de quelques centaines de milliers d’années.

L’échelle de Turin

Tableau 3. L’échelle de Turin est utilisée pour évaluer les prévisions de collisions d’astéroïdes et de comètes (NASA, 2010).

Risque

Niveau

Description

Aucun danger

0

Probabilité de collision nulle ou si faible qu’elle est pour ainsi dire nulle. S’applique également aux petits objets comme les météores et les bolides qui se désintègrent dans l’atmosphère ainsi que les chutes de météorites qui sont peu fréquentes et causent rarement des dommages.

Normal

1

Découverte banale d’un objet suivant une trajectoire rapprochée de la Terre, mais qui n’est pas associée à un niveau de risque plus élevé que la normale. Les calculs actuels montrent que la possibilité de collision est extrêmement faible et qu’elle ne justifie pas l’attention ou la préoccupation du public. De nouvelles observations télescopiques entraîneront fort probablement un reclassement au niveau 0.

Mérite l’attention des astronomes

2

Découverte qui peut être jugée banale à la suite de recherches approfondies sur un objet empruntant une trajectoire quelque peu rapprochée de la Terre, sans toutefois que cela soit entièrement inhabituel. Bien que la découverte mérite l’attention des astronomes, elle ne justifie pas l’attention ou la préoccupation du public puisqu’une collision est très improbable. De nouvelles observations télescopiques entraîneront fort probablement un reclassement au niveau 0.

Mérite l’attention des astronomes

3

Trajectoire rapprochée, mérite l’attention des astronomes. Les calculs établissent actuellement à 1 % ou plus les possibilités de collision pouvant causer des dégâts localisés. Il est fort probable que de nouvelles observations télescopiques entraîneront un reclassement au niveau 0. Le public et les autorités doivent être mis au courant si la collision risque de se produire dans moins d’une décennie.

Mérite l’attention des astronomes

4

Trajectoire rapprochée, mérite l’attention des astronomes. Les calculs établissent actuellement à 1 % ou plus les possibilités de collision pouvant causer la dévastation d’une région donnée. Il est fort probable que de nouvelles observations télescopiques entraîneront un reclassement au niveau 0. Le public et les autorités doivent être mis au courant si la collision risque de se produire dans moins d’une décennie.

Dangereux

5

Trajectoire rapprochée laissant planer une menace sérieuse, mais encore incertaine, de dévastation d’une région donnée. Les astronomes doivent absolument évaluer la menace afin de déterminer avec certitude si la collision se produira. Si elle risque de se produire dans moins de 10 ans, l’établissement d’un plan d’urgence par le gouvernement pourrait être nécessaire.

Dangereux

6

Trajectoire rapprochée laissant planer une menace sérieuse, mais encore incertaine, d’une catastrophe mondiale. Les astronomes doivent absolument évaluer la menace afin de déterminer avec certitude si la collision se produira. Si elle risque de se produire dans moins de trente ans, l’établissement d’un plan d’urgence par le gouvernement pourrait être nécessaire.

Dangereux

7

Trajectoire très rapprochée d’un objet de grande taille qui, s’il risque d’entrer en collision avec la Terre dans moins de cent ans, représente une menace sans précédent, mais incertaine, d’une catastrophe mondiale. Si la menace doit se concrétiser au cours du présent siècle, il est nécessaire d’établir un plan d’urgence international, particulièrement pour déterminer de façon urgente et concluante si la collision aura lieu ou non.

Collision certaine

8

Collision certaine qui peut causer des dégâts localisés si elle se produit sur la terre ou un tsunami si elle survient au large des côtes. De tels événements se produisent en moyenne une fois tous les 50 à 1 000 ans.

Collision certaine

9

Collision certaine qui peut causer des dévastations sans précédent à l’échelle régionale si l’objet heurte la terre, ou qui menace de provoquer un tsunami majeur si l’objet atterrit dans l’océan. De tels événements se produisent en moyenne une fois tous les 10 000 à 100 000 ans.

Collision certaine

10

Collision certaine pouvant entraîner une catastrophe climatique mondiale menaçant l’avenir de la civilisation telle que nous la connaissons, et ce, peu importe si l’objet tombe sur la terre ferme ou dans l’océan. De tels événements peuvent se produire, au plus, une fois tous les 100 000 ans.

Tableau 3. L’échelle de Turin est utilisée pour évaluer les prévisions de collisions d’astéroïdes et de comètes (NASA, 2010).

Selon les estimations, un impact pouvant mettre en danger la civilisation humaine et entraînant une éventuelle catastrophe climatique mondiale (niveau 10 de l’échelle de Turin) peut survenir, au plus, une fois tous les 100 000 ans. Quant aux collisions extrêmes provoquant des extinctions de masse (elles ne font pas partie de l’échelle de Turin), elles se produisent seulement à intervalle de plusieurs millions d’années (NASA, 2010). L’impact d’un objet spatial à la surface de la Terre forme non seulement un cratère, mais cause aussi d’autres types de dommages. La force de l’impact peut créer un panache de vapeur extrêmement chaud et assez puissant pour vaporiser les roches se trouvant à proximité, et générer une « boule de feu » pouvant allumer des incendies. La haute pression atmosphérique engendrée par un impact peut générer une onde de choc et des vents violents. La force de l’impact peut également provoquer des ondes séismiques entraînant de forts tremblements de terre (G.S. Collins et coll., 2004). Tous les objets spatiaux n’entrent pas en collision avec le sol. En effet, certains explosent lorsqu’ils pénètrent dans l’atmosphère, ce qui crée une onde de choc et une onde d’explosion dégageant de l’énergie. Les scientifiques croient que c’est un incident de ce genre qui a eu lieu à Toungouska, en Sibérie, en 1908. Une explosion a détruit une région dont la superficie équivaut à peu près à celle des villes de Londres, de Moscou et de Berlin réunies (Mariga, 2008). Heureusement, il s’agissait d’une région éloignée faiblement peuplée, et on croit que personne ne se trouvait près du point d’impact à ce moment-là. Une zone forestière d’environ 2 200 km2 a été complètement détruite et carbonisée (Mariga, 2008). Si pareille explosion se produisait au-dessus d’une ville, on estime que l’onde qu’elle engendrerait serait assez puissante pour raser les immeubles et les structures à proximité et endommager les infrastructures se trouvant à une certaine distance du point zéro (Mariga, 2008).

Un grand nombre des objets ayant traversé l’atmosphère sans se désagréger sont tombés dans l’océan. Selon la taille de l’objet, il est possible que sa chute déclenche un tsunami. L’ampleur de ce type de danger varie grandement; il peut s’agir d’un danger minime comme d’un danger extrême. Un événement de grande envergure aurait probablement d’importantes répercussions.

Énoncé des risques provinciaux

Des comètes et des météores ont heurté la Terre dans le passé et ce genre de phénomène se reproduira assurément. Cependant, les impacts ayant une incidence grave sont extrêmement rares. La chute de petits objets sur la Terre est un phénomène plus fréquent (quoique tout de même considéré comme rare), mais compte tenu de la taille de la planète, les probabilités que même un petit objet cause des dommages en Ontario sont faibles. Le lieu d’impact dépend de la rotation de la Terre et de la trajectoire de l’objet. Cependant, si un objet de forte taille heurte la surface terrestre, les répercussions seront considérables. Par exemple, si un objet de petite taille comparable à celui ayant causé l’explosion de Toungouska (on estime que l’objet tombé dans cette région éloignée a écrasé environ 80 millions d’arbres sur une superficie de 2 150 km2) s’écrase sur un grand centre urbain ou explose au-dessus de celui-ci, il entraînera sa destruction totale. On estime que des objets de cette taille pénètrent dans l’atmosphère terrestre environ une fois tous les 300 ans. Donc, même si un objet de cette taille menaçait de s’écraser sur la terre, il est impossible d’affirmer avec certitude que l’Ontario se trouverait dans sa trajectoire (NASA, Near Earth Objects Program, 2010).

Même s’il s’agit d’un phénomène extrêmement rare, la population de l’Ontario est très vulnérable à ce genre d’incident compte tenu de la force potentielle de l’impact. L’écrasement d’un objet de large diamètre dans une grande agglomération urbaine aurait des répercussions sociales considérables. L’impact, la boule de feu et l’onde de choc causeraient probablement de nombreux décès. Dans la zone entourant l’épicentre de l’impact, de nombreuses personnes périraient et il y aurait peu de survivants, voire aucun. Un peu plus loin de l’épicentre, on peut s’attendre à moins de décès, mais à plus de blessures. Les incendies provoqués par la chute de débris et la rupture des conduites de gaz risquent de causer d’autres décès et blessures. Toutefois, il est important de rappeler que les probabilités qu’un objet de cette taille s’écrase dans un centre urbain sont extrêmement faibles. Selon le lieu de l’impact, l’écrasement d’un gros objet spatial pourrait engendrer d’importantes répercussions sur les activités commerciales et financières. Les pannes électriques dans les régions plus éloignées de l’épicentre accroîtraient la gravité de l’interruption des activités.

Les biens sont également vulnérables à l’écrasement d’un objet spatial naturel, puisque l’impact, la boule de feu et l’onde de choc peuvent causer des dommages matériels. Il est possible que toutes les structures situées dans l’épicentre soient réduites en vapeur ou complètement rasées. Les infrastructures essentielles subiraient également d’importants dommages. La gravité des dommages diminuerait au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’épicentre. Selon la taille et la trajectoire de l’objet, les dégâts causés à l’environnement pourraient être circonscrits à une zone précise ou se faire sentir à l’échelle mondiale. Il est généralement admis que l’écrasement d’objets spatiaux aurait causé des extinctions massives dans le passé, la plus connue de toutes étant probablement la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années (Alvarez et coll., 1980). La communauté scientifique croit également que l’écrasement d’objets assez gros pour déclencher une extinction massive aurait des répercussions à long terme sur l’environnement, par exemple les changements climatiques. Certains théoriciens ont avancé que les débris éjectés dans l’atmosphère par la force de l’impact bloqueraient la lumière du soleil et provoqueraient des pluies acides (NASA, 2010). En raison de ce manque de luminosité, certaines espèces végétales ne pourraient effectuer une photosynthèse suffisante pour survivre, ce qui influerait également sur la vie animale. En outre, les cendres et les débris contamineraient les plans d’eau, nuisant ainsi aux écosystèmes aquatiques.

À la fin des années 1990, plusieurs productions cinématographiques hollywoodiennes avaient pour thème la collision d’objets de l’espace avec la Terre. Il s’agit également d’un sujet exploité dans de nombreux autres films, livres et autres médias. Le public semble beaucoup plus effrayé par l’éventuel impact d’un objet spatial avec la Terre que la communauté scientifique, qui considère ce risque comme faible. Ainsi, il se pourrait que la prédiction d’une collision d’un objet avec la Terre entraîne l’hystérie collective, l’accumulation compulsive de nourriture, ainsi que d’autres répercussions sociales négatives.

Étude de cas internationale

L’événement de la Toungouska, 1908

Le matin du 30 juin 1908, un imposant astéroïde estimé à plus de 35 mètres de diamètre et pesant environ 100 millions de kg est entré dans l’atmosphère au-dessus de la Sibérie. Selon les scientifiques, l’objet se déplaçait à une vitesse d’environ 53 900 km/h. Compte tenu de la taille et de la vitesse de déplacement de l’objet, on estime que l’air environnant a atteint près de 24 700 °C. Sous l’effet de la chaleur et de la pression, l’objet a explosé à une hauteur d’environ 8 500 mètres, produisant une boule de feu et dégageant une énergie équivalente à la puissance de 185 bombes nucléaires.

À environ 65 km de l’impact, dans un poste de traite de Vanavara, en Sibérie, un homme assis sur la véranda a été éjecté de sa chaise. La chaleur était tellement intense qu’il croyait que sa chemise était en feu. L’explosion a détruit près de 2 000 kilomètres carrés d’une forêt éloignée. Quatre-vingts millions d’arbres ont été jetés au sol, pointant dans la direction opposée à l’épicentre de l’explosion. Seuls les arbres situés dans l’épicentre sont demeurés debout, leurs branches et leur écorce complètement arrachées. Pour que les dommages soient de cette ampleur, il faut que l’onde de choc se déplace assez rapidement pour briser les branches de l’arbre avant que l’impulsion de l’impact ne soit transférée au tronc de l’arbre. Par exemple, on retrouve des arbres sans branches comme ceux-ci à l’emplacement d’une autre explosion violente, à savoir celle de Hiroshima, au Japon.

Heureusement, l’explosion s’est produite au-dessus d’une région assez éloignée et aucun décès n’a été signalé, à l’exception d’un troupeau de centaines de rennes domestiqués. L’explosion était si puissante que son onde de choc a été enregistrée jusqu’en Angleterre par l’équipement sensible.
(National Aeronautics and Space Administration, 2008)

Tempête de neige / blizzard

Définitions

Tempête de neige : Accumulation rapide de neige durant une période donnée, souvent accompagnée de forts vents, d’une température froide et d’une faible visibilité (Gouvernement du Michigan, 2001).

Blizzard : Tempête de neige violente caractérisée par de forts vents, une température froide et de la poudrerie ou de la neige transportée par le vent qui rend la visibilité nulle (Phillips, 1991).

Description

Les tempêtes de neige et les blizzards sont des phénomènes qui se produisent généralement durant l’hiver, mais ils sont parfois observés également à la fin de l’automne et au début du printemps dans les régions à climat tempéré. Les précipitations causées par ce genre de tempête tombent principalement sous forme de neige. Lorsque la température est inférieure au point de congélation, la neige est moins dense que l’eau. Par conséquent, une tempête qui produirait 2 cm de pluie en été a le potentiel de générer 20 cm de neige en hiver, quoique cette quantité puisse varier grandement en fonction de facteurs tels que le type de neige (p. ex., une neige légère et pelucheuse ou une neige fondante et lourde) (Klaassen, 2010).

Environnement Canada émet différents types d’avertissement pour les précipitations de neige en Ontario (Environnement Canada, 2009) :

Avertissement de neige abondante : On prévoit 15 cm ou plus de neige pour les 12 prochaines heures.

Avertissement de tempête hivernale : On prévoit 25 cm de neige dans les 24 prochaines heures ou une combinaison de 2 ou plus des conditions météorologiques justifiant un avertissement. Par exemple, on prévoit plus de 15 cm de neige et de forts vents soufflant à plus de 60 km/h.

Avertissement de bourrasques de neige : Avertissement émis pour les régions sous le vent des grandes étendues d’eau lorsqu’on prévoit 15 cm de neige ou plus sur une période de 12 heures ou moins OU lorsque la visibilité risque d’être nulle ou presque nulle en raison de la neige ou de la poudrerie pendant 4 heures ou plus, même si le critère d’accumulation n’est pas rempli. Ces conditions sont normalement de courte durée, mais il peut arriver qu’elles se prolongent et, si elles se produisent au même endroit, elles peuvent occasionner un apport neigeux plus important.

Avertissement de blizzard : Avertissement émis lorsqu’on prévoit que les conditions suivantes seront réunies pendant quatre heures consécutives ou plus :

- vents de 50 km/h ou plus;

- visibilité de 1 km ou moins dans la neige ou la poudrerie;

- refroidissement éolien qui porte la température ressentie à -35 °C ou moins.

Contrairement aux tempêtes d’été, les tempêtes d’hiver sont anticipées longtemps d’avance. Il n’est pas rare qu’un avertissement de tempête hivernale soit émis plus de 12 heures avant le début de la tempête en question.

Énoncé des risques provinciaux

En été, les mauvaises conditions météorologiques tendent à être circonscrites à une région particulière, alors qu’en hiver, elles touchent souvent toute la province. Les blizzards sont assez rares en Ontario; on enregistre en moyenne trois heures de blizzard par année à Toronto et quatre heures et demie à Ottawa (Phillips, 2001). Toutefois, les tempêtes de neige sont beaucoup plus fréquentes. En effet, on enregistre de 6 à 12 jours de précipitations de neige de plus de 10 cm dans la région du centre de l’Ontario. Ce sont les régions situées à l’ouest et à l’est de la baie Géorgienne qui reçoivent généralement les plus fortes précipitations de neige, soit plus de 25 cm dans une journée, alors que certaines régions cumulent seulement 1,2 jour de précipitations par année.

Moyenne annuelle du nombre de jours de précipitations ≥ 25 cm de neige

Figure 9. Moyenne annuelle du nombre de jours de précipitations ≥ 25 cm de neige (1971-2000) (Environnement Canada, 2005c).

Les régions sous le vent des Grands Lacs sont plus susceptibles de recevoir de la neige d’effet de lac entre les mois de novembre et de février (Kunkel, Westcott et Kristovich). La neige d’effet de lac est généralement abondante et soufflée par bourrasques et tombe généralement sur des zones précises. Elle est produite par la rencontre de l’air froid avec l’air plus chaud qui s’élève des lacs. D’importantes chutes de neige d’effet de lac peuvent être causées par l’arrivée d’un système dépressionnaire et une « température anormalement froide au nord des Grands Lacs » (Liu et Moore, 2004). L’étendue des tempêtes de neige et des blizzards peut varier grandement. Certains sont circonscrits à une région particulière (p. ex., la neige d’effet de lac) alors que d’autres couvrent une grande partie de la province.

La population de l’Ontario est peu vulnérable aux tempêtes de neige et aux blizzards. La bonne connaissance de ce danger et l’évolution des technologies de prévision ont permis de réduire la vulnérabilité de la population. Néanmoins, les personnes coincées à l’extérieur, dans leur véhicule ou dans des abris reculés qui ne sont pas dotés de dispositifs de chauffage adéquats risquent de souffrir d’hypothermie. S’il est vrai que l’hypothermie peut causer des blessures et même être fatale, la majorité des blessures et des décès qui surviennent lors de tempêtes de neige et de blizzards sont attribuables à des causes indirectes :

• effondrement d’un toit sous le poids de la neige (normalement attribuable à une accumulation lors de plus d’une tempête);

• interruption des services offerts par les infrastructures essentielles;

• graves accidents routiers;

• incendie ou intoxication au monoxyde de carbone causés par un dispositif de chauffage d’appoint ou non sécuritaire;

• épuisement physique;

• inondation.

Le Code du bâtiment a permis de réduire la vulnérabilité des biens aux tempêtes de neige et aux blizzards en Ontario. Les risques d’effondrement du toit sous le poids de la neige sont plus grands pour les immeubles n’étant pas conformes au Code. En outre, les toits plats sont plus susceptibles de s’effondrer que les toits en pente. Quant aux infrastructures d’énergie et de transport, elles ont un degré de vulnérabilité allant de modéré à élevé. La neige fondante et le vent peuvent faire casser les branches des arbres qui, si elles tombent sur les fils électriques, peuvent causer des pannes d’électricité. Les routes non déblayées risquent de ralentir le rétablissement du courant. Sans électricité, de nombreux édifices se retrouvent privés de chauffage. Les tempêtes de neige et les blizzards peuvent paralyser les transports routiers, ferroviaires et aériens. Les chutes de neige abondantes risquent de rendre les routes impraticables, sans compter qu’une faible visibilité complique davantage les déplacements.

Les tempêtes de neige et les blizzards sont un danger naturel récurrent en Ontario. Par conséquent, la flore et de la faune indigènes sont très bien adaptées à ces conditions et survivent aux tempêtes et à leurs répercussions. Il est possible que les animaux qui n’hibernent pas durant la saison froide aient de la difficulté à trouver de la nourriture. Sous le poids de la neige, les arbres morts peuvent tomber et endommager les arbres vivants qu’ils heurtent dans leur chute.

Les entreprises ontariennes sont modérément vulnérables aux tempêtes de neige et aux blizzards. Les tempêtes de neige et les blizzards intenses et prolongés risquent de perturber considérablement les activités commerciales et financières. Comme ces tempêtes peuvent s’étendre sur plusieurs kilomètres, il est possible qu’une grande partie de la province soit touchée. Certaines personnes risquent de ne pas être en mesure de se rendre au travail ou d’en revenir en raison de la de neige abondante et de la faible visibilité. Les pannes d’électricité, qui surviennent fréquemment lors de ces tempêtes, peuvent entraîner d’autres perturbations.

Étude de cas - Tempête de neige, 2010

En 2010, 237 personnes sont demeurées coincées dans leur voiture sur l’autoroute 402, près de Sarnia, en Ontario. La Police provinciale de l’Ontario, les Forces canadiennes et les hélicoptères militaires ont été appelés en renfort pour secourir les automobilistes et leurs passagers. Au départ, ils étaient plus nombreux, mais certaines personnes ont décidé d’abandonner leur voiture et de poursuivre leur route à pied. Celles qui avaient assez de provisions d’urgence ont choisi de demeurer dans leur véhicule et d’attendre que la tempête se calme. Deux cents semi-remorques et 124 voitures étaient coincés sur cette route.

On a installé plusieurs abris et centres chauffés pour venir en aide aux personnes touchées par cette tempête. Certains membres de la collectivité ont également apporté de l’aide en accueillant chez eux les personnes qui avaient besoin d’un abri.

(Environnement Canada, 2010)

Tornade

Définition

Colonne d’air tournant violemment sur elle-même et en contact avec le sol qui se développe à la base ou en dessous d’un nuage cumuliforme ou qui prend souvent (mais pas toujours) la forme d’un nuage en entonnoir (Glickman, 2000).

Description

Une tornade se forme seulement lorsque des conditions atmosphériques particulières sont réunies. Ces conditions varient légèrement selon le type de tornade, mais, essentiellement, le faible taux d’humidité, l’instabilité atmosphérique et l’ascendance sont les trois facteurs qui, une fois combinés, déclenchent une tornade. La rencontre d’une masse d’air froid avec une masse d’air chaud et humide en provenance du Sud force l’air chaud à monter rapidement, ce qui crée les conditions nécessaires à la formation d’une tornade. Lorsque l’air chaud prend de l’altitude, la vapeur d’eau qu’il contient commence à se refroidir et à se condenser. Si les conditions sont favorables, un phénomène météorologique violent se formera et déclenchera potentiellement des orages ou des tornades. Les tornades peuvent également se former à partir d’orages au sein d’un ouragan. Toutefois, la formation de la tornade elle-même n’est à ce jour pas très bien comprise. Il s’agit d’un domaine dans lequel on mène des recherches actives, par exemple, dans le cadre du projet VORTEX2.

Les tornades se divisent en deux catégories, selon le type de tempête responsable de leur formation : les tornades supercellulaires et les tornades non supercellulaires. Une tornade supercellulaire est une tempête très bien organisée pouvant durer plus d’une heure. Elle est caractérisée par un fort courant ascendant combiné à une importante rotation de la tempête à la verticale. Cependant, un courant ascendant en rotation n’est pas la seule condition requise pour la formation d’une tornade, puisque 80 % des orages supercellulaires ne déclenchent pas de tornade (National Severe Storms Laboratory, 2010) et que les tornades peuvent être causées par des orages non supercellulaires.

Les orages non supercellulaires ne présentent pas une rotation aussi organisée, mais des tornades peuvent tout de même s’y former. Selon le National Severe Storms Laboratory (2010), les tornades non supercellulaires se forment souvent à partir d’une masse d’air verticale qui tournoie près du sol en raison du cisaillement du vent. Le cisaillement se développe à la limite des masses d’air de différentes régions. Lorsque le courant ascendant monte au-dessus de la masse d’air en rotation, le tourbillon s’étire verticalement et s’intensifie. Ce phénomène peut entraîner la formation d’une tornade.

En règle générale, les tornades supercellulaires durent plus longtemps et ont le potentiel d’être plus violentes. Les tornades non supercellulaires, y compris les trombes d’eau, sont généralement plus faibles et de plus courte durée, quoiqu’il y ait eu des exceptions dans le passé.

Pour brosser un tableau simplifié d’une tornade supercellulaire, on pourrait la décrire comme ceci : son cycle de vie commence d’abord par la formation d’un nuage en entonnoir à la base d’un orage. On observe ensuite des dommages à la surface du sol, même si le nuage en entonnoir n’est pas entièrement visible. La tornade gagne ensuite en maturité, puis atteint sa taille maximale. Après un certain temps, la taille de la tornade commence à décroître et celle-ci prend un aspect effilé caractéristique semblable à celui d’une corde. Même lorsque le nuage en entonnoir disparaît, un nuage de débris flotte au-dessus du sol et la tornade continue de causer des dommages pendant encore quelques secondes (Doswell, 2001).

Cependant, les tornades sont des dangers dynamiques et ne sont pas toutes générées de la même façon. Par ailleurs, il n’est pas toujours possible de définir clairement les différentes étapes de leur cycle de vie. Elles peuvent durer de quelques minutes à quelques heures. Il est important de mentionner que l’intensité de la tornade ne s’évalue pas seulement par son apparence. En effet, certaines tornades en forme de prisme très imposantes n’ont causé que très peu de dommages, alors qu’au contraire, de petites tornades ont occasionné des dégâts importants. Une tornade peut atteindre un diamètre de 2,7 km, comme celle qui a frappé Greensburg, au Kansas, mais la plupart sont plus petites. Les tempêtes violentes peuvent former plusieurs tornades ou une tornade à vortex multiples, c’est-à-dire une seule tornade comportant plusieurs vortex (Environnement Canada, 2010).

Les dommages causés par les tornades sont attribuables aux forts vents et aux débris qu’ils transportent (Doswell, 2001). L’intensité d’une tornade est habituellement évaluée au moyen de l’échelle Fujita (Fujita, 1981), qui quantifie les dommages.

Tableau 4. L’échelle Fujita, qui mesure l’intensité des tornades. (Environment Canada, 2007)

Gradation de l’échelle Fujita

Vitesse du vent (km/h)

Type de dommage

0

64 à 116

Léger : Le revêtement des toits peut être arraché; les branches d’arbres sont sectionnées; les arbres dont les racines étaient peu profondes tombent.

1

117 à 180

Modéré : Les fenêtres sont fracassées, les maisons mobiles sont renversées ou considérablement endommagées, une grande partie du revêtement des toits est arrachée, les portes extérieures sortent de leurs gonds.

2

181 à 252

Considérable : Les gros arbres sont sectionnés ou déracinés, les toits des maisons solidement bâties sont arrachés, les charpentes des maisons sont légèrement décalées par rapport aux fondations, les objets légers se transforment en projectiles.

3

253 à 330

Grave : Les gros bâtiments subissent des dommages considérables, les voitures sont projetées dans les airs, tous les étages des maisons bien construites sont endommagés, l’écorce des arbres est arrachée, les constructions ayant des fondations faibles sont déplacées sur une distance considérable.

4

331 à 417

Dévastateur : Les maisons bien construites sont complètement rasées, les voitures sont projetées dans les airs, les petits objets se transforment en projectiles.

5

418 à 509

Extrême : Les maisons bien construites et ayant une charpente solide sont arrachées de leurs fondations et complètement détruites, les structures de béton armées d’acier sont gravement endommagées, des objets de la grosseur d’une voiture sont projetés à plus de 90 mètres, la structure des immeubles de grande hauteur est considérablement déformée.

Tableau 4. L’échelle Fujita, qui mesure l’intensité des tornades. (Environment Canada, 2007)

Énoncé des risques provinciaux

Le Canada se classe au deuxième rang mondial après les États-Unis en ce qui concerne la fréquence des tornades. Selon Environnement Canada, 12 tornades en moyenne balaient l’Ontario chaque année. Cependant, ce nombre peut être trompeur puisque certaines tornades ne causent aucun dommage matériel, frappent dans des régions non habitées ou ne sont tout simplement pas signalées. Au Canada, c’est la région du Sud de l’Ontario qui essuie le plus grand nombre de tornades (Etkin et coll., 2001). C’est également la région la plus densément peuplée et où on retrouve le plus grand nombre d’infrastructures essentielles en Ontario.

Une étude réalisée en 2003 par King et coll. a conclu que la circulation d’une brise de lac dans le Sud de l’Ontario pourrait être un élément déclencheur de la formation de tornades. La circulation de la brise de lac pourrait accroître la pression atmosphérique et le cisaillement du vent, deux conditions essentielles à la formation d’une tornade. L’étude a également permis de mettre en évidence la présence d’un corridor préférentiel favorisant les tornades en raison de la suppression des orages au-dessus des lacs ou dans les zones sous le vent des Grands Lacs, de l’humidité accrue et du cisaillement du vent entre les lacs. Ce corridor se prolonge jusqu’à l’ouest du lac Sainte-Claire et passe au-dessus des villes de Windsor et de Sarnia.

Les tornades peuvent survenir à tout moment de l’année et à toute heure du jour. En Ontario, elles se produisent plus fréquemment entre les mois de mai et de septembre, la période de pointe étant en juin et au début juillet (Etkin et coll., 2001). La majorité des tornades frappent dans l’après-midi et en début de soirée.

 Le nombre total de tornades survenues en Ontario (1979-2004)

La vaste majorité des tornades qui s’abattent sur l’Ontario sont faibles (d’intensité F0 ou F1 sur l’échelle Fujita). Aucune tornade F5 (la plus forte intensité sur l’échelle Fujita) n’a été enregistrée dans la province. Néanmoins, rien n’établit avec certitude qu’une tornade de cette intensité ne frappera jamais l’Ontario. Quatre des dix tornades les plus destructrices de l’histoire canadienne (en date de juin 2008) sont survenues en Ontario (The Weather Doctor, 2008). En outre, la province n’est pas à l’abri d’une éruption de tornades, une période où de nombreuses tornades sont signalées.

Au Canada, les tornades font en moyenne 2 victimes et 20 blessés par année (Université de Waterloo, 2010). Cependant, si une forte tornade s’abat sur une région densément peuplée, les statistiques s’éloigneront grandement de ces moyennes. Les décès et les blessures sont pour la plupart attribuables aux débris projetés dans les airs par la tornade (NOAA, 2010).

Les tornades peuvent causer un vaste éventail des dommages matériels et à l’infrastructure, allant des fenêtres brisées jusqu’aux arbres déracinés, en passant par la destruction complète d’immeubles. Les constructions les plus vulnérables sont les maisons, les maisons mobiles et les immeubles n’ayant pas de fondations solides, dont le toit n’est pas arrimé correctement ou qui ne sont pas conformes au Code national du bâtiment du Canada. Plusieurs études sur la tornade qui a frappé la ville de Barrie en 1985, faisant 8 victimes et 155 blessés, ont montré que, dans plus de 90 % des immeubles où il y a eu des blessées ou des morts, les planchers n’étaient pas correctement arrimés aux fondations et le toit n’était pas rattaché de façon sécuritaire aux murs (Coping with Natural Hazards in Canada, 1996).

Lorsqu’une tornade fait tomber les poteaux et les lignes électriques sur son passage, elle peut causer des pannes d’électricité. Pour minimiser les risques d’explosion, on ferme souvent l’alimentation en gaz naturel des propriétés endommagées. Il arrive que les routes soient jonchées de débris, ce qui empêche les véhicules d’urgence d’atteindre les zones touchées. Les tornades détruisent parfois de larges bandes de forêts, des vergers et des cultures. Elles peuvent d’ailleurs entraîner des risques environnementaux lorsqu’elles détruisent une installation ou un conteneur de transport de matières dangereuses, puisque les vents peuvent transporter des débris nocifs sur une longue distance. En outre, la tempête à l’origine de la tornade peut également produire de la grêle, de la foudre et des inondations qui peuvent également occasionner des dégâts. Le Bureau d’assurance du Canada a estimé à 160 millions de dollars les dommages découlant des tornades (selon la définition du Bureau) ayant frappé l’Ontario entre 1980 et 2008.

Une tornade est un phénomène qui touche généralement une zone circonscrite; les plus grosses ont habituellement un diamètre inférieur à 2 km (Environnement Canada, 2005), c’est pourquoi les répercussions financières et commerciales sont habituellement limitées à quelques entreprises. Cependant, il est déjà arrivé que le quartier financier d’une petite ville se retrouve dans le sillage d’une tornade et soit ainsi complètement détruit. Étant donné que les tornades ont le potentiel de causer des dommages importants aux immeubles, la rénovation d’un commerce et la reprise des activités à un niveau acceptable peut prendre du temps. Les vents peuvent détruire ou emporter très loin des documents, des fournitures et du matériel de première importance. Les pannes d’électricité causées par la tempête augmentent les probabilités d’interruption des activités commerciales et financières.

Étude de cas - Épisode de temps violent, 2009

Le 20 août 2009, l’Ontario a été frappé par une éruption de tornades. Au cours de cette seule journée, on estime que 10 millions de personnes se trouvaient dans des régions visées par une veille ou un avertissement de tornade. L’épisode de temps violent a déclenché 19 tornades, dont 5 étaient d’intensité F0, 10 d’intensité F1 et 4 d’intensité F2. Un seul décès a été signalé, celui d’un jeune garçon qui se trouvait dans une zone protégée. Compte tenu du nombre, de la trajectoire et de l’intensité de ces tempêtes, il est heureux qu’elles n’aient pas fait plus de victimes. Au moins 600 maisons ont subi des dommages, et 38 ont dû être démolies. Au plus fort de la tempête, 69 000 personnes se sont retrouvées sans électricité. De fortes inondations ont été signalées le long des rives des lacs.

(Environnement Canada, 2010)

Tempête de vent

Définition

Forts vents non tornadiques qui ont le potentiel de causer des dommages en Ontario (Environnement Canada, 2009).

Description

En Ontario, Environnement Canada émet deux types d’avertissements liés aux tempêtes de vent :

Avertissement de vent violent : Avertissement émis lorsqu’on prévoit des vents de 60 km/h ou plus pendant au moins 3 heures ou des rafales à 90 km/h ou plus (Environnement Canada, 2009).

Avertissement d’orage violent : Avertissement émis lorsque des rafales de vent à 90 km/h ou plus sont prévues, puisqu’il s’agit d’une caractéristique d’un orage violent. L’avertissement est émis seulement si les vents sont causés par un orage.

Les derechos et les rafales descendantes sont deux des types de tempêtes de vent les plus communes. Un derecho est une tempête de vent soutenue et de forte ampleur généralement associée à une bande courbe de pluie ou d’orages connue sous le nom d’« écho en arc ». Le National Weather Service (NWS) des États-Unis qualifie de derecho toute tempête de vent s’étendant sur au moins 385 km et dont les rafales atteignent plus de 90 km/h à la majorité des endroits situés dans son sillage. La vitesse des vents d’un derecho peut être inférieure à 90 km/h et dépasser les 160 km/h. Les plus fortes bourrasques d’un derecho sont en fait des rafales descendantes qui peuvent se produire à plus petite échelle ou lors d’orages isolés.

Dommages causés par la tempête Ignace en 2007 (GSUO)

Une rafale descendante est un courant descendant particulièrement puissant qui prend la forme d’une colonne d’air s’étendant dans toutes les directions lorsqu’elle atteint la surface du sol (NWS, 2009). Les rafales descendantes prennent naissance dans un orage et se divisent en deux catégories en fonction de leur taille : les macrorafales et les microrafales. Les macrorafales couvrent généralement des zones de plus de 4 km alors que les microrafales font moins de 4 km. Les vents rectilignes des rafales descendantes, qui peuvent atteindre une vitesse supérieure à 240 km/h, causent parfois d’importants dommages que le grand public confond souvent avec les ravages attribués aux tornades.

Énoncé des risques provinciaux

Des vents de plus de 100 km/h ont été enregistrés dans presque toutes les régions de la province de l’Ontario, et la plupart de ceux-ci ont été générés par des systèmes météorologiques comme des orages, des fronts, des lignes de grains et des systèmes dépressionnaires. Les tempêtes de vent peuvent se produire à n’importe quel moment de l’année. Celles qui sévissent en hiver sont parfois qualifiées de blizzards. Dans la région des Grands Lacs, novembre est le mois le plus venteux de l’année, mais tous les records de vitesse du vent sur 1 minute ont été enregistrés entre juin et août (GSUO, 2005). Le Sud de l’Ontario est la région où soufflent le plus grand nombre de rafales violentes. Toronto essuie des rafales de plus de 63 km/h 7,2 jours par année en moyenne. Les tempêtes de vent peuvent représenter un danger d’assez grande ampleur selon la force et l’emplacement du système de pression à l’origine des vents.

Nombre total de tempêtes de vent potentiellement dommageables en Ontario

Figure 11. Nombre total de tempêtes de vent potentiellement dommageables en Ontario (1979-2009) (Environnement Canada, 2010e).

Bien que les tempêtes de vent puissent causer des décès, il s’agit d’une conséquence plutôt rare. La majorité des blessures et des décès sont causés par l’écrasement sous des arbres tombés, des matériaux de construction et des débris qui se sont envolés. Il y a également un risque de noyade pour les personnes se trouvant sur un bateau qui est chaviré par les forts vents. Les véhicules, plus particulièrement les camions à longue surface, sont susceptibles d’être renversés, blessant les passagers qui y prennent place. Les maisons mobiles ne constituent pas un abri sûr durant les tempêtes de vent, puisqu’elles risquent d’être détruites. Certains accidents aériens dans le passé ont été causés par des microrafales.

L’ampleur et la gravité des dommages matériels et des dégâts causés aux infrastructures dépendent de la vitesse du vent et de la région touchée par la tempête de vent. Il peut arriver que des routes soient bloquées par des branches d’arbres et d’autres débris, empêchant par le fait même les véhicules d’urgence de se rendre dans la région touchée. Les lignes et les poteaux électriques risquent d’être endommagés, entraînant une panne d’électricité.

La plupart des réclamations d’assurance à la suite d’un sinistre au Canada sont attribuables aux tempêtes de vent, aux tornades, aux ouragans et aux tempêtes extratropicales. Le Code national du bâtiment du Canada (2005) renferme des normes qui tiennent compte des forts vents. La structure principale d’un bâtiment est généralement conçue pour résister à des vents de 90 km/h et plus, ce qui signifie qu’une fois le facteur de conversion de 1,4 appliqué, elle peut résister à des rafales de 125 km/h et plus (Code national du bâtiment de 2005). Comme les vents violents représentent une menace pour le transport aérien, particulièrement au décollage et à l’atterrissage, il arrive que les autorités aéroportuaires reportent ou annulent des vols pendant une tempête de vent.

La tempête de vent est un phénomène naturel qui se produit tous les ans. Les plus violentes peuvent causer d’importants dommages aux arbres qui ressemblent aux dégâts occasionnés par une tornade. L’ampleur des dommages dépend de la vitesse du vent, de la durée de la tempête de vent, de la hauteur des arbres et du degré d’exposition de l’emplacement (Foster et Boose, 1992). Les vents causent parfois des dégâts dans les forêts qui détruisent l’habitat des animaux sauvages, mais ces derniers cherchent instinctivement à s’abriter et sont rarement blessés.

Les tempêtes de vent ne perturbent généralement pas les activités commerciales et financières. Les plus importantes répercussions des tempêtes de vent sont habituellement ressenties dans le secteur du transport aérien, puisque pour une question de sécurité, aucun avion ne peut décoller ou atterrir lorsqu’il y a de forts vents.

Étude de cas - Tempête de vent dans le Sud de l’Ontario, 2009

La matinée du 9 août 2009 était plutôt humide et orageuse dans le Sud de l’Ontario. Peu avant midi, une ligne d’orages violents s’est formée et de forts vents se sont levés. Orangeville, Caledon, Barrie, Coldwater, Cookstown et Aurora ont subi des rafales de plus de 100 km/h. De nombreux arbres et poteaux électriques ont été renversés par le vent, laissant 40 000 abonnés d’Hydro One sans électricité. Les vents étaient si puissants qu’ils ont arraché le toit d’une maison à Hamilton et une antenne de télévision d’une autre maison. Des vents de 96 km/h ont été enregistrés à l’aéroport international Pearson. En raison des forts vents, de la grêle et d’une brève panne électrique, des dizaines de vols ont été reportés ou annulés. Une femme s’étant abritée sous un canot pneumatique à Port Franks a été frappée par la foudre et est décédée.

(Environnement Canada, 2010)

Dangers technologiques

Dangers découlant de la fabrication, du transport ou de l’utilisation d’éléments tels que de la matière radioactive, des produits chimiques, des explosifs, des substances inflammables, des outils technologiques modernes et des infrastructures essentielles. (GSUO, 2005)

Effondrement de bâtiments ou de structures

Définition

Perte d’intégrité structurelle d’un bâtiment ou d’une structure qui affecte sa forme ou cause son affaissement, son écrasement ou sa destruction.

Description

Les bâtiments et les autres structures comme les ponts et les tours d’émission s’effondrent totalement ou partiellement si la portance à l’intérieur de la structure ou de l’ensemble de la structure est dépassée. C’est un phénomène qui se produit si les matériaux de construction sont soumis à une contrainte supérieure à leur limite. Les fractures et les déformations sont généralement des signes précurseurs à l’effondrement, mais il se peut que le bâtiment ou la structure se détériore trop rapidement pour que les signes visibles soient repérés à temps avant l’évacuation. Un bâtiment ou une structure peuvent s’effondrer complètement ou partiellement, de façon subite ou graduelle.

La portance des bâtiments et des structures peut être excédée s’ils sont exposés à des contraintes causées par :

• un incendie;

• une explosion;

• la neige;

• la glace;

• de forts vents;

• un séisme;

• des matériaux défectueux;

• des défauts de conception et de construction;

• une détérioration.

Les codes du bâtiment aident à prévenir l’effondrement des bâtiments et des structures. La plus grande fréquence des effondrements bâtiments et de structures dans les pays en développement est en grande partie attribuable à l’absence de codes du bâtiment stricts et à la non-disponibilité de matériaux de construction adéquats. Au Canada, les effondrements sont plus rares; toutefois, comme l’indique le Digest de la construction au Canada (CBD-147-F), le risque de décès ou de blessures associés à un tel danger est assez faible comparativement à la menace posée par les incendies, les déplacements en automobiles ou la cigarette (GSUO, 2005). De nombreuses sources montrent que le risque d’effondrement d’un bâtiment ou d’une structure atteint son niveau maximal pendant les travaux de construction ou de rénovation.

Énoncé des risques provinciaux

Le Code du bâtiment de l’Ontario a été établi en 1975 afin de définir des normes régissant la conception et la construction des bâtiments. Ces normes ont contribué à réduire les risques d’effondrement de bâtiments et de structures et, ce faisant, à protéger le public (MAML, 2002). Le Code du bâtiment de l’Ontario s’applique au moment où le bâtiment est construit, et les normes sont rarement appliquées rétroactivement (contrairement au Code de prévention des incendies, qui est rétroactif). Ainsi, comme le Code du bâtiment continue d’évoluer, il n’est pas garanti qu’un bâtiment demeure conforme pendant toute sa durée de vie.

Compte tenu de sa position géographique, l’Ontario est parfois touché par de forts vents, de la pluie verglaçante et d’importantes bordées de neige. Ces phénomènes météorologiques n’entraînent pas nécessairement des effondrements, mais il est possible que, dans des cas extrêmes, les seuils établis par le Code du bâtiment soient dépassés. Cependant, la majorité des effondrements de bâtiments ou de structures sont attribuables à des erreurs de conception ou de construction et non pas à des charges excessives (GSUO, 2005). Les inspecteurs en bâtiment peuvent exiger la réfection d’immeubles jugés non sécuritaires, mais de nombreux bâtiments vieillissants et dangereux de l’Ontario pourraient ne pas être repérés comme tels immédiatement.

D’autres structures, comme les ponts, sont également vulnérables aux dommages et à la détérioration. L’augmentation du volume et du poids de la circulation routière peut accélérer la détérioration et, par conséquent, accroître le risque d’effondrement. Ce ne sont pas seulement les grosses structures qui sont exposées à des risques d’effondrement; de nombreuses structures plus petites, comme les tours de transmission et les pylônes risquent également l’effondrement si leur portance maximale est dépassée. Durant la tempête de verglas de 1998, un grand nombre de ces structures se sont écroulées sous le poids de la glace qui les recouvrait.

La vulnérabilité de la population à l’effondrement de bâtiments ou de structures dépend de plusieurs facteurs, notamment :

• le type de structure et son utilisation;

• la taille de la structure;

• le temps nécessaire pour secourir les personnes coincées.

L’effondrement d’un bâtiment à haut taux d’occupation ou d’un pont achalandé causerait plus de décès que l’effondrement d’une tour de télécommunications. Le temps est un autre facteur pouvant influer sur le taux de mortalité. Selon les équipes de recherche et sauvetage en milieu urbain à l’aide d’équipement lourd (RSMUEL) (2010), « le taux de survie des personnes coincées dans les décombres d’un bâtiment effondré diminue radicalement chaque jour au cours des quatre ou cinq premiers jours, après quoi les chances de survie sont extrêmement faibles ». Une équipe RSMUEL se spécialise dans les interventions à la suite de l’effondrement d’un bâtiment. Sa mission consiste à fournir des secours aux personnes coincées et à stabiliser la structure pour prévenir d’autres effondrements éventuels. La formation des membres et les pratiques préconisées par ces équipes peuvent contribuer à réduire le temps d’intervention et à accroître les chances de survie des personnes coincées dans les décombres. Toronto est l’une des quatre villes canadiennes dotées d’une équipe de RSMUEL pouvant être déployée en cas d’urgence. Dans le cas d’un effondrement rapide, tous les groupes de la population sont vulnérables, mais dans les cas où le bâtiment montre des signes d’effondrement imminent, les personnes ayant un handicap physique sont plus vulnérables.

L’effondrement d’un bâtiment ou d’une structure est généralement un cas isolé, à moins qu’il ne soit la conséquence d’un événement déclencheur comme un tremblement de terre. Il n’y a pas que le bâtiment en question qui est touché; toutes les structures qui se situent dans la zone de l’effondrement, c’est-à-dire le secteur où des débris risquent de tomber, en subissent également les conséquences. Les dommages matériels sont généralement restreints à ce secteur. Il est possible que certaines infrastructures soient endommagées, par exemple si les débris de l’effondrement bloquent une route ou encore si des lignes électriques se sont effondrées. Cependant, ces dommages sont généralement localisés.

L’environnement n’est pas vulnérable à l’effondrement de bâtiments, en grande partie parce qu’il s’agit habituellement d’incidents isolés qui se produisent dans des zones où la densité des bâtiments est plus importante. Les répercussions commerciales et financières dépendent du type de structure ou de bâtiment touché. Comme il s’agit d’incidents localisés, l’impact est généralement faible.

Étude de cas - Effondrement d’un pont à Ottawa, 1966

En août 1966, le pont du chemin Heron, qui faisait l’objet de travaux de construction, s’est effondré sans avertissement, tuant 9 personnes et en blessant 57 autres. Les soudeurs ont dû utiliser des chalumeaux oxyacétyléniques pour couper les câbles d’acier tordus et les tiges d’armature pour libérer trois des six travailleurs toujours en vie coincés sous les décombres. Il s’agissait à ce moment-là du pire accident de la construction de l’histoire d’Ottawa. D’autres travailleurs de la construction, des policiers et des bons samaritains ont uni leurs forces pour libérer les survivants. L’entreprise de construction a accepté la responsabilité partielle de la faute que le coroner lui reprochait. Les normes de sécurité de l’Ontario ont été entièrement révisées après cet incident.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Défaillance d’une infrastructure essentielle

Définition

Perturbation des réseaux interdépendants, interactifs, interconnectés d’institutions, de services, de systèmes et de processus qui visent à combler les besoins vitaux de la population, à soutenir l’économie, à assurer la sécurité et la protection de la population, ainsi qu’à assurer la continuité de l’administration en place et à conserver la confiance du public.

Description

Une infrastructure est jugée essentielle si sa défaillance ou sa perturbation risque de compromettre la sûreté, la sécurité et la qualité de vie des habitants de la collectivité touchée.

Les infrastructures essentielles sont :

• le réseau électrique;

• les installations de traitement et de distribution de l’eau;

• le réseau d’épuration et d’évacuation des eaux usées;

• les systèmes de communication;

• le système de production et de distribution alimentaire;

• les services de transport;

• les services d’urgence;

• les soins de santé.

Dans la société moderne et complexe de l’Amérique du Nord, où le juste-à-temps est à l’honneur, les gens dépendent grandement de l’infrastructure publique et privée. De nombreux produits et services essentiels reposent sur les infrastructures essentielles, et c’est pourquoi même une interruption de courte durée peut être problématique. Par exemple, la plupart des épiceries ne conservent pas une grande réserve de nourriture pour regarnir leurs tablettes. De nos jours, elles comptent sur la méthode de livraison du juste-à-temps pour se réapprovisionner. Si le service de livraison est interrompu, les magasins vont rapidement manquer de provisions et seront incapables de ravitailler la population en nourriture.

Certaines infrastructures essentielles sont indépendantes, mais de nombreuses autres sont interdépendantes et leur fonctionnement dépend d’autres formes d’infrastructures essentielles. L’interruption d’un système risque de produire un effet d’entraînement et de se répercuter à d’autres systèmes (Streips et Simpson, 2007). Par exemple, une panne électrique a des répercussions sur le transport puisque les feux de circulation ne fonctionnent plus, sur les services alimentaires puisqu’il n’y a plus de réfrigération, de même que sur le système de traitement des eaux et des eaux d’égout, qui ne peut fonctionner sans électricité.

Énoncé des risques provinciaux

La province de l’Ontario est fortement tributaire des infrastructures essentielles pour offrir des services essentiels. Peu de gens stockent des réserves suffisantes d’aliments non périssables à la maison en prévision d’une urgence, puisqu’ils sont habitués à faire des emplettes seulement lorsqu’ils ont besoin de quelque chose en particulier. Entre autres, les gens qui vivent dans la pauvreté ou les sans-abris ne sont pas en mesure d’être suffisamment préparés, sans compter les personnes qui, pour des raisons médicales, ne peuvent se passer d’électricité et de réfrigération.

Comme les températures varient tout au long de l’année en Ontario, le climat est un facteur qui peut accroître le danger. La gravité des répercussions de la défaillance d’une infrastructure essentielle varie en fonction de la saison et de la température. Par exemple, une interruption du chauffage et de l’électricité durant l’hiver lorsque le mercure est sous zéro pourrait causer un impact social beaucoup plus important, notamment des décès et des blessures, que si la défaillance survient durant une période plus tempérée. La température peut également influer sur la gravité des dangers secondaires de la défaillance d’une infrastructure. Par exemple, le risque d’intoxication accidentel au monoxyde de carbone découlant de l’utilisation de dispositifs de chauffage dans des endroits confinés augmente durant les pannes électriques qui surviennent en hiver.

Lorsqu’il y a défaillance d’une infrastructure essentielle, de nombreuses entreprises sont souvent forcées de suspendre leurs activités parce qu’elles n’ont pas accès à la technologie dont elles ont besoin (de nombreuses fonctions sont effectuées par des ordinateurs) ou en raison de certaines préoccupations liées à la santé et à la sécurité (manque d’accès à l’eau pour des raisons sanitaires).

On s’efforce actuellement de réduire la vulnérabilité des infrastructures essentielles de l’Ontario. La province s’est dotée d’un Programme de protection des infrastructures essentielles qui répertorie les infrastructures essentielles, permet d’évaluer leur susceptibilité aux défaillances et propose des options d’atténuation fondées sur des pratiques recommandées.

Étude de cas - Panne d’électricité, 2003

La deuxième panne d’électricité en importance de toute l’histoire a plongé dans le noir près de 10 millions d’Ontariennes et d’Ontariens et 45 millions de personnes dans le Nord-Est et le Mid West des États-Unis. Tous les systèmes fonctionnant à l’électricité qui n’étaient pas reliés à une génératrice ont cessé de fonctionner. Par exemple, les feux de circulation et certains modes de transport en commun étaient hors service, empêchant ainsi des millions de travailleurs de rentrer à la maison. Dans certaines régions, la panne a entraîné une baisse de la pression de l’eau, suscitant par le fait même des préoccupations par rapport à la contamination de l’eau. Les téléphones cellulaires ont cessé de fonctionner dans plusieurs secteurs et il était impossible d’obtenir de l’essence, puisque les pompes fonctionnent à l’électricité.

(Canadian Broadcasting Corporation, 2010)

Rupture de barrage

Définition

Déversement incontrôlé d’eau causé par la rupture ou la destruction d’un barrage ou d’une barrière qui retenait l’eau emmagasinée.

Description

Un barrage est une barrière disposée dans un cours d’eau (tel qu’une rivière) qui retient l’eau de manière à créer un réservoir, à faire monter le niveau de l’eau, à faire dévier l’eau ou à contenir les inondations. Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario inclut également les écluses, les barrages de résidus miniers et les déversoirs à sa définition d’un barrage (MRN, 2010b).

Les premiers barrages construits par des humains datent d’environ 4 000 ans av. J.-C. Ils étaient utilisés pour l’irrigation et l’approvisionnement en eau (Stewart, 2008). De nos jours, les barrages ont plusieurs fonctions, mais ils servent notamment à prévenir les inondations, à assurer la gestion des eaux pluviales, à ralentir l’augmentation du niveau d’eau et à assurer une protection contre les incendies. Ils sont également utilisés pour les loisirs, à des fins industrielles, pour faire obstacle aux espèces envahissantes et pour l’approvisionnement local en eau (MRN, 2010a).

Les principales causes des ruptures de barrages sont :

• les inondations accompagnées d’un ruissellement volumineux;

• les inondations causées par une rupture de barrage en amont;

• les séismes;

• les glissements de terrain;

• les erreurs technologiques ou humaines.

(MRN, 2010)

Le débordement du barrage peut être occasionné par des pluies torrentielles ou la fonte des neiges. Selon le MRN (2010a), l’inondation est la cause première de rupture de barrage puisqu’elle fait monter le niveau de l’eau au-delà de la capacité limite du barrage. La société d’État provinciale Ontario Power Generation (OPG) attribue les ruptures de barrage aux principaux facteurs suivants : non-respect des plans opérationnels, mauvais fonctionnement des structures de contrôle du barrage et sous-estimation de la magnitude de l’inondation (GSUO, 2005). Les erreurs humaines telles que les défauts de conception et de construction, les erreurs de supervision, le sabotage et les erreurs de gestion et opérationnelles peuvent également causer une rupture de barrage (Stewart, 2008).

Une rupture peut causer la destruction complète ou partielle du barrage (Stewart, 2008). Dans certains cas, il est possible d’émettre un avertissement, mais la plupart du temps, la défaillance est précédée de peu de signes avant-coureurs, voire aucun (GSUO, 2005). Tout au long de l’histoire, les ruptures de barrage ont presque toujours eu les mêmes causes. L’erreur humaine contribue grandement à augmenter les probabilités de rupture ou à accroître les répercussions dans de nombreux cas (Stewart, 2008).

Énoncé des risques provinciaux

L’Ontario compte environ 2 500 barrages qui font plus de deux mètres de haut et qui contiennent un réservoir d’une superficie d’au moins deux hectares (MRN, 2010a). Les barrages de la province sont soit publics, soit privés. Le ministère des Richesses naturelles a établi des normes et des lignes directrices sur la sécurité à l’intention des propriétaires de barrages, mais il incombe à ces derniers de s’assurer que leurs barrages sont sûrs (MRN, 2010a).

La rupture d’un barrage rural n’ayant qu’une petite capacité de stockage risque d’entraîner des répercussions négligeables, surtout si personne ne réside en aval de ce barrage. Cependant, si un barrage ayant une grande capacité de stockage situé en amont d’une importante collectivité se rompt, les conséquences seront beaucoup plus graves.

Les ruptures de barrage peuvent entraîner les répercussions suivantes :

• des décès et blessures;

• des dommages matériels;

• des dommages aux routes et aux ponts;

• des dommages agricoles;

• la perte de capacité de contrôle des inondations;

• des dégâts causés aux habitats aquatiques;

• la perte des capacités de production d’électricité;

• l’érosion.

(Comté de Pierce, 2002)

Aboelata et coll. (2003) ont défini trois zones pour estimer les pertes humaines potentielles résultant d’une rupture de barrage. La zone est déterminée en fonction des refuges disponibles, de la profondeur des inondations locales, de la vélocité de la crue et des débris dans le secteur visé :

• Ζones de chance : Les personnes sont emportées en aval ou demeurent coincées sous l’eau. Leur survie dépend grandement de leur chance, c’est-à-dire s’ils réussissent à trouver des débris flottants auxquels ils peuvent s’accrocher ou à se mettre en sécurité. Le taux historique de perte de vie dans ces zones varie entre 50 et 100 %, et la moyenne est supérieure à 90 %.

• Ζones compromises : Les refuges ont été gravement endommagés, ce qui accroît l’exposition des habitants aux inondations. Le taux historique de perte de vie dans ces zones varie entre 0 et 50 %, et la moyenne est d’environ 10 %.

• Ζones sûres : Il s’agit de secteurs qui se trouvent généralement au sec ou qui pourraient être touchés par des inondations peu profondes qui ne risquent pas d’emporter les résidents. Le taux de mortalité dans les zones sûres est quasi nul.

Étude de cas internationale - Rupture du barrage Teton, 1976

Le barrage Teton, un imposant barrage en terre construit dans l’Est de l’Idaho, s’est rompu alors qu’on remplissait son réservoir pour la première fois, le 5 juin 1976, provoquant le déversement de plus de 300 millions de mètres cubes d’eau dans la vallée supérieure de la rivière Snake. Les municipalités de Wilford, de Sugar City, de Rexburg et de Roberts se trouvaient directement dans la trajectoire du déversement. Plus de 200 familles ont perdu leur demeure cette journée-là. La rupture a causé 14 décès au total et des dommages matériels de 400 millions à 1 milliard de dollars, selon les estimations.

(Solava and Delatte, 2003)

Situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique

Définition

Interruption de l’approvisionnement, de la production et du transport de l’électricité, du gaz naturel ou du pétrole assez importante pour représenter une menace à la sécurité publique ainsi qu’aux activités commerciales et économiques. Si la situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique évolue au point où elle risque d’entraîner une pénurie totale d’électricité, de gaz naturel ou de pétrole, elle peut se transformer en situation d’urgence liée aux infrastructures essentielles.

Description

Une situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique est en fait une interruption de l’approvisionnement, de la production ou du transport de l’électricité, du gaz naturel ou du pétrole. Un grand nombre de systèmes d’approvisionnement en énergie sont interconnectés ou dépendent des mêmes systèmes de distribution. Les dommages causés à la chaîne d’approvisionnement énergétique dans une région risquent donc d’affecter l’approvisionnement d’autres régions. Une situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique peut prendre naissance et produire des conséquences à différents niveaux, que ce soit à l’échelle locale, nationale ou internationale. Certaines de ces urgences peuvent être prévisibles alors que d’autres surviennent soudainement. La durée de la situation d’urgence dépend de sa cause et de la région touchée.

Il est impossible de déterminer toutes les causes potentielles d’une situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique, d’autant plus que de nombreux facteurs et événements mondiaux peuvent jouer un rôle (California Energy Commission, 2006).

Parmi les facteurs ayant déjà causé ou favorisé des situations d’urgence liées à l’approvisionnement énergétique, on retrouve :

• les perturbations touchant les voies de transport et les véhicules;

• les contraintes de production et de raffinage qui augmentent les risques de ne pas être en mesure de répondre à la demande;

• le climat instable (tant sur le plan politique qu’environnemental) dans certains pays producteurs pouvant nuire à la prospection et au développement des ressources;

• l’incertitude causée par les tensions géopolitiques et le terrorisme quant à la disponibilité des ressources dans l’avenir;

• les dangers naturels, qui peuvent interrompre l’approvisionnement ou faire augmenter la demande;

(Agence internationale de l’énergie, 2007)

• l’erreur humaine;

• la défaillance technologique;

• l’accumulation compulsive de carburant.

Un grand nombre de processus ou d’installations qui, si leur fonctionnement normal est interrompu, risquent de donner lieu à une situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique, notamment :

• Pétrole et gaz naturel : L’extraction du carburant s’effectue au moyen d’ordinateurs, de systèmes de pompes et de compresseurs, de matériel et de processus de purification, de systèmes de stockage et de mélange, de séparateurs huile-eau et d’usines de traitement de l’eau.

• Pipelines : Le transport du gaz naturel ou du pétrole par pipeline sera interrompu si l’intégrité structurelle de celui-ci est compromise ou si le pipeline est détruit. Il est possible de transporter par train, barge ou camion les combustibles solides, comme le charbon, et les combustibles liquides, comme le pétrole brut, mais les pipelines sont presque le seul moyen de transport existant qui permet d’assurer le transport du gaz naturel.

• Terminaux et installations de stockage : Le suivi et la manutention des exportations de carburant sont effectués au moyen de systèmes informatiques, de stockage ou de chargement. Un nombre très restreint de pays conservent des réserves importantes de carburant, c’est pourquoi la perte d’un seul terminal peut avoir un impact important sur le marché.

• Raffineries : L’industrie dépend de la technologie pour raffiner la charge d’alimentation, comme le pétrole brut, et fabriquer le produit final. Il existe seulement 20 grandes raffineries dans le monde (qui produisent ≥ 400 000 barils par jour de pétrole brut), et elles sont réparties dans 12 pays. De ce nombre, sept sont considérés comme instables sur le plan politique ou présentent un fort taux d’incidents terroristes. Quatre autres grandes raffineries sont situées aux États-Unis et fonctionnent actuellement à plus de 90 % de leurs capacités. Si la production est interrompue ne serait-ce que dans une de ces raffineries américaines, cela entraînera de sérieux problèmes d’approvisionnement énergétique dans l’ensemble de l’Amérique du Nord. En effet, lorsque l’approvisionnement est plutôt restreint, la perte d’une seule raffinerie peut causer une grave pénurie. Il existe d’autres sources d’approvisionnement, mais leur prix est beaucoup plus élevé. La situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique sera d’autant plus grave si elle survient en hiver et qu’il n’est pas possible de transporter le produit jusqu’en Ontario via la Voie maritime du Saint-Laurent en raison des glaces, comme lors de la panne de 2007 à Nanticoke. Dans un contexte où l’approvisionnement en Ontario n’est pas limité, de nombreuses autres raffineries peuvent offrir le produit.

(Cooper, 2006)

Électricité : Des problèmes de production, de transport et de distribution; la défaillance des systèmes SCADA en raison d’une cyberattaque et les défaillances technologiques dans les secteurs connexes, comme les télécommunications.

Une situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique se répercute principalement sur l’économie (Agence internationale de l’énergie, 2007). Si l’approvisionnement énergétique n’est pas suffisant pour répondre à la demande, les prix de l’énergie augmenteront (California Energy Commission, 2006). Même si les répercussions économiques constituent les conséquences les plus communes, une situation d’urgence risque également de perturber le transport et les communications, ce qui mettrait la sécurité publique et d’autres services à risque. Le climat de la région touchée, selon la période de l’année, peut également accroître les risques associés à la sécurité publique puisque l’électricité et le gaz naturel sont nécessaires au chauffage et à la climatisation.

Énoncé des risques provinciaux

La population de l’Ontario dépend particulièrement des sources d’énergie pour maintenir sa qualité de vie actuelle. Une grande partie de cette dépendance peut être attribuée aux exigences associées à notre climat, à notre style de vie et à l’urbanisme. La majorité des gens tiennent pour acquises les sources d’énergie jusqu’à ce qu’il y ait une panne ou une pénurie. Par exemple, l’électricité est une nécessité dans la province; la majorité des résidents et des entreprises sont tributaires du gaz naturel pour se chauffer; les premiers intervenants et les responsables des services publics ont besoin de carburant pour leurs véhicules. Par conséquent, les effets d’une situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique risquent de se faire sentir dans l’ensemble de la province.

L’interdépendance entre les secteurs de l’énergie et les autres secteurs des infrastructures essentielles (IE) peut aggraver le risque. Par exemple, tous les secteurs de l’énergie dépendent fortement des télécommunications pour mener à bien leurs activités. Les secteurs de l’électricité et du gaz naturel ont besoin de carburant pour leurs véhicules de service. Quant au secteur pétrolier, il dépend grandement de l’électricité pour ses raffineries, ses pipelines, la distribution et ses activités de commercialisation, de même que sur le transport par camion pour la livraison de ses produits pétroliers.

Des menaces terroristes ont été proférées à l’endroit des acteurs du secteur de l’énergie, particulièrement en ce qui concerne l’infrastructure pétrolière. L’Unité des enquêtes criminelles relatives à la sécurité nationale de la Gendarmerie royale du Canada offre aux propriétaires et aux exploitants des IE des breffages et des alertes sur les menaces possibles.

Des cyberattaques ont déjà été perpétrées ailleurs qu’en Ontario et peuvent représenter de graves menaces pour les activités du secteur de l’énergie.

Secteur pétrolier

Tous les Ontariennes et les Ontariens ont besoin d’essence ou de diesel pour se déplacer et certains ont besoin d’huile de chauffage. En outre, l’économie repose sur le transport aérien, c’est pourquoi il est nécessaire de garantir la distribution de carburant d’aviation dans les aéroports. Une interruption prolongée de l’approvisionnement en pétrole pourrait avoir un effet sur la santé et la sécurité des citoyens. Tous les secteurs d’infrastructure essentielle ont besoin de carburant pour assurer la continuité de leurs activités.

Les quatre raffineries de l’Ontario produisent seulement les deux tiers des produits pétroliers dont la province a besoin; pour répondre à la demande, elle importe principalement du Québec et de l’étranger. Cette situation peut créer une vulnérabilité dans la chaîne d’approvisionnement.

En juillet 2010, l’un des trois principaux pipelines transportant du pétrole brut jusqu’en Ontario s’est rompu. Cet incident a eu pour conséquence de réduire considérablement la quantité de pétrole brut en provenance de l’Ouest canadien livré aux raffineries. Les pétrolières ont dû conclure d’autres ententes pour trouver des sources d’approvisionnement à un prix plus élevé. Au Michigan, où le pipeline s’est rompu, des millions de litres de pétrole brut se sont déversés dans les cours d’eau environnants et ont eu de graves répercussions sur l’environnement. Le pipeline a pu être remis en marche deux mois plus tard, lorsqu’il a satisfait les conditions imposées par les autorités de réglementation américaines.

Un incendie important à la raffinerie de pétrole de Nanticoke en février 2007 a causé une importante pénurie de carburant dans les stations-service pendant plusieurs semaines. Comme c’était l’hiver et que la Voie maritime du St-Laurent était gelée, il était impossible de transporter le pétrole jusqu’en Ontario, ce qui a aggravé la situation. Le gouvernement a ordonné aux pétrolières d’approvisionner les collectivités du Nord, plus vulnérables compte tenu du moins grand nombre de stations-service, et a accordé des dispenses temporaires afin de donner la flexibilité nécessaire aux pétrolières pour accroître la disponibilité en carburant et atténuer la pénurie.

Le ministère de l’Énergie, de concert avec Gestion des situations d’urgence Ontario (GSUO), a élaboré un plan de distribution du carburant qui sera mis en œuvre si une situation d’urgence provinciale est déclarée et qu’il y a pénurie de carburant. GSUO et le ministère de l’Énergie ont reçu de l’aide de la Division de l’Ontario de l’Institut canadien des produits pétroliers (ICPP), de même que de chacune des quatre principales sociétés pétrolières (L’Impériale, Shell, Suncor et Ultramar) menant des activités en Ontario et qui sont représentées par l’ICPP, ainsi que d’autres pétrolières.

Le plan indique comment les collectivités et les IE désignées pourront obtenir du carburant en priorité si une pénurie frappe lors d’une urgence provinciale déclarée. Il a été conçu après la panne d’électricité généralisée de 2003, qui a paralysé la production de carburant et durant laquelle certaines IE n’étaient pas en mesure de trouver du carburant.

Secteur de l’électricité

Capacité installée de production d’électricité en Ontario :

• Nucléaire : 33 %

• Hydroélectrique : 23 %

• Charbon : 13 %

• Gaz naturel (pour la production d’électricité) : 27 %

• Vent et autres : 4 %

(Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité, 2011)

Le gouvernement a établi une politique visant à éliminer progressivement la production d’électricité à partir du charbon et à la remplacer, dans des délais raisonnables, par une méthode plus écologique qui assurera une production adéquate et la fiabilité du système électrique. L’élimination de la production d’électricité à partir du charbon risque d’accroître la vulnérabilité puisque les méthodes employées seront moins diversifiées. La production d’électricité à partir de l’énergie éolienne est une méthode qui tend à être moins fiable durant les journées chaudes de l’été, lorsque la demande est forte en raison de l’utilisation de systèmes de climatisation.

Le gaz naturel contribue grandement à l’approvisionnement de l’Ontario en électricité, et ce pourcentage s’accroîtra lorsque les diverses centrales au gaz naturel actuellement en construction seront mises en service.

Outre l’énergie renouvelable, l’Ontario fait également la promotion de la conservation d’énergie et de l’efficacité énergétique. Cette politique permettra de diminuer la dépendance de la province aux combustibles fossiles, d’accroître sa sécurité énergétique, de réduire son empreinte écologique et de créer des débouchés économiques.

Depuis la panne d’électricité de 2003, le réseau de transport d’énergie électrique a été renforcé et rendu plus résistant. Les acteurs du secteur de l’électricité reconnaissent également la nécessité de rétablir en priorité l’alimentation en électricité des installations essentielles des secteurs pétrolier, des soins de santé et de l’approvisionnement en eau lorsqu’une panne survient, conformément au plan d’urgence du secteur de l’électricité en Ontario de la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité (SIERE), qui désigne les raffineries et les pipelines comme « clients de charge prioritaires ».

L’infrastructure électrique est vieillissante, et son mauvais fonctionnement occasionne parfois des pannes temporaires. Le système entier, des installations de production jusqu’aux lignes de transport et de distribution, fait actuellement l’objet d’une mise à niveau.

La tempête de verglas de 1998, qui s’est abattue sur l’Est de l’Ontario et l’Ouest du Québec et a fait tomber les lignes électriques, a engendré une chaîne d’événements prouvant la dépendance énergétique. Le verglas a interrompu les activités des raffineries de pétrole de Montréal qui approvisionnent normalement l’Est ontarien en carburant. La panne électrique a également eu des répercussions sur le chauffage puisqu’une grande partie des appareils de chauffage et des chaudières fonctionnent à l’électricité. Par conséquent, la plupart des entreprises et des demeures étaient privées de chauffage et d’électricité. Les propriétaires de maisons dotées d’un foyer au bois étaient mieux équipés pour traverser la tempête.

Le secteur de l’électricité de l’Ontario est en pleine phase de renouvellement; son infrastructure vieillissante est remplacée et on procède à une diversification des sources d’approvisionnement énergétique.

Le rapport sur la fiabilité du réseau électrique de la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité (SIERE), Ontario Reliability Outlook, présente plusieurs nouveaux projets visant à répondre à ce besoin, qui en sont à diverses étapes de développement. Le dernier rapport prévisionnel dresse un portrait encourageant de la fiabilité à long terme en Ontario, mais conclut également qu’il sera nécessaire de recentrer l’attention sur les projets de production et de transport de l’énergie afin qu’ils soient mis en œuvre à temps pour répondre aux besoins. La SIERE collaborera avec l’Office de l’électricité de l’Ontario afin de relever les défis opérationnels et d’intégration que représente la combinaison de nombreuses méthodes de production complexes et changeantes.

Secteur du gaz naturel

L’Ontario dispose de certaines réserves de gaz naturel, mais elles sont insuffisantes pour répondre à la demande. La majorité du gaz naturel nécessaire est importée de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, et est transportée jusqu’en Ontario par pipeline (GSUO, 2005).

Comme les clients ne peuvent stocker du gaz naturel, il est distribué directement aux résidences et aux entreprises en fonction de leurs besoins. Tout au long de l’année, les gazoducs fonctionnent presque à plein régime, dans la mesure du possible, et les excédents de gaz naturel acheminés jusqu’en Ontario sont pompés dans des installations d’entreposage souterraines situées près de Sarnia. Durant les mois d’hiver, l’alimentation en gaz n’est pas suffisante pour répondre à la demande en Ontario, et c’est à ce moment que le gaz des installations souterraines est utilisé.

La plupart des Ontariennes et des Ontariens ont besoin de gaz naturel pour chauffer leur maison, et sont donc vulnérables à une interruption de l’approvisionnement en hiver. La plupart des résidences ne sont pas dotées de sources de chauffage d’appoint. Si une pénurie de gaz naturel se prolonge, les entreprises, les écoles et les établissements publics chauffés avec ce combustible devront être fermés.

Les services publics répondent à des centaines d’appels d’urgence par jour concernant des pipelines rompus, la plupart de ces bris étant attribuables au manque de vigilance des entrepreneurs et des propriétaires de maison qui n’ont pas repéré les pipelines souterrains avant de creuser. Selon la gravité de la fuite, il est parfois nécessaire d’évacuer le secteur. Il arrive à l’occasion que des blessures relatives à ce type d’incident soient signalées. Le nombre de ruptures de pipelines non localisés au préalable diminue progressivement grâce aux programmes de sensibilisation du public mis en œuvre par les services publics.

Deux pipelines principaux dont le point d’origine est dans l’Ouest canadien alimentent l’Ontario et d’autres régions. L’un de ceux-ci traverse le Nord de l’Ontario, alors que le deuxième passe près de Sarnia. En février 2001, un important pipeline s’est rompu dans le Nord de l’Ontario. L’approvisionnement des clients industriels interruptibles a été réduit pendant plusieurs jours, mais les clients permanents des secteurs résidentiel, institutionnel et commercial n’ont pas été touchés.

L’Office national de l’énergie (ONE) réglemente les oléoducs et les gazoducs interprovinciaux et internationaux. L’enquête sur les incidents est une responsabilité commune de l’ONE et du Bureau de la sécurité des transports (BST). L’ONE mène une enquête sur les incidents liés aux pipelines afin de déterminer si ses règlements ont été respectés. Quant au BST, il se penche sur la cause et les facteurs aggravants.

Les deux principales compagnies de distribution de gaz ontariennes, à savoir Enbridge et Union Gas, ont établi des plans de délestage des charges qui toucheront les clients industriels en premier, suivis des clients résidentiels. Les deux entreprises ont conclu une entente d’aide mutuelle au cas où une situation d’urgence majeure surviendrait. Ces mesures d’entraide ont été mises à profit quelques fois dans le passé.

Étude de cas internationale - Manifestations contre les prix du carburant au Royaume-Uni, 2000

En 2000, une série de manifestations contre les prix du pétrole et du diesel ont eu lieu au Royaume-Uni. Les routiers et les agriculteurs sont à l’origine de ce mouvement, qui s’est transformé en blocus des installations pétrolières et a engendré une interruption généralisée de l’approvisionnement en produits pétroliers. Ces manifestations ont entraîné une fièvre d’achat de carburant et de diesel et ont eu des conséquences négatives sur le gouvernement, lui faisant ainsi perdre de sa popularité.

(British Broadcasting Corporation, 2002)

Explosion ou incendie

Définition

Explosion : Conversion soudaine d’énergie potentielle en énergie cinétique engendrant une libération subite et violente de gaz sous pression.

Incendie : Combustion incontrôlée ou potentiellement destructrice causée par l’inflammation d’un carburant ou d’un matériau combiné à de l’oxygène, qui dégage de la chaleur ou de la lumière et qui produit ou non une flamme nue.

Description

Pour se propager, les incendies et les explosions ont besoin de trois éléments : une source de combustible (p. ex., literie, bois), de l’oxygène et une source d’inflammation, comme de la chaleur, de l’électricité statique, de l’électricité ou une réaction chimique (IRP, 2006). La persistance et la propagation d’un incendie, de même que la force et l’ampleur d’une explosion, dépendent :

• du type de combustible;

• de la quantité de combustible;

• de la source, du type et de l’endroit de l’inflammation initiale

• de la taille et de l’aménagement du bâtiment et du secteur environnant;

• des turbulences de l’air causées par le contact du feu et des gaz en combustion avec des obstacles;

• du type d’évents et de leur emplacement;

• des autres combustibles;

• de la présence de systèmes de prévention et d’atténuation des risques.

(FABIG, 2008)

Débris d’une explosion survenue à Bowmanville, en Ontario (GSUO, 2010).

Les explosions et les incendies peuvent se produire à l’extérieur ou dans des structures comme des maisons. Cette section porte sur les incendies qui se produisent dans des régions où la population est relativement dense. Les feux de forêts ou de végétation sont abordés dans la section consacrée à ce sujet. Le type d’incendie le plus commun est l’incendie extérieur. Cependant, la majorité des décès, des blessures et des dommages matériels sont attribuables aux incendies de bâtiment (Federal Emergency Management Agency [FEMA], 1999). Ces derniers peuvent être causés par le chauffage, la climatisation, la cuisson, la cigarette, les briquets, un câblage défectueux ou l’électricité, ou encore avoir une origine criminelle. Certains bâtiments sont plus susceptibles de subir un incendie, et les causes varient selon l’aménagement du bâtiment. Par exemple, dans les régions rurales, les incendies causés par des appareils de chauffage sont fréquents puisque les foyers et poêles à bois y sont plus répandus. Dans les régions urbaines, plus particulièrement dans les immeubles d’habitation, les incendies découlant d’accidents de cuisson sont plus fréquents. La diminution de la prévalence des incendies causés par des systèmes de chauffage dans les régions urbaines est attribuable au fait que de plus en plus d’immeubles (particulièrement les immeubles d’habitation) sont dotés d’un système de chauffage central, qui cause moins de risques d’incendie. Les incendies d’origine criminelle sont plus fréquents dans les villes dont la population est supérieure à 100 000 habitants (FEMA, 1999).

Énoncé des risques provinciaux

Les incendies et les explosions qui surviennent dans un bâtiment peuvent causer des décès, des blessures et d’importants dommages matériels. Un décès est jugé attribuable à un incendie s’il survient dans une période d’un an et un jour après l’incendie et s’il s’agit de l’une des situations suivantes :

La mort de la personne est directement attribuable à l’incendie (p. ex., brûlures).

La personne décède par suite des complications secondaires de blessures causées par un incendie (p. ex., œdème pulmonaire).

La personne décède par suite de blessures infligées par les dommages causés par l’incendie (p. ex., effondrement du toit).

La personne décède après avoir participé à une tentative de maîtrise de l’incendie (p. ex., tentative de sauvetage).

(Wilson, 2009)

Si le nombre d’incendies de grande ampleur et faisant de nombreuses victimes a diminué, c’est notamment en raison des progrès réalisés en prévention et en suppression des incendies depuis les années 1970, époque à laquelle les détecteurs de fumée sont devenus largement accessibles. Les matériaux de construction résistants au feu, les systèmes de gicleurs, les extincteurs et l’amélioration des technologies de lutte contre le feu sont d’autres exemples d’avancées technologiques importantes dans ce domaine (Bruck et Thomas, 2010). Les incendies allumés par les produits du tabac comme la cigarette ont également diminué compte tenu de la baisse de la popularité de la cigarette, des campagnes de sensibilisation du public et de l’établissement d’une nouvelle norme sur le potentiel d’allumage des cigarettes au Canada (Alpert et coll., 2010). L’implantation de systèmes de suppression des explosions et l’amélioration de l’étiquetage des matériaux pouvant provoquer des explosions ont contribué à faire décroître le nombre d’incendies. Le Code du bâtiment de l’Ontario renferme des dispositions sur la protection contre les incendies régissant la construction de nouveaux bâtiments et les rénovations. Les immeubles existants doivent être conformes aux exigences du Code de prévention des incendies de l’Ontario (GSUO, 2005).

Selon le Bureau du commissaire des incendies de l’Ontario (2009), les sources d’inflammation les plus communes dans les bâtiments en Ontario sont les incidents de cuisson, le chauffage, la climatisation, le câblage électrique, les prises de courant, les cigarettes et les appareils ménagers. Il qualifie de « perte par le feu » tout incident ayant entraîné un décès, des blessures ou une perte financière. Comme le montre le tableau ci-dessous, les incendies de bâtiment sont responsables du plus grand nombre de pertes par le feu en Ontario. Ils sont également responsables du plus grand nombre de décès, de blessures et de dommages matériels.

2008 : Incendies en Ontario

Tableau 5. Tableau fourni par le Bureau du commissaire des incendies (2009).

Type de bien

Nombre

de pertes

par le feu

Blessures

par le feu

Décès

par le feu

Perte financière

approx. (en millions

de dollars)

Aucune perte par le feu

Bâtiment

8 250

602

87

528,1

3 119

Bien/entreposage extérieur

1 619

23

3

12,7

3 880

Véhicule

3 656

24

7

46,1

583

Total

13 525

649

97

586,9

7 582

Tableau 5. Tableau fourni par le Bureau du commissaire des incendies (2009).

Les situations dans lesquelles il y a des décès associés à un incendie peuvent varier selon l’âge de la personne au moment de sa mort. Le tableau ci-dessous regroupe des renseignements recueillis par le Bureau du commissaire des incendies de l’Ontario sur l’état de santé de la personne lors de l’incendie ou de l’incident.

Tableau 6. Information sur les décès par le feu. « En santé »

Information sur les décès par le feu

65 ans et plus

De 15 à 64 ans

De 0 à 14 ans

Nombre moyen de décès

25 par année

50 par année

10 par année

Heure

Minuit – 8 h : 41  %

8 h – 4 h : 31  %

4 h – minuit : 28  %

Minuit – 8 h : 55 %

4 h – 12 h : 23 %

8 h – 4 h : 22 %

Minuit – 8 h : 41 %

8 h – 4 h : 31 %

4 h – minuit : 28 %

Lieu d’origine

Salle de séjour : 38  %

Chambre à coucher : 16 %

Cuisine : 14 %

Salle de séjour : 37 %

Chambre à coucher : 19 %

Cuisine : 14 %

Salle de séjour : 52 %

Chambre à coucher : 20 %

Source du feu

Cigarette : 22 %

Appareil de cuisson : 12 %

Allumette ou briquet : 17  %

Cigarette : 17 %

Incendie criminel : 15 %

Appareil de cuisson : 7 %

Allumette ou briquet : 17  %

Cigarette : 8 %

Allumette : 7 %

État physique

Handicapé : 26 %

En santé : 25 %

Dormait : 17 %

Facultés affaiblies : 7 %

Facultés affaiblies : 27 %

En santé : 17 %

Handicap : 11 %

Dormait : 10 %

Dormait : 37 %

Trop jeune pour agir : 20 %

En santé : 23 %

Laissé sans surveillance : 7 %

Tableau 6. Information sur les décès par le feu. « En santé »

= Aucune raison connue expliquant pourquoi la personne n’aurait pas été en mesure d’intervenir ou de s’échapper. « Facultés affaiblies » = Par la drogue ou l’alcool (BCI, 2009).

Étude de cas - Incendie dans une maison de soins infirmiers de Mississauga, 1980

Le 15 juillet 1980, un feu qui s’est rapidement propagé à l’étage supérieur d’une maison de soins infirmiers dans laquelle logeaient 198 personnes a fait 21 morts et 35 blessées et a forcé l’évacuation des résidents. En plus des blessés, sept pompiers et plusieurs policiers ont été incommodés par la fumée pendant qu’ils combattaient le brasier. La majorité des victimes sont décédées des complications associées à l’inhalation de la fumée et à l’exposition à une chaleur extrême. Malgré le bon fonctionnement des détecteurs de fumée, l’évacuation n’a pu être effectuée rapidement puisque l’étage touché était celui qui accueillait la majorité des malades chroniques. De nombreux résidents étaient cloués au lit ou dans un fauteuil roulant. Les pompiers ont secouru des dizaines de résidents âgés en les faisant descendre sur des civières attachées à des cordes à partir d’un balcon. L’un des résidents a été descendu par une échelle aérienne directement dans son fauteuil roulant.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Incident lié à des matières dangereuses

Définitions

Incident lié à des matières dangereuses : Déversement non intentionnel d’une matière jugée dangereuse pour les humains, les animaux, les plantes ou l’environnement en raison de ses propriétés explosives, inflammables, combustibles, corrosives, oxydantes, toxiques, infectieuses ou radioactives.

Incident dans des installations fixes : Déversement qui se produit directement sur les lieux où les matières dangereuses sont entreposées, produites ou utilisés.

Incident de transport : Déversement qui se produit durant le transport (routier, ferroviaire, aérien ou maritime) d’une matière dangereuse.

Description

De nombreuses matières potentiellement dangereuses sont utilisées quotidiennement à diverses fins. Lorsqu’elles sont placées dans le contenant approprié et entreposées adéquatement, les matières dangereuses sont relativement stables et sûres. Dans chaque collectivité, on retrouve au moins une installation qui entrepose, produit ou utilise une matière dangereuse, par exemple : les installations de traitement de l’eau, les usines de fabrication de textiles, les teintureries, les usines de fabrication de produits chimiques et même les écoles. Les matières dangereuses, selon leur type, peuvent représenter une menace si le contenant dans lequel elles sont entreposées se rompt ou si elles sont exposées à la chaleur ou au froid extrême, au feu, à l’eau ou à toute autre substance avec laquelle elles risquent de produire une réaction si elles y sont combinées.

Un incident lié à des matières dangereuses dans des installations fixes ou durant le transport peut être causé par une erreur humaine ou une défaillance technique. Les accidents de la route peuvent également provoquer un incident lié à une matière dangereuse si l’un des véhicules ou les deux transportent une matière dangereuse. Bien que moins fréquents, certains incidents liés à une matière dangereuse sont déclenchés par un danger naturel tel qu’une inondation.

Le transport des matières dangereuses est régi par la Loi sur le transport des marchandises dangereuses, qui établit une classification de celles-ci en neuf catégories :

Classe 1 : Explosifs

Classe 2 : Gaz

Classe 3 : Liquides inflammables

Classe 4 : Solides inflammables, substances sujettes à l’inflammation spontanée; substances qui, au contact de l’eau, dégagent des gaz inflammables

Classe 5 : Substances comburantes; peroxydes organiques

Classe 6 : Substances toxiques et substances infectieuses

Classe 7 : Substances nucléaires radioactives

Classe 8 : Substances corrosives

Classe 9 : Divers produits ou substances; diverses matières dangereuses désignées; certains biens présentant des risques pour l’environnement, déchets dangereux

(GSUO, 2005)

De nombreux facteurs peuvent influer sur les répercussions d’un incident lié à des matières dangereuses : la modification du processus de fabrication ou d’entreposage, le changement d’équipement, le vieillissement de la technologie et des systèmes de distribution, la densité de la population dans la région environnante, la topographie, le volume de la circulation routière, les conditions météorologiques et le type de matière dangereuse transportée ou qui se trouve dans les installations.

La concentration, la dispersion et la gamme des matières qui sont dangereuses lorsqu’elles se trouvent sous forme gazeuse dépendent des conditions météorologiques. En effet, selon la quantité et le type de matière relâchée en présence d’un plafond atmosphérique, un fort vent pourrait soit suffisamment disperser le gaz pour qu’il ne représente plus une menace, soit agrandir le périmètre de la région touchée. Si un incendie se déclare dans un endroit où des matières dangereuses sont entreposées, le nuage de fumée toxique qui s’en dégagera risque de nuire à l’extinction du feu, sans compter que des gaz toxiques pourraient s’échapper du brasier.

Selon leur composition, les matières dangereuses peuvent avoir différentes répercussions. Certaines peuvent avoir un impact immédiat, alors que d’autres auront une incidence à plus long terme. Des substances inflammables ou corrosives engendreront des répercussions immédiates, tandis que l’accumulation de toxines dans les os ou le sang, ou encore la persistance de la substance dans l’environnement pourraient se traduire par des impacts à plus long terme (Carter, 2007). Les matières dangereuses peuvent pénétrer dans le corps humain par absorption (habituellement par les yeux ou la peau), par ingestion (la matière est avalée) ou par inhalation (la matière est respirée puis absorbée par les poumons) (Université de Toronto, 2010).

Plusieurs types de matières dangereuses peuvent représenter un danger à l’état solide, liquide, gazeux ou les trois. Les matières dangereuses gazeuses ne sont pas toutes détectables par l’humain; certaines sont incolores et inodores. Il est particulièrement dangereux pour l’humain de les inhaler. De nombreux types de gaz dangereux (p. ex., le chlore) sont plus lourds que l’air et s’accumulent dans les secteurs de plus basse altitude.

Les matières dangereuses liquides peuvent s’infiltrer dans le sol ou dans des matériaux de construction poreux comme le ciment. En outre, si la matière est déversée en quantité suffisante et qu’elle a une viscosité assez faible, elle risque de se répandre dans le sol et de contaminer l’eau souterraine et l’eau de puits, ce qui peut déclencher une situation d’urgence relative à la qualité de l’eau. Les matières dangereuses peuvent également s’écouler avec les eaux de ruissellement jusqu’à des ruisseaux, des rivières, des étangs et des lacs qu’elles contamineront. Les matières inflammables moins denses que l’eau qui se sont écoulées dans un plan d’eau conservent leurs propriétés inflammables. Il est arrivé que des matières dangereuses liquides s’étant répandues dans le réseau d’égouts s’enflamment et provoquent des incendies souterrains.

Les matières dangereuses à l’état solide représentent souvent un danger pour l’humain s’il les touche ou les ingère. Dans la plupart des situations, leurs répercussions sont généralement beaucoup moins importantes que celles des matières liquides ou gazeuses. Cependant, les matières solides peuvent réagir au contact du feu, de l’eau ou d’autres substances entraînant ainsi une explosion ou d’autres conséquences indésirables, selon la matière concernée.

Énoncé des risques provinciaux

Les matières dangereuses sont utilisées pour diverses tâches communes de la vie de tous les jours. Chaque jour, de nombreux types de matières sont utilisées, produites ou générées comme sous-produits, importées en Ontario ou exportées. L’industrie chimique de l’Ontario est la plus importante au Canada. C’est la troisième industrie de fabrication en importance en Ontario, représentant 41 000 emplois et des revenus de plus de 21,5 milliards de dollars. Les produits fabriqués sont notamment les plastiques, les produits chimiques organiques et inorganiques de base, les résines synthétiques, les engrais, les produits pharmaceutiques et plusieurs autres.

La ville de Sarnia compte le plus important groupement d’installations qui produisent ou utilisent d’importantes quantités de produits chimiques au Canada. Dans un périmètre de 25 km de Sarnia, on retrouve 46 installations faisant partie de l’Inventaire national des rejets de polluants, et de l’autre côté de la frontière, aux États-Unis, elles sont plus nombreuses encore. La région du grand Toronto et l’Est ontarien sont deux autres régions dont la concentration d’entreprises de produits chimiques est considérée comme importante par le gouvernement de l’Ontario (2008).

Les zones fortement industrialisées comme la région de Sarnia sont exposées à davantage de risques d’incident lié à des matières dangereuses que les autres régions (BCI, 2010). Cependant, on retrouve dans presque toutes les localités ontariennes une installation qui entrepose, produit ou utilise une matière dangereuse. Des installations qui fonctionnent au propane sont situées un peu partout dans la province et leur présence accroît les risques d’incident (BCI, 2010). Le Centre d’intervention en cas de déversement du ministère de l’Environnement (MEO) reçoit environ 4 000 avis par année, notamment ceux qui concernent les répercussions négatives sur l’eau potable et les rapports relatifs à des déversements et aux autres problèmes environnementaux urgents. La majeure partie des déversements de matières dangereuses sont généralement sans grande conséquence, n’ont pas d’incidence à long terme et peuvent être pris en charge par l’organisme responsable ou la municipalité. Il existe plusieurs programmes destinés aux entreprises de l’industrie chimique, qui visent à améliorer leur préparation et leur capacité d’intervention en cas d’incident lié à des matières dangereuses; cependant, la participation à ces programmes est volontaire. En ce qui concerne les entreprises qui doivent se conformer aux règlements de la Stratégie municipale et industrielle de dépollution (SMID) en vertu de la Loi sur la protection de l’environnement, le MEO peut exiger des collectivités réglementées qu’elles élaborent et mettent en œuvre des plans de prévention des déversements et d’intervention en cas d’urgence.

Chaque année, des centaines de milliers de cargaisons de matières dangereuses passent par la province. Ces cargaisons sont transportées à toute heure du jour ou de la nuit par la route, par train, par avion et par bateau et transitent souvent par des régions très achalandées et des routes urbaines. Les risques d’incidents liés à des matières dangereuses sont plus élevés pour les municipalités situées dans les corridors de transport, par exemple le long des autoroutes de la série 400 et de la Transcanadienne (BCI, 2010). Une étude réalisée par Verter et Kara (2001) a conclu que l’essence, le mazout, le pétrole, le goudron de houille et l’alcool transportés sur les autoroutes en Ontario et au Québec représentaient 56 % de toutes les matières dangereuses qui transitent sur les autoroutes canadiennes.

En outre, les matières dangereuses sont fréquemment acheminées par train, et les voies ferrées traversent souvent des régions habitées. En 1979, à Mississauga, le déraillement d’un train transportant du propane, du styrène, du toluène, de l’hydroxyde de sodium et du chlore a entraîné la plus grande évacuation en Amérique du Nord après celle de La Nouvelle-Orléans en 2005. Les efforts de l’équipe de secours ont été entravés par une explosion et un brasier gigantesques, de même que par la fuite de produits chimiques s’écoulant des wagons. En Ontario, de 2003 à 2008, la moyenne d’accidents ferroviaires impliquant des matières dangereuses était de 106,6  par année (Transports Canada, 2009).

L’acheminement de matières dangereuses se fait également par bateau. Les Grands Lacs, la rivière Sainte-Claire et la Voie maritime du Saint-Laurent sont trois couloirs de transport maritime fréquemment empruntés. Le déversement de matières dangereuses dans ces cours d’eau pourrait contaminer l’approvisionnement en eau potable d’une grande proportion de la population ontarienne et causer d’importants dégâts à l’environnement, selon le type et la quantité de matière déversée.

Étude de cas - Déraillement d’un train à Mississauga, 1979

Le 10 novembre 1979, un train du Canadien Pacifique a déraillé près d’une région habitée de Mississauga. Une partie du train s’est enflammée, causant une importante explosion. Il transportait notamment du propane et du chlore, et la proximité des wagons-citernes contenant ces deux substances a suscité de grandes préoccupations. En effet, si les wagons-citernes remplis de propane situés près des wagons de chlore avaient explosé, un nuage extrêmement toxique de chlore se serait formé. Les autorités ont donc ordonné l’évacuation préventive de 225 000 personnes, ce qui représentait la plus importante évacuation en temps de paix de toute l’histoire.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Écrasement d’un objet spatial fabriqué par l’homme

Définition

Objet fabriqué par l’homme en orbite autour de la Terre (comme un satellite) qui survit à la rentrée dans l’atmosphère.

Description

Depuis le lancement de Spoutnik 1 en 1957, le nombre d’objets spatiaux fabriqués par l’homme ne cesse de s’accroître (ASE, 2007). Parmi ces objets, on retrouve des satellites et des engins spatiaux fonctionnels et abandonnés, des corps de fusées et les parties supérieures des lanceurs. Les objets fabriqués par l’homme qui ne fonctionnent plus sont appelés « débris spatiaux ». Les différents types de débris spatiaux sont présents dans des proportions variables :

• engins spatiaux opérationnels (6 %);

• vieux engins spatiaux (15 %);

• corps de fusées (11 %);

• objets utilisés lors des missions (11 %);

• fragments divers (56 %).

(ASE, 2007)

De nombreux pays, dont les États-Unis, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, recensent les objets spatiaux fonctionnels et non fonctionnels. Jusqu’à présent, ils ont catalogué environ 16 000 objets de plus de 10 cm (NASA, 2009). Près de 6 000 autres objets ont été découverts, mais n’ont pas encore été catalogués. La plupart des objets spatiaux fabriqués par l’homme sont de petite taille. Ils représentent une menace sérieuse pour les engins spatiaux et les satellites en orbite, mais ne survivraient pas à une rentrée dans l’atmosphère.

De nombreux satellites se dirigent lentement vers la Terre en raison de l’attraction gravimétrique et de la présence de l’atmosphère. Plus on grimpe en altitude, plus l’atmosphère s’amincit. Même à plusieurs centaines de kilomètres de la Terre, à l’altitude où certains satellites gravitent, l’atmosphère est encore présente, mais a une très faible densité. C’est justement cette faible densité qui influe sur le temps qui s’écoulera avant que les objets ne retombent sur la Terre, s’ils survivent à la rentrée dans l’atmosphère. Les objets dont l’orbite se dégrade et qui se trouvent à des centaines de kilomètres de la Terre (orbite basse terrestre) peuvent prendre des dizaines d’années avant de tomber sur la Terre. Quant aux objets qui se trouvent à une altitude encore plus élevée, leur orbite peut continuer de se dégrader durant des centaines, voire des milliers d’années (Aerospace, 2006).

Au fur et à mesure que l’objet perd de l’altitude, la densité de l’atmosphère environnante s’accroît. Un objet comme un satellite peut se déplacer à une vitesse allant jusqu’à 29 000 km/h. Lorsqu’il atteint une altitude où l’atmosphère est plus dense, c’est-à-dire à moins de 100 km de la Terre, sa vitesse commence à diminuer, en raison de la friction causée par la plus grande densité de l’atmosphère. La force exercée sur l’objet peut être dix fois supérieure à l’accélération causée par la gravité. Cette force et la chaleur générée par la friction peuvent faire fondre ou vaporiser l’objet en entier ou en partie (Aerospace, 2006). La plupart des objets qui rentrent dans l’atmosphère terrestre ne résistent pas à cette chaleur.

Les rares objets qui ne se désintègrent pas en rentrant dans l’atmosphère ont certaines propriétés physiques qui leur permettent de résister. Les matériaux qui réémettent de la chaleur efficacement ou dont la température de fusion est élevée ont plus de chances de survivre à la chaleur causée par une rentrée dans l’atmosphère. En outre, la forme de l’objet peut jouer un rôle dans sa survie. Par exemple, les objets sphériques sont plus susceptibles de survivre à la rentrée dans l’atmosphère et de tomber sur la Terre (Millard et Acon-Chen, 2010).

Comme les gros objets fabriqués par l’homme sont répertoriés, il est possible de prévoir à quel moment ils entameront leur rentrée dans l’atmosphère avec une marge d’erreur de 10 % (Aerospace, 2006). Néanmoins, il est plus difficile de déterminer l’endroit exact où les morceaux restants de l’objet atterriront, compte tenu de leur grande vitesse de chute. S’il s’agit d’un objet propulsé, sa descente peut être contrôlée de manière à ce qu’il tombe dans une région inhabitée, par exemple dans l’océan.

Énoncé des risques provinciaux

Compte tenu du nombre important d’objets dont l’orbite a une forte inclinaison et du fait que ces objets demeurent longtemps à des latitudes élevées, les risques qu’ils s’écrasent en Ontario sont plus importants que dans toute autre région de superficie semblable située près de l’équateur. Malgré cela, les risques qu’un de ces objets tombe dans un secteur habité sont minimes. Les océans couvrent près de 70 % de la surface de la Terre, et, dans une grande partie des 30 % restants, la densité de la population est faible. Au cours des 40 dernières années, plus de 18 000 objets connus sont rentrés dans l’atmosphère. En dépit du nombre élevé de rentrées, aucun décès attribuable à l’écrasement d’objets spatiaux n’a été signalé. Il n’existe qu’un seul cas connu : une personne a été frappée par un morceau de satellite, mais elle n’a pas été blessée. La probabilité qu’une personne dans le monde soit blessée par un objet qui rentre dans l’atmosphère (plus particulièrement un engin spatial ou un corps de fusée) peut facilement être supérieure à 1 sur 10 000 (Johnson, 2010).

L’écrasement sur Terre n’est pas le seul danger associé aux objets spatiaux fabriqués par l’homme; la contamination chimique ou radiologique est également possible (ONU, 1999). Il est très rare que les ergols (combustibles et comburants) survivent à une rentrée dans l’atmosphère et qu’ils se rendent jusqu’au sol. Par contre, d’autres matières dangereuses, comme les matières radioactives, peuvent survivre et retomber sur la Terre (Johnson, 2010). Ces matières représentent un danger pour l’environnement et pour les personnes qui y sont exposées.

L’ampleur et la gravité des dommages dépendent de la taille, de l’inclinaison de l’objet spatial et des matières qui le composent. La plupart des objets spatiaux assez gros pour représenter une menace à la sécurité publique (s’ils survivent à la rentrée dans l’atmosphère) ne sont généralement pas assez imposants pour détruire un vaste secteur. Par conséquent, dans l’éventualité très improbable où l’un de ces objets s’écraserait sur Terre, les dommages se limiteraient à quelques immeubles tout au plus. Toutefois, la taille de l’objet joue pour beaucoup, et si des morceaux s’en détachent, ils risquent de causer des dommages supplémentaires.

Étude de cas - COSMOS 954, 1978

COSMOS 954, un satellite soviétique à propulsion nucléaire, s’est écrasé dans le Nord du Canada. Comme le réacteur nucléaire se trouvant à bord suscitait des préoccupations, le Canada et les États-Unis ont décidé de lancer une opération conjointe baptisée « Operation Morning Light », visant à localiser et à nettoyer les débris radioactifs laissés par la rentrée dans l’atmosphère et la désintégration du satellite. Heureusement, ce dernier s’est écrasé dans une région faiblement peuplée.

(Santé Canada, 2008)

Situation d’urgence dans une mine

Définition

Événement imprévu qui compromet l’intégrité structurelle ou les conditions normales d’un site minier et qui présente un risque pour la sécurité des mineurs et des gens qui se trouvent à proximité de la mine, la propriété minière, l’environnement ou l’économie.

Description

L’exploitation minière s’entend de tout travail ou de toute entreprise dont le but est de percer, d’éprouver, d’enlever ou d’extraire un minerai métallifère ou non ou une substance minérale, du roc, de la terre, de la glaise, du sable ou du gravier (« mine », Loi sur la santé et la sécurité au travail).

On reconnaît depuis longtemps que l’exploitation minière entraîne des risques. Le processus minier comporte plusieurs étapes : la prospection, la mise en valeur, l’exploitation, le déclassement et la réhabilitation du site minier (Donoghue, 2004). Les deux principaux types de mines sont les mines à ciel ouvert (à la surface du sol) et les mines souterraines. Compte tenu de l’emplacement des gisements métalliques et minéraux et des importantes avancées de la technologie minière, telles que l’exploitation mécanisée, les mines ont souvent un réseau complexe de tunnels qui ne cesse de prendre de l’expansion. Les chantiers les plus profonds se trouvent parfois à une distance considérable de la surface; il faut compter un certain temps pour s’y rendre et utiliser différents modes de transport, notamment sur rail et sur roues.

Parmi les causes ou les facteurs pouvant engendrer une situation d’urgence dans une mine, on retrouve :

• l’accumulation de gaz mortels (p. ex., méthane, monoxyde de carbone, dioxyde de carbone et sulfure d’hydrogène);

• le mauvais fonctionnement ou le mauvais usage d’explosifs;

• les coups d’eau et les inondations;

• l’instabilité du sol et l’effondrement des entrées de la mine;

• les incendies et les explosions qui peuvent causer une accumulation de gaz mortels;

• les pannes électriques.

Outre les mines en exploitation, les mines abandonnées peuvent également représenter une menace pour la sécurité des personnes qui y pénètrent volontairement ou non. On appelle « mine abandonnée » un site minier où la prospection avancée, l’exploitation ou la production ont cessé sans qu’une réhabilitation soit menée à terme. Les mines abandonnées comportent notamment les dangers suivants :

• explosifs actifs laissés sur place;

• structures vieillissantes ou instables qui menacent de s’effondrer;

• air de mauvaise qualité;

• puits en surface qui ne sont pas protégés, qui sont cachés par la végétation ou recouverts de planches pourries;

• poutres pourries et formations rocheuses instables qui favorisent les effondrements;

• obscurité et débris qui accroissent les dangers et compliquent la fuite et les opérations de sauvetage;

• affaissement de la mine;

• parois verticales susceptibles de s’effondrer, dans le cas des mines à ciel ouvert et des carrières;

• carrières remplies d’eau pouvant cacher des rochers, de la vieille machinerie et d’autres dangers. Ces bassins peuvent être plus profonds qu’il n’y paraît, et l’eau dangereusement froide, sans compter qu’il peut être très difficile de s’en extirper si les parois sont abruptes et glissantes;

• il est possible qu’il n’existe plus de cartes de la mine ou que celles-ci ne soient pas à jour, ce qui risque de compliquer les opérations de sauvetage.

Gaz mortels

L’accumulation de gaz mortels représente un danger, particulièrement dans les mines souterraines où les espaces confinés favorisent leur accumulation rapide. La ventilation mécanique a grandement réduit le nombre d’incidents associés aux gaz, mais ceux-ci représentent encore un risque sérieux pour les travailleurs miniers. Le tableau suivant comprend certains gaz que l’on retrouve communément dans les mines et le type de risque qu’ils présentent pour l’être humain :

Tableau 7. Gaz que l’on retrouve communément dans les mines (Weeks, 2010).

Gaz

Effets sur la santé

Méthane

Substance inflammable et explosive; asphyxie (déficience en oxygène)

Monoxyde de carbone

Asphyxie chimique

Sulfure d’hydrogène

Irritation des yeux, du nez et de la gorge, dépression respiratoire aigüe (diminution de la fréquence et de l’amplitude respiratoires)

Pénurie d’oxygène

Anoxie (absence d’oxygène dans le sang)

Sous-produits issus des opérations de dynamitage

Irritants respiratoires

Gaz d’échappement des moteurs diesel

Irritant respiratoire, cancer du poumon

Tableau 7. Gaz que l’on retrouve communément dans les mines (Weeks, 2010).

D’autres gaz et produits chimiques, y compris ceux qu’on utilise pour l’extraction et la purification du minerai, peuvent également présenter un risque pour la santé et la sécurité des personnes en contact avec ces substances.

Explosifs

Le risque d’explosion dans les mines a diminué en raison des progrès technologiques réalisés dans ce domaine. Entre autres, les explosifs fabriqués à base de nitroglycérine ont été remplacés par des explosifs en bouillie. Cependant, les explosifs à base de nitroglycérine qui ont été oubliés ou laissés sur les lieux posent des risques pour les personnes qui s’aventurent dans une mine abandonnée (GSUO, 2005). En outre, la détonation d’explosifs est maintenant un processus beaucoup plus technique et sophistiqué. C’est pourquoi il est nécessaire de bien le comprendre afin d’utiliser les explosifs de façon sécuritaire.

Coup d’eau / inondation

Plusieurs situations d’urgence relatives à un coup d’eau ou à une inondation ont été signalées à l’échelle internationale. Selon le volume, la provenance de la fuite, le schéma de la mine et la vitesse à laquelle elle envahit la mine, l’eau peut être la cause de toute une gamme de problèmes liés à la stabilité, à la sécurité et aux opérations. Il existe trois catégories de coup d’eau et d’inondation :

Tableau 8. Coup d’eau / inondation dans une mine.

Catégorie de coup d’eau ou d’inondation

Cause

Information

Incident contrôlé

Activités minières

Survient généralement dans les mines situées sous un aquifère ou un plan d’eau en surface. L’afflux d’eau augmente soudainement, puis reprend son niveau initial après un certain temps.

Accidentel

Activités minières

Un plan d’eau en surface, un vaste bassin d’eau situé dans un filon supérieur ou une inondation dans un ancien chantier minier adjacent peuvent provoquer des inondations si cette eau se déverse soudainement dans les chantiers actifs situés plus bas.

Spontané

Naturelle

Un phénomène naturel associé à l’exploitation minière dans les régions où il y a des aquifères karstiques.

Tableau 8. Coup d’eau / inondation dans une mine.

Instabilité et effondrement de la structure

L’instabilité et l’effondrement d’une structure peuvent être attribuables à diverses causes, les plus répandues étant les suivantes :

• les erreurs relatives aux pratiques;

• les coups de toit.

Les progrès technologiques et l’amélioration de notre compréhension de la géologie ont permis de diminuer le nombre d’effondrements de structure attribuables à certaines pratiques. Cependant, ces risques existent toujours dans les mines abandonnées.

Un coup de toit ou de charge est une « dislocation soudaine de la roche causant l’expulsion des matériaux à la surface d’une ouverture ou une secousse sismique d’une mine à ciel ouvert ou souterraine » (ministère du Travail de l’Ontario, 1983). Un important coup de toit peut déplacer plus de 50 tonnes de pierre et provoquer l’effondrement de tunnels. Les dommages peuvent être sérieux, mais ils sont habituellement restreints à une petite zone. Selon des études scientifiques, les conditions suivantes favorisent les coups de toit : fortes contraintes, filons étroits, fort taux minier et grosses roches à comportement fragile dans un milieu géologique complexe. En surface, un important coup de toit produit sensiblement le même bruit qu’un bang supersonique, et des secousses semblables à un petit tremblement de terre peuvent être ressenties à proximité (Blake et Hedley, 2003).

Feu et explosion

Le feu et les explosions peuvent être causés par le méthane, le poussier ou les produits chimiques utilisés dans les processus d’extraction et de purification et dans le matériel. De nombreuses explosions ont été causées par l’inflammation de méthane ou de poussier, notamment dans les mines de charbon, où la majorité des explosions sont causées par du méthane qui s’enflamme (Weeks, 2010). En outre, si du poussier est demeuré en suspension dans l’air en raison de la force de la première explosion, il est possible qu’une explosion secondaire se produise. Il n’y a aucune mine de charbon, que ce soit à ciel ouvert ou sous terre, en Ontario.

Panne d’électricité

Le 14 août 2003, une panne d’électricité généralisée, la deuxième panne en importance de toute l’histoire, a frappé le Nord-Est des États-Unis et le Sud-Est du Canada. Quelque 50 millions de personnes se sont retrouvées sans électricité, ainsi que de nombreuses sociétés minières, qui ne pouvaient faire remonter à la surface les mineurs qui travaillaient dans les galeries souterraines. Près de 140 mineurs se trouvaient dans une mine de Sudbury lorsque la panne est survenue. Les autorités de la mine ont affirmé qu’ils étaient en sécurité et qu’ils pourraient être évacués au besoin, mais qu’aucune mesure ne serait prise, compte tenu des risques associés à l’absence d’électricité. Ils ont donc été évacués en toute sécurité le matin suivant, lorsque l’électricité a été rétablie.

Énoncé des risques provinciaux

L’Ontario a une industrie minière développée et florissante. En effet, la province produit environ 34 % du nickel, 55 % de l’or, 25 % du cuivre et 64 % des éléments du groupe platine du Canada. L’Ontario est également le principal producteur de sel, de produits argileux, de ciment, d’hydroxyde de calcium et de pierre au Canada. Il arrive au deuxième rang des producteurs de sable et de gravier, et il est le seul producteur de phosphate et de syénite néphélinique. À l’échelle internationale, l’Ontario se classe au 3e rang pour sa production de platine, au 4e rang pour le nickel, au 7e pour le cobalt, au 14e pour l’or, au 15e pour le cuivre, au 15e pour le zinc et, finalement, au 16e rang pour l’argent (ministère du Développement du Nord et des Mines, 2010 – renseignements mis à jour).

Mines en exploitation

L’exploitation minière en Ontario est une industrie bien structurée et régie par des normes de sécurité. L’élaboration de plans d’urgence par les sociétés minières a permis de réduire considérablement les risques d’urgence dans les mines, sans compter que les progrès technologiques et la nécessité d’installer des systèmes de ventilation ont contribué à la diminution des risques d’accumulation de gaz mortels. L’abandon des explosifs à base de nitroglycérine au profit de variétés moins dangereuses a fait diminuer le risque d’explosions involontaires. L’amélioration de la compréhension de la géologie et des facteurs à l’origine des catastrophes minières contribuent également à la diminution des risques. Cependant, un certain pourcentage de risque est inhérent à l’exploitation minière, et même si la probabilité de ces dangers est plus faible, il n’est pas exclu qu’une urgence survienne dans l’avenir.

En Ontario, des coups de toit sont survenus dans les mines du lac Kirkland et du bassin de Sudbury. Dans les années 1960, ce sont les mines de Red Lake qui ont été touchées. À la suite de ces événements, on a élaboré des systèmes de classification pour enregistrer les coups de toit. Certains de coups de toit s’étant produits en Ontario ont entraîné la chute de centaines ou de milliers de tonnes de roche et ont le potentiel de provoquer des dommages à plusieurs niveaux de la mine (Blake and Hedley, 2003). Même si les mines de l’Ontario doivent être équipées de systèmes de ventilation suffisamment puissants et adopter des mesures de sécurité, elles ne sont pas à l’abri des risques associés à l’accumulation de gaz mortels. En raison du grand nombre de plans d’eau étendus et d’aquifères en Ontario, il y aura toujours un risque de coups d’eau et d’inondations qui guettera les mineurs, même si ce risque a été atténué grâce à la surveillance et aux progrès technologiques. En vertu de l’article 26 du Règlement 854/90, les mines doivent être dotées d’abris (DJF Consulting Limited, 2004). Ces abris constituent un endroit sûr et permettent aux mineurs de trouver refuge jusqu’à ce que le danger soit écarté ou qu’ils soient secourus.

Les situations d’urgence dans les mines peuvent causer des décès et des blessures, et il arrive parfois que des mineurs demeurent coincés. Si, en raison d’une situation d’urgence, des mineurs demeurent coincés dans une mine, des équipes formées et du matériel seront déployés pour leur porter secours. Aux termes de l’article 17 du Règlement 854/90 (Mines and Mining Plants), toutes les mines ontariennes doivent avoir une équipe formée et du matériel pour les secours. Le Programme de sauvetage minier de l’Ontario a été créé après l’incendie qui a ravagé la mine Hollinger en 1928 (Workplace Safety North, 2010).

Mines abandonnées

En 1991, la Loi sur les mines a été modifiée de façon à obliger toutes les sociétés minières à déposer des plans de fermeture et à fournir une garantie financière attestant qu’elles seront en mesure de réhabiliter le site minier une fois les activités d’exploration et d’exploitation terminées, afin de lui faire retrouver son état naturel ou de le remettre dans un état acceptable. Après diverses étapes de production, les structures de surface sont enlevées, la stabilité du sous-sol est évaluée, les aires de résidus miniers sont examinées afin de déterminer leur stabilité sur les plans physique et chimique et on procède au reverdissement d’une zone appropriée afin que l’emplacement puisse avoir d’autres vocations.

Certains sites miniers de l’Ontario sont abandonnés depuis plus d’un siècle. Il va sans dire que les normes de sécurité et de fermeture de l’époque n’étaient pas comparables à celles d’aujourd’hui. Certaines de ces sociétés minières ont dû fermer à la suite d’une faillite ou d’une mise sous séquestre, ce qui signifie qu’une réhabilitation adéquate du site minier n’a pas été effectuée. Puisque ces mines ont été abandonnées il y a très longtemps et que les normes de réhabilitation et de sécurité de l’époque étaient différentes, il est dangereux de s’y aventurer (en fait, il est même risqué d’entrer dans les mines qui respectent les exigences actuelles de fermeture). Des vidéos et des photographies affichées sur Internet montrent que certaines personnes s’aventurent délibérément dans les mines abandonnées pour le plaisir.

Étude de cas - Effondrement dans la mine du lac Kirkland, 1993

En 1993, un coup de toit à environ deux kilomètres de la surface a provoqué l’effondrement d’une partie de la mine du lac Kirkland, coinçant deux mineurs. Les tentatives pour secourir les mineurs ont été infructueuses et les corps n’ont pas pu être récupérés.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Situation d’urgence liée à une installation nucléaire

Définition

Danger réel ou potentiel pour la santé publique, les biens ou l’environnement, résultant de la présence de rayonnements ionisants dont la source est l’une des grandes installations à réacteur nucléaire situées en Ontario ou à proximité immédiate (GSUO, 2009).

Description

Les centrales nucléaires telles que celles de Pickering et de Darlington, en Ontario, produisent de l’électricité à partir d’un processus de fission nucléaire. La fission nucléaire génère de la chaleur, qu’on utilise pour faire bouillir de l’eau et produire de la vapeur qui, à son tour, est utilisée pour faire fonctionner des turbines et générer de l’électricité (OPG, 2010).

Centrale nucléaire de Bruce (GSUO, 2010).

Une situation d’urgence liée à une installation nucléaire pourrait survenir si une quantité substantielle de matière radioactive était libérée dans l’environnement. Les percées technologiques et la mise en place de procédures de sécurité ont fait diminuer de façon notable les probabilités qu’une situation d’urgence liée à une installation nucléaire se présente.

Une situation d’urgence liée à une installation nucléaire pourrait être provoquée par :

• un feu ou une explosion;

• une défaillance technologique;

• une activité humaine, intentionnelle ou non (GSUO, 2005).

Les excursions de réactivité étaient auparavant une cause potentielle de situations d’urgence liées à une installation nucléaire, mais compte tenu des progrès en matière de sécurité, elles représentent maintenant un danger très improbable.

Le rejet de matières radioactives dépend à la fois de la nature de l’accident et de la réaction du système de confinement. Ces systèmes sont conçus pour empêcher le rejet de matières radioactives en cas d’accident, et la possibilité d’un rejet soudain (dans les quelques heures qui suivent) n’existe que dans le cas où ce système ne fonctionnerait pas comme prévu ou serait neutralisé (GSUO, 2009).

Dans le cas très improbable où une situation d’urgence liée à une installation nucléaire entraînerait le rejet de niveaux élevés de matière radioactive, les résidents des environs risquent :

• la contamination externe – contamination de la peau ou des vêtements;

• l’exposition directe – exposition à la source de rayonnement;

• la contamination interne – inhalation de matière radioactive ou ingestion de nourriture ou d’eau contaminée (GSUO, 2009).

Le recours à certaines mesures de protection peut contribuer à réduire ou à prévenir l’exposition et la contamination dans une situation d’urgence liée à une installation nucléaire. Le type de mesures de protection à préconiser dépend du type de matières radioactives, de la quantité rejetée dans l’atmosphère, de la superficie de la zone touchée, de l’utilisation des terres et de la population :

• contrôle des allées et venues pour restreindre l’accès à la zone touchée au personnel essentiel seulement;

• utilisation d’équipement de protection;

• ingestion d’iodure de potassium (KI) pour empêcher l’iode radioactif de pénétrer dans la thyroïde. Cette substance est utile seulement s’il y a un rejet (ou un rejet potentiel) d’iode-131;

• abri sur place – demeurer à l’intérieur, les fenêtres et les portes fermées et les systèmes de ventilation externe arrêtés;

• évacuation;

• décontamination;

• protection de la chaîne alimentaire – éviter que la matière radioactive puisse pénétrer dans la chaîne alimentaire, à tous les stades;

• contrôle de l’eau et des aliments – éviter la consommation d’eau ou d’aliments contaminés (GSUO, 2009).

Énoncé des risques provinciaux

En Ontario, l’énergie nucléaire est utilisée comme source d’électricité depuis les années 1960, et, à l’heure actuelle, c’est à partir de cette source que la moitié de l’électricité de la province est produite (ministère de l’Énergie, 2010). De nombreuses installations médicales et universitaires sont dotées de réacteurs; cependant, ils ne contiennent pas suffisamment de matière radioactive pour représenter une menace sérieuse pour la population. En Ontario, il y a actuellement 3 centrales nucléaires, qui exploitent 16 réacteurs, de même que les Laboratoires de Chalk River, qui ont besoin de quantités considérables de matières radioactives pour fonctionner :

• centrale nucléaire de Pickering (6 réacteurs en exploitation);

• centrale nucléaire de Darlington (4 réacteurs en exploitation);

• Bruce Power (6 réacteurs en exploitation);

• laboratoires de Chalk River.

En outre, si une urgence survient au réacteur Fermi-2 de Monroe, au Michigan, la région située à l’extrême sud-ouest de l’Ontario risque d’être contaminée.

Les évaluations des risques d’accident de réacteur nucléaire indiquent qu’il existe généralement une relation inversement proportionnelle entre la probabilité qu’un accident survienne et la gravité de ses conséquences probables. Si l’on tient compte des évaluations des risques ainsi que des différentes causes et répercussions d’une situation d’urgence liée à une installation nucléaire en Ontario, les scénarios les plus probables seraient les suivants :

• délai d’avertissement;

• l’exposition externe et l’inhalation de radionucléides sont les principaux dangers pour la sécurité publique;

• faibles doses d’irradiation;

• très faible contamination de l’environnement qui pourrait se poursuivre durant des jours ou des semaines;

• seuls les environs de l’installation nucléaire seraient probablement touchés (GSUO, 2009).

En raison des systèmes de confinement utilisés en Ontario (plus particulièrement les réacteurs CANDU qui empêchent les rejets, même lorsqu’ils sont défectueux), les situations d’urgence graves sont plus improbables que les scénarios susmentionnés. Un accident est qualifié de grave lorsqu’il a les effets suivants :

• très court laps de temps entre l’accident et le rejet de matières radioactives;

• fortes doses d’irradiation;

• émission potentielle d’iode radioactif et de matières particulaires;

• importante contamination de l’environnement;

• la zone touchée est plus grande (GSUO, 2009).

Les répercussions d’une situation d’urgence liée à une installation nucléaire dépendent du niveau de rayonnement émis. L’exposition à long terme à un faible rayonnement est généralement associée à des risques accrus de cancer. La maladie ne se manifeste habituellement que de 4 à 20 ans plus tard (GSUO, 2009). Une situation d’urgence liée à une installation nucléaire lors de laquelle un fort rayonnement serait émis aurait des conséquences beaucoup plus graves. En effet, si la dose est assez forte, un grand nombre de personnes devront être évacuées ou déménagées de façon permanente dans d’autres régions. Cela entraînerait également des pertes économiques importantes pour la province. Néanmoins, la probabilité qu’une urgence liée à une installation nucléaire de cette ampleur survienne est estimée à moins de 1 sur 10 millions (GSUO, 2005). Malgré la probabilité d’occurrence minime de ce type de situation d’urgence, l’Ontario a mis en place un Plan provincial d’intervention en cas d’urgence nucléaire et des procédures pour parer à cette éventualité.

Dans le passé, les urgences liées à une installation nucléaire ont provoqué des impacts psychosociaux négatifs (p. ex., l’accident de Three Mile Island). Si le grand public a peur de la radioexpostion, c’est en grande partie à cause d’incidents survenus à l’étranger dans le passé (comme Tchernobyl), ainsi que des renseignements inexacts qui circulent concernant la probabilité d’un tel événement de même que sur les avancées en matière de sécurité et de technologie. Dans l’éventualité où un accident lié à une installation nucléaire survenait, il est possible que certaines personnes décident de leur propre chef d’évacuer, peu importe le risque véritable.

Les Laboratoires de Chalk River produisent une importante part des isotopes médicaux de l’Ontario. Une défaillance de ces installations aurait des répercussions considérables sur la capacité du système de santé à continuer d’offrir des services qui dépendent des isotopes médicaux (p. ex., les services de diagnostic).

Étude de cas internationale - Three Mile Island, 1979

L’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island, près de Middletown, en Pennsylvanie, est le pire de toute l’histoire des centrales nucléaires commerciales aux États-Unis, même s’il n’a entraîné aucun décès ni blessure. Le 28 mars 1979, une séquence d’événements causée par des défaillances de l’équipement, des problèmes de conception et des erreurs humaines a entraîné la fonte partielle du cœur du réacteur, qui heureusement n’a provoqué que de faibles émissions radioactives. L’accident a pris les autorités au dépourvu. L’incertitude entourant l’état de l’usine et la perception du risque par le grand public ont engendré un véritable cauchemar de relations publiques. À titre préventif, il a été conseillé aux membres les plus vulnérables de la société, à savoir les femmes enceintes et les jeunes enfants se trouvant dans un rayon d’environ 8 km de la centrale, d’évacuer.

Dans le cadre d’études détaillées des conséquences radiologiques de l’accident, il a été déterminé que le taux de radiation d’une population d’environ 2 millions de personnes qui se trouvaient près de la centrale était d’environ 1 millirem seulement. À titre d’exemple, une radiographie de la poitrine correspond à une radiation d’environ 6 millirems.

(Commission de réglementation de l’énergie nucléaire, 2009)

Situation d’urgence mettant en cause du pétrole ou du gaz naturel

Définition

Événement qui représente une menace pour la sécurité publique, les biens, l’environnement, les infrastructures essentielles ou l’économie, résultant d’une fuite incontrôlée de pétrole ou de gaz naturel : 1) d’un pipeline; 2) d’un puits de pétrole ou de gaz naturel; 3) d’installations d’entreposage ou d’un système de distribution.

Description

Le pétrole et le gaz naturel sont des ressources naturelles issues de molécules de dioxyde de carbone et d’hydrogène issues de la décomposition de matières organiques. Pendant des millions d’années, des couches de matières organiques en décomposition s’accumulent dans les formations géologiques. Au fil du temps, la chaleur, la pression et les bactéries anaérobies transforment la matière organique en pétrole et en gaz naturel, que l’on retrouve dans différentes formations géologiques (Association canadienne des producteurs pétroliers, 2010). Un puits est foré directement dans le gisement pour extraire ces matières. Le pétrole et le gaz naturel sont utilisés à diverses fins :

• pétrole – essence, carburant diesel, caoutchouc et fibres synthétiques, plastique, pesticides;

• gaz naturel – chauffage, plastiques, engrais.

Gaz naturel

Le terme « gaz naturel » désigne principalement le méthane et d’autres gaz tels que l’éthane, le propane, le butane, les pentanes et les hydrocarbures plus lourds. Comme ces gaz sont inodores, on y ajoute du thiol, un agent d’odorisation qui leur confère une odeur particulière. Cette substance facilite leur détection et réduit les risques d’urgence mettant en cause du gaz naturel. Il s’agit d’une étape effectuée lors de la transformation.

Les dangers associés au gaz naturel sont notamment les suivants :

• Asphyxie – Le gaz naturel est plus léger que l’air. S’il se répand dans une vaste aire ouverte, il se dissipera et ne constituera pas une menace pour la santé humaine. Au contraire, s’il envahit un espace clos, il déplacera l’air et même s’il est non toxique, et il peut causer l’asphyxie par manque d’air.

• Inflammation – Il y a un risque d’inflammation si le gaz naturel est présent en petites concentrations dans l’air. Si la concentration de gaz naturel est trop élevée, les risques d’inflammation sont nuls puisqu’il n’y a pas assez d’oxygène pour provoquer un incendie ou une explosion. En présence de gaz naturel, plusieurs sources peuvent causer un feu, notamment les allumettes, l’électricité et les veilleuses. Le point d’inflammation du gaz naturel se situe entre 593 °C et 649 °C (Transports Canada, 2008). Le gaz naturel brûle à une température très élevée, et, par conséquent, la chaleur extrême qui s’en dégage peut provoquer l’inflammation d’autres matières situées à proximité.

• Explosion – Si on retrouve, dans un endroit clos, de petites concentrations de gaz naturel et une source d’inflammation, une explosion risque de se produire. En outre, le gaz naturel peut causer un type spécial d’explosion appelé « détente explosive des vapeurs d’un liquide en ébullition » (GSUO, 2005). Une explosion de la sorte peut se produire si un contenant rempli de gaz naturel liquéfié pressurisé se rompt.

• Sulfure d’hydrogène – Le sulfure d’hydrogène est une impureté que l’on retrouve parfois dans les réservoirs de gaz naturel. Le gaz naturel qui contient un fort taux de sulfure d’hydrogène est appelé « gaz corrosif ». Le sulfure d’hydrogène est très toxique pour l’être humain.

Pétrole

Le pétrole, ou pétrole liquide, est fait à partir d’un mélange d’hydrocarbures liquides. Sa viscosité varie grandement, allant de liquide comme l’eau jusqu’à la consistance épaisse du goudron. S’il n’a pas été raffiné, le pétrole est appelé « pétrole brut ».

Il existe quatre types de pétrole brut :

• Classe A : Pétroles légers et volatiles – Pétroles très liquides et hautement toxiques pour l’humain, comme l’essence et le carburant d’aviation.

• Classe B : Pétroles non visqueux – Pétroles de consistance plus cireuse et moins toxiques pour l’humain, comme le pétrole brut léger et le carburant diesel.

• Classe C : Pétroles lourds et visqueux – Pétroles de couleur foncée (brun ou noir) qui sont pâteux ou goudronneux. Ils ne sont pas considérés comme très toxiques, mais ils peuvent avoir de graves répercussions sur la faune. La majorité des pétroles bruts font partie de cette classe.

• Classe D : Pétroles non liquides – Pétroles non toxiques, mais qui peuvent avoir de graves répercussions sur la faune, comme les pétroles bruts lourds.

(National Library of Medicine, 2010)

Les dangers associés au pétrole sont notamment les suivants :

• Déversement – Il peut être extrêmement difficile de nettoyer une zone touchée par un déversement de pétrole. Le pétrole peut contaminer le sol et s’écouler dans les voies d’eau, ce qui peut entraîner d’importantes répercussions sur la faune et les écosystèmes naturels.

• Incendies – Il peut être extrêmement difficile d’éteindre des feux dans les puits de pétrole, les pipelines ou les installations de stockage des produits pétroliers en raison de la quantité abondante de combustible. La fumée dégagée par ces feux peut contenir plusieurs matières particulaires et produits chimiques nocifs pour la santé humaine si aucune mesure de sécurité n’est prise.

Les situations d’urgence mettant en cause du pétrole ou du gaz naturel se divisent en trois groupes selon l’étape à laquelle elles se produisent lors du processus d’extraction, de production et de transport :

1) puits de pétrole ou de gaz naturel;

2) pipelines;

3) systèmes de distribution et de stockage.

Puits de pétrole ou de gaz naturel

Peu importe s’ils sont en exploitation ou abandonnés, les puits de pétrole et de gaz naturel peuvent représenter une menace pour la sécurité publique. Les puits de pétrole sont dangereux s’ils ne sont pas exploités ou entretenus adéquatement. Les puits abandonnés représentent une menace s’ils ne sont pas obturés ou si certaines activités, comme des travaux de construction, se déroulent dans les environs immédiats.

Les dangers associés au pétrole et au gaz naturel sont notamment les suivants :

• Perte de contrôle d’un puits (à cause d’une erreur humaine ou d’une défaillance de l’équipement).

• Feu – Un feu prenant naissance dans un puits et peut être extrêmement difficile à éteindre en raison de la quantité de combustible qui s’y trouve. La fumée dégagée peut contenir plusieurs matières particulaires et produits chimiques nocifs pour la santé humaine si aucune mesure de sécurité n’est prise.

• Déversement – Il peut arriver que le pétrole et le gaz naturel se répandent dans les environs immédiats, mais dans les aires ouvertes, le gaz naturel se dissipe.

• Fuite de sulfure d’hydrogène (gaz corrosif) – Ce gaz est toxique pour les humains et les autres organismes vivants.

Pipelines

Il existe quatre catégories de pipelines :

• Conduite de collecte

o Assure le transport du pétrole brut et du gaz à partir du puits jusqu’aux installations de traitement et au réseau de distribution.

o Assure le transport du gaz stocké en terre entre les puits et les stations de compression.

• Canalisation principale

o Assure le transport du pétrole brut, du gaz naturel et des produits pétroliers raffinés jusqu’aux raffineries, aux usines pétrochimiques et aux centres de consommation.

• Réseau de collecte et de distribution de gaz

o Assure le transport du gaz naturel à haute pression jusque dans les centres de consommation.

• Distribution locale

o Entreprises qui livrent du gaz naturel à basse pression aux consommateurs.

(GSUO, 2005)

Les dangers associés aux pipelines sont notamment les suivants :

• Fuite de pétrole ou de gaz – La rupture d’un pipeline peut provoquer une fuite de son contenu, qui est parfois sous haute pression. Les déversements de pétrole peuvent causer d’importants dommages à l’environnement et être difficiles à nettoyer. Par exemple, lorsqu’un pipeline souterrain transportant du gaz naturel se rompt et que la surface est gelée ou pavée, il est possible que le gaz se rende jusqu’aux bâtiments environnants par les fossés ou les canalisations (Transports Canada, 2008).

• Effet de souffle – Si le contenu est sous pression, la rupture du pipeline peut entraîner la propulsion de projectiles (souvent des morceaux du pipeline lui-même) à de très grandes vitesses.

• Feu et explosion – Lors de la majorité des accidents associés à un pipeline, il n’y a eu aucune inflammation.

• Bruit – La libération d’un gaz naturel sous pression produit un bruit assourdissant pouvant causer une perte auditive et la désorientation chez les personnes qui se trouvent près de la section du pipeline qui s’est rompu.

(Suffolk County Council, 2002)

Systèmes de distribution et de stockage

Le pétrole est stocké dans les raffineries et les terminaux jusqu’à ce qu’il soit raffiné et que le produit fini soit distribué aux consommateurs. Des réserves de gaz naturel sont stockées, particulièrement durant la saison chaude, en prévision de l’augmentation de la demande pour le chauffage une fois l’hiver venu. De nombreuses installations utilisent des réservoirs de stockage souterrains afin de réduire les risques d’explosion ou de fuite qui pourraient avoir une incidence sur le public.

Les dangers associés aux systèmes de stockage et de distribution sont notamment les suivants :

• Explosion – La présence de réservoirs de stockage pleins accroît le risque de fortes explosions en raison de la grande quantité de combustible. Certains sites de stockage sont situés près de vastes zones commerciales et résidentielles. Les zones tampons rurales qui séparaient auparavant les quartiers résidentiels de certains sites de stockage sont maintenant envahies par de nouveaux lotissements. Les incendies qui prennent naissance dans des réservoirs de propane peuvent causer une explosion puissante appelée « détente explosive des vapeurs d’un liquide en ébullition ».

• Déversement – Se produit lorsque les réservoirs de stockage ou le système de distribution se rompent ou sont percés en raison de la corrosion.

Énoncé des risques provinciaux

Puits de pétrole ou de gaz naturel

Il y a environ 3 000 puits de pétrole et de gaz naturel en exploitation en Ontario. Ils sont situés dans les environs du lac Érié et sous le lit du lac. Chaque année, près de 100 nouveaux puits sont forés dans le Sud de l’Ontario, alors que 600 autres sont fermés (MRN, 2010).

Une urgence liée à un puits peut causer des décès et des blessures, notamment si elle provoque un incendie ou une explosion. Cependant, il s’agit d’une conséquence plutôt rare. La contamination de l’environnement est probablement le plus grand risque. Le pétrole peut s’infiltrer dans les fractures des couches de roche préexistantes ou encore se répandre dans le sol en raison de mauvaises pratiques d’exploitation ou d’entretien. Ces fuites peuvent représenter un risque pour l’eau souterraine. La présence de puits abandonnés qui n’ont pas été obturés de façon adéquate représente également une menace pour les propriétaires qui décident de bâtir une structure et ne sont pas au courant de leur existence.

Pipelines

Même si l’Ontario dispose de réserves naturelles de pétrole et de gaz naturel, il doit importer la majeure partie de ces ressources d’autres provinces. C’est pourquoi la province est traversée par plusieurs centaines de kilomètres de pipelines. L’Association canadienne de normalisation (CSA) a établi des normes s’appliquant aux pipelines canadiens, dont bon nombre ont été incorporées à des règlements fédéraux et provinciaux. Par conséquent, les défaillances sont rarement causées par une mauvaise conception. En outre, conformément à certaines exigences provinciales et fédérales, les entreprises de distribution d’énergie qui possèdent ou qui utilisent des pipelines doivent effectuer des inspections afin de détecter les fuites ou la corrosion avant qu’elles ne provoquent une situation d’urgence. Malgré ces précautions, le vieillissement des infrastructures et l’étendue du réseau de pipelines sont deux facteurs qui contribuent à accroître le potentiel de fuite partout dans la province. Si une situation d’urgence se présente, il est possible de fermer à distance de nombreuses sections de pipelines afin d’isoler certaines parties de la conduite.

Figure 12. Ressources et pipelines de pétrole et de gaz naturel.

Une situation d’urgence liée à un pipeline peut entraîner des décès, des blessures, des dommages matériels, des défaillances des infrastructures essentielles ainsi que des dégâts environnementaux. La majeure partie du réseau de pipelines de l’Ontario est située dans des régions éloignées et faiblement peuplées où les urgences risquent de causer seulement des dégâts à l’environnement, mais les nouveaux lotissements empiètent de plus en plus sur ces régions. Dans les régions urbaines, les accidents liés aux pipelines sont souvent causés par des travaux de construction ou d’autres activités humaines qui nécessitent des excavations. Dans le cas improbable où un accident surviendrait, les répercussions dépendraient de l’emplacement de la rupture, de la population, de la sensibilité environnementale, de la pression du pétrole ou du gaz naturel dans la conduite, de la taille du pipeline et de la présence ou de l’absence d’inflammation.

Systèmes de distribution et de stockage

De nombreuses installations ontariennes qui stockent du gaz naturel et du pétrole utilisent des réservoirs de stockage pour réduire les risques d’explosion ou de fuite qui pourraient avoir des conséquences pour la population. Aucun incident mettant en péril la sécurité publique n’a été signalé en Ontario. Les entreprises doivent mettre en place des procédures et des plans de sécurité afin de prévenir et d’atténuer les situations d’urgence.

Une urgence liée au système de stockage ou de distribution peut causer des décès, des blessures, des dommages matériels (dans le cas d’une explosion), la contamination de l’environnement et une importante perturbation des activités opérationnelles et financières de l’entreprise à laquelle appartient l’installation. La gravité des répercussions dépend de la quantité de pétrole ou de gaz naturel stockée, de la proximité et du nombre de personnes qui résident dans les environs et de l’élément déclencheur de l’urgence (rupture, explosion, etc.).

Étude de cas - Explosion à Sunrise Propane, 2008

Le 10 août 2008, une série d’explosions se sont produites dans les installations de Sunrise Propane à Toronto. À titre préventif, des milliers de personnes ont été évacuées temporairement. Deux décès ont été imputés à cet incident : un chef de district des services d’incendies de Toronto a succombé à une crise cardiaque et le corps d’une victime inconnue a été trouvé sur les lieux. Il a été déterminé par la suite qu’il s’agissait d’un employé de Sunrise Propane. Les dégâts causés par l’explosion aux installations de l’entreprise et au secteur environnant étaient considérables et ont nécessité une opération de nettoyage estimée à plus de 1,8 milliard de dollars.

Une enquête a permis de conclure que l’explosion avait été provoquée par une fuite de propane provenant d’un tuyau défectueux lors d’un transvasement de « citerne à citerne » entre deux camions-citernes. La source d’inflammation n’a pas pu être déterminée. (Bureau du commissaire des incendies, 2010)

Situation d’urgence radiologique

Définition

Situation qui se produit lorsque les rayonnements d’une matière radioactive sont émis non intentionnellement à l’extérieur d’espaces protégés, à des niveaux si élevés qu’ils représentent une menace (réelle ou perçue) pour les personnes qui se trouvent dans ce milieu.

Description

Les rayonnements se divisent en deux catégories :

• rayonnements non ionisants;

• rayonnements ionisants.

Les rayonnements non ionisants peuvent faire vibrer les atomes d’une molécule, mais ne produisent pas suffisamment d’énergie pour leur arracher des électrons. Quant aux rayonnements ionisants, ils renferment assez d’énergie pour capturer les électrons et rompre les liens chimiques. Les rayonnements de très grande énergie sont capables de briser un noyau (EPA, 2010). Ce sont les rayonnements ionisants qui causent les situations d’urgence radiologique.

Il y a trois types de rayonnements ionisants :

• particules alpha;

• particules bêta;

• rayons gamma.

Un dispositif qui contient une matière radioactive et qui pourrait entraîner une exposition est appelé « source ». Les sources de rayonnement sont habituellement utilisées dans les universités, l’industrie et les installations gouvernementales. Une source est désignée comme dangereuse si une exposition non contrôlée à celle-ci risque d’avoir de graves répercussions sur la santé. Une source est jugée non contrôlée si elle est abandonnée, perdue ou volée ou qu’elle échappe de toute autre manière au contrôle réglementaire. Elle est également appelée « source orpheline » (AIEA, 2006). Une situation d’urgence radiologique peut également être provoquée par un mauvais usage ou un mauvais fonctionnement d’équipement médical ou d’objets spatiaux fabriqués par l’homme, d’accidents pendant le transport de matières radioactives, ou encore avoir une origine inconnue. Même si des incidents radiologiques se produisent de temps à autre (ils sont habituellement de petite envergure, un nettoyage est effectué très rapidement, et ils n’ont pas de répercussions négatives), les situations d’urgence radiologique sont rares. Compte tenu de cette rareté, il est possible que les premiers intervenants connaissent mal ce danger.

Les humains et les animaux peuvent être exposés aux rayonnements de différentes façons :

• exposition directe (se trouver à proximité ou en contact avec une source non contrôlée);

• inhalation de particules radioactives;

• ingestion de nourriture ou de liquides contaminés par des rayonnements.

La gravité de l’exposition dépend :

• du type de rayonnement : selon le type de rayonnement, différents tissus risques d’être endommagés;

• de la façon dont la personne a été exposée : exposition directe, inhalation ou ingestion;

• du temps passé près de la source de rayonnement;

• de la proximité de la source de rayonnement : plus on se rapproche de la source, plus l’exposition s’accroît;

• de la présence et du type d’écran : selon le type de radiation, les écrans efficaces vont de la simple feuille de papier au mur plombé (EPA, 2010).

Dans une situation d’urgence radiologique, il peut être nécessaire d’établir un périmètre de sécurité autour de la source pour éviter que la population et les intervenants n’y soient exposés. Le tableau ci-dessous résume les recommandations de l’Agence internationale de l’énergie atomique (2006) concernant la taille et la distance à préconiser pour ériger le périmètre de sécurité dans différentes situations d’urgence radiologique. Le tableau indique également s’il est possible que le périmètre soit plus grand (mais jamais plus petit) si jamais le débit de dose d’exposition au rayonnement est élevé.

Délimitation initiale – à l’extérieur

Délimitation initiale – à l’intérieur d’un bâtiment

Situation

Périmètre de sécurité

Source potentiellement dangereuse qui n’est pas blindée ou est endommagée

Rayon de 30 m

Déversement important à partir d’une source

potentiellement dangereuse

Rayon de 100 m

Incendie, explosion ou émanations impliquant une source potentiellement dangereuse

Rayon de 300 m

Bombe suspectée (engin de dispersion radiologique potentiel), explosée ou non explosée

Rayon de 400 m ou davantage en vue de protéger

contre une explosion

Délimitation initiale – à l’intérieur d’un bâtiment

Tableau 9. Périmètre de sécurité pour une situation d’urgence radiologique (AIEA, 2006).

Situation

Périmètre de sécurité

Endommagement, perte du blindage ou déversement dans le cas d’une source potentiellement dangereuse

Zones touchées et adjacentes (notamment les

étages supérieurs et inférieurs)

Incendie ou autre événement impliquant une source potentiellement dangereuse susceptible de propager des matières dans l’ensemble du bâtiment (par l’intermédiaire du système de ventilation par exemple)

Ensemble du bâtiment et jusqu’à une distance

appropriée, selon les indications ci-dessus

Débit de dose ambiant de 100 μSv/h

Partout où ce niveau est mesuré

Tableau 9. Périmètre de sécurité pour une situation d’urgence radiologique (AIEA, 2006).

Énoncé des risques provinciaux

Les installations de recherche, les universités, l’industrie et les centres de soins médicaux de l’Ontario comportent des dizaines de milliers de sources de rayonnement. En fait, il y a plus de sources de rayonnement en Ontario que dans l’ensemble des provinces canadiennes réunies (GSUO, 2005). Comme la demande de sources de rayonnement et de matières radioactives ne cesse de croître, on en transporte de plus en plus d’un bout à l’autre de la province. Un grand nombre de ces envois traversent des régions habitées et voyagent sur des autoroutes achalandées.

Les rayonnements ionisants peuvent endommager les tissus vivants des animaux et des humains. Les problèmes de santé associés au rayonnement ne surviennent que plusieurs jours, semaines ou années après l’exposition et dépendent de la durée de l’exposition, du type de matière radioactive et de la voie d’exposition. Les effets négatifs sur la santé se divisent en deux catégories : chroniques et aigus.

Les effets chroniques sur la santé découlent d’une exposition prolongée au rayonnement. Le niveau d’énergie d’une matière radioactive n’est pas suffisant pour engendrer des effets immédiats sur la santé; les répercussions se font parfois sentir des mois, voire des années après l’exposition. Selon l’Environmental Protection Agency des États-Unis (2010), une personne exposée à des doses élevées de rayonnement est plus à risque de souffrir d’effets négatifs et chroniques de santé, mais cette exposition n’a aucune influence sur la gravité de l’effet. La principale conséquence pour la santé associée au rayonnement est le cancer. La mutation tératogène du fœtus est également une conséquence possible pour les femmes enceintes exposées aux sources de rayonnement à long terme (EPA, 2010).

Les effets aigus sur la santé sont causés par une forte irradiation. Ils apparaissent rapidement, en l’espace de quelques heures ou de quelques jours seulement. Plus le niveau d’exposition augmente, plus les symptômes sont graves. La maladie des rayons est le principal effet aigu sur la santé. Cette maladie provoque des symptômes tels que la faiblesse, la chute des cheveux, des nausées, des dommages aux organes et des brûlures cutanées. Si la dose de rayonnement découlant d’une exposition est assez élevée, la maladie des rayons entraîne habituellement la mort dans les deux moins suivant l’irradiation (EPA, 2010).

En raison des situations d’urgence et des incidents survenus dans le passé, de même que des renseignements erronés qui ont circulé, le grand public a une peur exagérée du rayonnement. Dans de nombreuses situations d’urgence radiologique survenues dans plusieurs régions du monde, c’est la peur inspirée par la menace perçue et non la situation elle-même qui a engendré les conséquences les plus graves (AIEA, 2006). Cette peur peut entraîner d’importantes répercussions sur le système de santé.

La contamination du sol est un autre effet négatif potentiel d’une situation d’urgence radiologique mettant en cause une source dangereuse. Selon le niveau de contamination du sol, le nettoyage du site peut être nécessaire. Dans le cas d’une contamination grave, il est possible que les personnes qui habitent à cet endroit doivent déménager.

Selon l’AIEA (2006), il est peu probable que l’eau potable soit contaminée à tel point qu’elle entraîne des effets graves sur la santé, mais il est toutefois possible que le niveau de contamination dépasse le niveau établi par les normes de sécurité internationales. Ce dernier est inférieur à la dose de rayonnement qui provoquerait de graves effets sur la santé si l’eau contaminée était bue durant une année complète. En effet, l’AIEA indique qu’une eau dont le taux de contamination dépasse le niveau de la norme de sécurité internationale pourrait être ingérée pendant des mois sans qu’elle entraîne d’effets graves sur la santé, et ce, même chez les populations vulnérables.

Étude de cas internationale - Accident radiologique en Thaïlande

En janvier 2000, en Thaïlande, un appareil de téléthérapie non enregistré (utilisé pour le traitement de certains cancers) a été acheté par un groupe de personnes dont l’objectif était de le revendre comme ferraille. Une étiquette de mise en garde avait été apposée sur l’appareil pour indiquer qu’il contenait des matières radioactives, mais ces personnes ne comprenaient pas la langue dans laquelle l’avertissement était écrit ou la signification du symbole. Elles ont apporté l’appareil chez l’une d’elles, où d’autres personnes se sont jointes à elles pour essayer de le démonter. Le 1er février 2000, deux personnes ont amené l’appareil dans un parc à ferrailles de Samut Prakam. Un travailleur a démonté l’appareil sur place au moyen d’une torche. Pendant qu’il s’affairait, la source radioactive est tombée de son boîtier sans que personne ne s’en aperçoive.

Peu de temps après leur exposition à l’appareil et à la source, les personnes ont commencé à ressentir les effets de la maladie des rayons et se sont rendues à l’hôpital local. Des médecins ont reconnu les symptômes de la maladie et ont fait part de leurs soupçons aux autorités réglementaires. Ces dernières ont été en mesure de trouver l’origine de la maladie et de remonter jusqu’au parc à ferrailles, où un niveau de rayonnement élevé a été détecté. La zone a donc été sécurisée et la source, récupérée. L’environnement n’a pas été contaminé. Parmi les personnes exposées, trois sont décédées, et sept ont souffert de la maladie des rayons.

(Agence internationale de l’énergie atomique, 2002)

Situation d’urgence liée aux transports

Définition

Accident, collision ou incident de grande ampleur mettant en cause un moyen de transport aérien, terrestre (routier), ferroviaire ou maritime, à l’exception des incidents liés à des marchandises dangereuses.

Description

Le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada enregistre les accidents de transport et fait enquête sur ceux « qui risquent de déboucher sur la formulation de mesures de sécurité ou qui suscitent un grand intérêt du public en ce qui concerne la sécurité des transports. Les enquêtes concernant la navigation de plaisance, le camionnage interprovincial, les autocars / autobus et les accidents du travail ne relèvent pas de la compétence du BST ».

Transport aérien

Une situation d’urgence liée au transport aérien peut découler des circonstances suivantes :

• un avion en vol entre en collision avec un autre avion;

• un avion s’écrase ou représente un danger imminent en raison de problèmes mécaniques ou d’une erreur humaine;

• un avion s’écrase au décollage, alors qu’il est en croisière ou à l’atterrissage;

• un avion entre en collision avec un objet au sol ou en plein vol;

• deux avions entrent en collision alors qu’ils transitent ou circulent au sol.

Une situation d’urgence liée au transport aérien peut comporter des dangers secondaires comme des incendies et des explosions. Si une structure est touchée, elle peut également s’effondrer.

Selon Transports Canada, une moyenne de 262 accidents mettant en cause un avion canadien (à l’exception des aéronefs ultra-légers) surviennent chaque année. Les accidents d’avion causent environ 49 décès par année au Canada (Transports Canada, 2009).

Transport maritime

Les situations d’urgence liées au transport maritime peuvent découler des circonstances suivantes :

Les principaux accidents maritimes sont les suivants :

• un navire entre en collision avec un autre navire ou un objet marin;

• un navire chavire, dérive ou coule;

• un navire traverse un phénomène météorologique violent qui l’endommage ou l’inonde;

• un incendie ou une explosion survient à bord d’un navire;

• un navire frappe la terre, de la glace ou un rocher et subit des dommages ou s’échoue;

• un navire subit des dommages qui compromettent sa sécurité;

• un navire est inondé.

Au cours des dernières années, les situations d’urgence liées au transport maritime sont devenues moins fréquentes en raison des avancées en matière de prévisions météorologiques, de technologie et de sécurité. Selon Transports Canada (2009), il se produit annuellement 390 accidents et 21 décès liés au transport maritime.

Transport ferroviaire

Les urgences liées au transport ferroviaire peuvent découler des circonstances suivantes :

• un train déraille pour une raison quelconque;

• un train entre en collision avec un autre train ou objet;

• problèmes relatifs à la voie ferrée : flambage, bris ou géométrie de la voie;

• problèmes relatifs à l’équipement : roue brisée, défaillance des roulements, des essieux ou des composantes;

• problèmes relatifs à l’exploitation ferroviaire : violation des normes d’exploitation, erreur technologique ou humaine.

En 2009, Transports Canada signalait une moyenne de 1 300 accidents ferroviaires et de 91 décès liés à ce type d’accident.

Transport routier

Les situations d’urgence liées au transport routier peuvent découler des circonstances suivantes :

• collision avec un objet;

• collision mettant en cause d’autres véhicules;

• mauvaises conditions routières;

• erreur humaine ou technologique;

• conduite avec facultés affaiblies.

Bien que les situations d’urgence de grande envergure liées au transport soient plutôt rares, on dénombre chaque année des milliers de petits accidents de la route. Dans les cas graves, il arrive que les services locaux d’urgence demandent une aide provinciale, mais ils sont habituellement en mesure d’intervenir.

Énoncé des risques provinciaux

Transport aérien

Figure 13. Transport aérien.

Remarque : Les routes aériennes sans escale sont représentées sur la carte sous forme d’une distance en ligne droite entre deux aéroports et non comme une route de navigation réelle. Atlas du Canada (2010b)

Des milliers d’avions transitent par l’Ontario chaque jour. Malgré l’important volume de circulation aérienne, les incidents liés au transport aérien mettant en cause un grand nombre de personnes sont plutôt rares. Néanmoins, un accident aérien peut faire de nombreux blessés et même des victimes. Le nombre de personnes touchées dépend de la taille de l’avion, du nombre de passagers et de membres d’équipage, de la vitesse de l’avion, de l’endroit où l’accident se produit et du nombre d’habitants de cet endroit. Par exemple, un incident qui se produit dans une zone où il y a de nombreux immeubles ou structures peut causer d’importants dommages et même la destruction complète de ces derniers. Les infrastructures essentielles risquent également de subir des dommages. Cependant, en raison de la taille de l’appareil et de la quantité de carburant à son bord, les incidents liés au transport aérien sont généralement localisés.

Les statistiques canadiennes des événements aéronautiques indiquent qu’il est important de tenir compte de la phase de vol pour déterminer le niveau de risques d’accident. Les accidents à l’atterrissage représentent 35 % du nombre total d’accidents d’avion, et les accidents au décollage comptent pour 24 %.

Puisqu’un pourcentage élevé des écrasements se produit au décollage et à l’atterrissage, les régions développées qui sont voisines des principaux aéroports ou qui se trouvent sous les trajectoires de vol sont plus vulnérables à ce danger (GSUO, 2005).

Transport Routier

Figure 14. Transport routier

Sur les routes achalandées de l’Ontario, des incidents se produisent régulièrement. Néanmoins, il est rare que les services d’urgence locaux demandent du renfort, car ils sont habituellement en mesure d’intervenir.

Composante indispensable de l’infrastructure essentielle, le réseau routier est vulnérable aux fermetures lorsque survient un accident grave, un déversement, du mauvais temps, un glissement de terrain, un séisme ou même un bris sur un pont. Si un grave accident survient sur une route isolée dans le Nord de l’Ontario, il sera difficile pour les secours de s’y rendre. Les routes sont essentielles pour assurer le bien-être de la population, plus particulièrement dans les collectivités isolées qui comptent sur les livraisons de nourriture, d’eau et d’autres fournitures médicales vitales. Certaines routes servent également aux évacuations à l’occasion.

En 2004, des 231 548 collisions qui ont été déclarées aux termes du Code de la route de l’Ontario, seulement 1 % ont fait des victimes, 27 % ont causé des blessures et 73 % ont provoqué des dommages matériels (MTO, 2007).

Transport ferroviaire

Figure 15. Transport ferroviaire

L’industrie ferroviaire ontarienne est très réglementée, et le bilan de la province en matière de sécurité montre un recul du nombre d’accidents et de décès. Les graves déraillements de train de passagers sont assez rares, et très peu d’accidents de ce type ont causé le mort de passagers. La gravité des incidents de transport ferroviaire varie en fonction du nombre de personnes à bord, de la vitesse du train, de l’endroit où l’incident se produit (région habitée ou non), du nombre de voitures ou de wagons en cause et du type de marchandise transportée, de même que si l’incident occasionne des dommages matériels ou non et s’il force l’évacuation des environs. Les probabilités d’un accident ferroviaire mettant en cause des passagers sont plus élevées dans les collectivités traversées par des lignes principales et des trains de banlieue.

Les accidents de train de passagers produisent un effet traumatisant dans la population puisqu’ils font de nombreux morts ou blessés et occasionnent des dommages matériels. De nombreux facteurs ont contribué à la diminution du nombre total de déraillements de trains au Canada, comme les progrès technologiques, l’amélioration des méthodes d’exploitation et la mise en place de programmes rigoureux d’inspection et d’exécution de la réglementation (GSUO, 2005).

Transport maritime

Figure 16. Transport maritime.

L’histoire maritime de l’Ontario a été marquée par de nombreux accidents, dont plusieurs avaient un lourd bilan de victimes. Heureusement, les nombreux dangers associés au transport maritime aux XIXe et XXsiècles se sont atténués, notamment grâce aux améliorations de la technologie de navigation, de la construction navale, de l’équipement de sécurité et des prévisions météorologiques en mer, qui sont maintenant plus précises. En outre, au Canada, la sécurité maritime est réglementée par des mesures régissant la formation des employés, les qualifications des exploitants d’embarcations, les inspections, la sécurité, les navires inférieurs aux normes et la non-conformité aux règlements.

L’Ontario partage des voies navigables d’une importance capitale avec d’autres provinces et les États-Unis. La province adapte également son infrastructure maritime aux besoins d’une industrie en pleine croissance, celle des gros navires de charge voyageant en mer ou sur les lacs, de même que des bateaux de croisière internationaux. La gravité d’une éventuelle catastrophe maritime dépendrait du nombre de passagers et de membres d’équipage à bord, des caractéristiques de la cargaison et de la capacité d’intervention en cas d’urgence. L’erreur humaine (et la négligence) est un important facteur de risque découlant de l’augmentation du trafic maritime (GSUO, 2005).

Étude de cas - Déraillement de train à Brantford, 2002

Le 16 novembre 2002, un train est entré en collision avec un camion-remorque à Brantford. Le conducteur du camion est décédé. La force de la collision a fait dérailler huit wagons qui ont glissé sur un remblai voisin d’un quartier habité. Comme les wagons contenaient un résidu de butylène et du butane, 120 personnes ont été évacuées du secteur immédiat pendant deux jours à titre préventif.

(Base de données canadienne sur les désastres, 2005)

Dangers d’origine humaine

Les dangers d’origine humaine sont des dangers découlant directement d’une action ou d’une inaction d’un être humain, qu’elle soit intentionnelle ou non. Entrent notamment dans cette catégorie les dangers découlant de problèmes dans la structure organisationnelle d’une entreprise, d’un gouvernement, etc.

Désordre civil

Définition

Désordre causé par un ou plusieurs groupes de personnes qui, sciemment, ne respectent pas une loi, un règlement ou une règle et perturbent le fonctionnement d’une entreprise, d’un organisme ou d’une collectivité dans le but de faire connaître leur cause, leur préoccupation ou leurs objectifs.

Description

Les situations d’urgence de grande envergure provoquées par un désordre civil sont rares. Leurs causes potentielles sont notamment les suivantes :

• pénuries de ressources;

• rencontres très médiatisées ou controversées;

• victoire ou défaite d’une équipe sportive;

• conflits de travail virulent;

• tenue d’un événement d’envergure locale, nationale ou internationale;

• application de lois, de politiques ou de décisions judiciaires controversées;

• désaccord entre des groupes d’intérêt spéciaux à l’égard d’un problème ou d’une cause en particulier.

Le désordre civil peut prendre diverses formes :

• petits ou grands groupes perturbant les activités et les services publics normaux;

• groupes qui bloquent ou entravent intentionnellement l’accès à des immeubles, à des routes ou à d’autres emplacements;

• attaques perpétrées à l’endroit de personnalités publiques, de policiers ou d’employés de sécurité;

• émeute lors de laquelle des biens sont détruits et la population, menacée.

Le désordre civil est généralement causé par un groupe constitué de trois catégories de personnes : les spectateurs et participants non violents, les curieux et un petit sous-groupe actif et potentiellement violent. Le sous-groupe potentiellement violent est beaucoup moins nombreux que le groupe principal (GSUO, 2005). Même si, généralement, une faible proportion des gens présents à un rassemblement ont l’intention, dès le départ, de prendre part à des activités violentes, la propension à des comportements violents peut se propager rapidement au sein d’un groupe en raison d’un phénomène psychologique que l’on appelle « personnalité de foule ». Le fait de se retrouver dans un groupe amplifie toute la gamme d’émotions ressenties par les personnes qui en font partie, allant de la joie à la colère. Il est possible qu’un petit nombre de personnes qui a l’intention d’inciter à la violence façonne et influence la personnalité de la foule (Cocks, 1999).

Un désordre civil peut être statique ou dynamique. Si le groupe de personnes concernées demeure dans une zone précise, il est considéré comme statique. Dans ce cas, il est possible de prendre des mesures de sécurité publique, par exemple en désignant des installations de premiers soins, en déviant les couloirs de transport et en prévoyant des itinéraires d’évacuation (Cocks, 1999). Un désordre civil est qualifié de dynamique lorsque le groupe se déplace d’un endroit à un autre en empruntant un trajet prévisible ou non. S’il est impossible de prévoir où le groupe se dirigera, l’adoption de certaines mesures de sécurité publique n’est peut-être pas une option envisageable.

Le nombre de groupes qui participent à la manifestation et les relations qui les unissent peuvent avoir une grande incidence. Un désordre civil peut être attribuable à un seul groupe ou à deux ou plusieurs groupes qui entretiennent des relations hostiles. Si la police intervient pour séparer les groupes, cela signifie qu’un autre groupe s’ajoute à la foule.

Énoncé des risques provinciaux

De nombreux désordres civils sont survenus en Ontario par le passé. La plupart des désordres de grande ampleur se produisent dans les villes densément peuplées, comme Ottawa et Toronto. On dénombre en moyenne 700 manifestations par année à Ottawa et plusieurs centaines à Toronto. La majorité de celles-ci sont motivées par des intentions pacifiques et ne représentent pas une menace à la sécurité publique (GSUO, 2005). Dans les petites localités, les risques de désordre civil sont beaucoup plus faibles. Contrairement à la plupart des autres dangers, les désordres civils doivent être gérés prudemment et de manière à assurer l’équilibre entre la sécurité publique et la préservation des droits et des libertés de la personne garantis par la Charte canadienne des droits et libertés. Les désordres civils ne sont pas déclenchés uniquement lors d’événements locaux ou nationaux; de plus en plus, dans notre village mondial, les incidents survenant à l’étranger tendent à provoquer le désordre civil.

Lorsqu’un désordre civil survient, il est possible que les participants, les policiers, les forces de sécurité, les passants et d’autres personnes se trouvant dans les environs immédiats subissent des blessures. Les types de blessures dépendent du degré auquel le désordre civil escalade. Si la situation demeure relativement calme, il est possible qu’il n’y ait aucune blessure. Par contre, lors d’un désordre violent, par exemple, si certaines personnes lancent des objets trouvés dans les environs comme des bouteilles et des pavés, certaines personnes peuvent subir des lacérations et des contusions. La violence d’un désordre civil escalade si les participants décident d’apporter des objets pour causer délibérément des dommages ou des blessures, par exemple des bâtons de bois, des lances ou des machettes. Dans ce cas, les participants risquent de subir des coupures profondes. En outre, le désordre civil peut s’aggraver encore plus si les participants apportent des objets qu’ils ont l’intention d’utiliser comme armes chimiques (p. ex., acide sulfurique, ammoniac) ou comme dispositifs incendiaires, tels que des cocktails Molotov. Certaines blessures peuvent être attribuables à l’utilisation d’agents antiémeutes, sans compter que ces derniers risquent de contaminer les professionnels de la santé lorsqu’ils prodiguent des soins aux personnes touchées.

Les dommages matériels, plus particulièrement subis par des commerces, sont la répercussion la plus commune associée au désordre civil. Selon la cause ou le motif du désordre, il est possible que des entreprises particulières soient ciblées. Par exemple, il peut arriver que des manifestants s’en prennent à des franchises de grandes chaînes internationales qui, selon eux, ont des pratiques commerciales ou de fabrication malhonnêtes. Certaines installations ou zones sont parfois plus à risque de subir les contrecoups d’un désordre civil, suivant la cause et les motifs du désordre. En raison des activités qui s’y déroulent, les bureaux des administrations municipales et des gouvernements provinciaux et fédéral, les bâtiments connus, les universités, les installations de détention et plusieurs autres lieux sont plus à risque d’être touchés par des désordres civils.

Les incidents liés à un désordre civil peuvent avoir d’importantes répercussions sur le secteur de la santé. Il peut être impossible d’accéder aux hôpitaux et aux cliniques si le désordre civil a lieu dans les environs, ou, encore, les troubles risquent de provoquer un accroissement soudain du nombre de personnes ayant besoin de soins médicaux. Par conséquent, le secteur de la santé doit établir des plans d’urgence en cas de désordre civil.

Étude de cas - Manifestations du Sommet du G20, 2010

Le Sommet du G20 de 2010 a eu lieu au centre-ville de Toronto. Même si la majorité des manifestations qui s’y sont déroulées étaient pacifiques, une très petite minorité a provoqué un désordre civil. Ces personnes ont eu recours à des tactiques du black bloc pour causer des dommages et inciter à la violence. Ils ont brisé des fenêtres et des vitrines de commerces, notamment de banques, de magasins de détail et de franchises de restauration rapide, et ont mis le feu à plusieurs voitures de police. Un périmètre a été bouclé autour de quatre grands hôpitaux, plusieurs hôtels et un grand centre commercial situés près des manifestations violentes. Les trajets de transport en commun ont été suspendus ou modifiés.

(GSUO, 2010)

Cyberattaque

Définition

Infraction criminelle ayant l’ordinateur pour objet ou pour instrument de perpétration principal (Collège canadien de police, 2010).

Description

La cyberattaque est un danger relativement récent. À mesure que la dépendance de la société envers la technologie et les systèmes informatiques s’accentue, les risques de cyberattaques s’accroissent également. La technologie informatique est utilisée pour assurer le fonctionnement de divers services importants allant des installations de traitement de l’eau jusqu’aux transactions opérationnelles, en passant par le réseau d’alimentation en énergie.

Les cyberattaques peuvent se diviser en deux catégories très générales en fonction de l’utilisation des ordinateurs, des réseaux et des programmes :

1) l’ordinateur est l’instrument de perpétration du crime;

2) l’ordinateur est l’objet du crime.

(Kowalski, 2002)

Les crimes traditionnels, tels que la fraude, qui ont été adaptés pour intégrer l’usage de la technologie informatique, se rangent dans la première catégorie. La deuxième catégorie se rapporte aux crimes émergents, comme la propagation de virus informatiques.

Les cyberattaques peuvent prendre les formes suivantes :

• piratage ou utilisation non autorisée de systèmes et réseaux informatiques (y compris ceux des infrastructures essentielles);

• virus informatiques et logiciels espions;

• utilisation d’un ordinateur pour voler des renseignements;

• fraude (y compris le vol d’identité et de renseignements bancaires);

• harcèlement;

• altération, modification ou suppression de sites Web;

• obtention de documents confidentiels.

(Kowalski, 2002)

Les cyberattaques constituent une préoccupation croissante tant sur le plan national qu’international. Même en l’absence de données sur le nombre de cyberattaques perpétrées chaque année, et même si beaucoup d’entre elles ne sont pas signalées, on estime que leur nombre augmente. Certaines attaques ne sont pas signalées parce que la victime n’est pas consciente de l’attaque, parce que les renseignements volés sont confidentiels, parce que de nombreux organismes d’application de la loi dans le monde ne sont pas dotés de l’équipement nécessaire pour contrer les cyberattaques, ou pour plusieurs autres raisons encore. Une cyberattaque peut être commise par une personne seule, un groupe, un organisme ou même un gouvernement.

En raison de la diffusion des connaissances sur l’informatique et le Web, Internet est maintenant accessible dans plus de 200 pays, ce qui constitue l’un des principaux obstacles à la prévention des cyberattaques et à la poursuite en justice des coupables (Kowalski, 2002). Il est possible de lancer une cyberattaque ciblant des ordinateurs, des réseaux et des systèmes partout dans le monde à partir de n’importe quel endroit doté d’un service téléphonique. Il peut être extrêmement difficile de trouver le ou les coupables, puisque les pistes remontent parfois à plusieurs pays différents, sans compter qu’il est facile pour les coupables d’utiliser de fausses identités.

Énoncé des risques provinciaux

Une grande partie des réseaux des infrastructures essentielles et des entreprises de l’Ontario dépend largement de la technologie informatique. La gravité des répercussions dépend du type de cyberattaque et de la cible. Par exemple, une cyberattaque pourrait avoir d’importantes répercussions financières pour une entreprise ou un organisme. Une attaque visant le marché boursier entraînerait des répercussions financières de grande envergure, alors qu’une attaque contre une infrastructure essentielle pourrait la rendre hors service et empêcher des milliers de personnes d’y avoir accès. Sans compter que les renseignements humains obtenus au moyen d’une cyberattaque pourraient être utilisés pour prolonger la durée de l’incident ou accroître son impact.

Le Canada participe activement au développement de la technologie de l’information et à la lutte contre les cyberattaques. Il est également l’un des premiers pays à avoir élaboré des lois contre les cyberattaques.

Étude de cas internationale

Stuxnet, 2009

Stuxnet est un ver informatique qui s’attaque à des systèmes industriels précis et qui semble avoir été conçu spécialement pour cibler des systèmes d’acquisition et de contrôle des données. Il s’agit du premier ver informatique capable de transmettre des renseignements sur des systèmes industriels et de les reprogrammer. C’est également le premier ver contenant des programmes malveillants furtifs capables de reprogrammer les automates programmables industriels. Stuxnet se démarque également en ce qu’il semble avoir été conçu grâce au « soutien fourni par un État » (Kaspersky Lab, 2010).

Selon les hypothèses, ce ver visait les installations nucléaires de l’Iran, plus particulièrement l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz. Même si, au départ, on affirmait que Stuxnet n’avait causé aucun dommage, l’Iran a confirmé, le 29 novembre, que son programme nucléaire avait été endommagé par ce ver.

(Symantec, 2010)

Sabotage

Définition

Acte visant à endommager, à détruire, à compromettre, à altérer ou à entraver un bien public ou privé, de la machinerie, une entreprise ou l’environnement dans l’intention de causer un préjudice.

Description

Le sabotage peut prendre les formes suivantes :

• endommagement ou destruction d’un bien, de ressources ou de machines;

• recours à la force ou aux menaces;

• crime haineux (intimidation fondée sur l’appartenance ethnique, la religion ou le sexe);

• altération d’un produit ou d’un processus;

• publication d’information confidentielle et délicate.

Le sabotage peut prendre la force d’une menace interne ou externe pour la collectivité, l’organisme ou le gouvernement visés. Les menaces internes sont les actes de sabotage perpétrés par un employé ou une autre personne ayant un accès systématique aux installations (tandis que l’accès du grand public est contrôlé), à l’emplacement ou à l’objet ciblés. Une menace externe vient d’une personne qui n’a pas accès aux installations, à l’emplacement ou à l’objet ciblés (Baybutt et Ready, 2003).

Les motifs d’un acte de sabotage peuvent être les suivants :

• intention criminelle;

• publicité pour une cause;

• reconnaissance organisationnelle et idéologique;

• revanche pour une injustice perçue;

• cause politique, religieuse ou idéologique;

• perturbation des opérations.

(GSUO, 2005)

Les actes de sabotage internes sont souvent motivés par des injustices perçues ou des conflits de travail, tandis que les actes de sabotage externes le sont plus souvent par des intentions politiques, religieuses ou idéologiques (Baybutt et Ready, 2003).

Énoncé des risques provinciaux

Le sabotage est mentionné dans la Loi sur le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) de 1984. Les installations gouvernementales, les infrastructures essentielles, les entreprises et les organismes sont des cibles potentielles. Le sabotage représente un danger plus grand dans les localités industrielles densément peuplées, étant donné qu’un plus grand nombre de personnes risquent d’être touchées et que les médias y sont plus présents, et en raison de l’emplacement. Le sabotage industriel est un danger particulièrement important pour les installations qui fabriquent, stockent ou utilisent des matières dangereuses ainsi que certaines industries telles que celles de l’énergie et de l’eau (GSUO, 2005).

Le sabotage peut causer des décès, des blessures, ainsi que des dommages matériels et financiers. Il peut également perturber les activités de l’entreprise, de l’infrastructure, de l’organisme ou du gouvernement ciblé. La perte de confiance du public envers le gouvernement et les services de sécurité est une autre conséquence possible. Plus rarement, un acte de sabotage peut poser une menace pour la sécurité nationale ou avoir une incidence négative sur le programme politique ou social du gouvernement. Cependant, la majorité des actes de sabotage ne représente pas une menace à la sécurité publique et n’entraîne aucune conséquence grave.

Étude de cas internationale

Sabotage des communications dans le comté de Santa Clara (États-Unis), 2009

En 2009, le comté de Santa Clara, aux États-Unis, a été forcé de déclarer l’état d’urgence lorsque les lignes à fibres optiques ont cessé de fonctionner en raison d’un sabotage. Les lignes ont été sectionnées à quatre endroits différents, ce qui a amené les agents de police à affirmer qu’il s’agissait de l’œuvre de quelqu’un possédant une expertise dans le domaine des fibres optiques. Des dizaines de milliers de clients ont été privés de services téléphoniques et d’Internet à cause de ce sabotage.

Les intervenants de première ligne ont dû adopter une nouvelle stratégie puisqu’en raison de l’interruption des services téléphoniques, aucun appel ne pouvait être fait au 911. Certaines parties du système ont été redirigées, et les premiers intervenants ont utilisé des radios bidirectionnelles et se sont positionnés de façon stratégique dans les localités touchées.

La panne a également eu des répercussions importantes sur les entreprises puisqu’il était impossible d’effectuer des paiements par carte de crédit ou de débit, à moins que le dispositif ne soit connecté par satellite. De nombreuses banques ont dû fermer, et les guichets automatiques bancaires étaient hors service.

Les écoles étaient sur le pied d’alerte puisqu’elles n’étaient pas en mesure de communiquer avec les parents ou les services d’urgence en cas de problème (Santa Cruz Sentinel, 2010).

Événement spécial

Définition

Activité licite non courante habituellement planifiée qui attire un grand nombre de personnes. Ces activités sont notamment des concerts, des événements publics et des événements auxquels assistent des personnalités publiques connues ou des dignitaires canadiens et étrangers.

Description

Des centaines d’événements se déroulent sans problème (ou très peu) et ne représentent pas une menace à la sécurité publique. Néanmoins, il peut arriver à l’occasion qu’un événement soit considéré comme un danger s’il :

• est inhabituel;

• pèse lourdement sur les ressources de la collectivité;

• réunit un grand nombre de personnes;

• nécessite une planification, une préparation et des mesures d’atténuation supplémentaires.

(FEMA, 2010)

Les événements spéciaux présentent un risque d’incidents et constituent des occasions pour les criminels et les terroristes de perpétrer un crime, car ils attirent les foules, l’attention des médias et des personnalités politiques et culturelles. Selon le type et l’ampleur de l’événement, il peut être nécessaire de demander l’aide des organismes d’application de la loi ou du domaine des travaux publics, de la santé publique, du système de santé et autres.

Les événements spéciaux sont organisés pour diverses raisons, que ce soit dans un but festif ou en raison de préoccupations politiques ou mondiales.

Voici quelques exemples d’événements spéciaux :

• événements aériens (p. ex., spectacles aériens, festivals de montgolfières);

• événements aquatiques (p. ex., courses de bateaux, compétitions de surf);

• concerts;

• congrès;

• festivals (p. ex., festivals de musique, festivals artistiques);

• événements motorisés (p. ex., courses automobiles, démonstrations de motocyclette);

• rassemblements politiques (p. ex., manifestations, visites de dignitaires);

• événements sportifs (p. ex., marathons, championnats mondiaux);

• événements spontanés ou non planifiés (p. ex., célébrations à la suite d’un championnat sportif, manifestations après une décision judiciaire controversée).

Certains facteurs sont communs à tous les événements spéciaux :

• convergence de milliers de personnes (parmi lesquelles se trouvent des groupes vulnérables, comme les enfants) vers un lieu central;

• nécessité d’assurer une sécurité accrue;

• besoins supplémentaires en matière de transport, de santé et de sécurité;

• forte présence médiatique;

• la plupart sont prévus des mois, voire des années à l’avance.

(GSUO, 2010)

Les événements spéciaux peuvent représenter une menace à la sécurité publique en raison de divers facteurs :

• l’afflux d’un nombre de personnes supérieur à la capacité de l’infrastructure, ce qui nécessite des services de santé publique, des mesures sanitaires, de l’eau, de la nourriture, de l’hébergement, des services de transport, un contrôle de la circulation, des mesures de sécurité et des ressources policières et médicales supplémentaires;

• la dynamique imprévisible de la foule;

• de mauvaises conditions météorologiques, puisqu’il est souvent difficile de s’abriter lors d’événements spéciaux tenus à l’extérieur;

• la création d’un contexte où des crimes de situation peuvent être perpétrés par des personnes ou des groupes;

• certaines personnes ayant des intentions violentes sont attirées par ce genre d’événement;

• une forte concentration de personnes peut augmenter le risque de transmission de maladies transmissibles et d’épidémies.

(GSUO, 2005 et MSSLD, 2010)

Énoncé des risques provinciaux

Chaque année, une foule d’événements sont organisés dans les collectivités de toute la province. La vaste majorité de ceux-ci se déroule sans heurt majeur et sans mettre en péril la sécurité publique. Comme ces événements spéciaux sont habituellement planifiés des mois, voire des années à l’avance, des plans d’urgence et des lieux de secours sont mis en place avant l’événement, et les ressources nécessaires sont affectées.

Certains facteurs ou certaines actions peuvent déclencher la panique ou des ruées dans la foule. Un mouvement de panique se caractérise par la fuite d’un groupe de personnes en réaction à une menace réelle ou perçue, alors qu’une ruée est un phénomène temporaire et de courte durée durant lequel un groupe de personnes se précipitent et se font compétition pour atteindre une personne ou un objet convoité (FEMA, 2010). Ces phénomènes peuvent être déclenchés par :

• des facteurs opérationnels (p. ex., annulation d’un spectacle);

• les conséquences de l’événement (p. ex., bruit, fumée);

• des actes lors du spectacle (p. ex., paroles de chanson violentes);

• les agissements des spectateurs (p. ex., consommation d’alcool et de drogues);

• des facteurs relatifs à la sécurité (p. ex., usage d’une force excessive);

• des facteurs sociaux (p. ex., rivalités entre des équipes);

• la météo (p. ex., orage);

• une catastrophe naturelle (p. ex., séisme);

• une catastrophe d’origine humaine (p. ex., défaillance structurelle).

(FEMA, 2010)

Lors d’un mouvement de panique ou d’une ruée, il est possible que certaines personnes ne puissent s’écarter à temps et risquent d’être bousculées ou piétinées. Ces phénomènes peuvent donc causer des blessures (principalement par écrasement ou traumatisme contondant) et même des décès. Les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes de petite constitution courent plus de risques de subir des blessures lors de ces événements. La présence d’une foule nombreuse favorise les vols et le vandalisme puisque le coupable peut se fondre rapidement dans la foule pour s’évader.

Étude de cas

Jeux olympiques d’hiver, 2010

Les Jeux olympiques d’hiver de 2010 se sont déroulés du 12 au 28 février 2010 à Vancouver. Avant cet événement multisports international a eu lieu le Relais du flambeau olympique, une course de 106 jours d’un bout à l’autre du Canada durant laquelle 12 000 coureurs, dont de nombreuses célébrités, se sont relayés pour porter le flambeau. Environ 5 000 athlètes et officiels, 10 000 membres des médias, 14 000 bénévoles et 2,3 millions de spectateurs ont assisté à cet événement. Pour accueillir un si grand nombre de personnes, il a fallu effectuer une planification et une préparation considérables, apporter des améliorations à l’infrastructure et prendre des mesures de sécurité de grande envergure.

(Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, 2010).

Terrorisme et incidents CBRNE

Définition

Utilisation intentionnelle de matières chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires ou explosives (CBRNE) dans le but de causer un préjudice à des personnes, à des biens, à une entreprise ou à l’environnement. Elles peuvent être transformées en armes ou non.

Description

Les termes « incident CBRNE » et « incident lié à des matières dangereuses » sont parfois employés pour désigner un incident lors duquel des matières dangereuses sont libérées ou potentiellement libérées. Aux fins du présent document, une distinction a été établie entre ces deux termes. Les incidents liés aux matières dangereuses sont le rejet non intentionnel d’une matière dangereuse, tandis que les incidents CBRNE sont intentionnels. L’intervention humaine associée aux incidents CBRNE rend ce genre de situation beaucoup plus complexe et imprévisible qu’un incident lié à des matières dangereuses.

Les incidents CBRNE prennent notamment les formes suivantes :

• attentats terroristes;

• empoisonnement, infection ou ciblage intentionnel d’une personne ou d’un petit groupe au moyen d’une explosion planifiée pour des raisons non politiques;

• actes criminels tels que le rejet intentionnel de matières dangereuses afin d’éviter les amendes ou de contourner les exigences réglementaires (Stokes, 2010).

Les attaques peuvent prendre les formes suivantes :

• chimique;

• biologique;

• radiologique;

• nucléaire (y compris l’impulsion électromagnétique);

• explosion.

Les répercussions d’un incident CBRNE dépendent :

• de la matière utilisée;

• de la quantité de matière utilisée;

• de la méthode de dispersion;

• du nombre de matières CBRNE différentes utilisées

• de l’endroit (aire ouverte ou fermée)

• des conditions météorologiques;

• de la densité de la population;

• de la durée de l’exposition;

• du temps écoulé avant l’apparition des symptômes;

• du temps écoulé avant que la matière soit identifiée.

(CDC, 2010)

Les incidents CBRNE peuvent avoir les conséquences suivantes :

• impacts psychosociaux négatifs;

• risque de pertes massives, de décès et de maladie;

• problèmes de santé chroniques;

• création d’un environnement dangereux;

• incertitude quant à la matière utilisée;

• utilisation potentielle d’une combinaison de matières CBRNE au même moment ou à des moments différents;

• nécessité immédiate d’une intervention médicale, de systèmes de décontamination et de produits pharmaceutiques spécialisés;

• nécessité d’utiliser du matériel de détection.

(The Centre for Excellence in Emergency Preparedness, 2010)

Énoncé des risques provinciaux

Les incidents CBRNE qui sont les plus susceptibles de survenir sont ceux qui mettent en cause des agents explosifs. D’ailleurs, il est facile de trouver sur Internet des instructions pour fabriquer des engins explosifs. Ces derniers n’ont pas besoin d’être particulièrement sophistiqués pour causer d’importants dommages. De nombreux ingrédients entrant dans la fabrication d’engins explosifs sont utilisés dans la vie courante et faciles à obtenir. Il va sans dire que l’achat de ces substances en grande quantité risque d’éveiller les soupçons, mais l’achat de petites quantités à différents endroits sur une certaine période peut passer inaperçu.

Il peut être difficile de disperser efficacement des armes chimiques et biologiques dans le but d’exposer le plus grand nombre de personnes possible. La dispersion de ces armes peut être grandement influencée par la direction et la vitesse du vent et la durée de vie de la substance dans un milieu ouvert. Cependant, une arme chimique ou biologique lancée dans un endroit fermé où se trouve un grand nombre de personnes pourrait causer de nombreux décès et blessures, selon le type et la quantité de substance utilisée. Cependant, ce type d’attaque nécessiterait probablement davantage de planification, de temps et de perfectionnement qu’un engin explosif ayant un plus grand potentiel de causer des blessures et des décès. Un incident chimique ou biologique est une attaque déguisée, et les probabilités que son auteur s’échappe sans qu’il soit repéré sont beaucoup plus élevées.

L’incident nucléaire est le moins probables de tous les types d’incident CBRNE. Un engin nucléaire aussi perfectionné que ceux qu’utilise l’armée nécessiterait une grande quantité de matières nucléaires, et un engin moins sophistiqué nécessiterait une quantité encore plus grande pour fonctionner. Les pays et les installations nucléaires font un suivi de leur utilisation de matières nucléaires, et toute perte risque d’être remarquée et signalée. Cependant, il n’est pas impossible d’obtenir des matières nucléaires autrement.

Des 175 cas de trafic de matières nucléaires répertoriés par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), 18 mettaient en cause de petites quantités d’uranium très enrichi et de plutonium. En 1992, il y a eu une tentative de vol de 1,5 kg d’uranium très enrichi à l’Institut scientifique Luch en Russie (Gottemoeller, 2010).

En date de mai 2010, on répertoriait un seul incident CBRNE en Ontario (BCI, 2010). En 1942, une usine de Toronto fabriquant des composantes de missiles de croisière a été bombardée par le groupe Action directe, faisant dix blessés. Cependant, d’autres attaques planifiées dans le passé sont devenues publiques. Par exemple, en 2006, un groupe surnommé le « Toronto 18 » prévoyait attaquer au moyen d’explosifs la Bourse de Toronto, les bureaux de la rue Front du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et une base militaire située près de l’autoroute 401 entre Toronto et Ottawa. Les membres du groupe ont été arrêtés par la police avant qu’ils ne mettent leur plan à exécution.

Il est possible que le risque d’incidents CBRNE intentionnels soit plus élevé pour l’Ontario que pour les autres provinces et territoires. Ottawa, la capitale nationale, et Toronto, la capitale économique du Canada, sont deux villes de l’Ontario qui pourraient être la cible d’attaques, ainsi que leurs monuments et infrastructures, comme la Tour CN et les transports en commun. Les neuf localités situées près des frontières courent également plus de risques d’être touchées par des incidents CBRNE.

L’infrastructure de transport des villes qui offrent d’importants services de transport collectif et qui dépendent fortement de ces réseaux peut également être à risque. Une attaque contre un système de transport en commun dont la population est lourdement tributaire peut paralyser une ville entière. Le 7 juillet 2005, des bombes ont explosé en pleine heure de pointe à Londres. Il s’agissait d’attentats coordonnés visant le système de transport collectif : trois bombes ont explosé dans le métro et une dans un autobus, faisant 52 victimes (sans compter les auteurs des attentats) et environ 700 blessés. Les attentats CBRNE peuvent causer des bilans encore plus lourds lorsqu’ils sont perpétrés dans un endroit fermé où se masse une foule. Des réseaux ferroviaires, plus particulièrement des métros de grande ville, ont fait l’objet d’attentats au cours des dernières années. En mars 2010, deux kamikazes ont fait exploser des bombes dans deux stations de métro de Moscou, tuant 35 personnes et en blessant beaucoup d’autres. En Amérique du Nord, aucun attentat contre les transports collectifs n’a été réussi. Un complot visant à faire exploser des bombes dans trois stations de métro à New York a été déjoué en septembre 2009 par la police.

Étude de cas - Le Toronto 18, 2006

Au terme de longues enquêtes menées par le SCRS et la GRC, 14 adultes et 4 jeunes ont été arrêtés en 2006. Une opération d’infiltration élaborée a permis de clore cette enquête, qui s’est soldée par une première série d’arrestations effectuées par des unités tactiques armées de mitraillettes.

Le plan consistait à faire exploser des bombes fabriquées à partir d’engrais et placées dans des camions U-Haul dans des endroits comme la Tour CN, la Bourse de Toronto, les bureaux du SCRS à Toronto ainsi qu’une base militaire située le long de l’autoroute 401.

Le Toronto 18 est la première cellule terroriste formée au Canada à être accusée aux termes des dispositions législatives antiterroristes. Quatre adultes et trois jeunes ont vu leurs accusations suspendues. Le groupe était dirigé par Fahim Ahmad et Zakaria Amara. Sept adultes ont plaidé coupable, y compris Ahmad et Amara. Tous les autres accusés ont été condamnés.

(The Toronto Star, 2010)

État de guerre et situation de crise internationale, provinciale ou territoriale

Définitions

Situation de crise internationale : Urgence qui touche le Canada et au moins un autre pays et qui nécessite une gestion et une intervention conjointes de ces pays.

Situations de crise provinciale ou territoriale : Urgence qui touche l’Ontario, mais qui survient dans une autre province ou un territoire et qui nécessite une gestion et une intervention conjointes des provinces et territoires concernés.

État de guerre : Guerre réelle ou imminente ou tout autre conflit armé qui touche le Canada ou un de ses alliés, d’une ampleur suffisante pour constituer une situation d’urgence nationale.

Description

Les guerres et les crises internationales sont des situations gérées par le gouvernement fédéral puisque les relations extérieures relèvent de sa compétence. La province doit prendre en main la gestion des effets découlant de la situation. Une situation de crise internationale ne résulte pas nécessairement d’un conflit armé. Il peut s’agir d’un événement qui nécessite une gestion et une intervention conjointe dans les pays concernés ou dans les eaux internationales.

Une situation de crise provinciale ou territoriale peut être coordonnée à l’échelle territoriale ou provinciale. Si les répercussions ou les conséquences potentielles sont jugées particulièrement graves, il peut arriver que ce soit le gouvernement fédéral qui s’en occupe.

Énoncé des risques provinciaux

Le climat politique mondial change constamment, et la menace d’une guerre ou d’un conflit international existe en tout temps. Une déclaration de guerre n’importe où dans le monde pourrait avoir une incidence sur le Canada et l’Ontario. Les répercussions possibles varient grandement selon le type d’urgence, et vont des décès aux interruptions des activités commerciales.

Même si ces situations relèvent de la compétence fédérale, il est possible que la participation du Canada à une guerre ou à la gestion d’une situation de crise internationale ait une incidence sur le pays qui pourrait causer une urgence relative au bien-être collectif ou à l’ordre public. Si une guerre ou une situation de crise internationale survient, l’Ontario devra gérer les conséquences de cette urgence qui touchent directement la province, sous la conduite du gouvernement fédéral. De plus en plus, la province reçoit des demandes d’aide et de ressources pour soutenir les régions touchées. On fait notamment appel aux services de ses professionnels de la santé et de ses pompiers, ainsi qu’à son matériel médical.

Étude de cas - Le 11 septembre 2001

Le 11 septembre 2001, al-Qaïda a lancé une série d’attentats-suicides coordonnés contre les États-Unis. Dix-neuf terroristes ont détourné quatre avions commerciaux de passagers. Deux de ces avions ont intentionnellement été dirigés vers les tours du World Trade Center à New York et un autre vers le Pentagone, à Arlington, en Virginie, sur lesquels ils se sont écrasés. Quant au quatrième avion, il s’est écrasé dans un champ d’une zone rurale de la Pennsylvanie après que des passagers et des membres de l’équipage eurent tenté d’en prendre le contrôle. Tous les passagers qui se trouvaient à bord de ces avions sont morts. L’attentat contre le World Trade Center a fait près de 3 000 victimes (y compris 343 pompiers et 60 agents de police), et on a dénombré 184 décès au Pentagone. La majorité des victimes étaient des civils, et elles provenaient de 70 pays différents, dont le Canada. Au moins 24 Canadiens ont été tués ou sont présumés morts dans ces attentats.

Le Canada a subi les contrecoups de ces attentats. Les postes frontaliers ont été fermés et les pilotes d’avion ont reçu l’ordre de poser leur appareil au Canada au lieu de poursuivre leur trajet vers les États-Unis. Le gouvernement canadien, de même que des organismes et des civils bénévoles, ont prêté assistance et offert des ressources.

(CBC, 2001)

Évaluation des risques

4.1 Exigences

La méthodologie d’IDER doit :

• être axée sur les risques;

• permettre d’identifier différents types de dangers (d’origine naturelle, technologique et humaine);

• permettre d’ajouter des dangers inconnus à l’heure actuelle ou évolutifs lors les révisions subséquentes;

• tenir compte de renseignements qualitatifs et quantitatifs;

• intégrer autant de renseignements scientifiques que possible;

• être applicable à une multitude de conséquences et de fréquences;

• être adaptable tant au contexte provincial que municipal;

• répondre aux besoins de Gestion des situations d’urgence Ontario quant à la coordination des activités de préparation, de prévention, d’atténuation, d’intervention et de rétablissement;

• tenir compte des conséquences variées qui peuvent résulter d’un danger;

• être assez simple pour être comprise par des personnes de différents milieux professionnels.

4.2 Examen de la documentation

Afin d’élaborer une méthodologie adaptée aux pratiques recommandées et applicable à l’échelle provinciale, un examen approfondi de la documentation a été réalisé. Parmi les sources utilisées, notons les revues scientifiques, les revues à comité de lecture et les documents d’IDER d’autres provinces ou pays applicables au contexte de l’Ontario. Le tableau ci-dessous présente certaines des méthodologies étudiées dans le cadre du processus d’examen de la documentation.

Tableau 10. Formules d’évaluation des risques et sources. REMARQUE : Dans certaines formules, les variables primaires se divisent en sous-variables plus précises (voir tableau 11).

Référence

Calcul d’évaluation des risques

Définition des variables

Département des affaires humanitaires de l’ONU et Stratégie internationale pour la prévention des catastrophes (SIPC) de l’ONU

R = (H)(V)

H = Danger (impact et probabilité)

V = Vulnérabilité

Organisation mondiale de la Santé

R = (x)(y)

x = Probabilité d’un événement

y = Probabilité des conséquences potentielles

Zilinskas, 2005

R = (H)(E)

H = Danger (impact)

E = Exposition ou nature, concentration et durée de l’exposition pour la population

Misra et coll., 1991*

R = (C)(T)(Cm)(S)

C = Probabilité

T = Toxicité

Cm = Concentration

S = Temps

* Pour les incidents liés à des matières dangereuses seulement

Shook, 1997

R = (H)(V)(P)

H = Danger susceptible d’entraîner des décès ou des dommages matériels ou environnementaux

V = Vulnérabilité de certains éléments, notamment les populations humaines

P = Niveau ou degré de planification et de contrôle des dangers et des éléments vulnérables

Arnold, 2002

Noson, 2005

R = (H)(V)(M)

H = Danger ou phénomène susceptible de nuire aux populations humaines

V = Vulnerabilité ou susceptibilité des populations humaines

M = Capacité de l’homme à contrôler ou à réduire la vulnérabilité

Task Force on Quality Control of Disaster Management

PD = f(HN + HM)(RH)(VN + a1 + a2 + b1 + b2)

PD= Probabilité qu’un événement cause des dommages sociaux ou environnementaux

HN= Danger d’origine naturelle

HM= Danger d’origine humaine

RH= Probabilité qu’un danger provoque une situation d’urgence

VN= Vulnérabilité résultant de la nature

a1= Accroissement de la vulnérabilité

a2= Atténuation de la vulnérabilité

b1= Mesure d’intervention contreproductive

b2 = Mesure d’intervention productive

Ferrier et Haque, 2003

R = (p)(V)(n)

p = Probabilité

V = Vulnérabilité

n = Impact social

State Hazard Mitigation Plan du Commonwealth du Massachusetts

R = (F)(S)

F = Fréquence

S = Gravité (conséquences)

Colombie-Britannique

R = (L)(C)

(C = I + V)

L = Probabilité (fréquence)

C = Conséquences

I = Impact

V = Vulnérabilité

Bureau du commissaire aux incendies du Manitoba

R = (I)(L)

I = Impact

L = Probabilité

Ville de Redmond

R = (F)(V)

V = (Humain + Bâti + Nature + Système + Gravité) / 5

F = Fréquence

V = Vulnérabilité

État du Michigan

Risque = (P)(S)

P = Probabilité

S = Gravité

District régional de Nanaimo

Risque = (I)(L)

I = Impact

L = Probabilité

The Centre for Excellence in Emergency Preparedness

Risque = (P)(I)

P = Probabilité

I = Impact

Lein, 2003

P(A/B) = (p(A) * p(B/A)) / (∑p(Bn) * p(A/Bn)

P = Probabilité conditionnelle

A = Probabilité d’une conséquence si (B) s’est produit

Tableau 10. Formules d’évaluation des risques et sources.
REMARQUE : Dans certaines formules, les variables primaires se divisent en sous-variables plus précises (voir tableau 11).

Pour sélectionner les variables à intégrer à l’IDER, nous avons approfondi l’examen de la documentation afin d’étudier les différentes variables utilisées dans les calculs. Parmi les variables présentées ci-dessus, nombreuses sont celles qui se divisent en sous-variables : par exemple, la vulnérabilité peut être définie en fonction des conséquences sociales, environnementales et commerciales. Le tableau ci-dessous présente les variables et sous-variables les plus fréquemment utilisées dans les méthodologies.

Variables et sous-variables

Tableau 11. Variables et sous-variables de certaines méthodologies étudiées.

Source

Conséquences

Fréquence

Facteurs sociaux

Biens

Antécédents

Infrastructure

Commerce

Environnement

Préparation

Intervention

Capacité de gestion

Croissance

Ampleur

Urgence

Facteurs psychosociaux

Department for International Development (UK)

X

X

             

Emergency Management Australia

X

         

X

X

 

X

 

Federal Emergency Management Agency (US)

X

X

X

X

X

       

X

  

General Accounting Office (US)

X

X

             

Kaiser Permanente

X

X

X

X

  

X

 

X

X

     

Ferrier et Haque

X

X

X

X

X

X

        

X

Commonwealth du Massachusetts

X

X

X

X

X

X

         

British Columbia Emergency Program

X

X

X

X

 

X

X

X

       

Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick

X

X

             

Bureau du commissaire aux incendies du Manitoba

X

X

X

X

X

X

 

X

       

État du Michigan

X

X

X

X

  

X

 

X

X

     

District régional de Nanaimo

X

X

X

X

 

X

X

X

       

The Centre for Excellence in Emergency Preparedness

X

X

X

X

X

 

X

        

Total

13

12

9

9

5

5

5

3

2

2

1

1

1

1

1

Tableau 11. Variables et sous-variables de certaines méthodologies étudiées.

Il a été recommandé d’inclure une variable sur l’impact psychosocial en fonction de l’examen de la documentation. Ce facteur fait l’objet de nombreuses études publiées dans les revues et articles (p. ex., Morrissey et Reser, 2007; Sundram et coll., 2008). Le tableau 10 n’en fait toutefois pas mention puisque très peu d’articles comprenaient un système de calcul d’évaluation des risques. Ils soulignent généralement l’intérêt d’inclure ce facteur à l’avenir.

4.3 Calcul du risque

Tout calcul d’évaluation du risque est fondé sur une équation de base : Risque = Fréquence * Conséquences. La méthodologie suggérée dans le présent document y intègre une troisième variable, la variation du risque. Celle-ci permet de tenir compte des changements prévus en ce qui a trait à la fréquence et à la vulnérabilité. Dans le cadre de l’IDER pour l’Ontario, l’équation est donc la suivante :

Risque = Fréquence * Conséquences * Variation du risque

4.4 Calculs

4.4.1 Fréquence

Pour faciliter les calculs, la fréquence des dangers a été divisée en six catégories :

Tableau 12. Catégories de fréquence.

Fréquence

Catégorie

Pourcentage

Description

1

Rare

Les probabilités que le danger se concrétise au cours d’une année donnée sont de moins de 1 %.

Période de retour du danger supérieure à 100 ans.

2

Très peu probable

Les probabilités que le danger se concrétise au cours d’une année donnée sont de 1 à 2 %.

Se produit dans la province environ tous les 50 à 100 ans. Cela comprend les dangers qui ne se sont jamais produits dans la province, mais qui risquent de se produire à l’avenir.

3

Peu probable

Les probabilités que le danger se concrétise au cours d’une année donnée sont de 2 à 10 %.

Se produit dans la province environ tous les 20 à 50 ans.

4

Probable

Les probabilités que le danger se concrétise au cours d’une année donnée sont de 10 à 50 %.

Se produit dans la province environ tous les 5 à 20 ans.

5

Très probable

Les probabilités que le danger se concrétise au cours d’une année donnée sont de 50 à 100 %.

Se produit dans la province environ tous les 5 ans ou plus souvent.

6

Presque certain

Les probabilités que le danger se concrétise au cours d’une année donnée sont de 100 %.

Se produit dans la province tous les ans.

Tableau 12. Catégories de fréquence.

Dans la mesure du possible, la fréquence doit être calculée en fonction des données existantes tirées des sources officielles ou scientifiques. Il est toutefois important de rappeler que les données historiques relatives à certains dangers sont très récentes, et qu’on ne peut donc qu’évaluer leur fréquence en fonction des meilleures sources disponibles. Idéalement, la fréquence devrait être calculée selon le nombre de fois que l’événement s’est produit plutôt qu’en fonction du nombre d’années; il a toutefois été impossible de le faire en raison de la variation de la période couverte par les archives de l’Ontario. Certains dangers ne se sont pas produits en Ontario (ou se sont produits à une époque où ils n’ont pu être enregistrés) à une intensité répondant aux critères établis. Ils feraient alors partie des catégories 1 et 2 dans le tableau des fréquences, selon l’information tirée des revues scientifiques, des études de cas et d’autres sources.

4.4.2 Conséquences

Afin de préparer un document d’IDER qui représente réellement le niveau de risque d’un secteur, il est important de veiller à ce que la fréquence et les conséquences de chaque danger soient bien comprises et réalistes et représentatives de leur probabilité.

De nombreux dangers n’entraînent que très rarement une situation d’urgence. Par exemple, selon Environnement Canada (2010), l’Ontario subit un minimum de 60 jours de brouillard par année. Néanmoins, seules deux incidences ont entraîné des conséquences néfastes pour les humains, les biens, les infrastructures essentielles ou l’environnement. La fréquence des événements dont l’intensité est susceptible de causer des dommages est bien inférieure à la fréquence de tous les événements. Il convient de souligner que l’IDER ne constitue pas une évaluation scientifique de la fréquence de divers dangers, mais plutôt une évaluation des risques qui permet d’estimer la probabilité qu’un danger survienne à une intensité suffisante pour entraîner une situation d’urgence.

Afin que les valeurs relatives aux conséquences ne soient pas faussées par les incidences n’entraînant aucun dommage, certains critères ont été proposés afin que les recherches ciblent les événements dommageables. On considère qu’un danger dépasse le seuil de dommages lorsqu’on rencontre l’une des conditions ci-dessous (Copas, 1999; Ferrier et Haque, 2003; Jonkman et coll., 2003; Sharp, 2008; et d’autres) :

• l’aide d’une autre province ou d’un autre pays a été nécessaire (si le secteur touché est une collectivité, ce critère devient : « l’aide d’une autre collectivité ou de la province a été nécessaire »);

• de nombreux décès ou blessures directement attribuables au danger ou à son impact immédiat ont été rapportés;

• plus de 100 personnes ne vivant pas toutes dans le même bâtiment ont dû être évacuées;

• d’importants dommages ont affecté les biens ou les infrastructures. Il est ici question d’une destruction partielle ou complète d’au moins un bâtiment, ou de dommages moins importants, mais plus étendus;

• les dommages environnementaux sont jugés assez graves pour être rapportés par les sources officielles et ont nécessité des mesures d’intervention ou de surveillance; plus particulièrement, les dommages touchent un grand territoire, nuisent considérablement aux espèces sauvages, ont des répercussions sur les ressources naturelles, endommagent les infrastructures essentielles (p. ex., lorsque les basses eaux affectent les activités maritimes) ou entraînent des pertes commerciales ou financières pour une industrie;

• les perturbations ou dommages causés aux services des infrastructures essentielles touchent plus de 10 000 personnes (ou une ville entière si celle-ci compte moins de 10 000 habitants), sont étendus, ont causé une multitude de pannes ou ont entraîné l’interruption complète d’une infrastructure essentielle;

• l’événement a causé d’importantes pertes commerciales ou financières assez graves pour être déclarées ou jugées étendues ou ayant affecté en tout ou en partie une industrie donnée.

Pour faciliter l’évaluation des conséquences des dangers qui se sont présentés dans la province, il est important d’avoir recours à des sources fiables, comme :

1) la Base de données canadienne sur les désastres;

2) Environnement Canada;

3) Ontario Hazards;

4) les rapports du Centre provincial des opérations d’urgence;

5) le commissaire des incendies de l’Ontario;

6) les rapports et renseignements du Ministère.

L’information recueillie pendant cette recherche a été consignée dans une feuille de calcul et analysée de façon à déterminer les principales conséquences de chaque danger qui se sont présentés en Ontario depuis le début de la période couverte par les archives, les conséquences moyennes des événements ayant entraîné des dommages, et si des changements (notamment des mesures d’atténuation) ont permis d’empêcher que les valeurs maximales historiques ne soient de nouveau atteintes.

À la suite de cette analyse des données, un examen approfondi de la documentation scientifique a été réalisé afin de déterminer s’il était possible qu’un danger se produise à une intensité assez élevée pour entraîner des conséquences plus graves que ce qui a été enregistré par le passé. Cet examen est justifié par le fait que certains dangers ont des périodes de récurrence très longues (comme les tremblements de terre), alors que d’autres (comme les cyberattaques) sont des dangers récents. Certains résultats peuvent donc être faussés par le faible nombre d’occurrences. Par exemple, un danger dont la période de récurrence est très longue peut s’être produit quelques fois par le passé, mais n’avoir eu que de légères conséquences. Une analyse axée seulement sur les archives indiquerait alors que les conséquences d’un tel danger sont très faibles. Cependant, il se peut que des études scientifiques concluent que certaines occurrences avaient entraîné des conséquences bien plus graves à une période que les archives ne couvrent pas. Si la documentation scientifique suggère qu’il est possible que le danger se reproduise à une intensité entraînant des conséquences aussi importantes dans l’avenir, l’IDER doit alors tenir compte de cette information afin de préparer les gestionnaires de situations d’urgence à cette éventualité.

La variable des conséquences a été divisée en six catégories en fonction des pratiques recommandées en matière d’évaluation des risques (Copas, 1999; Ferrier et Haque, 2003).

Impact social : Conséquence négative directe d’un danger sur la santé physique des gens. Cette catégorie se divise en trois groupes : décès, blessures, évacuations.

Dommages matériels : Conséquences négatives directes d’un danger sur les immeubles, les structures et d’autres types de biens comme les récoltes.

Répercussions sur les infrastructures essentielles ou perturbation des services : Conséquences négatives d’un danger sur les réseaux interdépendants, interactifs et interconnectés d’institutions, de services, de systèmes et de processus qui répondent aux besoins vitaux des êtres humains, soutiennent l’économie, protègent la sécurité publique, assurent la continuité des services gouvernementaux et maintiennent la confiance du public envers le gouvernement.

Dommages environnementaux : Conséquences négatives d’un danger sur l’environnement, notamment sur le sol, l’eau, l’air ou les plantes et les animaux.

Répercussions financières et commerciales : Conséquences économiques négatives d’un danger.

Impact psychosocial : Réaction négative d’une collectivité ou d’un sous-ensemble d’une collectivité face à un danger, causée par leur perception du risque. Il s’agit notamment de réactions telles que l’autoévacuation, l’hystérie collective, l’accumulation compulsive et d’autres comportements indésirables.

Les conséquences sont déterminées en fonction des dangers qui se sont produits à une intensité répondant aux critères. Le tableau ci-dessous présente les sous-variables des conséquences. La valeur totale des conséquences est la somme des valeurs obtenues pour chaque sous-variable. (Remarque : La sous-variable « impact social » se subdivise en trois catégories : taux de mortalité, taux de blessure et taux d’évacuation. Une valeur supérieure a été accordée intentionnellement à l’impact social, étant donné que les répercussions sur l’humain sont les conséquences les plus « bouleversantes » d’une situation d’urgence et qu’elles produisent un effet non quantifiable sur la collectivité.)

Les catégories de magnitude de la présente méthode d’IDER sont en fait une échelle de répercussions plutôt qu’une échelle de priorités. Si deux valeurs identiques sont attribuées à deux catégories différentes, cela ne signifie pas nécessairement que les conséquences des deux sont équivalentes et interchangeables.

Impact social – Décès

Conséquences

Catégorie

Description

0

Aucune

Peu probable que des personnes de la province décèdent.

1

Mineures

Pourrait causer la mort de moins de 5 personnes dans la province.

2

Modérées

Pourrait causer la mort de 5 à 10 personnes dans la province.

3

Graves

Pourrait causer la mort de 10 à 50 personnes dans la province.

4

Catastrophiques

Pourrait causer la mort de plus de 50 personnes dans la province.

Impact social – Décès

Impact social – Blessures

Conséquences

Catégorie

Description

0

Aucune

Peu probable que des personnes de la province soient blessées.

1

Mineures

Pourrait blesser moins de 25 personnes dans la province.

2

Modérées

Pourrait blesser de 25 à 100 personnes dans la province.

3

Graves

Pourrait blesser plus de 100 personnes dans la province.

Impact social – Blessures

Impact social – Évacuation

Conséquences

Catégorie

Description

0

Aucune

Peu probable qu’il soit nécessaire d’évacuer, de s’abriter sur place ou que des personnes demeurent coincées dans la collectivité.

1

Mineures

Moins de 100 personnes pourraient être évacuées, abritées sur place ou coincées dans la collectivité.

2

Modérées

De 100 à 500 personnes pourraient être évacuées, abritées sur place ou coincées dans la collectivité.

3

Graves

Plus de 500 personnes pourraient être évacuées, abritées sur place ou coincées dans la collectivité.

Impact social – Évacuation

Dommages matériels

Conséquences

Catégorie

Description

0

Aucune

Faible probabilité de causer des dommages matériels dans la province.

1

Mineures

Pourrait causer des dommages mineurs et principalement esthétiques.

2

Modérées

Dommages majeurs, mais localisés (quelques bâtiments détruits).

3

Graves

Dommages majeurs et généralisés (nombreux bâtiments détruits).

Dommages matériels

Répercussions sur les services offerts par les infrastructures essentielles

Conséquences

Catégorie

Description

0

Aucune

Peu probable que les services offerts par les infrastructures essentielles soient interrompus.

1

Mineures

Pourrait interrompre 1 service offert par les infrastructures essentielles.

2

Modérées

Pourrait interrompre de 2 à 3 services offerts par les infrastructures essentielles.

3

Graves

Pourrait interrompre plus de 3 services offerts par les infrastructures essentielles.

Répercussions sur les services offerts par les infrastructures essentielles

Dommages environnementaux

Conséquences

Catégorie

Description

0

Aucune

Peu probable qu’il y ait des dommages environnementaux.

1

Mineures

Pourrait causer des dommages localisés et réversibles. Nettoyage rapide possible.

2

Modérées

Pourrait causer des dommages majeurs, mais réversibles. Nettoyage complet difficile.

3

Graves

Pourrait causer des dommages graves et irréversibles. Nettoyage complet impossible.

Dommages environnementaux

Répercussions commerciales et financières

Conséquences

Catégorie

Description

0

Aucune

Peu probable que les activités commerciales et financières soient perturbées.

1

Modérées

Pourrait entraîner des pertes pour quelques entreprises.

2

Graves

Pourrait entraîner des pertes pour une industrie.

Répercussions commerciales et financières

Impact psychosocial

Conséquences

Catégorie

Description

0

Aucune

Peu probable qu’un impact psychosocial considérable se fasse sentir.

1

Modérées

Impact psychosocial considérable, comme la panique, l’accumulation compulsive, l’autoévacuation et l’impact psychosocial à long terme.

2

Graves

Impact psychosocial généralisé, comme la panique, l’accumulation compulsive, l’autoévacuation et l’impact psychosocial à long terme.

Impact psychosocial

Tableau 13. Variables des conséquences.

Le total pour chaque danger est alors divisé en six groupes afin que les conséquences et la fréquence aient la même valeur dans le cadre de l’évaluation du risque.

Tableau 14. Conséquences.

Total de la sous-variable

Conséquences

Description

1 à 4

1

Mineures

5 ou 6

2

Légères

7 ou 8

3

Modérées

9 ou 10

4

Graves

11 ou 12

5

Très graves

13 et plus

6

Catastrophiques

Tableau 14. Conséquences.

Les conséquences des dangers qui ne répondent pas aux critères ont été estimées en fonction d’études et de scénarios scientifiques, d’études de cas et d’évaluations des risques. Des efforts considérables ont été déployés pour utiliser les évaluations et les études qui portaient sur des situations d’urgence réalistes.

4.4.3 Variation du risque

Les dangers et les risques qui en découlent ne sont pas immuables. La fréquence d’un événement et ses conséquences peuvent changer en fonction des mesures de prévention et d’atténuation ou des changements climatiques, par exemple. Bien entendu, il est difficile de prédire l’évolution des politiques ou de la technologie, mais l’information scientifique relative à l’impact potentiel des dangers est très abondante. Le fait de tenir compte de cette variable ouvre également une porte à l’inclusion d’autres agents de changement (p. ex., la technologie) dans les révisions subséquentes. Pour évaluer les changements éventuels de fréquence ou de conséquences, seules des sources scientifiques ont été utilisées. Puisque la base de l’analyse de cette variable provient des évaluations scientifiques de tendances futures plutôt que des tendances ou impacts passés, cette variable a une valeur maximale de 4 (contrairement à 6 pour les conséquences et la fréquence), puisque les projections scientifiques demeurent incertaines et que la période de temps précédant l’actualisation d’une de ces tendances est pour le moins variable.

Variation du risque = Variation de la fréquence + Variation du degré de vulnérabilité

Variation de la fréquence

1. Le nombre d’occurrences non urgentes de ce danger s’accroît-il?

2. L’activité humaine (accroissement de la population, nouvelle méthode de drainage, etc.) risque-t-elle d’influer sur le danger ou d’en augmenter la fréquence?

3. Y a-t-il un facteur environnemental (p. ex., changements climatiques) qui pourrait faire augmenter la fréquence de ce danger?

4. Les facteurs humains, comme les pratiques commerciales, financières et internationales, pourraient-ils accroître les risques?

Si la réponse est « oui » pour deux questions ou plus : variation de la fréquence = 2.

Si la réponse est « oui » pour une seule de ces questions : variation de la fréquence = 1.

Variation du degré de vulnérabilité

1. Est-ce qu’une grande partie de la population est vulnérable à ce danger ou encore le nombre de personnes vulnérables à ce danger augmente-t-il?

2. La fiabilité de l’infrastructure essentielle ou la méthode « juste à temps » (p. ex., des épiceries qui, au lieu de garder d’importantes quantités en stock, comptent sur des livraisons fréquentes) rend-elle la population plus vulnérable?

3. Les organismes responsables sont-ils au courant du type d’intervention à préconiser et formés ou préparés pour faire face au danger?

4. Existe-t-il actuellement des mesures de prévention ou d’atténuation pour ce danger?

Si la réponse est « oui » pour deux questions ou plus : variation du degré de vulnérabilité = 2.

Si la réponse est « oui » pour une seule de ces questions : variation du degré de vulnérabilité = 1.

On additionne ensuite les résultats obtenus pour la variation de la fréquence et la variation du degré de vulnérabilité pour obtenir le total de la variation du risque.

Analyse des risques

Historique des dangers en Ontario

Les dangers passés peuvent fournir une foule de renseignements sur la fréquence et les conséquences potentielles. L’historique des dangers de l’Ontario a été étudié à partir de sources telles que la Base de données canadienne sur les désastres, le site Web d’Environnement Canada sur les dangers atmosphériques, les résumés et rapports du Centre provincial des opérations d’urgence, ainsi que d’autres documents de nature gouvernementale ou scientifique. Le tableau ci-dessous indique le nombre d’années approximatif de la période couverte par les archives pour les dangers présentés dans le présent document.

Tableau 15. Période approximative écoulée depuis le début de l’enregistrement de données sur les dangers (à ce jour).

Danger

Période couverte

Crise alimentaire ou agricole

> 50 ans

Effondrement de bâtiments ou de structures

> 100 ans

Désordre civil

> 10 ans

Défaillance d’une infrastructure essentielle

> 10 ans

Cyberattaque

> 5 ans

Rupture de barrage

> 5 ans

Situation d’urgence liée à l’eau potable

> 10 ans

Sécheresse ou basses eaux

> 50 ans

Séisme

> 100 ans

Situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique

> 5 ans

Érosion

s.o.

Explosion ou incendie

> 100 ans

Températures extrêmes

> 100 ans

Inondation

> 100 ans

Brouillard

> 25 ans

Feu de forêt ou de végétation

> 100 ans

Pluie verglaçante

> 50 ans

Tempête géomagnétique

> 50 ans

Grêle

> 50 ans

Incident lié à des matières dangereuses

> 50 ans

Urgence sanitaire

> 100 ans

Écrasement d’un objet spatial fabriqué par l’homme

> 25 ans

Ouragan

> 100 ans

Affaissement du sol

> 10 ans

Glissement de terrain

> 50 ans

Foudre

> 50 ans

Situation d’urgence dans une mine

> 10 ans

Écrasement d’un objet spatial naturel

> 100 ans

Situation d’urgence liée à une installation nucléaire

> 50 ans

Situation d’urgence mettant en cause du pétrole ou du gaz naturel

> 50 ans

Situation d’urgence radiologique

s.o.

Sabotage

> 50 ans

Tempête de neige / blizzard

> 100 ans

Événement spécial

> 10 ans

Terrorisme et incidents CBRNE

> 25 ans

Tornade

> 100 ans

Situation d’urgence liée aux transports

> 100 ans

Guerre ou crise internationale

> 5 ans

Tempête de vent

> 100 ans

Tableau 15. Période approximative écoulée depuis le début de l’enregistrement de données sur les dangers (à ce jour).

Les conséquences de chacun des dangers ont été étudiées afin de déterminer si le niveau de conséquence maximal historique est le même que le niveau de conséquence maximal potentiel. Les événements extrêmement rares ou qui se sont produits il y a très longtemps pourraient avoir des conséquences bien différentes aujourd’hui, notamment en raison de la densité de la population, de la technologie et des normes de construction. Par exemple, il est arrivé que des objets spatiaux s’écrasent en Ontario à l’ère moderne, mais cela n’a occasionné aucun dommage en raison de la taille des objets et du fait qu’ils sont tombés dans une région éloignée. Toutefois, les études scientifiques et les événements préhistoriques semblent indiquer que ce type d’événements pourrait se reproduire et avoir des conséquences dommageables, malgré sa rareté. De plus, certains dangers qui sont survenus par le passé n’ont peut-être pas eu lieu à l’intensité la plus élevée. Par exemple, selon l’Ontario Tornado Database, aucune tornade F5 (la plus forte intensité sur l’échelle Fujita) n’a été enregistrée dans la province. Néanmoins, rien n’établit avec certitude qu’une tornade de cette intensité ne frappera jamais l’Ontario. Il est très possible qu’aucune tornade F5 ne soit survenue en Ontario simplement en raison de la rareté de ce type de tornade par rapport aux autres. Les gestionnaires de situations d’urgence doivent être à l’affût de l’importance des événements potentiels extrêmes afin d’être suffisamment préparés. Comme le dit l’adage, mieux vaut « espérer le meilleur, mais se préparer au pire ».

Figure 17. Conséquences historiques maximales et conséquences

Les barres bleues représentent les conséquences historiques maximales, et les carrés noirs les conséquences potentielles maximales. L’étude réalisée a démontré que pour certains dangers, les conséquences maximales étaient les mêmes sur les plans historique et potentiel. Dans ces cas, seule la barre bleue est présentée.

Comme l’indique la figure 17, certains dangers pourraient entraîner à l’avenir de plus graves conséquences que ce qui a été recensé par le passé en raison de leur intensité ou du changement de degré de vulnérabilité. Par exemple, les séismes, les tempêtes géomagnétiques et les écrasements d’objets spatiaux naturels semblent susceptibles d’entraîner de plus graves conséquences que par le passé. Les séismes et l’écrasement d’objets spatiaux naturels ont des intervalles de récurrence très grands. La période entre deux occurrences peut être si longue que l’événement peut ne pas s’être produit à l’époque couverte par les archives, mais risque tout de même de se produire à l’avenir. Les tempêtes géomagnétiques en sont un bon exemple : certaines ont pu se produire à une intensité élevée, mais n’ont eu que de faibles conséquences puisque les technologies qu’elles affectent étaient moins utilisées à cette époque. L’avancement de la technologie et l’accroissement de la dépendance de la population font augmenter les répercussions et les risques associés aux tempêtes géomagnétiques. Dans le cas d’autres dangers, les conséquences potentielles sont moins élevées que les conséquences historiques (p. ex., sécheresse et basses eaux, températures extrêmes, ouragans, foudre). Les raisons de cette diminution varient selon le danger. Par exemple, l’amélioration des outils de prévision, des systèmes d’avertissement et des exigences en matière d’aménagement de plaines inondables ont permis de réduire les risques liés aux ouragans depuis l’ouragan Hazel en 1954. L’utilisation répandue des systèmes de climatisation et de chauffage réduit également les conséquences des températures extrêmes.

En ce qui concerne les explosions et les incendies, comme dans le cas de l’ouragan Hazel, les mesures de prévention, de préparation, d’atténuation, d’intervention et de rétablissement ont permis de diminuer leurs conséquences potentielles, notamment grâce à la mise en œuvre du Code de prévention des incendies et du Code du bâtiment.

Le facteur humain peut avoir une influence soudaine et dramatique sur la fréquence et les conséquences des dangers d’origine humaine. Par exemple, un événement politique peut entraîner une augmentation rapide de la fréquence des désordres civils. L’examen de la documentation et les études menées sur les événements passés ainsi que l’étude des cas internationaux semblent indiquer que les conséquences des dangers d’origine humaine en Ontario seront semblables à celles des dernières années. Toutefois, deux dangers d’origine humaine sont susceptibles de ne pas suivre cette tendance : les cyberattaques, ainsi que le terrorisme et les incidents CBRNE, qui risquent d’avoir des conséquences plus graves que ce qui a été observé par le passé.

Risques associés aux dangers en Ontario

De nombreuses méthodologies peuvent être utilisées pour évaluer les risques. Dans le cadre du présent document d’IDER, la méthodologie a été sélectionnée après un examen approfondi de la documentation et la consultation de professionnels de l’évaluation des risques et de ministères. La fréquence et les conséquences sont généralement les facteurs clés de l’évaluation des risques. Ils offrent un aperçu des risques historiques et actuels d’un danger. Une troisième variable, la variation du risque, a été ajoutée afin que l’IDER puisse davantage servir à faire des prévisions sur les risques dans un avenir rapproché sans se baser uniquement sur la fréquence et les conséquences des événements passés. Cela permet de tenir compte de la variation du degré de vulnérabilité, des changements climatiques et d’autres facteurs. Par exemple, les inondations en milieu urbain risquent d’augmenter en raison des modifications du réseau hydrographique (p. ex., le plus grand nombre de sols pavés augmente l’écoulement de surface), de la désuétude du réseau d’évacuation des eaux et de l’accroissement de la fréquence et de l’intensité des précipitations causées par les changements climatiques (Sandink, 2009). La variation du risque vise principalement les dangers comme les inondations en milieu urbain, dont la fréquence et les conséquences changent en fonction de la variation du risque ou du degré de vulnérabilité. Puisque la variation du risque est un concept plutôt récent, l’analyse des dangers présentera les conclusions tirées de la méthode Fréquence * Conséquences et Fréquence * Conséquences * Variation du risque.

Niveau de risque associé au danger selon l’équation Conséquences * Fréquence (C*F) et Conséquences * Fréquence * Variation du risque (C*F*VR)

Tableau 16. Niveau de risque de chaque danger.

Danger

C*F

C*F*VR

Crise alimentaire ou agricole

Modéré

Élevé

Effondrement de bâtiments ou de structures

Modéré

Faible

Désordre civil

Modéré

Modéré

Défaillance d’une infrastructure essentielle

Modéré

Élevé

Cyberattaque

Faible

Modéré

Rupture de barrage

Modéré

Faible

Situation d’urgence liée à l’eau potable

Très élevé

Très élevé

Sécheresse ou basses eaux

Modéré

Élevé

Séisme

Faible

Modéré

Situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique

Très faible

Très faible

Érosion

Très faible

Très faible

Explosion ou incendie

Élevé

Faible

Températures extrêmes

Modéré

Faible

Inondation

Extrême

Extrême

Brouillard

Faible

Très faible

Feu de forêt ou de végétation

Extrême

Extrême

Pluie verglaçante

Extrême

Extrême

Tempête géomagnétique

Élevé

Très élevé

Grêle

Faible

Faible

Incident lié à des matières dangereuses

Extrême

Extrême

Urgence sanitaire

Très élevé

Extrême

Écrasement d’un objet spatial fabriqué par l’homme

Modéré

Modéré

Ouragan

Modéré

Faible

Affaissement du sol

Très faible

Très faible

Glissement de terrain

Modéré

Modéré

Foudre

Faible

Très faible

Situation d’urgence dans une mine

Faible

Très faible

Écrasement d’un objet spatial naturel

Faible

Faible

Situation d’urgence liée à une installation nucléaire

Modéré

Élevé

Situation d’urgence mettant en cause du pétrole ou du gaz naturel

Très élevé

Très élevé

Situation d’urgence radiologique

Faible

Faible

Sabotage

Très faible

Très faible

Tempête de neige / blizzard

Extrême

Extrême

Événement spécial

Faible

Très faible

Terrorisme et incidents CBRNE

Modéré

Très élevé

Tornade

Extrême

Extrême

Situation d’urgence liée aux transports

Élevé

Modéré

Guerre ou crise internationale

Très faible

Très faible

Tempête de vent

Modéré

Modéré

Tableau 16. Niveau de risque de chaque danger.

Selon les données du tableau ci-dessus, 51 % des dangers présentent le même niveau de risque pour les deux équations (C*F et C*F*VR). Environ 23 % des dangers ont vu leur niveau de risque augmenter avec la nouvelle équation, alors que le niveau a diminué dans 25 % des cas. L’augmentation du niveau de risque peut être expliquée par de nombreux facteurs, notamment la dépendance envers la technologie (dans le cas des tempêtes géomagnétiques) et une augmentation prévue de la fréquence (pour les cyberattaques). Une diminution du niveau de risque peut être attribuable à la mise en œuvre du Code du bâtiment ou du Code de prévention des incendies (p. ex., effondrement de bâtiments ou de structures, explosion ou incendie), à l’évolution des techniques de prévision (p. ex., ouragan) et aux avancées technologiques (diminution du degré de vulnérabilité aux températures extrêmes grâce à l’utilisation répandue de systèmes de climatisation et de chauffage).

Niveau de risque associé au danger selon l’équation Fréquence * Conséquences * Variation du risque

Niveau de risque

Description

Danger

> 50

Extrême

Inondation, feu de forêt ou de végétation, pluie verglaçante, incident lié à des matières dangereuses, urgence sanitaire, tempête de neige / blizzard, tornade

41 – 50

Très élevé

Situation d’urgence liée à l’eau potable, tempête géomagnétique, situation d’urgence mettant en cause du pétrole ou du gaz naturel, terrorisme et incidents CBRNE

31 – 40

Élevé

Crise alimentaire ou agricole, défaillance d’une infrastructure essentielle, sécheresse ou basses eaux, situation d’urgence liée à une installation nucléaire

21 – 30

Modéré

Désordre civil, cyberattaque, séisme, écrasement d’un objet spatial fabriqué par l’homme, glissement de terrain, situation d’urgence liée aux transports, tempête de vent

11 – 20

Faible

Effondrement de bâtiments ou de structures, rupture de barrage, explosion ou incendie, températures extrêmes, ouragan, écrasement d’un objet spatial naturel, situation d’urgence radiologique

< 10

Très faible

Situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique, érosion, brouillard, grêle, affaissement du sol, foudre, situation d’urgence dans une mine, sabotage, événement spécial, guerre ou crise internationale

Niveau de risque associé au danger selon l’équation Fréquence * Conséquences * Variation du risque

Les données d’évaluation des risques qui portent sur deux variables (conséquences et fréquence) sont souvent consignées dans une matrice afin de créer une représentation visuelle des risques pour chaque danger. La méthode utilisée dans le présent document fait appel à une troisième variable : la variation du risque. Pour créer une représentation visuelle du risque, un graphique à bulles peut alors être utilisé. Les variables « conséquences » et « fréquence » sont placées sur les axes, et la taille des bulles représente la variation du risque.

Risques actuels des dangers naturels

Risques actuels des dangers technologiques

Risques actuels des dangers d’origine humaine

Prochaines étapes

L’IDER est un processus continu où les dangers sont classés en ordre de priorité selon le niveau de risque qu’ils présentent. Ce classement vise à fournir des renseignements aux organisations et représentants du Ministère qui participent aux activités de gestion des risques (p. ex., adoption de mesures de prévention et d’atténuation). L’IDER permet de déterminer quels dangers doivent être prioritaires pour les programmes de gestion des situations d’urgence, mais ne constitue qu’un des éléments de ces programmes. Une fois l’IDER terminée, les organisations qui participent aux activités de gestion des risques doivent définir la marche à suivre pour réduire les risques.

Les dangers dont le niveau de risque est jugé extrême sont ceux qui doivent être en tête de la liste de priorité des programmes de prévention, de préparation, d’atténuation, d’intervention et de rétablissement de l’Ontario. Les tentatives de réduction des risques liés aux dangers dont le niveau est jugé élevé ou très élevé doivent également faire partie des priorités de ces programmes. Une fois que ces dangers ont fait l’objet d’activités de prévention, de préparation, d’atténuation, d’intervention et de rétablissement, les autres dangers peuvent être traités selon leur ordre de priorité : niveau modéré, niveau faible et niveau très faible.

Conclusion

La province de l’Ontario a été largement touchée par les dangers d’origine naturelle, technologique et humaine par le passé, et continuera de l’être à l’avenir. Les documents d’IDER constituent un facteur important pour améliorer l’orientation des programmes de gestion des situations d’urgence. Ces derniers peuvent se servir de l’IDER pour déterminer les activités de prévention, de préparation, d’atténuation, d’intervention et de rétablissement qui doivent être réalisées pour chaque danger. Une fois que les dangers prioritaires sont traités, l’IDER pourra être révisée pour tenir compte des changements relatifs aux dangers et à leurs risques.

L’IDER pour la province de l’Ontario représente la première étape d’un programme complet de gestion des situations d’urgence qui vise à renforcer la capacité de la province à faire face aux dangers. L’importance des dangers varie en fonction de nombreux facteurs, notamment le lieu, l’échelle et la topographie. C’est pourquoi il est important que les ministères et les collectivités élaborent leur propre IDER, adaptée à leur situation géographique et à leurs besoins. Les objectifs fondamentaux de l’IDER de la province de l’Ontario étaient de fournir un aperçu général et une présentation sommaire des dangers auxquels est exposée la province, ainsi que de proposer une méthode de base pour évaluer les risques. Cette méthode peut être adaptée ou modifiée en fonction des besoins propres à chaque IDER.

Annexe I

Populations vulnérables

Le processus d’identification des dangers a permis de cerner les groupes vulnérables, c’est-à-dire ceux qui sont susceptibles de subir des conséquences disproportionnées par rapport au reste de la collectivité lorsqu’un danger se produit à un niveau supérieur au seuil de tolérance (Ferrier et Haque, 2003). La vulnérabilité de ces groupes peut être accentuée par leur incapacité à quitter les lieux d’un incident ou à prendre les précautions qui s’imposent, par leur état de santé, par l’impossibilité de recevoir les avertissements ou par tout autre facteur. Toutes les personnes qui disent faire partie d’un de ces groupes ne sont pas nécessairement plus à risque que le reste de la population lorsqu’un danger se produit : tout dépend de la situation personnelle de chacun. Comme le démontre le tableau ci-dessous, de nombreux dangers touchent plus d’un groupe vulnérable.

Populations vulnérables

groupe vulnérable

Personnes âgées

Enfants

Personnes atteintes d’une déficience mentale ou physique

Femmes enceintes

Participants et témoins

Personnes ayant besoin de dispositifs médicaux ou de médicaments périssables

Personnes de petite constitution

Locuteurs d’une langue autre que la langue principale

Non-résidents de l’endroit touché

Personnes sans abri

Personnes souffrant d’un problème de santé ou de système immunitaire

Personnes isolées physiquement ou socialement

Personnes d’une industrie précise

Personnel de sécurité

Collectivités isolées

Personnes qui dépendent de l’eau de surface ou de l’eau de puits

Ménages à faible revenu

Personnes qui se trouvent dans un immeuble de grande hauteur

Personnes qui se trouvent à l’extérieur

Sans moyen de transport

Personnes qui se trouvent dans un véhicule

Sans trousse d’urgence pour les 72 premières heures

Crise alimentaire ou agricole

 

   

  

 

         

Effondrement de bâtiments ou de structures

       

     

     

Désordre civil

  

 

 

   

  

       

Défaillance d’une infrastructure essentielle

     

  

 

  

 

 

 

Cyberattaque

     

      

         

Rupture de barrage

    

  

  

  

  

Situation d’urgence liée à l’eau potable

 

   

  

   

     

Sécheresse ou basses eaux

           

  

     

Séisme

     

 

  

      

Situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique

     

    

   

 

     

Érosion

                      

Explosion ou incendie

    

  

  

       

Températures extrêmes

        

 

    

 

   

Inondation

    

  

  

    

Brouillard

                    

 

Feu de forêt ou de végétation

    

  

  

 

  

  

Pluie verglaçante

 

    

 

    

    

Tempête géomagnétique

     

  

  

  

  

   

Grêle

       

 

        

   

Situation d’urgence liée à des matières dangereuses

   

  

 

    

 

Urgence sanitaire

 

   

  

 

      

Écrasement d’un objet spatial fabriqué par l’homme

 

    

  

  

    

 

Ouragan

  

    

 

  

      

Affaissement du sol

                      

Glissement de terrain

       

   

    

  

Foudre

                  

   

Situation d’urgence dans une mine

            

         

Écrasement d’un objet spatial naturel

 

    

  

  

    

 

Situation d’urgence liée à une installation nucléaire

 

   

  

       

 

Situation d’urgence mettant en cause du pétrole ou du gaz naturel

    

  

  

 

  

 

Situation d’urgence radiologique

 

 

   

             

Sabotage

                      

Tempête de neige / blizzard

 

    

  

 

 

  

Événement spécial

 

 

      

        

Terrorisme et incidents CBRNE

  

    

             

Tornade

    

 

  

   

  

Situation d’urgence liée aux transports

        

           

 

Guerre ou crise internationale

    

        

        

Tempête de vent

  

    

 

 

  

 

 

  

Populations vulnérables

Annexe II

Processus d’élaboration de l’IDER

Annexe III

Étape

Tâche

Participants

Identification des dangers

  • Examen de la documentation sur les dangers de l’Ontario
  • Mise à jour de la liste des dangers identifiés pour l’Ontario
  • Révision de la liste des dangers identifiés pour l’Ontario
  • Liste définitive des dangers identifiés
  • Examen de la documentation sur chaque danger identifié
  • Élaboration du rapport narratif sur les dangers
  • Révision du rapport narratif sur les dangers
  • Version définitive du rapport narratif sur les dangers
  • Gestion des situations d’urgence Ontario
  • Gestion des situations d’urgence Ontario
  • Coordonnateurs ministériels de la gestion des situations d’urgence et experts externes en la matière
  • Gestion des situations d’urgence Ontario
  • Gestion des situations d’urgence Ontario
  • Gestion des situations d’urgence Ontario
  • Coordonnateurs ministériels de la gestion des situations d’urgence et experts externes en la matière
  • Gestion des situations d’urgence Ontario

Évaluation des risques

  • Examen de la documentation sur les méthodes d’évaluation des risques
  • Collecte de renseignements sur les risques associés à chaque danger
  • Élaboration d’une première méthodologie provisoire
  • Examen de la méthodologie de l’IDER : étape 1
  • Examen de la méthodologie de l’IDER : étape 2
  • Élaboration de la méthodologie d’IDER définitive
  • Gestion des situations d’urgence Ontario
  • Gestion des situations d’urgence Ontario
  • Gestion des situations d’urgence Ontario
  • Experts externes en la matière
  • Coordonnateurs ministériels de la gestion des situations d’urgence
  • Gestion des situations d’urgence Ontario

Analyse des risques

  • Examen des renseignements recueillis sur les risques associés à chaque danger
  • Établissement de l’ordre de priorité des dangers au moyen de la méthodologie
  • Gestion des situations d’urgence Ontario
  • Gestion des situations d’urgence Ontario et coordonnateurs ministériels de la gestion des situations d’urgence

Surveillance et révision

  • Surveillance continue des dangers émergents ou évolutifs
  • Révision et mise à jour de l’IDER
  • Gestion des situations d’urgence Ontario
  • Gestion des situations d’urgence Ontario, coordonnateurs ministériels de la gestion des situations d’urgence et experts externes en la matière

Annexe III

Valeurs recueillies lors de l’évaluation des risques

Danger

Fréquence

Conséquences

Total

Incident lié à des matières dangereuses

6

6

36

Inondation

6

5

30

Feu de forêt ou de végétation

5

6

30

Pluie verglaçante

5

6

30

Tempête de neige / blizzard

6

5

30

Tornade

5

6

30

Situation d’urgence liée à l’eau potable

6

4

24

Urgence sanitaire

4

6

24

Situation d’urgence mettant en cause du pétrole ou du gaz naturel

6

4

24

Explosion ou incendie

6

3

18

Tempête géomagnétique

3

5

15

Situation d’urgence liée aux transports

5

3

15

Crise alimentaire ou agricole

4

3

12

Rupture de barrage

4

3

12

Désordre civil

6

2

12

Défaillance d’une infrastructure essentielle

6

2

12

Températures extrêmes

4

3

12

Écrasement d’un objet spatial fabriqué par l’homme

3

4

12

Ouragan

4

3

12

Glissement de terrain

4

3

12

Situation d’urgence liée à une installation nucléaire

2

6

12

Terrorisme et incidents CBRNE

3

4

12

Tempête de vent

6

2

12

Effondrement de bâtiments ou de structures

5

2

10

Sécheresse ou basses eaux

5

2

10

Situation d’urgence radiologique

2

4

8

Cyberattaque

2

3

6

Séisme

1

6

6

Brouillard

3

2

6

Grêle

3

2

6

Situation d’urgence dans une mine

3

2

6

Écrasement d’un objet spatial naturel

1

6

6

Événement spécial

6

1

6

Foudre

6

1

6

Situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique

4

1

4

Affaissement du sol

2

2

4

Sabotage

3

1

3

Guerre ou crise internationale

2

1

2

Érosion

1

1

1

Inondation

6

5

4

 

Feu de forêt ou de végétation

5

6

4

Pluie verglaçante

5

6

4

Tempête de neige / blizzard

6

5

4

Tornade

5

6

4

Incident lié à des matières dangereuses

6

6

3

Urgence sanitaire

4

6

4

Situation d’urgence liée à l’eau potable

6

4

2

Situation d’urgence mettant en cause du pétrole ou du gaz naturel

6

4

2

Terrorisme et incidents CBRNE

3

4

4

Tempête géomagnétique

3

5

3

Sécheresse ou basses eaux

5

2

4

Crise alimentaire ou agricole

4

3

3

Défaillance d’une infrastructure essentielle

6

2

3

Situation d’urgence liée à une installation nucléaire

2

6

3

Situation d’urgence liée aux transports

5

3

2

Désordre civil

6

2

2

Cyberattaque

2

3

4

Séisme

1

6

4

Écrasement d’un objet spatial fabriqué par l’homme

3

4

2

Glissement de terrain

4

3

2

Tempête de vent

6

2

2

Effondrement de bâtiments ou de structures

5

2

2

Explosion ou incendie

6

3

1

Écrasement d’un objet spatial naturel

1

6

3

Rupture de barrage

4

4

1

Températures extrêmes

4

2

2

Situation d’urgence radiologique

2

4

2

Ouragan

4

3

1

Situation d’urgence liée à l’approvisionnement énergétique

4

1

2

Brouillard

3

2

1

Grêle

3

2

1

Foudre

6

1

1

Situation d’urgence dans une mine

3

2

1

Sabotage

3

1

2

Événement spécial

6

1

1

Affaissement du sol

2

2

1

Guerre ou crise internationale

2

1

2

Érosion

1

1

2

Valeurs recueillies lors de l’évaluation des risques

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